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28e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 28e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 25, 6-10a

6 – Iahvé des armées organisera pour tous les peuples sur cette montagne, un festin de mets gras, un festin de vins vieux, de mets à la graisse de moelle, de vins décantés.
7 – Il détruira sur cette montagne le voile placé sur tous les peuples, le tissu tissé sur toutes les nations.
8 – il détruira la mort à jamais. Adonaï Iahvé effacera les larmes de dessus tous les visages et il enlèvera l’opprobre de tout son peuple de dessus toute la terre, car Iahvé a parlé.
9 – On dira en ce jour-là : Voici notre Dieu, c’est en celui-là que nous espérions, afin qu’il nous sauve, car Iahvé, nous espérions en lui ; exultons, réjouissons-nous de sa délivrance.
10 – La main de Iahvé se posera sur cette montagne…

Mon analyse :
Isaïe nous livre une vision de Dieu typique du Judaïsme. C’est un dieu violent et guerrier qui défend et protège son peuple préféré contre les autres peuples, dont il est pourtant aussi le créateur.

Psaumes : 23 (Vulgate 22), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

Le bon pasteur
1 – Iahvé est mon pasteur, je ne manque de rien :
2 – sur des prés de gazon il me parque, près des eaux reposantes il me mène,
3 – il ranime mon âme, il me conduit sur les sentiers de la justice en vertu de son nom.
4 – Même si je marche dans un val ténébreux, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent.
5 – Devant moi tu dresses une table, face à mes adversaires, tu oins d’huile ma tête, ma coupe est débordante.
6 – Oui le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et j’habiterai dans la maison de Iahvé à longueur de jours.

Mon analyse :
Ce psaume fait, en quelque sorte, le versant du texte précédent. Face à Iahvé tout puissant, l’homme n’a d’autre espoir que de se comporter en animal de compagnie obséquieux et obéissant pour obtenir un traitement de faveur.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Philippiens : 4, 12-14.19-20

12 – je sais m’abaisser, je sais être dans l’abondance ; j’ai été initié à tout et de toutes manières : à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à manquer.
13 – Je peux tout, en celui qui me fortifie.
14 – Pourtant vous avez bien fait de prendre part à mon affliction.
19 – Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse en gloire par le christ Jésus.
20 – À notre Dieu et père soit la gloire dans les âges des âges. Amen.

Mon analyse :
Paul rappelle qu’il n’a besoin de rien car il peut s’adapter à toutes les situations grâce à sa foi. De même ceux de Philippe recevront leur dû en temps et heure.

Évangile selon Matthieu : 22, 1-14 (ou brève : 1-10)

1 – Jésus leur dit encore à part, en paraboles :
2 – Le règne des cieux est pareil à un roi qui a fait des noces à son fils.
3 – Il a envoyé ses esclaves appeler aux noces ceux qui y étaient appelés. Ils n’ont pas voulu venir.
4 – Il a envoyé encore d’autres esclaves, il leur a dit : Dites aux appelés : Voilà, j’ai apprêté le déjeuner, immolé taureaux et bêtes grasses, tout est prêt. Ici donc, aux noces.
5 – Mais négligents ils s’en sont allés qui à son champ, qui à son négoce,
6 – les autres se sont saisis de ses esclaves, les ont outragés et tués.
7 – Le roi en colère a envoyé ses armées perdre les meurtriers et incendier leur ville.
8 – Alors il a dit à ses esclaves : La noce est prête, mais les appelés n’en ont pas été dignes,

Mon analyse :
Cette parabole permet à Jésus de montrer qu’il ne suffit pas de se croire peuple élu de Dieu mais qu’on peut aussi être rejeté si on n’est pas prêt à son appel et, pire encore si l’on rejette ses prophètes. L’image est conforme à l’idée juive selon laquelle Dieu peut-être vengeur et meurtrier.

9 – allez donc sur les chemins et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez.
10 – Ces esclaves sont sortis sur les chemins et ils ont rassemblé tous ceux qu’ils ont trouvés, mauvais et bons, et la salle a été remplie de convives.
11 – En entrant pour observer les convives, le roi a vu là un homme qui n’avait pas revêtu le vêtement de noce.
12 – Il lui a dit : Camarade, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce ? L’homme a été muselé.
13 – Alors le roi a dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et chassez-le dans les ténèbres extérieures. Là il y aura le sanglot et le grincement de dents.
14 – Car il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Mon analyse :
Là le message est clair, tous ceux qui le veulent vraiment peuvent être appelés. C’est l’opinion de Paul contre celle des autres disciples. Surprenant donc que Matthieu le mette en valeur. Mais il ne suffit pas d’avoir été appelé, encore faut-il s’être bien préparé pour recevoir la grâce. Sinon, on est encore une fois rejeté comme l’homme mal habillé. Il y a beaucoup d’appelés ; en fait nous sommes tous appelés, mais peu d’entre nous réussissent à chaque appel. Cela ne contredit pas le fait qu’à la fin des temps nous serons tous sauvés.

