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2e dimanche de l’Avent

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 2e dimanche de l’Avent

1re lecture :

Isaïe : 40, 1-5. 9-11

1 – Réconfortez, réconfortez mon peuple, dit votre Dieu,
2 – parlez au cœur de Jérusalem et proclamez-lui que son service est achevé, que sa faute est payée, qu’elle a reçu de la main de Iahvé le double pour tous ses péchés ;
3 – Une voix clame : « Frayez dans le désert la route de Iahvé ! Tracez dans la steppe une chaussée pour notre Dieu !
4 – Que tout vallon soit élevé ! Que toute montagne et toute colline soit abaissées ! Que le saillant devienne uni et que les mamelons deviennent une vallée !
5 – La gloire de Iahvé se révèlera et toute chair à la fois verra, car la bouche de Iahvé à parlé.
9 – Monte sur une haute montagne, messagère de Sion ! Élève avec force ta vois, messagère de Jérusalem, élève la voix, ne crains pas ! Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu,
10 – voici Adonaï Iahvé : il vient, dans sa force, et son bras lui assure la souveraineté. Voici avec lui son salaire et devant lui sa récompense.
11 – Comme un pasteur, il fait paître son troupeau ; de son bras il rassemble, sur son sein il porte les agneaux, il mène celles qui allaitent. »

Mon analyse :
C’est chez le plus grand prophète juif que les évangélistes judéo-chrétiens — à l’exception notable de Jean — sont allés chercher leur référence pour définir celui qu’ils veulent présenter comme l’envoyé de Iahvé. En fait, ce qu’Isaïe annonce, après avoir prédit la chute d’Israël, c’est la libération de son peuple de Babylone. Il s’agit donc du mode d’emploi pour éteindre la colère de Iahvé et de la promesse d’une nouvelle alliance après cet épisode funeste qui s’annonce.

Psaumes : 84 (Vulgate 83), 9ab-10, 11-12, 13-14

9 – Nous ne voyons plus nos signes, il n’y a plus de prophète,
10 – Jusques à quand, Élohim, l’adversaire insultera-t-il ? L’ennemi méprisera-t-il ton nom pour toujours ?
11 – Pourquoi retires-tu ta main et retiens-tu ta droite au-dedans de ton sein ?
12 – Élohim, ô mon roi du temps jadis, qui opères des délivrances au sein de la terre,
13 – c’est toi qui, par ta puissance, as fendu la mer, qui as brisé les têtes des dragons sur les eaux,
14 – toi qui as fracassé les têtes de Léviathan, qui l’a donné pour nourriture aux tortues de mer,

Mon analyse :
Cette fois que le drame national s’est produit, les Juifs appellent Iahvé à la rescousse et lui rappellent sa puissance, donc, implicitement, sa responsabilité envers eux. L’esclave ne se sent responsable de rien et demande au maître de faire sa part de marché.

2e lecture :

Deuxième lettre de Pierre : 3, 8-14

8 – Et, chers, n’oubliez pas qu’un jour devant le Seigneur est comme mille ans et mille ans sont comme un jour.
9 – Le Seigneur ne retarde pas ce qu’il a promis bien que certains croient à un retard, mais il patiente pour vous. Il veut que personne ne périsse, mais que tous en soient à la conversion.
10 – Le jour du Seigneur arrivera comme un voleur et alors les cieux passeront dans un sifflement, les éléments embrasés se dissoudront et la terre et ce qu’elle contient seront trouvés.
11 – Puisque tout se dissout ainsi, quelle sainte conduite et quelle piété devez-vous avoir
12 – pour attendre et hâter l’avènement du jour de Dieu où se dissoudront les cieux en feu et se liquéfieront les éléments embrasés.
13 – Mais, selon sa promesse, nous attendrons de nouveaux cieux et une nouvelle terre qu’habitera la justice.
14 – C’est pourquoi, chers, efforcez-vous d’être sans tache et sans reproche pour qu’il vous trouve en paix.

Mon analyse :
Ici Pierre aborde l’idée de la patience de Dieu. En effet, la fin des temps interviendra quand Dieu considérera que ceux qui devaient se rapprocher de lui l’ont fait. C’est encore assez proche de l’idée cathare que ce monde ne disparaîtra que lorsque le dernier esprit saint tombé dans la matière l’aura quitté. Dieu ne veut pas que ses enfants périssent mais qu’ils reviennent à lui (verset 9). Pour autant on voit chez Pierre l’esprit vétéro-testamentaire présent dans les deux premiers textes. Les hommes attendent tout de Dieu.

