2e Dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 2e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Premier livre de Samuel : 3, 3b-10.19

3 – […] où se trouvait l’Arche d’Élohim.
4 – Alors Iahvé appela Samuel. Celui-ci dit : « Me voici ! »
5 – Puis il courut vers Éli et dit : « Me voici, puisque tu m’as appelé ! » Il dit : « Je n’ai pas appelé, retourne te coucher. » Il s’en alla et se coucha.
6 – Iahvé recommença à appeler encore : « Samuel » et Samuel se leva, il alla vers Éli et dit : « Me voici, puisque tu m’as appelé ! » Il dit : « Je n’ai pas appelé, mon fils, retourne te coucher. »
7 – Or Samuel ne connaissait pas encore Iahvé : la parole de Iahvé ne s’était pas encore révélée à lui.
8 – Iahvé recommença à appeler : « Samuel ! » une troisième fois ; celui-ci se leva, alla vers Éli et dit : « Me voici, puisque tu m’as appelé ! » Alors Éli compris que c’était Iahvé qui appelait le jeune homme.
9 – Éli dit à Samuel : « Va te coucher et, si l’on t’appelle, tu diras : Parle, Iahvé, car ton serviteur écoute. » Samuel s’en alla et se coucha dans sa chambre.
10 – Iahvé entra et s’arrêta, il appela comme chaque fois : « Samuel, Samuel ! » Et Samuel dit : « Parle, car ton serviteur écoute. »
19 – Samuel grandit et Iahvé était avec lui. Il ne laissait tomber à terre aucune de ses paroles.

Mon commentaire :
Ici nous avons une forme d’éveil qui marque l’ouverture d’un canal de communication entre l’homme et sa transcendance.

Psaumes : 40 (Vulgate 39), 2abc. 4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd. 11cd

Action de grâces et nouvelle prière
2 – J’ai mis tout mon espoir en Iahvé, il s’est penché vers moi, il a entendu mon cri,
4 – Il a mis dans ma bouche un chant nouveau, une louange à notre Dieu. Beaucoup le verront, ils craindront et auront confiance en Iahvé.
7 – Tu n’as voulu ni sacrifice, ni oblation — tu m’as creusé les oreilles — tu n’as réclamé ni holocauste, ni expiatoire,
8 – alors j’ai dit : « Voici que je viens ! Dans le rouleau du Livre il est écrit à mon sujet.
9 – Je veux, mon Dieu, faire ton bon plaisir et ta loi est au fond de mes entrailles ! »
10 – J’ai annoncé la justice dans la grande assemblée, vois, je n’ai pas retenu mes lèvres, tu le sais bien, toi Iahvé !
11 – Ta justice, je ne l’ai pas cachée au fond de mon cœur, j’ai dit ta fidélité et ton secours, je n’ai pas celé ta grâce et ta vérité à la grande assemblée.

Mon commentaire :
Malgré un énorme « triturage » du texte, destiné à en masquer le fond juif qui en constitue l’essence, ce psaume vise à mettre en valeur la religiosité juive intérieure, supérieure aux sacrifices, et la Loi (la Torah) qui imprègne le juif jusque dans ses entrailles.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 6, 13c-15a.17-20

13 – La nourriture est pour le ventre et le ventre pour la nourriture, et Dieu abolira l’un et l’autre. Et le corps n’est pas pour la prostitution mais pour le Seigneur et le Seigneur pour le corps ;
14 – et Dieu a relevé le Seigneur et il nous relèvera aussi par sa puissance.
15 – Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? J’enlèverais donc les membres du Christ pour en faire des membres de prostituée ? Que non !
16 – Est-ce que, vous ne savez pas que celui qui s’attache à la prostituée fait corps avec elle ? car, est-il dit, les deux sont une seule chair.
17 – Mais celui qui s’attache au Seigneur ne fait qu’un esprit avec lui.
18 – Fuyez la prostitution. Tout péché qu’on fait est hors du corps, mais en se prostituant on pèche dans son corps.
19 – Est-ce que vous ne savez pas que votre corps est le sanctuaire du Saint Esprit qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ?
20 – Car vous avez été achetés comptant. Glorifiez donc Dieu dans vos corps.

Mon commentaire :
Pour finir ce point, Paul explique que le corps et l’esprit étant liés l’un à l’autre, pervertir le corps aboutit à faire du tort à l’esprit. Certes, il n’y a pas d’interdit, pas de loi ; tout m’est donc permis, mais je dois éviter ce qui ne profite pas à mon avancement dans la recherche de la spiritualité. Il faut laisser le matériel au matériel et ne pas rechercher ce qui pourrait faire du spirituel l’esclave du matériel : la sensualité. En effet, la jouissance par les sens, que ce soit via la nourriture, le sexe ou tout autre domaine, est un asservissement de l’esprit. Il faut donc traiter sa part mondaine avec respect et dans l’ascèse afin de faciliter l’avancement spirituel. Les cathares ne disaient et ne faisaient rien d’autre.

Évangile selon Jean : 1, 35-42

35 – Le lendemain Jean était encore là avec deux de ses disciples.
36 – Il regarda passer Jésus et il dit : Voici l’agneau de Dieu.
37 – Les deux disciples entendirent cette parole et suivirent Jésus.
38 – Jésus se retourna et les vit qui le suivaient. Il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi (c’est-à-dire maître), où demeure-tu ?
39 – Il leur dit : Venez, vous verrez. Alors ils vinrent et ils virent où il demeurait et ils demeurèrent près de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure.

Mon commentaire :
Dans ce passage on remarque une énorme différence de comportement entre Jean et ses propres disciples. Ces derniers, une fois que leur est révélée la vraie nature de Jésus, n’hésitent pas à le suivre et s’attachent à lui alors même que son lieu de vie ne doit pas être celui que l’on pourrait s’attendre à être celui du messie juif. L’apôtre marque ainsi la force de la foi qui les anime et qui semble ne pas animer Jean qui se contente d’un statut d’observateur extérieur qu’il ne quittera jamais.

40 – André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avait entendu Jean et suivi Jésus.
41 – Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit : Nous avons trouvé le messie (c’est-à-dire le christ).
42 – Il l’amena à Jésus. Jésus le regarda et lui dit : Tu es Simon, fils de Jean, tu t’appelleras Képhas (c’est-à-dire Pierre).

Mon commentaire :
André est donc l’un des deux premiers disciples. Ce que l’auteur ne dit pas, c’est qu’il est lui-même le deuxième.
Le fait de renommer un membre entrant dans la communauté deviendra une habitude chrétienne qui perdurera chez les cathares.

Voici comment je reçois ces textes.
Guilhem de Carcassonne.

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