Solennité des saints Pierre et Paul

2 533 vue(s)

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de la Solennité des saints Pierre et Paul

Ce jour est marqué dans la tradition orthodoxe comme la fin du jeûne des apôtres. En effet, ils sont les seuls à pratiquer encore deux jeûnes annuels.
Les catholiques prétendent fêter ensemble les deux apôtres au motif qu’ils auraient été emprisonnés ensemble et martyrisés le même jour. Cette affirmation est sans preuve. Si Pierre fut effectivement crucifié à Rome, sans doute en même temps que de nombreux autres chrétiens, Paul fut exécuté par décapitation — en respect de son statut de citoyen romain —, mais à une date inconnue.
Il faut chercher ailleurs la volonté d’associer les deux hommes au même rang. Si l’activité apostolique de Paul est incontestable comme le montrent ses lettres et les communautés qui se réclament de lui pendant tout le premier siècle, celle de Pierre est plus discutable.
Tous les témoignages le montrent résident de Jérusalem et membre d’une communauté dirigée par Jacques le mineur. En fait il faudra plusieurs décennies d’efforts constants pour lui donner l’image du fondateur de l’Église catholique. C’est d’ailleurs après sa mort que cette entreprise sera lancée, notamment par les écrits pseudo-clémentins.
Cette association obéit à cet objectif : mettre Pierre sur un pied d’égalité avec Paul pour le valoriser. Mais il y a une autre manœuvre plus sournoise qui tente de rabaisser Paul au niveau de Pierre pour constater l’aura dont il jouit jusqu’au troisième siècle, avant d’être récupéré par les catholiques qui niaient sa qualité d’apôtre et qui en faisaient « l’apôtre des hérétiques », selon la formule de Tertulien de Carthage (3esiècle).

1relecture :

Actes des apôtres : 12, 1-11

1 – Vers ce temps-là, le roi Hérode entreprit de maltraiter des membres de l’église.
2 – Il fit supprimer par le sabre Jacques, frère de Jean
3 – et, voyant que cela plaisait aux Juifs, il fit encore prendre Pierre. On était aux jours des azymes.
4 – Il le fit donc prendre et mettre en prison et le confia à la garde de quatre escouades de soldats, dans l’intention de l’amener au peuple après la Pâque.
5 – Pierre était donc gardé dans la prison mais l’église priait Dieu pour lui intensément.
6 – Or, la nuit avant qu’Hérode le fasse comparaître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux soldats, et des sentinelles devant la porte gardaient la prison.
7 – Et voilà que survint un ange du Seigneur et qu’une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre en le frappant au côté et lui dit : Lève-toi vite. Les chaînes tombèrent de ses mains.
8 – L’ange lui dit : Ceins-toi et chausse tes sandales ; il le fit. Il lui dit encore : Revêts ton manteau et suis-moi.
9 – Pierre sortit et le suivit sans savoir que ce qui arrivait par l’ange était vrai : il lui semblait voir une vision.
10 – Ils passèrent une première garde puis une deuxième et vinrent à la porte de fer, qui donne sur la ville. Elle s’ouvrit à eux d’elle-même. Ils sortirent et s’avancèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta.
11 – Pierre, revenu à lui, se dit : Maintenant je sais vraiment que le Seigneur a envoyé son ange et qu’il m’a arraché de la main d’Hérode et de ce à quoi s’attendait le peuple des Juifs.

Mon commentaire :
La secte chrétienne juive est victime de persécutions ciblées. Jacques de Zébédé est exécuté et Pierre emprisonné. On peut imaginer une volonté de parallélisme entre Pierre et Jésus par la scène. Pierre, presque mort, est libéré par l’ange et revient à la vie. L’idée est de donner à Pierre un statut qu’il n’aura jamais dans les faits.

Psaumes : 34 (Vulgate 33), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9

2 – Je bénirai Iahvé en tout temps, sa louange sera constamment en sa bouche,
3 – de Iahvé mon âme se loue : que l’entendent les humbles et qu’ils s’en réjouissent !
4 – Magnifiez Iahvé avec moi et exaltons ensemble son nom !
5 – J’ai recherché Iahvé et il m’a répondu : de toutes mes craintes il m’a délivré.
6 – Regardez vers lui, soyez radieux, et que vos visages ne soient points confus !
7 – Ce pauvre a crié, Iahvé l’a entendu et de toutes ses angoisses il l’a sauvé :
8 – l’ange de Iahvé établit son camp autour de ceux qui Le craignent et il les dégage.
9 – Constatez et voyez combien Iahvé est bon : heureux l’homme qui s’abrite en lui !

Mon commentaire :
Encore un texte classique pour les Psaumes. Sa place dans la célébration du jour n’est pas très claire, mais c’est souvent le cas.

2e lecture :

Deuxième lettre de Paul à Timothée : 4, 6-8. 17-18

6 – Car pour moi, je sers déjà de libation et le temps de mon retour est venu.
7 – J’ai combattu le beau combat, fini la course, gardé la foi.
8 – Du reste m’est réservée la couronne de justice qu’en ce Jour-là me rendra le Seigneur, le juste juge, et non seulement à moi mais à tous ceux qui auront aimé sa manifestation.

Mon commentaire :
Paul, annonce sa fin prochaine et, comme il fut le premier dans la foi, il se voit comme le premier à se présenter à Christ.

17 – Mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié pour que, par moi, la prédication soit assurée et que toutes les nations l’entendent; et j’ai été délivré de la gueule du lion.
18 – Le Seigneur me délivrera de toute œuvre mauvaise et me sauvera pour son règne céleste. À lui la gloire dans les âges des âges. Amen.

Mon commentaire :
Paul manifeste son isolement face à la menace de mort imminente. Seul Luc est resté ; Marc qu’il fait demander le quittera pour Pierre bientôt. Paul est donc bien mort loin de Pierre contrairement à la légende catholique.

Évangile selon Matthieu : 16, 13-19

13 – Comme il venait dans la province de Césarée de Philippe, Jésus questionna ses disciples, il dit : Qui est le fils de l’homme, au dire des hommes ?
14 – Ils répondirent : Pour les uns, Jean Baptiste, pour d’autres, Élie, pour les autres, Jérémie ou un des prophètes.
15 – II leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ?
16 – Simon Pierre répondit : Tu es le christ, le fils du Dieu vivant.
17 – Et Jésus lui répondit : Tu es magnifique, Simon Bar-Jona, parce que ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont dévoilé cela, mais mon père qui est dans les cieux.
18 – Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette roche je bâtirai mon église, et les portes de l’Hadès ne seront pas plus fortes qu’elle.
19 – Je te donnerai les clés du règne des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.

Mon commentaire :
Pierre est valorisé dans ce passage. Il est celui qui comprend la question et qui propose la réponse adéquate. Jésus fait de Pierre une sorte de lien entre la terre et les cieux. Difficile de penser que ce passage soit authentique dans un texte écrit par l’école de Jacques qui n’avait pas pour Pierre une grande estime. Peut-être s’agit-il d’une interpolation.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0