Évangile selon Marc : 1, 1-8

1 – Commencement de l’évangile de Jésus Christ.
2 – Comme il est écrit dans le prophète Isaïe : Voici, j’envoie mon ange devant ta face pour préparer ton chemin ;
3 – voix qui clame dans le désert : Apprêtez le chemin du Seigneur, rendez droites ses chaussées,

Mon analyse :
Contrairement à Matthieu, Marc ne propose pas une généalogie de Jésus et saute l’épisode de la naissance de Jésus. La citation d’Isaïe est plus complète, même si sa première partie est en fait tirée de Malachie. Cela donne à penser aux experts que Matthieu se serait inspiré de Marc.

4 – Jean Baptiste vint au désert ; il proclamait un baptême de conversion pour la rémission des péchés.
5 – Et tout le pays de Judée et tout Jérusalem sortaient vers lui, ils avouaient leurs péchés et se faisaient immerger par lui dans le cours du Jourdain.
6 – Ce Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il mangeait des sauterelles et du miel sauvage.
7 – Et il proclamait : Celui qui est plus fort que moi vient derrière moi, je ne suis pas digne de me baisser pour délier le lacet de ses chaussures ;
8 – moi je vous ai immergés d’eau, lui vous immergera d’Esprit saint.

Mon analyse :
La stricte similitude entre Marc 1, 6 et Matthieu 3, 4, pousse encore à conforter l’idée d’une copie. Par contre Marc donne à Jean une plus grande marque d’humilité en 1, 7 alors que Matthieu le fait plutôt en 3, 14. Dans les deux cas, Jésus reçoit bien le baptême d’eau de Jean. Par contre, Jean précise bien que le vrai baptême, celui qui sera donné par l’envoyé, sera fait d’esprit.

Voici comment je reçois ces textes.

L’immaculé conception de la vierge Marie

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de l’immaculé conception de la vierge Marie

L’immaculée conception de Marie est un pilier du christianisme catholique. En effet, pour rattacher Jésus à la lignée davidique il fallait le faire naître dans un corps d’homme issu d’une femme juive, elle-même rattachée à cette lignée, puisque pour les Juifs c’est la femme qui garantit la lignée. Effectivement, à l’époque comme aujourd’hui, la maternité est facile à confirmer alors que la paternité peut soulever des doutes.
Mais il fallait aussi marquer le fait que Jésus était l’autorité suprême, donc il devait être le premier né, et il fallait que son statut divin soit clairement reconnu, donc il ne fallait pas que l’on puisse imaginer que son père eut pu être Joseph. Pour y arriver, on n’hésita pas à faire de Marie une quasi prostituée. À l’époque, enfanter sans être mariée était monstrueux. D’ailleurs Joseph, bien placé pour savoir qu’il n’était pour rien dans cette grossesse, aura un premier réflexe classique en voulant répudier Marie.
Mais l’idée de l’immaculée conception pose une question essentielle : celle du rapport du judéo-christianisme à la sexualité. D’un côté elle est nécessaire aux plans du démiurge qui veut une création foisonnante, de l’autre elle recourt à des expédients peu glorieux, voire un peu dégoûtants. Cette ambivalence marque clairement l’impossible connexion entre une vision élevée de la divinité et de sa création et la réalité d’un monde où les choses sont bien moins propres. On pourrait aussi s’interroger sur le fonctionnement biologique de la procréation humaine (et de bien des espèces d’ailleurs) qui nécessite l’usage d’organes qui sont proches ou communs à ceux des fonctions d’élimination des déchets du corps humain. Surprenant quand les fleurs usent de moyens bien plus poétiques.
Au final, les religieux, et notamment les cathares, ont compris ce problèmes et c’est pour cela qu’ils prônent et pratiquent la continence.