Voici comment je reçois ces textes.

Une nouvelle revue traitant du Catharisme

Une nouvelle revue traitant du Catharisme

Nous connaissons tous le nom d’une revue ayant le Catharisme pour thème, sinon unique, du moins important. Vous connaissez peut-être les Cahiers d’études cathares, Heresis, Histoire du Catharisme ou Montségur, dont certaines eurent des parrains prestigieux comme Déodat Roché ou Anne Brenon.

Deux remarques doivent être faites les concernant : elles ont toutes fait le choix de mêler le Catharisme avec d’autres sujets, comme les spiritualités plus ou moins ésotériques, les dissidences chrétiennes rejetées par le Catholicisme, voire le parallèle envisagé avec le protestantisme.
Mais aucune n’a jamais abordé le Catharisme sous tous ses angles et même les Cahiers d’études cathares, qui publiaient régulièrement des articles historiques, n’ont jamais évoqué le Catharisme de façon exhaustive sous cet angle.
En outre, toutes ont disparu depuis des années et ce n’est pas la parution unique en 2017 d’une numéro de Heresis à l’initiative du CIRCAED, qui est une association de recherche autour du Catharisme et des « dissidences », qui permet de considérer ce vide comme comblé.

C’est pourquoi j’ai émis l’hypothèse de la création d’une revue dont le thème unique serait le Catharisme, mais qui s’imposerait de l’aborder dans toutes ses composantes (histoire, philosophie, spiritualité, pratique, sociologie, approche ancienne t moderne, etc.) afin de permettre à tous de mieux le connaître et aux chercheurs d’y publier leurs travaux.
L’objectif n’est pas d’en faire une revue dédiée uniquement à la recherche, mais de permettre à tous, érudits et débutants d’y trouver les informations les intéressant.
De la même façon, pourront y publier celles et ceux qui auraient envie de le faire et d’y proposer le fruit de leur travail, quelle qu’en soit la portée scientifique.

J’ai soumis ce projet au Conseil d’administration de l’association Culture et études cathares. Si vous pensez que cela peut répondre à un vrai besoin et qu’il faut poursuivre dans ce sens, n’hésitez pas à le faire savoir en écrivant à l’administrateur du site ou en intervenant sur la page Facebook du site ou de l’association.

De votre implication pourrait dépendre l’aboutissement de ce projet.
Dans un premier temps, et selon l’engouement qu’elle pourrait susciter, cette revue sera d’abord publiée en format pdf — libre d’accès — avant d’être éditée sur papier si le lectorat le permet.

Vous pouvez aussi participer au sondage ci-dessous :

Le pain bénit : glissement spirituel

Le pain bénit : glissement spirituel

Le pain bénit, référence biblique de la parole de Jésus

Est-il besoin de rappeler l’importance du pain dans la spiritualité chrétienne ? Il n’est donc pas étonnant qu’il soit aussi important chez les cathares.
Le pain est aussi le premier aliment manufacturé dont la composition garantissait contre les principales carences des hommes de la période antique.
On comprend mieux ainsi l’importance qu’il revêtait dans toutes les civilisations humaines.

Dans le christianisme, le pain est central également et il apparaît dans les textes comme l’aliment de référence à la parole christique. Cela se voit dans les évangiles lors de la multiplication des pains et lors de la dernière Cène. Continuer la lecture

27e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 27e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 5, 1-7

1 – Je vais chanter pour mon ami la chanson de mon ami sur sa vigne. Mon ami avait une vigne sur une éminence dotée d’un gras terrain.
2 – Il la défonça, l’épierra et la planta de raisin vermeil. Puis il bâtit une tour au milieu et y creusa également une cuve. Il espéra qu’elle produirait des raisins, mais elle produisit du verjus.
3 – maintenant, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, jugez donc entre moi et ma vigne !
4 – Que fallait-il encore faire pour ma vigne que je n’y ai fait ? Pourquoi ai-je espéré qu’elle produirait des raisins et a-t-elle produit du verjus ?
5 – Et maintenant que je vous fasse connaître ce que je vais faire à ma vigne : enlever sa haie et elle sera bonne à brûler, faire une brèche dans sa clôture et elle sera bonne pour le piétinement.
6 – J’en ferai un lieu saccagé ; elle ne sera ni taillée, ni sarclée, et elle poussera en ronces et en broussailles ; aux nues j’ordonnerai de ne pas faire pleuvoir sur elle leur pluie.
7 – Car la vigne de Iahvé des armées, c’est la maison d’Israël et l’homme de Juda, son plant délicieux. il espérait le droit et voici la complicité, la justice et voilà un tollé !

