Lecture des textes de la liturgie catholique
Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.
3e dimanche de l’Avent de gaudette
Ce dimanche constitue une pause dans la période de l’Avent. C’est pourquoi il est dit de gaudette, ce qui signifie, joie précurseur de Noël.
1re lecture :
Isaïe : 35, 1-6a. 10
1 – Que le désert et la terre aride s’égayent, que la steppe soit dans l’allégresse et fleurisse. Comme l’asphodèle,
2 – qu’elle fleurisse abondamment, qu’elle soit dans une grande allégresse et pousse des acclamations. La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Saron. Quant à eux, ils verront la gloire de Iahvé, la splendeur de notre Dieu.
3 – Fortifiez les mains qui défaillent, affermissez les genoux qui chancèlent.
4 – Dites aux cœurs affolés : soyez forts, ne craignez pas ! Voici votre Dieu, il amène la vengeance, la représaille de Dieu, c’est lui qui l’amène et il vous sauvera.
5 – Alors se dessilleront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds s’ouvriront.
6 – Alors le boiteux bondira comme un cerf et la langue du muet poussera des acclamations. Les eaux dans le désert jailliront ainsi que le torrent dans la steppe.
10 – Ceux qui ont été libérés par Iahvé reviendront, ils iront à Sion avec des acclamations, avec, au front, une joie perpétuelle. La gaité et la joie surviendront ; l’affliction et les gémissements fuiront.
Mon commentaire :
Isaïe annonce de grands bonheurs pour le peuple opprimé, mais il n’oublie pas de rappeler que Iahvé est aussi un Dieu de vengeance.
Psaume 146 (Vulgate 145) : 7, 8, 9ab. 10a
Doxologie
7 – qui fait droit aux opprimés, qui donne du pain aux affamés. Iahvé délie les prisonniers,
8 – Iahvé rend la vue aux aveugles, Iahvé redresse ceux qui sont courbés. Iahvé aime les justes,
9 – Iahvé garde les hôtes, il ranime l’orphelin et la veuve, mais il fait dévier la voie des méchants.
10 – Iahvé règne à jamais, ton Dieu, Sion, de génération en génération !
Alléluia !
Commentaire :
Une fois de plus, la lecture attentive de ce texte nous montre où furent trouvées les références des « miracles » attribués à Jésus. Faute de pouvoir expliquer le spirituel, les auteurs des évangiles en firent des miracles physiques en se référant à leurs documents familiers.
2e lecture :
Lettre de Jacques : 5, 7-10
7 – Frères, patientez donc jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voyez, le paysan attend le précieux fruit de la terre avec patience jusqu’aux pluies précoces ou tardives.
8 – Patientez, vous aussi, affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche.
9 – Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, vous seriez jugés. Voyez, le juge se tient devant la porte.
10 – Frères, prenez pour exemples de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
Mon commentaire :
Jacques exhorte les hommes à faire preuve de patience dans un monde impatient et à persévérer dans la foi en Dieu sans jamais se plaindre. C’est la base du christianisme : être prêt et patient.
Évangile selon Matthieu : 11, 2-11
2 – Et Jean dans sa prison entendit les œuvres du Christ ; il lui envoya dire par ses disciples :
3 – Es-tu celui qui vient ? ou si nous en attendons un autre ?
4 – Jésus leur répondit : Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez :
5 – les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts se relèvent, les pauvres sont évangélisés.
6 – Et magnifique celui que je ne scandalise pas !
Mon commentaire :
La question de Jean est politique ; il veut savoir si Jésus est le messie davidique venu sauver le peuple élu de ses oppresseurs à la tête de son armée céleste. Mais Jésus lui répond dans un autre sens : il lui fait comprendre qu’il est bien un envoyé divin mais qu’il n’agit pas par violence puisque son action ne concerne que les malades et les malheureux. Son action n’est pas limitée aux Juifs mais elle s’adresse à toute l’humanité. Mais cela Jean, comme beaucoup de Juifs, ne peut le comprendre.
7 – Comme ils s’en allaient, Jésus commença à dire aux foules, au sujet de Jean : Qu’est-ce que vous êtes sortis regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?
8 – Mais qu’est-ce que vous êtes sortis voir ? Un homme habillé en délicat ? Voyons ! ceux qui portent du délicat sont dans les maisons des rois.
9 – Mais qu’est-ce que vous êtes sortis voir ? un prophète ? Oui je vous le dis, et plus que prophète.
10 – C’est de lui qu’on a écrit : Voici, j’envoie mon ange devant ta face, il préparera ton chemin devant toi.
11 – Oui je vous le dis, de ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean Baptiste. Pourtant le plus petit dans le règne des cieux est plus grand que lui.
Mon commentaire :
Ce passage me semble très important. Jésus dit de Jean qu’il est plus qu’un prophète qui annonce des événements relatifs au Dieu de Moïse. Jean est venu préparer l’arrivée de l’envoyé du Dieu bon. La phrase suivante n’est pas anodine. De ceux qui sont nés de femmes, Jean est le plus grand. Cela me semble clair, Jean est le plus grand des hommes de ce monde, c’est-à-dire des esprits saints qui sont tombés dans la matière. Donc, Jésus ne se présente pas comme né d’une femme, ce qui revient à dire que les cathares avaient raison de considérer que Jésus ne s’était pas incarné. Par contre, même le plus grand des hommes n’est rien comparé à n’importe quel esprit saint demeuré fermement près de Dieu.
Voici comment je reçois ces textes.
Guilhem de Carcassonne.