1re lecture :

Genèse : 3, 9-15. 20

9 – Iahvé Élohim appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? »
10 – Il dit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. »
11 – Il dit : « Qui t’a révélé que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais ordonné de ne pas manger ? »
12 – L’homme dit : « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné de l’arbre et j’ai mangé. »
13 – Iahvé Élohim dit à la femme : « Qu’est-ce que tu as fait ? » La femme dit : « Le serpent m’a dupé et j’ai mangé. »
14 – Iahvé Élohim dit au serpent : « Puisque tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et entre tous les animaux des champs ! Sur ton ventre tu marcheras et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie !
15 – J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t’écrasera la tête et, toi, tu la viseras au talon. »
20 – L’homme appela sa femme du nom d’Ève, parce qu’elle fut mère de tout vivant.

Mon analyse :
Ce passage est un chef d’œuvre et je n’arrive pas à comprendre comment les judéo-chrétiens peuvent encore le lire de travers. Examinons les personnages. Iahvé cherche l’homme — comme s’il n’était pas omniscient —, ou alors il fait semblant de le chercher, ce qui confine à la perversité. Il ne dit pas à l’homme qu’il est nu, ce qu’il lui avait caché jusque là ; il s’inquiète simplement de savoir comment l’homme l’a découvert. Il est donc menteur (Jn 8, 44). Ensuite, il s’en prend au serpent, soi-disant responsable de la situation, alors qu’il lui aurait été très simple de l’empêcher s’il l’avait voulu. Encore une forme de perversité. Et il précise qu’à l’avenir, il fera en sorte que la femme et le serpent ne puissent plus communiquer.
La lecture cathare est bien plus claire et simple. Iahvé n’est pas Dieu mais le démiurge, opérateur du mauvais principe. Il n’a pas de pouvoir sur le Bien, et c’est pour cela qu’il n’a pu empêcher Dieu de mettre l’arbre de la connaissance dans le jardin ni le serpent de venir apporter la bonne nouvelle (évangile) à la femme. Faute d’avoir pu prévoir ces événements (car il n’est pas omniscient), il tente de rattraper la situation à sa manière maligne en s’en prenant au messager (Christ) dont il veut empêcher de futures interventions. Cela ne réussira pas puisque nous savons qu’il reviendra auprès des hommes.

Psaumes : 98 (Vulgate 97) 1. 2-3ab, 3cd-4, 5-6

1 – Psaume. Chantez à Iahvé un chant nouveau, car il a fait des merveilles. Sa droite l’a secouru et son bras de sainteté [l’a aidé].
2 – Iahvé a fait connaître son salut, aux yeux des nations il a révélé sa justice,
3 – il s’est souvenu de sa grâce et de sa fidélité envers la maison d’Israël,…

Mon analyse :
Ce texte veut faire croire que Iahvé est bon pour les hommes. L’espoir s’est concrétisé et le peuple élu chante les louanges du Dieu qui les a favorisé. Nous savons que cela changera plusieurs fois au fil du temps.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Éphésiens : 1, 3-6. 11-12

3 – Béni soit le Dieu et père de notre seigneur Jésus Christ, qui dans les deux nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans le Christ
4 – quand il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour être, devant lui, saints et sans reproche en amour
5 – et qu’il nous a destinés d’avance à être adoptés pour lui, par Jésus Christ, selon le souhait de sa volonté
6 – et à la louange de la glorieuse grâce dont il nous a gratifiés en son fils aimé.

Mon analyse :
On pourrait voir dans le début du verset 4 une affirmation de la consubstantialité qui diffère clairement de l’idée d’une création ex nihilo qui est la règle catholique. Nous sommes loin de la Genèse et du démiurge maladroit.

11 – En celui-ci aussi nous avons hérité d’être déterminés d’avance, selon le propos de celui qui opère tout d’après le dessein de sa volonté,
12 – pour qu’à la louange de sa gloire nous soyons les premiers à espérer dans le Christ.

Mon analyse :
Ce court passage renforce la première partie : Dieu est clairement compétent et nous a déterminé de tous temps, ce qui fait que, quelques soient les vicissitudes que nous devons affronter en notre exil, il suffira que nous espérions en Christ pour que notre destiné s’opère quoi que veuille faire le démiurge.