Mon analyse :
Le rapport de Iahvé à l’homme n’a rien à voir avec la prédication de Christ. Au moindre mécontentement Iahvé punit et brise l’homme sans la moindre hésitation. On retrouve cela dans l’évangile de Matthieu. Or, Christ lui nous parle d’amour et de pardon. C’est la différence que l’on voit dans la lettre aux Philippiens.

Psaumes : 95 (Vulgate 79), 9. 12, 13-14, 15-16, 19-20

9 – D’Égypte tu as arraché une vigne, tu as chassé des nations et tu l’as plantée,
12 – elle étendait ses branches jusqu’à la Mer et ses rejetons jusqu’au Fleuve.
13 – Pourquoi as-tu fait une brèche dans ses clôtures, pour qu’y vendangent les passants de la route,
14 – pour que la ravage le sanglier de la forêt et que la broute le bétail des champs ?
15 – Élohim des armées, daigne revenir, regarde du haut des cieux et vois, visite cette vigne
16 – et protège-la, elle que ta droite a plantée [ ] !
19 – Nous ne nous écarterons plus de toi, tu nous feras revivre et nous invoquerons ton nom.
20 – Iahvé-Élohim des armées, rétablis-nous, fais briller ta face et nous serons sauvés !

Mon analyse :
Ce psaume, choisi pour sa proximité avec l’évangile du jour, montre lui aussi le peuple élu rejeté et puni de sa désobéissance. Le système judéo-chrétien s’est construit des racines profondes.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Philippiens : 4, 6-9

6 – Ne vous inquiétez de rien, mais en tout, en priant et en demandant avec actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes.
7 – Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus.
8 – Au reste, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de grave, de juste, de pur, d’aimable, de bon renom, et s’il est quelque vertu, s’il est quelque chose de louable, que ce soit là pour vous ce qui compte.
9 – Ce que vous avez appris, reçu, entendu et vu en moi, faites-le, et le Dieu de paix sera avec vous.

Mon analyse :
Paul demande aux Philippiens de vivre dans le respect de la règle qu’il a édictée et qu’il donne en exemple.

Évangile selon Matthieu : 21, 33-43

33 – Écoutez une autre parabole. Un maître de maison avait planté une vigne, il l’avait entourée d’une clôture, y avait creusé une cuve et bâti une tour, il l’a louée à des vignerons et il est parti en voyage.
34 – Quand a approché le temps des fruits, il a envoyé ses esclaves aux vignerons pour faire prendre ses fruits.
35 – Mais les vignerons ont pris ses esclaves, battu l’un, tué l’autre, lapidé un troisième.
36 – II a envoyé encore d’autres esclaves, plus nombreux que les premiers, et ils leur ont fait de même.
37 – Enfin il leur a envoyé son fils, en se disant : Ils vont respecter mon fils.
38 – Mais quand les vignerons ont vu le fils ils se sont dit entre eux : C’est l’héritier ! Ici, qu’on le tue et à nous l’héritage.
39 – Ils l’ont pris, l’ont chassé de la vigne et l’ont tué.
40 – Quand le seigneur de la vigne viendra, que fera-t-il donc à ces vignerons ?
41 – Ils lui disent : Il perdra méchamment ces méchants et louera sa vigne à d’autres vignerons qui lui en rendront le fruit en son temps.
42 – Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les écritures : La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs est devenue tête d’angle : elle l’est devenue par le Seigneur, et à nos yeux c’est étonnant ?
43 – C’est pourquoi je vous dis que le règne de Dieu va vous être enlevé, on le donnera à une nation qui le fera fructifier.

Mon analyse :
Cette fois la critique devient violente et Jésus présente dans cette parabole des vignerons le récit de la passion. Les esclaves maltraités sont les prophètes et le fils tué c’est lui. Le Juifs sont donc rejetés en tant que peuple élu et les judéo-chrétiens pourront se saisir de cette parabole pour s’attribuer le titre de peuple élu. Cela se reproduira avec les Mormons bien plus tard. Il leur prédit également que c’est à cause de lui, la pierre d’angle, qu’ils seront ainsi détruits.

Voici comment je reçois ces textes.

