Saint Jacques, apôtre

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de saint Jacques, apôtre

Plusieurs personnages se prénomment Jacques dans le Nouveau Testament : Jacques de Zébédée, l’un des Douze, frère de l’apôtre Jean ; Jacques d’Alphée, un autre des Douze, souvent mis en rapport avec Thaddée et surnommé Jacques le Mineur dans la tradition romaine ; un autre Jacques, faisant lui aussi partie des Douze, et qui serait le père ou le frère de l’apôtre Jude (mais il reste quasiment inconnu et la tradition ne l’a pas étudié) ; enfin, Jacques le Juste, « frère » (ou, selon l’Église latine, cousin) de Jésus, qui joue un rôle considérable dans l’Église de Jérusalem. Il convient d’ajouter le rédacteur de l’Épître de Jacques, qui ne correspond à aucun des personnages précédents et semble plutôt être un « chrétien cultivé d’origine païenne de la deuxième ou de la troisième génération chrétienne », le texte datant de la fin du 1er siècle ou du premier tiers du 2siècle.

Jacques de Zébédée dans le Nouveau Testament

Jacques de Zébédée, ou Jacques le Majeur, est mentionné dans les Évangiles synoptiques (par exemple en Mc 3:17, Mt 10:2 et Lc 6:14) ainsi que dans les Actes des Apôtres (Ac 1:13). Il est le frère de l’apôtre Jean, et tous deux sont surnommés Boanerges, ce qui d’après l’Évangile selon Marc veut dire « fils du tonnerre » (Mc 3,17). Le plus ancien des évangiles, celui de Marc, présente les deux frères comme des pêcheurs du lac de Tibériade qui laissent leur barque pour suivre Jésus, épisode repris par Matthieu et Luc.
Avec Pierre et son frère André, Jacques est donc l’un des tout premiers disciples de Jésus, et l’un de ses plus proches. La tradition synoptique en fait un des trois principaux apôtres puisqu’il est choisi, avec Pierre et Jean, comme témoin d’événements cruciaux comme la résurrection de la fille du chef de la synagogue, la Transfiguration ou la prière de Jésus au mont des Oliviers. Cependant, à l’instar des autres apôtres, il abandonne Jésus quand celui-ci est arrêté. Jacques est également cité parmi les disciples qui se trouvent dans la chambre haute lors de la descente de l’Esprit (Ac 1:13).
Sa mort est rapportée dans le Nouveau Testament : « Il (Hérode) fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean » (Ac 12:2), au moment de l’arrestation de Pierre. (Source Wikipédia)

1re lecture :

Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens : 4, 7-15

7 – Mais ce trésor, nous l’avons dans des vases de terre pour qu’une telle puissance soit celle de Dieu et ne vienne pas de nous
8 – qui sommes partout affligés mais non angoissés, désemparés mais non désespérés,
9 – poursuivis mais non abandonnés, rejetés mais non perdus,
10 – portant partout et toujours dans notre corps la mort de Jésus pour manifester par notre corps là vie de Jésus.
11 – Car bien que vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus pour manifester la vie de Jésus dans notre chair mortelle.
12 – Ainsi la mort est à l’œuvre en nous, mais en vous la vie.

Mon analyse :
L’humilité du croyant est mise en avant et se manifeste par la fragilité qui est la sienne, par son incarnation en ce monde (vases de terre). Nous sommes faibles par nos corps mortels mais puissants par la vie manifestée par Jésus au-delà de la mort.

13 – Nous avons cet esprit de foi dont il est écrit : J’ai eu foi, c’est pourquoi j’ai parlé. Oui, nous avons foi et c’est pourquoi nous parlons ;
14 – oui, nous savons que celui qui a relevé le seigneur Jésus nous relèvera aussi avec Jésus pour nous présenter avec vous.
15 – Tout cela à cause de vous, pour que cette abondance de grâce fasse abonder l’action de grâces d’un plus grand nombre à la gloire de Dieu.

Mon commentaire :
Paul se place en contrepied de ceux qui croient en la résurrection des corps. Pour lui il est clair que le corps est de ce monde et condamné à la destruction alors que le renouvellement est intérieur. Le visible est sans valeur et ce qui compte est invisible. La foi donne accès à la grâce. Voilà des affirmations que n’auraient pas reniés les Cathares. La liberté de parole est aussi la nécessité de ne rien taire. Là aussi les cathares étaient en accord ; il ne peut y avoir rien de caché dans le catharisme.

Psaumes : 126 (Vulgate 125), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

1 – Cantique des montées. Quand Iahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent.
2 – Alors notre bouche était pleine de rires, notre langue de cris de joie. Alors on se disait parmi les nations : « Iahvé a fait pour eux de grandes choses ! »
3 – Oui, Iahvé a fait pour nous de grandes choses, nous avons été dans la joie !
4 – Ramène, Iahvé, nos captifs, comme les cours d’eau dans le Négeb.
5 – Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent avec des cris de joie :
6 – il marche tout en pleurant, celui qui porte la semence des semailles, puis il revient avec des cris de joie, quand il porte ses gerbes. »

Mon commentaire :
Ce psaume, que nous lisons ici dans son intégralité, vient à l’appui du texte d’Isaïe. Iahvé est le libérateur du peuple après l’avoir laissé se faire emprisonner. Comment ne pas voir dans cette louange de la souffrance et du sacrifice, l’ébauche de la mentalité sacrificielle judéo-chrétienne ? C’est ainsi que pendant des millénaires, les directeurs de conscience de l’Église de Rome ont convaincu la populace craintive que ses souffrances ici-bas lui vaudraient la félicité dans les cieux et que, par conséquent, toute révolte contre ses persécuteurs était vaine, voire dangereuse pour son salut.

Évangile selon Matthieu : 20, 20-28

20 – Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de lui avec ses fils et se prosterna en lui demandant quelque chose.
21 – Il lui dit : Que veux-tu ? Elle répond : Dis que mes deux fils que voilà soient assis un à ta droite, un à ta gauche, dans ton règne.

Mon commentaire :
Matthieu fait intervenir un personnage extérieur quand Jean en faisait la demande directe des disciples. Cela vise à atténuer un peu les choses.

22 – Jésus lui répondit : Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? Ils lui disent : Nous le pouvons.
23 – Il leur dit : Ma coupe, vous la boirez, mais je n’ai pas à donner d’être assis à ma droite et à ma gauche ; les places sont à ceux pour qui mon père les a prévues.
24 – À ces paroles, les dix s’indignèrent contre les deux frères.
25 – Jésus les appela et leur dit : Vous savez que les chefs des nations exercent sur elles leur seigneurie, et les grands, leur pouvoir.
26 – Il n’en est pas ainsi parmi vous, mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur ;
27 – et quiconque veut être premier parmi vous sera votre esclave,
28 – de même que le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour beaucoup.

Mon commentaire :
La grande leçon du message christique est l’humilité. Or, les disciples ne voient les choses que dans une approche mondaine, valorisée par le judaïsme, et remise à l’honneur par le judéo-christianisme : celle de la hiérarchie des honneurs. Or nous devons toujours nous rappeler que nous sommes, chacun de nous, un esprit saint égaré parmi les autres, identique à eux et sans rien qui ne justifierait une considération particulière. Sans compter que vis-à-vis de Dieu, nous sommes des serviteurs inutiles. Donc, nous espérons sa grâce et rien d’autre.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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