Évangile selon Luc : 1, 26 – 38

26 – Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth,
27 – à une vierge fiancée à un homme appelé Joseph, de la maison de David, et la vierge s’appelait Marie.
28 – Il entra chez elle et dit : Réjouis-toi, gracieuse, le Seigneur est avec toi.
29 – À cette parole elle se troubla, elle se demandait quelle était cette salutation.
30 – L’ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31 – Voilà que tu vas concevoir et enfanter un fils. Tu l’appelleras Jésus.
32 – Il sera grand et on l’appellera fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.
33 – Il régnera au long des âges sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin.
34 – Marie dit à l’ange : Comment ce sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?
35 – L’ange lui répondit : L’Esprit saint surviendra sur toi, la puissance du Très-Haut te couvrira : c’est pourquoi l’enfant sera saint et on l’appellera fils de Dieu.
36 – Et voilà qu’Élisabeth ta parente a aussi conçu un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixième de celle qu’on appelait stérile ;
37 – car rien n’est impossible à Dieu.
38 – Et Marie dit : Voici l’esclave du Seigneur. Qu’il en soit de moi comme tu dis, Et l’ange la quitta.

Mon analyse :
Cette scène, destiné à attester l ‘immaculé conception de Marie et l’humanité de Jésus, est amusante. Sachant qu’elle émane des courant hellénistes juifs, on ne peut s’empêcher d’y voir une imitation des légendes où Zeus choisit une mortelle pour s’accoupler à elle et concevoir des demi-dieux. Vouloir faire de cet évangéliste un proche de Paul est une idiotie dont la comparaison entre ces deux textes apporte la démonstration.

Voici comment je reçois ces textes.

1er dimanche de l’Avent

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 1er dimanche de l’Avent

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Saint André, apôtre

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

 Messe commémorative de Saint André, apôtre

André, frère de Pierre, est présenté comme le premier disciple appelé par Jésus. Auparavant, avec son frère, ils furent disciples de Jean le baptiste, ce qui peut expliquer la prégnance vétéro-testamentaire dont ils n’arriveront pas à se libérer et qu’utilisera Jacques pour ancrer la voie de Christ dans le judaïsme.
Il mourut crucifié vers l’an 60 à Patras, sous le règne de Néron, par le proconsul dont il avait converti la femme. Sa croix, en forme de X, porte son nom et est reprise dans le drapeau de l’Écosse et de la Grande-Bretagne. Ses voyages en orient font de lui le saint patron de la Roumanie et de la marine russe.

1re lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 10, 9-18

9 – Parce que si par ta bouche tu avoues Jésus comme seigneur et si dans ton cœur tu crois que Dieu l’a relevé d’entre les morts, tu seras sauvé.
10 – Car c’est de cœur qu’on a foi pour la justice et c’est de bouche qu’on avoue pour le salut.
11 – L’écriture dit en effet : quiconque se fie à lui n’aura pas honte.
12 – Car il n’y a pas de différence entre Juif et Grec. Il est le seigneur de tous, riche envers tous ceux qui l’invoquent,
13 – car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Mon analyse :
La foi dans le message que nous a transmis Christ ne s’encombre pas des systèmes légaux. Elle est en nous et se manifeste par chacune de nos paroles. Nous n’avons rien à attendre de l’extérieur, mais nous devons avancer par nous mêmes sans nous référer à des systèmes religieux déjà existant.

14 – Mais comment invoquer celui à qui on ne s’est pas fié ? Et comment se fier à celui dont on n’a rien entendu ? Et comment entendre si personne ne prêche ?
15 – Et comment prêcher si on n’est pas envoyé ? selon qu’il est écrit : Qu’ils sont bienvenus les pieds de ceux qui évangélisent !
16 – Mais tous n’ont pas obéi à l’évangile. Isaïe dit en effet : Seigneur, qui a eu foi en nous entendant ?
17 – Car on a foi pour avoir entendu et on entend par la parole du Christ.
18 – Alors je dis : n’ont-ils pas entendu ? Allons donc ! Leur retentissement est allé par toute la terre et leur parole au bout du monde.

Mon analyse :
Paul nous précise un point important, la prédication est essentielle pour que le message soit entendu et qu’il puisse déboucher sur la foi et la mise en pratique en vue du salut. Le scribe judéo-chrétien ne peut s’empêcher de rajouter six versets à l’encontre des Juifs. Eux ont entendu les prophètes mais ne les ont pas suivis et sont restés indociles en raison de la structuration même de leur loi. Cela commence à ressembler à un début d’antisémitisme.