La tour de Babel

La tour de Babel

Cohérence ou quiproquo ?

L’histoire

Génèse XI, 1-9 : Toute la terre avait un seul langage et un seul parler. Or il advint, quand les hommes partirent de l’Orient, qu’ils rencontrèrent une plaine au pays de Shinear et y demeurèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Briquetons des briques et flambons-les à la flambée ! » La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Puis ils dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour, dont la tête soit dans les cieux et faisons-nous un nom, pour que nous ne soyons pas dispersés sur la surface de toute la terre ! » Iahvé descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes, et Iahvé dit : « Voici qu’eux tous forment un seul peuple et ont un seul langage. S’ils commencent à faire cela, rien désormais ne leur sera impossible de tout ce qu’ils décideront de faire. Allons ! Descendons et ici même confondons leur langage, en sorte qu’ils ne comprennent plus le langage les uns des autres. » Puis Iahvé les dispersa de là sur la surface de toute la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel. Là, en effet, Iahvé confondit le langage de toute la terre et de là Iahvé les dispersa sur la surface de toute la terre.

Analyse

La lecture de ce passage est très surprenant, mais peut-être pas autant que le fait que, ni les Juifs ni les Judéo-chrétiens, ne semblent l’avoir clairement compris.

En effet, pour quel motif Iahvé décide-t-il de faire avorter le projet des hommes ? Partis de l’Orient ensemble, ils s’arrêtent ensemble en un lieu qui leur semble propice pour s’y installer. En commun et dans la concorde, ils décident de bâtir une ville et, dans l’élan de leur enthousiasme, ils veulent en faire un monument comme jamais il n’en fut de mai d’homme. Ils rêvent même de voir leur tour atteindre les cieux.

Quelle aurait dû être la réaction cohérente de Iahvé ? De par son statut de Dieu, il aurait dû trouver cette ambition aussi amusante que puérile et sachant que jamais les hommes ne pourraient atteindre au seuil de son domaine, il aurait dû les laisser continuer jusqu’à ce qu’ils constatent la vanité de leur ambition.

Mais non, au contraire, il s’inquiète autant de l’unité de ce peuple et de sa coopération que du projet dans lequel il voit une menace pour lui. C’est pour ce seul motif qu’il décide de jeter la discorde au sein de ce peuple afin de le disperser pour qu’il ne puisse mener à bien son projet.

Que faut-il en conclure ? Iahvé serait-il un faux dieu qui s’inquiète d’un projet logiquement voué à l’échec ? Iahvé sait-il que son statut est usurpé au point de devoir mettre en échec cette tentative qui le menace de son point de vue ? Iahvé est-il jaloux de la concorde et de la coopération qui permet aux hommes — ses créatures — de voir leurs efforts couronnés de réussite ? Quel père serait jaloux de ses fils au point de les mener à leur perte ?

Compréhension juive et chrétienne

Les Juifs semblent traiter ce sujet avec une certaines désinvolture. Ce morceau de chapitre s’insère dans des textes relatant les divers peuples de la région et la généalogie sémitique. Aucune présentation ni morale finale. À croire que pour ceux qui ont relaté cet épisode, il ne s’agit que d’un épiphénomène secondaire ; comme si le comportement de Iahvé ne pouvait les étonner.

Les Judéo-chrétiens, si prompts à mettre l’homme en accusation, utilisent ce sujet pour critiquer la hardiesse des hommes qui voudraient égaler Dieu. Encore faudrait-il expliquer en quoi une telle accusation se justifie. En outre, la réaction de Iahvé est présentée comme une juste punition d’une telle arrogance. Comment justifier un tel jugement ?

Il y a pour le moins un quiproquo de leur part, au pire une totale inversion de la logique du texte.

Pour les Cathares il y a au contraire une grande cohérence à lire ce que texte nous indique. Iahvé n’a pas le qualificatif justifié de Dieu. Il n’est pas Dieu et il le sait bien puisqu’il se méfie des entreprises hommes dans lesquelles il voit une menace pour lui, au point de tout mettre en œuvre pour les contrecarrer.

Les hommes sont doux, bienveillants les uns envers les autres, heureux de vivre et de travailler ensemble, et plein de bonne volonté. Le méchant de l’histoire c’est Iahvé !

Mais est-ce que cela se limite à cette histoire probablement inventée par un scribe plus malin que les autres ?

L’éternel artisan du chaos

Le monde du Mal

Dans ce monde dont le diable est le créateur, est-il excessif de penser que c’est lui qui pousse vers le chaos ce qui pourrait en fait aller mieux sans son action maléfique ?

