2e Dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 2e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 62, 1-5

1 – Pour l’amour de Sion, je ne garderai pas le silence, pour l’amour de Jérusalem, je ne me tiendrai pas tranquille, jusqu’à ce que sa justice paraisse comme une clarté et son salut comme une torche qui brûle.
2 – Les nations verront ta justice et tous les rois ta gloire. On t’appellera d’un nom nouveau que la bouche de Iahvé fixera.
3 – Tu seras une couronne splendide dans la main de Iahvé, une tiare royale dans le poing de ton Dieu.
4 – On ne te dira plus : « délaissée ! » et de ton pays on ne dira plus : « désolation ! » Car on te nommera : « mon plaisir est en elle », et ta terre : « l’épousée ! » ; car le plaisir sera en toi et ta terre sera épousée.
5 – De même que le jeune homme épouse une vierge, tes fils t’épouseront, et c’est avec la joie de l’époux au sujet de l’épouse que ton Dieu se réjouira à ton sujet.

Mon commentaire :
Isaïe qui prêche la calamité à venir, est aussi celui qui annonce une ère nouvelle à venir ensuite. Ce discours exalté, presque extrémiste, le pousse à parler de Jérusalem comme d’un être vivant qui sera la préférée de Iahvé. Bien entendu la notion de fils n’est pas à prendre au premier degré, le tabou de l’inceste est universel. Mais l’idée juive de peuple et de lieu choisis par Iahvé est prégnante et explique certains mouvements judéo-chrétiens qui prêchent l’élection divine limitée, comme les Témoins de Jéhovah, par exemple.

Psaumes : 96 (Vulgate 95), 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a. 10ac

Hymne à Iahvé créateur et juge du monde
1 – Chantez à Iahvé un chant nouveau, chantez à Iahvé toute la terre,
2 – chantez à Iahvé, bénissez son nom, annoncez de jour en jour la bonne nouvelle de son salut,
3 – racontez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi tous les peuples.
4 – Car il est grand, Iahvé, et très digne de louanges, il est plus redoutable que tous les dieux,
5 – car tous les dieux des peuples sont des idoles, mais c’est Iahvé qui fit les cieux.
6 – Honneur et majesté sont devant lui, puissance et splendeur en son sanctuaire.
7 – Rendez à Iahvé, familles des peuples, rendez à Iahvé gloire et puissance,
8 – rendez à Iahvé la gloire de son nom…
9 – prosternez-vous devant Iahvé en ornements sacrés…
10 – dites parmi les nations : « Iahvé est roi »… (il rend justice aux peuples avec droiture).

Mon commentaire :
Cet hymne, dont on a prudemment éliminé les parties les plus violentes, n’a rien d’extraordinaire. Seule son entame parlera à ceux qui ont fréquenté les églises catholiques, car elle constituait un chant classique.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 12, 4-11

4 – Or il y a répartition des dons, mais un même Esprit ;
5 – il y a répartition des services, mais un même Seigneur ;
6 – il y a répartition des opérations, mais un même Dieu opère tout en tous.
7 – La manifestation de l’Esprit est donnée à chacun à toutes fins utiles,
8 – car à l’un est donné, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de science, selon ce même Esprit ;
9 – à tel autre, par ce même Esprit, la foi ; à un autre, par cet unique Esprit, le don des guérisons ;
10 – à un autre, d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à tel autre, toute sorte de langues ; à un autre, l’interprétation des langues.
11 – C’est ce même et unique Esprit qui opère tout cela, qui répartit comme il veut la part de chacun.

Mon commentaire :
Les dons spirituels, c’est-à-dire ceux qui sont donnés pour servir la foi, sont répartis entre nous mais ne constituent en aucune façon une hiérarchie entre nous. En effet, nous sommes tous partie du même Esprit divisé en apparence en ce monde mais unique en fait car émanation de Dieu. Chacun use des compétences qui se manifestent en lui pour la mission qui lui incombe.

Évangile selon Jean : 2, 1-11

1 – Le troisième jour il y eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus y était.
2 – Jésus aussi fut invité à la noce avec ses disciples.
3 – Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin.
4 – Jésus lui dit : Qu’importe, femme ? ce n’est pas encore mon heure.
5 – Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira.

Mon commentaire :
Ce passage montre le rapport de Jésus à Marie. Cette dernière semble très prudente dans son propos, se contentant de relater un fait : « Ils n’ont plus de vin ». Jésus lui répond d’une façon un peu brutale apparemment. Il ne lui dit pas Mère mais Femme. Ce faisant il indique le peu de cas qu’il fait des liens supposés du sang mais on peut aussi y voir autre chose. Car en lui précisant que son heure n’est pas venue, il donne deux indications. D’abord Marie est au courant de la mission de Jésus puisqu’elle est censée comprendre ce qu’il veut dire par là et, ensuite, elle n’est pas dans une position matriarcale vis-à-vis de lui mais plutôt dans un rapport de subordination, non sexuelle comme le mot Femme pourrait le laisser voir et comme il était coutumier dans cette société humaine, mais d’une certaine façon, hiérarchique. Il lui rappelle en quelque sorte la feuille de route. Cela est assez cohérent avec l’idée que Marie serait là pour assister Jésus dans sa mission. Mais, comme elle semble être relativement soumise aux contingences de ce monde, on peut imaginer qu’elle n’est pas même nature que lui, contrairement à ce que certains semblaient en dire quand ils imaginaient que le Christ était venu en mission accompagné de deux anges, Marie et Jean l’évangéliste. Pour autant la dernière phrase montre chez Marie un haut degré de connivence avec Jésus. Elle ne tient pas compte de sa remarque car elle sait qu’il va agir.

6 – Il y avait là, pour les purifications des Juifs, six urnes de pierre contenant chacune deux ou trois mesures.
7 – Jésus leur dit : remplissez d’eau les urnes. Et ils les remplirent jusqu’en haut.
8 – Il leur dit : Puisez maintenant et portez-en au chef. Ils en portèrent.
9 – Quand le chef goûta l’eau devenue du vin, il ne sut pas d’où il provenait, mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient. Le chef appelle le marié
10 – et lui dit : On donne d’abord le bon vin et, quand ils sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon jusqu’à présent.
11 – Jésus fit ce premier signe à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples se fièrent à lui.

Mon commentaire :
Bizarrement, Jésus semble céder à la demande de sa mère et modifie son plan en accédant à la demande d’aide. Mais, est-ce vrai ou bien Marie n’est-elle pas là pour participer à la coordination de l’action de Jésus ? Pour lui ce repas de noces est un passage obligé qui interfère presque avec son programme ; pour elle il s’agit d’une occasion de manifester sa gloire.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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