Psaumes : 19 (Vulgate 18A), 2-3, 4-5ab

2 – Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l’œuvre de ses mains ;
3 – le jour au jour en dit une parole et la nuit à la nuit en donne connaissance :
4 – pas de parole, pas de mots, leur voix n’est pas entendue,
5 – mais dans toute la terre leur rythme est perçu et leur discours au bout du monde !

Mon analyse :
On peut penser que ce texte est choisi comme support de la prédication valorisée dans le texte précédent, puisque le saint honoré par les catholiques est un prédicateur.

Évangile selon Matthieu : 4, 18-22

18 – Comme il marchait le long de la mer de Galilée il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et son frère André qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs.
19 – Il leur dit : Ici, derrière moi, que je vous fasse pêcheurs d’hommes.
20 – Aussitôt ils laissèrent les filets et le suivirent.
21 Plus loin il vit deux autres frères, Jacques fils de Zébédée et son frère Jean, dans le bateau avec Zébédée peur père, en train d’arranger leurs filets. Il les appela.
22 – Aussitôt laissant le bateau et leur père ils le suivirent.

Mon analyse :
Ce court passage permet d’expliquer qui est André, frère de Pierre, tous deux pêcheurs, donc d’un niveau d’instruction faible.

Voici comment je reçois ces textes.

34e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

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Tolérance et solidarités dans les pays pyrénéens

Tolérance et solidarités dans les pays pyrénéens

Actes du colloque tenu à Foix les 18-19 et 20 septembre 1998. Organisé par les Archives départementales de l’Ariège avec la collaboration de Serge Brunet (Université de Toulouse-Le Mirail), Claudine Pailhès (Archives départementales de l’Ariège) et Philippe de Robert (Université Marc Bloch de Strasbourg).

Certes, ce colloque était clairement orienté vers le protestantisme mais trois communications traitèrent de sujets en rapport avec le catharisme. Cela explique que nus vous signalions cette publication et que nous mettions ces articles à disposition des chercheurs.

Sommaire
Anne Brenon : De Montségur à Montaillou : les cathares et les autres dans la société pyrénéenne (XIIIe-XIVe siècles) – pdf disponible
Annie Cazenave : La violence et le mal : refuge, résistance et clandestinité cathares sur les deux versants des Pyrénées – pdf disponible
Benoît Cursente : La solidarité par l’exclusion ? Nouveau regard sur l’origine des crestias/cagots ouest-pyrénéens – pdf disponible

Regards sur le catharisme – Spiritualité cathare : 2000 – 2004


Société Regards sur le Catharisme

Cette association, issue de la séparation de Lucienne julien de la Société des études cathares, fit le choix de poursuivre la voie cathare dans une démarche clairement ésotérique.

Cette revue en est la manifestation claire et présente une approche intellectuelle du sujet qui peut présenter un intérêt non négligeable.

Les articles disposant de la mention pdf disponible peuvent être obtenus, au format pdf, par les chercheurs qui en feront la demande via le formulaire ad hoc. Ceux portant la mention barré ne seront pas proposés.
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33e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine. Continuer la lecture

32e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 32e dimanche du temps ordinaire

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Dédicace de la basilique Saint Jean de Latran

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de la Dédicace de la basilique Saint Jean de Latran

La basilique Saint-Jean-de-Latran est la première et l’une des quatre basiliques majeures de Rome, édifiée sur le mont Latran. Son titre exact est basilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean Baptiste et Jean l’Évangéliste, au Latran.
Construite à partir de 320, elle est l’église cathédrale de l’évêque de Rome, le pape. Elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput », qui signifie « mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde ».
Première église à être publiquement consacrée — le 9 novembre 324 par le pape Sylvestre Ier — elle prit progressivement (à partir du XIIe siècle) le nom de basilique Saint-Jean par association à son important baptistère voisin, dédié à saint Jean-Baptiste, le plus ancien de Rome.>
Pendant plus de dix siècles, les papes (évêques de Rome) résidèrent dans le palais du Latran voisin. Dans les murs de la basilique se réunirent plus de 250 conciles, dont les cinq conciles œcuméniques du Latran.

