Saint Philippe et saint Jacques, apôtres

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de saint Philippe et saint Jacques, apôtres

La fête romaine des saints Philippe et Jacques commémore la dédicace de la basilique des Saint-Apôtres en 570 par Jean III (561-574), que l’on célébra en y déposant les reliques de Philippe et de Jacques le Mineur.
Elle fut élevée au rang de rite double avec les autres fêtes d’apôtres en 1298 par Boniface VIII. Elle devint double de 2eclasse en 1568.
Du 6esiècle à nos jours, elle fut fêtée au 1er mai. L’introduction de lafête de saint Joseph artisan en 1956 la déplaça au 11 mai, premier jour libre.

Philippe fut un des premiers disciples de Jésus, après avoir été disciple de Jean baptiste. L’Évangile selon Jean nous signale qu’il présenta Nathanaël (que l’on identifie à Barthélémy) à Jésus. Il serait allé prêcher en Asie centrale et serait mort, crucifié la tête en bas et lapidé, à Hiérapolis (actuelle Turquie). Un auteur arabe dit qu’en fait c’est en Afrique du nord qu’il se serait rendu et serait mort. D’autres sources prétendent que Philippe mourut dans un âge fort avancé puisque Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui. Son signe représentatif est la croix à double ou triple traverse.

Jacques fils d’Alphée, dit le mineur, ou Jacques le juste, frère de Jésus, ne doit pas être confondu avec Jacques de Zébédée, le majeur. Il est très difficile de savoir si le frère de Jésus était aussi disciple, donc fils d’Alphée (ce qui contredit l’appellation « frère ») ou s’il n’était pas disciple, mais qu’il a pris la tête du groupe après la mort de Jésus, comme le veut la tradition juive. Pour cette dernière hypothèse nous avons l’information selon laquelle la famille de Jésus ne le soutenait pas. Cette dernière hypothèse, retenue par les Églises occidentales, permet de valider le fait qu’étant fils d’Alphée, Jacques n’était pas le frère de Jésus, mais son cousin

Philippe est l’image de la pureté envers le message de Jésus, interprété dans le sens judéo-chrétien. C’est lui aussi qui va confondre Simon le mage, dont les chercheurs pensent qu’il pourrait être une représentation de Paul, tel que les judéo-chrétiens le considéraient avant le IIIe siècle.
Jacques est présenté par les judéo-chrétiens comme un cousin ; en effet, comment imaginer qu’après avoir été mise enceinte par Dieu, Marie ait pu avoir des enfants avec Joseph. Cela repose la question de la filiation davidique de Jésus présentée dans les évangiles de Matthieu et de Luc, car c’est Joseph le descendant de David, pas Marie. Pourtant, c’est bien Jacques qui prend les rênes de la communauté de Jérusalem, laissant les disciples de premier rang : Pierre et Jean derrière lui. Pourtant il n’est pas disciple et il considérait même Jésus comme fou à en croire les évangiles. On le voit, dans la lutte de pouvoir au sein de ces communautés, les juifs-chrétiens, ont été les meneurs jusqu’à la chute du temple (70) et leur exclusion des synagogues. Mais, même s’ils ont ensuite rejoint les helléno-chrétiens (Marc et Jean), ils ont laissé leur marque sur toute la tradition judéo-chrétienne.

1re lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 15, 1-8

1 – Voilà, frères, cet évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous tenez
2 – et par lequel vous êtes sauvés si vous retenez la parole que je vous ai annoncée, à moins que vous ne vous soyez fiés qu’à des apparences.
3 – Car je vous ai transmis d’abord moi-même ce que j’avais reçu : que le Christ est mort pour nos péchés selon les écritures,
4 – qu’il a été enseveli, qu’il a été relevé le troisième jour selon les écritures,
5 – qu’il a été vu de Képhas, puis des douze.
6 – Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivent encore, mais quelques-uns sont morts.
7 – Ensuite il a été vu de Jacques puis de tous les apôtres,
8 – et après tous il a été vu de moi comme de l’avorton,

Mon analyse :
Paul conclut sa lettre. Mais on voit l’intervention du scribe judéo-chrétien qui insère après le verset 2 un credo catholique. Le but est de faire de Paul un témoin non fiable. En effet, la résurrection est attestée de tous et Paul arrive bon dernier, mais ce qui est intéressant c’est la place de Jacques, frère de Jésus et chef de la communauté de Jérusalem. L’objectif est clairement de faire de Pierre (Képhas) la référence. Cependant, nous savons par les évangiles qui retracent cette partie que les choses se seraient passées autrement. Cela permet de douter fortement de ces témoignages. Faire dire à Paul qu’il a vu le ressuscité est également douteux puisqu’il n’entre en scène que bien après l’ascension. Bref, ce passage est très douteux.

Psaumes : 19 (Vulgate 18), 2-3, 4-5ab

2 – Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l’œuvre de ses mains ;
3 – le jour au jour en dit une parole et la nuit à la nuit en donne connaissance :
4 – pas de parole, pas de mots, leur voix n’est pas entendue,
5 – mais dans toute la terre leur rythme est perçu et leurs discours au bout du monde !

Mon analyse :
Encore une fois le juif accomplit son devoir d’obédience obséquieuse en l’espoir de maintenir le contrat qui le lie à son Dieu.

Évangile selon Jean : 14, 6-14

6 – Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père que par moi.
7 – Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant, vous le connaissez et vous l’avez vu.
8 – Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit.
9 – Jésus lui dit : Depuis si longtemps que je suis avec vous, tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu a vu le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ?
10 – Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même. Et le Père qui demeure en moi fait ses œuvres.
11 – Croyez m’en, je suis dans le Père et le Père est en moi, croyez-le du moins à cause des œuvres.
12 – Oui, oui, je vous le dis, qui se fie à moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, car je vais au Père.

Mon analyse :
À ses disciples qui semblent n’avoir toujours pas compris, Jésus indique de façon incontournable quel est le sens réel de la spiritualité qu’il porte. Il n’y a pas de repère mondain, de lieu sacré, de pratiques et de rites initiatiques ou de connaissance ésotérique difficilement maîtrisable. Il n’y a qu’une seule référence, lui ! Tout simplement parce qu’il apporte à la fois le message du Salut et le mode d’emploi pour sa réalisation. Ce message vise aussi à prévenir les possibles dérives auxquelles les disciples sont susceptibles de se laisser aller par leur nature juive très portée sur toutes ces formes spirituelles annexes. La foi est essentielle et les œuvres viennent confirmer la foi.

13 –Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le Fils.
14 – Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Mon analyse :
Jésus se place en intercesseur des demandes des hommes croyants et pieux. Nous n’avons pas à nous adresser au père mais à Christ.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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