Son nom qui signifie le diviseur est en fait parfaitement adapté à notre propos. En effet, l’unité lui déplaît et il ne cherche qu’à détruire tout ce qui pourrait être construit, car il sait qu’alors sa vraie nature serait dévoilée.

Dans notre état de mélange, entre une part de bien éternel et une prison de chair corruptible, il se pourrait bien que la part bénéfique soit en mesure de prendre le dessus et de conduire l’humanité vers plus de bien que de mal. C’est pourquoi il intervient pour remettre les choses dans le désordre afin d’empêcher le bien de prendre le pas sur le mal qu’il veut voir triompher.

Si nous observons comment notre monde évolue, il n’est pas difficile de remarquer que, régulièrement, des situations qui tendent vers un mieux durable sont détruite au profit d’un chaos, par définition instable. L’histoire très récente nous montre que les européens, las de s’être déchirés pendant des siècles pour des motifs nationalistes, ont réussi après un dernier carnage à se mettre à peu près d’accord pour construire ensemble un projet commun destiné à lier leur avenir afin de garantir un entente durable et d’éloigner le spectre d’un nouvel holocauste.

Or, quand ce projet se met à prendre de l’ampleur après la chute de la dictature soviétique, qui opposait deux blocs le doigt posé sur le bouton nucléaire, que voit-on se produire ? Les nationalismes étroits et les égoïsmes économiques viennent recréer les divisions d’antan, soit par le rejet du projet européen comme c’est le cas avec le Royaume-Uni — du moins pour l’instant —, soit par le réveil de volontés séparatistes qui, pour la plupart, n’ont d’autre ambition que de valoriser un égoïsme qui souvent oublie que dans le passé ce sont les autres qui les ont aidé.

Comment ne pas voir dans ces attitudes la patte du démiurge qui craint qu’une trop belle entente entre les hommes puisse nuire à ses propres intérêts. Et par contraste, comment ne pas imaginer que cette même entente qui pousse inlassablement les hommes à tenter de surpasser leurs divisions, ne soit pas le fait de notre part divine, puisque d’évidence elle n’est pas dans le dessein du diable ?

La grenouille et le scorpion

Comme je l’ai déjà expliqué dans le texte du même titre, le Mal est sans cesse en contradiction avec lui même. Il veut égaler Dieu en façonnant un monde ayant un vernis d’éternité, mais il ne peut s’empêcher à la première occasion de le détruire car son fond le pousse à tout néantiser.

Mais nous devons tirer une raison d’espérer de cela. En fait, notre nature profonde est plus forte que celle du diable et il ne parvient pas à stabiliser sa volonté de chaos car, dès qu’il nous laisse la bride sur le cou, nous tendons vers le bien. Le mal n’est pas suffisamment puissant au bien en nous pour l’empêcher de prendre le pas et de faire aller ce monde un peu mieux. C’est pour cela qu’il doit sans cesse intervenir pour provoquer des catastrophes et mettre en avant des volontés négatives afin d’empêcher le bien de s’affirmer.

Le dire est bien, mais le comprendre intimement serait mieux.

C’est pourquoi, chaque fois que quelque chose de positif est menacé, nous devons en prendre conscience et agir pour protéger le positif sans nous laisser manipuler par le négatif. Et cela se vérifie dans tous les domaines.

Le repli identitaire est mauvais pour le bien de l’humanité. Qu’il s’exprime au niveau des individus ou des peuples. Les races pures favorisent les dégénérescences génétiques alors que les métissages produisent de pures merveilles. L’unité des hommes, qui nous a sorti des cavernes pour nous pousser à évoluer et à améliorer nos conditions de vie, doit nous pousser à ne nous connaître qu’une seule identité, celle d’hommes et de femmes de la même planète et nous devons rejeter toute idée moins étendue qui ne peut que nous opposer et nous renvoyer dans nos grottes originelles où nous n’étions que des proies faciles et frileuses.

Confondre la culture régionale avec la séparation politique est une aberration délétère. Qui m’empêche de vivre ma mémoire culturelle au sein d’un État politique plus important ? Rien ni personne d’autre que mes propres limites intellectuelles forgées par un égocentrisme forcené et un complexe d’infériorité pathologique.

Ne soyons pas le scorpion et suivons l’exemple des hommes de Babel ; c’est en visant haut et loin, mais surtout en le faisant ensemble que nous élèverons notre regard jusqu’aux cieux où nous découvrirons la supercherie du méprisable manipulateur et diviseur et que nous découvrirons la beauté du monde dont nous sommes un jour tombés et où nous devons tous revenir.