C’est lors du 11e concile œcuménique qui s’y tint en trois sessions : les 5, 7 (ou 14) et 19 (ou 22) mars 1179, que les 200 pères conciliaires prirent le canon n° 27 ainsi rédigé :
Quoique l’Église, suivant que le dit saint Léon, rejette les exécutions sanglantes, elle ne laisse pas d’être aidée par les lois des princes chrétiens, en ce que la crainte du supplice corporel fait quelquefois recourir au remède spirituel ; c’est pourquoi nous anathématisons les hérétiques nommés cathares, patarins ou publicains, les albigeois et autres qui enseignent publiquement leurs erreurs, et ceux qui leur donnent protection ou retraite, défendant, en cas qu’ils viennent à mourir dans leur péché, de faire des oblations pour eux, et de leur donner la sépulture entre les chrétiens. Le concile ordonne de dénoncer excommuniés, dans les églises, les jours de dimanches et de fêtes, les brabançons, les cotteraux, etc., qui portaient la désolation partout. Il permet même de prendre les armes contre eux, et reçoit ceux qui les attaqueront sous la protection de l’Église, comme ceux qui visitent le saint sépulcre. Ces cotteraux ou roturiers étaient des troupes ramassées dont les seigneurs se servaient pour leurs guerres particulières, et qui vivaient sans discipline et sans religion. Labb. X ; Anal. des conc.

Mon analyse :
Comme on le voit, avant même l’arrivée à la tête de l’Église de Rome de innocent III, les cathares étaient dans la ligne de mire des Catholiques. Notons au passage que, contrairement à ce qu’affirment aujourd’hui certains historiens, le terme cathare est bien employé à l’époque et mis en parallèle avec d’autres termes désignant les mêmes « hérétiques », comme patarins et publicains.

Le quatrième concile de Latran (douzième dans l’ordre œcuménique) s’y tint en trois séances solennelles, les 11, 20 et 30 novembre 1215 sur l’initiative du pape Innocent III dans le but de prêcher la croisade et de parler de la réforme de l’Église. Ainsi, la bulle d’indiction du concile, Vineam Domini Sabaoth, est publiée le 19 avril 1213, le même jour que celle de croisade (Quia major nunc). Il renforce les mesures contre les hérésies et notamment le Catharisme en destituant Raymond Vi, comte de Toulouse et en renforçant le pouvoir des évêques.

1re lecture :

Ézéchiel 47, 1-2. 8-9. 12

1 – Il me ramena à l’entrée de la Maison et voici que de l’eau sortait de dessous le seuil de la Maison, vers l’orient ; la façade de la Maison était, en effet, à l’orient. L’eau descendait par en dessous du côté sud de la Maison, au sud de l’autel.
2 – Puis il me fit sortir par l’itinéraire de la porte nord et me fit faire le tour par l’itinéraire extérieur jusqu’à la porte extérieure qui fait face à la direction de l’orient, et voici que l’eau coulait du côté méridional.
8 – Il me dit : « Cette eau s’en va vers le district oriental ; elle descend dans la Arabah, débouche dans la mer, dans l’eau nauséabonde et l’eau sera assainie.
9 – Tout animal vivant qui foisonne vivra partout où le torrent parviendra ; le poisson sera très nombreux quand cette eau parviendra là ; et [l’eau de mer] sera assainie ; il y aura de la vie partout où parviendra le torrent.
12 – Près du torrent, sur ses rives, de part et d’autre, pousseront toutes sortes d’arbres fruitiers dont le feuillage ne se flétrira pas et dont les fruits ne s’épuiseront pas : chaque mois ils produiront de nouveaux fruits, car leurs eaux proviennent du sanctuaire ; leurs fruits serviront de nourriture et leur feuillage de remède.

Mon analyse :
Le prophète décrit la vision au cours de laquelle Iahvé donne ses ordres concernant l’organisation de la vie en Israël. Après les obligations décrites plus tôt dans le texte, voici la récompense promise. Les eaux sacrées coulant du sanctuaire assainissent la Mer morte et lui rendent la vie. C’est le système contractuel que nous connaissons bien.

Mais la liturgie nous propose un autre texte au choix :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 3, 9c-11. 16-17

9 – Car nous sommes les collaborateurs de Dieu. Vous, vous êtes le labour de Dieu, la bâtisse de Dieu.
10 – Selon la grâce que Dieu m’a donnée j’ai, en bon architecte, établi les fondations, un autre bâtit dessus ; à chacun de voir comment il bâtit.
11 – Car nul ne peut établir d’autres fondations que celles qui sont, c’est-à-dire Jésus Christ.

