16e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 16e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Genèse : 18, 1-10a

1 –Iahvé apparut à Abraham aux chênes de Mambré. Abraham était assis à l’entrée de la tente, en pleine chaleur du jour.
2 – Il leva les yeux et vit qu’il y avait trois hommes debout près de lui. Il les vit et accourut, de l’entrée de la tente, à leur rencontre. Il se prosterna à terre
3 – et dit : « Mon seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas loin de ton serviteur.
4 – Qu’on apporte un peu d’eau ! Lavez-vous les pieds, puis étendez-vous sous les arbres.
5 – Je vais quérir un morceau de pain. Réconfortez votre cœur, après quoi vous pourrez passer, puisque vous êtes de passage près de votre serviteur. » Ils dirent alors : « Fais comme tu dis ! »
6 – Abraham vint en hâte dans la tente vers Sarah et dit : « Prépare en hâte trois seah de fleur de farine, pétris-les et fais-en des galettes. »
7 – Puis Abraham courut au gros bétail, prit un veau tendre et bon, qu’il donna au serviteur et celui-ci se hâta de le préparer.
8 – Il prit du beurre et du lait, ainsi que le veau qu’il avait préparé, mit le tout devant eux et, tandis qu’il se tenait debout près d’eux, ils mangèrent.
9 – Puis ils dirent : « Où est Sarah, ta femme ? » Il dit : « Elle est dans la tente. »
10 – Il dit : « Je reviendrai vers toi à la même époque et alors Sarah, ta femme, aura un fils. » […]

Mon commentaire :
Plusieurs points sont très intéressants dans ce passage, car ils remettent en cause bien des idées reçues. Abraham voit trois hommes et ne se trompe pas sur le fait qu’ils sont l’apparence de son Dieu Iahvé. Cela confirme les racines polythéistes du judaïsme que l’on retrouve notamment dans l’appellation Élohim qui est un pluriel. Les premiers gnostiques l’avaient compris, eux qui attribuaient la création du monde à trois anges de Satan. Abraham alterne l’expression au singulier comme au pluriel quand il s’adresse à ces entités. Ne pourrait-on y voit l’idée judéo-chrétienne de la Trinité ? Autre problème ; cette (ces) entité divine se donne à voir, ce qui s’oppose à la parole prêtée à Jésus, selon laquelle : « Nul n’a jamais vu Dieu, un dieu fils unique qui est dans le sein du Père l’a fait connaître. » (Jn 1, 18). Donc, Abraham n’a pu voir Dieu, du point de vue chrétien, ce qui pose la question de savoir ce qu’il a vu. Les cathares répondaient que seul le diable s’était donné à voir aux hommes. Abraham se fait confirmer que « Iahvé » n’est que de passage. Sans doute a-t-il peur que ce soit pour une autre raison. Il faut dire que ce Dieu est fantasque et sujet aux changements d’humeur brutaux. Puis vient l’annonce de la récompense. Le moins qu’on puisse dire est que lier la Torah et les évangiles semble extrêmement difficile à la lecture de ce texte.

Psaumes : 15 (Vulgate 14), 2-3a, 3bc-4ab, 4d-5

Le familier de Iahvé
1 – Psaume de David. Iahvé, qui séjournera dans ta tente, qui demeurera sur ta montagne sainte ? —
2 – Celui qui marche dans la perfection et pratique la justice, qui dit la vérité selon son cœur,
3 – qui ne calomnie pas avec sa langue, qui ne fait pas de mal à son prochain, et qui ne profère pas d’insulte contre ses proches.
4 – Méprisable à ses yeux est le réprouvé, mais il honore ceux qui craignent Iahvé ; s’il jure à son détriment, il ne se parjure pas,
5 – il ne prête pas son argent à intérêt et il n’accepte pas de gratification aux dépens d’un innocent. Celui qui agit ainsi ne sera jamais ébranlé.

Mon commentaire :
Nous avons la description de celui qui a sa place près de Iahvé. On note que les interdictions ne portent que sur ce qui touche à la communauté (prochain, proche) ; concernant les relations avec les autres religions et les autres peuples, tout est permis. La fin du verset 4 laisse entendre que même quand il s’engage par malice ou malhonnêteté, il reste ferme sur sa position. Les sermons de Jésus invalident totalement ces comportements. La loi juive est bien accomplie et n’a donc plus de valeur pour les chrétiens.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Colossiens : 1, 24-28

24 – Maintenant, je me réjouis de souffrir pour vous. Je complète dans ma chair ce qui manquait aux afflictions du Christ, pour son corps qui est l’église ;
25 – corps dont je suis devenu le serviteur en vertu de cette gestion que Dieu m’a donnée pour vous afin que je remplisse la parole de Dieu,
26 – ce mystère caché depuis les âges et depuis les générations et maintenant manifesté à ses saints ;
27 – car Dieu a voulu leur faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère, parmi les nations, c’est-à-dire le Christ en vous, l’espérance de la gloire,
28 – lui que nous annonçons en avertissant tout homme et en enseignant tout homme, en toute sagesse, pour présenter tout homme parfait dans le Christ.

Mon commentaire :
Cette emphase finale et ce rôle prééminent que se donne l’auteur sont très différents de la pensée de Paul, toute en humilité et contrition.

Évangile selon Luc : 10, 38-42

38 – Chemin faisant il entra dans un bourg, et une femme appelée Marthe l’accueillit dans sa maison.
39 – Elle avait une sœur appelée Marie et qui, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
40 – Et Marthe était distraite par tout un service, elle survint et dit : Seigneur, tu ne te soucies pas que ma sœur me laisse seule faire le service ? dis-lui donc de m’aider.
41 – Et le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes, tu fais beaucoup de bruit,
42 – alors qu’il y a besoin de peu de choses, ou d’une seule ! en effet, Marie a choisi la bonne part et on ne la lui arrachera pas.

Mon commentaire :
Jésus montre que celui qui est dans la voie qu’il montre ne s’inquiète pas du quotidien mais se concentre sur ce qui relève de la foi.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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