26e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 26e dimanche du temps ordinaire

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Le merchandising du Catharisme va de pair avec sa négation

Quand le commerce de masse prend le pas sur l’éducation culturelle

Une manne financière qui dérape

Le département de l’Aude, qui était sinistré sur le plan industriel et commercial voici quelques décennies, s’est auto-attribué le titre ronflant de Pays cathare, il ne l’a pas fait par un désir de promotion de l’aspect culturel d’une période de son histoire. Non, cela relevait simplement d’une démarche politique visant à attirer la manne commercial touristique suite à l’engouement du public attiré par la médiatisation du Catharisme à travers une émission de télévision historique des années soixante et à un ouvrage de Michel Roquebert, mettant en avant les châteaux audois.

Mais le Catharisme n’est pas un « produit commercial » comme un autre.

Cet engouement touristique a provoqué un regain d’intérêt pour les événements qui se sont déroulés dans la région au Moyen Âge

Malheureusement, ses promoteurs avaient oublié que cet engouement populaire allait forcément réactiver celui des chercheurs désireux de mieux connaître ce phénomène cathare.

Une figure locale de grande renommée, René Nelli, obtint en 1983 l’ouverture d’un centre de recherche moderne et efficace, confié à l’archiviste paléographe Anne Brenon, dont la réputation de chercheuse n’est plus à faire. Malgré le décès rapide de René Nelli, ce centre travailla efficacement à la mise en exergue d’une connaissance du Catharisme que l’historien Jean Duvernoy avait enfin débarrassé des vieilles lunes augustiniennes de manichéisme pour lui redonner sa place de Christianisme authentique.

Une reprise en main énergique

Mais cela commença à faire grincer quelques dents. Anne Brenon, poussée vers la porte, fut remplacée par Pilar Jimenez — peut-être jugée moins gênante en raison de ses attaches universitaires et de son approche plus « nuancée » du sujet. Malgré tout, l’intérêt de chercheurs sérieux pour ce sujet était insupportable. Madame Jimenez fut remerciée et son nouveau directeur, Nicolas Gouzy, se vit intimer la mission de se limiter à la « vulgarisation » du Catharisme à l’intention du grand public. Là encore, cela dû sembler insuffisant et une campagne d’extinction de la recherche scientifique sur le sujet se mit en marche. La bibliothèque d’études, située au-dessus du musée de la ville, ferma pour une restructuration qui s’éternise tant que les archives stockées dans un village proche de Carcassonne risquent de ne pas revoir le jour de si tôt, et le financement du Centre d’études cathares fut tellement réduit que ce dernier se retrouva en faillite. Les archives, un temps menacées de vente à l’encan, furent transférées pour partie aux Archives départementales — ce qui n’empêche pas d’en retrouver régulièrement sur les étals des bouquinistes de Montolieu, le village du livre tout proche.

Ainsi, tout semblait être rentré dans l’ordre. Le Catharisme, largement dévalorisé par une surexploitation touristique associée à une démarche d’acculturation menée à marche forcée, est si peu identifié par les visiteurs de la cité médiévale que beaucoup ne savent même pas le lien entre les deux.

Les récentes décisions prises au niveau national visant à dévaloriser le métier de guide touristique en autorisant des personnes n’ayant pas le niveau de formation requis (Master de niveau 2) et donc, bien entendu, pas le niveau culturel minimum espéré, à effectuer des visites guidées, participe clairement à la volonté d’abêtir la population afin de la concentrer sur sa mission économique à grand coup de vente de bonbons, de glaces et de vêtements, tout en la maintenant la plus éloignée possible des centres culturels comme la librairie du château inaccessible pour les nombreux visiteurs qui ne paient pas l’entrée du monument.

Une résistance organisée et active

Malheureusement, quelques trublions sont venus gripper cette machine à vider les cerveaux.

Sous l’impulsion de Jean Duvernoy et Anne Brenon, entre autre, des chercheurs organisèrent des opérations de maintien du niveau culturel en s’entourant de chercheurs internationaux et locaux qui continuèrent à porter haut le flambeau d’une recherche cathare de qualité.

Et cela fonctionna avec l’aide notamment de régions et de villes périphériques, comme Mazamet qui confia à ces chercheurs la mise en place de son musée du Catharisme et accueillit plusieurs colloques de grande qualité.

Quand j’arrivais dans la région c’est cette situation que je découvris et cela me donna envie d’étudier le sujet.

Plus récemment, pour contrebalancer la mort du Centre d’études cathares, Anne Brenon et Pilar Jimenez mirent en place le CIRCAED qui tente de relancer les recherches et qui vient de publier sur Internet le premier numéro de la revue Heresis, ancien organe de diffusion des travaux du centre disparu.