Mon analyse :
Ce choix, qui astucieusement joue lui aussi sur le thème de la maison, montre Paul en train de critiquer Apollos dont la prédication le gêne. D’abord, il commence par une approche humble : nous sommes tous deux des serviteurs. Il indique quand même son antériorité en précisant que c’est lui qui a planté. Le verset 10 fait de Paul quelqu’un de plus important (l’architecte) et d’Apollos un simple constructeur. Et encore, Paul introduit un doute sur la qualité de sa construction. Ensuite, il semble se contredire en précisant que les fondations sont déjà préexistantes, ce qui revient à dire que lui n’a pas établi de fondations, tout au plus les a-t-il révélées.

16 – Ne savez-vous pas que vous êtes le sanctuaire de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ?
17 – Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint ; c’est ce que vous êtes.

Mon analyse :
Le verset 17, remanié par le scribe comme le rappelle Paul-Louis Couchoud, fait de Dieu un vengeur alors que la version de Marcion dit simplement : « Il sera détruit » et non : « Dieu le détruira ». Paul dit simplement que ceux qui pervertissent les hommes en train de suivre la voie de Christ commettent un péché si grave que le salut leur sera refusé. C’est une accusation à demi-mot contre Apollos que Paul accuse de pervertir son message.

Psaumes : 46 (Vulgate 45), 2-3, 5-6, 8-9a.10a

2 – Élohim est pour nous un refuge, une force, un secours qu’on trouve toujours dans les angoisses.
3 – C’est pourquoi nous n’avons pas peur, si la terre change, si les montagnes s’ébranlent au sein de la mer,
5 – D’un fleuve les canaux réjouissent la cité d’Élohim, la plus sainte des demeures du Très-Haut.
6 – Élohim est au milieu d’elle, elle ne sera pas ébranlée, Élohim la secourt à l’approche du matin.
8 – Iahvé des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous.
9 – Venez voir les œuvres d’Élohim,
10 – Il fait cesser les guerres jusqu’au bout de la terre,

Mon analyse :
Outre l’apparent polythéisme (Élohim, Iahvé), on note le choix de présenter ce dieu sous un aspect positif en retirant du texte initial tout ce qui peut choquer, notamment au versets 9 et 10 qui montrent en fait la violence de Iahvé.

2e lecture :

Évangile selon Jean : 2, 13-22

13 – La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem.
14 – Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes, et changeurs installés.
15 – Faisant un fouet avec des cordes, il les expulsa tous du temple, et les brebis et les bœufs, et il renversa la monnaie des changeurs et retourna leurs tables.
16 – Et il dit aux vendeurs de colombes : Enlevez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon père une maison de négoce.
17 – Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore.

Mon analyse :
Cette version est une des moins violente de celles qui nous sont parvenues. Je note que Jésus chasse manuellement les vendeurs d’offrandes les plus chères (bœufs et brebis) ainsi que ceux qui manipulent directement l’argent mais qu’il se contente du raisonnement pour faire partir ceux qui vendent les offrandes modestes (colombes) aux plus pauvres. Ce faisant, ce n’est pas seulement aux vendeurs qu’il s’en prend mais à la classe sacerdotale des lévites et des prêtres qui sont rémunérés exclusivement par une part prise sur les ventes des offrandes. On comprend pourquoi les cathares attachaient de l’importance à gagner eux-mêmes leur subsistance et à ne pas dépendre d’une forme quelconque de mendicité. En supprimant le recours à l’argent, il replace la prière simple et personnelle au centre de la relation spirituelle.

18 – Alors les Juifs lui demandèrent : Quel signe nous montres-tu pour agir de la sorte ?
19 – Jésus leur répondit : Défaites ce sanctuaire, et dans trois jours je le relèverai.
20 – Les Juifs lui dirent : Voilà quarante-six ans qu’on bâtit ce sanctuaire, et toi, tu le relèves dans trois jours ?
21 – Mais il parlait du sanctuaire de son corps.
22 – Quand il fut relevé d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il en avait parlé et ils se fièrent à l’écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Mon analyse :
Cet épisode semble plus là pour rattacher Jésus à la tradition juive qu’autre chose. Par contre, il est clair que les disciples ne sont pas plus avisés que les autres Juifs. Ils ne comprennent les paroles de Jésus que a posteriori.

Voici comment je reçois ces textes.