De mon côté, bien plus modestement, j’ai mis en place ce site afin d’essayer de maintenir l’intérêt pour la recherche sur le Catharisme et l’association Culture et études cathares que j’ai contribué à créer en 2011 propose désormais aux chercheurs une documentation de plus en plus fournie dont la numérisation, lente mais continue, permet aux plus éloignés d’avoir accès aux documents nécessaires à leurs travaux.

Un négationnisme réactionnel

Mais les vieux ennemis du Catharisme ne sont pas que politiques et commerciaux.

La recherche sur le Catharisme, longtemps considérée comme secondaire et insignifiante, fut boudée par les chercheurs universitaires dans leur grande majorité. C’est pour cela que les noms devenus célèbres dans ce domaine ne sont pas ceux d’historiens officiels et universitaires mais de personnes aux compétences annexes ou connexes, mais motivés par ce travail. Philosophes et poètes, docteurs en droit et archivistes paléographes se saisirent de ce sujet délaissé et lui redonnèrent ses lettres de noblesse.

Pourtant certains historiens conscients d’avoir laissé passer une occasion de briller voulurent rattraper le train de l’histoire en investissant le sujet. Seulement, comment exister si l’on se met dans les pas de personnes jugées moins aptes et moins brillantes, si ce n’est en s’opposant à elles ?

C’est alors qu’est née l’idée d’une « déconstruction » de l’histoire du Catharisme. Malheureusement pour ses promoteurs issus d’universités du sud (Nice, Montpellier et Toulouse), il restait encore suffisamment de personnes compétentes pour répondre à ces théories fumeuses et ridicules. La mort récente de Jean Duvernoy et le retrait progressif des autres grands noms du sujet, permet néanmoins à quelques personnes, appuyées par des groupes plus discrets, notamment issus de certains franges de l’Église catholique, de tenter de discréditer toutes les recherches réalisées sur le Catharisme. Certaine presse de vulgarisation leur ouvrant régulièrement ses colonnes tout en écartant les autres points de vue, donne à leur propos un vernis de respectabilité.

J’ai récemment relaté l’attitude de l’évêque de Carcassonne qui, au mépris du Code du commerce, m’avait refusé la location d’une salle de conférence, avait ainsi montré que l’opposition n’est pas seulement politique et universitaire, mais qu’elle relève d’alliances plus diffuses et plus larges. Je dois néanmoins noter la courageuse démarche de l’évêque de Pamiers et du Cousserand qui, à la demande de ses paroissiens à tenu une cérémonie de repentance envers le martyrs des victimes du bûcher de 1244 à Montségur en octobre dernier.

Une résistance de tous les moments

La volonté de faire taire tout ce qui peut aider à une meilleure connaissance du sujet cathare est telle qu’elle coagule de nombreuses volontés, auxquelles on peut aussi ajouter des organismes officiels comme le Centre des Monuments Nationaux (CMN) de Carcassonne.

Le dernier épisode presque comique en la matière est mon éviction de la Cité médiévale où j’étais autorisé depuis deux ans à présenter, vendre et dédicacer mon livre Catharisme d’aujourd’hui.

Muni d’une autorisation municipale en bonne et due forme, je présentais mon ouvrage — même si mon activité principale était surtout de parler du Catharisme à des visiteurs souvent peu au fait du sujet — à l’entrée principale de la ville médiévale.

Voici deux semaine, le représentant du ministère de la Culture (cela ne s’invente pas), administrateur du CMN, se présenta à moi et m’indiqua que j’exerçais en un lieu interdit, quoique figurant explicitement sur mon autorisation écrite. Prenant contact avec la mairie, je découvrit effectivement que cette dernière était en infraction. Dimanche dernier, je me déplaçais donc sur une zone relevant de son autorité, mais la semaine suivante je reçu une lettre recommandée m’annonçant l’interdiction de poursuivre mon activité. J’ai déjà diffusé cette lettre dont le contenu confine au comique, ainsi que ma réponse qui en relève toutes les incohérences. La presse locale s’en est faite l’écho également.

C’est bien la volonté d’éduquer et de cultiver les connaissances de la population qui est mise en cause. Les activités strictement touristiques et commerciales sont promues et validées par des organismes qui devraient, au contraire, valoriser l’éducation des visiteurs mais qui suivent une politique visant à imposer des notions qui font consensus entre les désirs commerciaux des uns et les souhaits d’amoindrissement des comportements haineux de groupes religieux qui, en leur temps, ont participé à une entreprise monstrueuse dont ils ont encore honte aujourd’hui.

Il va sans dire que du point de vue cathare cela est ridicule, car comment reprocher à nos contemporains des erreurs commises par des personnes agissant en d’autres temps et avec d’autres conceptions du monde ?

Malgré tout, cela nous conforte dans la volonté de poursuivre cette œuvre d’éducation que les responsables nationaux et locaux ne veulent pas assurer et qu’ils combattent autant qu’ils le peuvent.

Pour autant, tout comme il est impossible d’empêcher une idée de renaître, il sera impossible de museler l’information que nous souhaitons diffuser. Il reviendra ensuite à chacun, en son âme et conscience, de s’en saisir ou pas.

 

25e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 25e dimanche du temps ordinaire

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Présent : le temps des cathares

Présent : le temps des cathares

Le rapport au temps

Je me suis déjà exprimé sur le temps et sa conception selon différentes philosophies et cultures, dont celle du christianisme.

Le fait de présenter le temps comme une sorte de ruban crée, de fait, une linéarité qui, dans le cas particulier du christianisme, est marquée par un événement destructeur du temps, la venue du Christ lors de sa première parousie. Cet événement va créer de fait un avant et un après. Le présent est constitué pour sa part de la période de la vie de Jésus et des disciples, telle qu’elle nous est rapportée dans les évangiles synoptiques. Continuer la lecture

Saint-Matthieu, apôtre et évangéliste

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de Saint-Matthieu, apôtre et évangéliste

1re lecture :

Lettre de Paul aux Éphésiens : 4, 1-7. 11-13

1 – Je vous exhorte donc, moi prisonnier dans le Seigneur, à marcher dignes de l’appel dont vous avez été appelés,
2 – en toute humilité et douceur et avec générosité, vous supportant les uns les autres avec amour
3 – et vous efforçant de garder l’unité de l’esprit dans le lien de la paix.
4 – Un est le corps et un l’Esprit; une aussi l’espérance à laquelle cet appel vous a appelés.
5 – Un est le Seigneur ; une la foi et un le baptême ;
6 – un est le Dieu et père de tous, qui est au-dessus de tous, entre tous, en tous.
7 – Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ.

Mon analyse :
Paul rappelle l’importance de l’unité de la communauté qui doit avancer, non seulement dans la paix et la bienveillance, mais aussi dans le même mouvement.

11 – Et c’est lui qui a donné les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les maîtres,
12 – pour former des saints dont l’œuvre soit de servir, et de bâtir le corps du Christ
13 – jusqu’à ce que tous nous touchions à l’unité de la foi et de la connaissance du fils de Dieu, et à l’homme parfait, à la mesure du Christ en la plénitude de son âge.

Mon analyse :
Ici Paul rappelle que la communauté est l’œuvre de Christ et que chacun a eu sa part de grâce en fonction de son mérite et de sa foi. Mais ces dons ne sont pas à visée hiérarchique ; ils sont destinés à servir la communauté afin que chacun en atteignant le niveau de connaissance et de foi nécessaire atteigne, par l’amour, l’éveil qui révèle l’homme parfait — le Christ — en nous

Psaumes : 19 (Vulgate 18a), 2-3, 4-5ab

2 – Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l’œuvre de ses mains ;
3 – le jour au jour en dit une parole et la nuit à la nuit en donne connaissance :
4 – pas de parole, pas de mot, leur voix n’est pas entendue,
5 – mais dans toute la terre leur rythme est perçu …

Mon analyse :
Cette évocation de la grandeur de la création divine peut être perçue comme la validation de la thèse judéo-chrétienne dont Matthieu est le plus fervent défenseur.

Évangile selon Matthieu : 9, 9-13

9 – Passant plus loin, Jésus vit, assis à la perception, un homme appelé Matthieu. Il lui dit : Suis-moi. Il se leva et le suivit.
10 – Comme il était à table dans la maison, voilà que beaucoup de percepteurs et de pécheurs se mirent à table avec Jésus et ses disciples.
11 – À cette vue, les pharisiens disaient aux disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec les percepteurs et les pécheurs ?
12 – Mais lui, qui avait entendu, leur dit : Ce ne sont pas les vigoureux qui ont besoin de médecin, mais les mal-portants.
13 – Allez donc apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde et non le sacrifice, car je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs.

Mon analyse :
Les pharisiens s’adressent aux disciples pour tenter de les déstabiliser. La dernière phrase signe l’opposition entre la loi d’Amour (Bienveillance) et la loi positive.

Voilà comment je reçois ces textes.