Présentation du Seigneur au Temple

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de la présentation du Seigneur au Temple

Cette fête célèbre un événement qui figure dans l’Évangile selon Luc, pour renforcer le lien entre la vie de Jésus et la tradition vétéro-testamentaire.

Cette fête célébrée le 2 février vient opportunément remplacer la fête de la Chandeleur, originellement fête païenne de la lumière, aujourd’hui limitée à un événement culinaire : la confection de crêpes. On retrouve dans la prophétie de Syméon, citée chez Luc (v. 32), l’idée de la lumière — cette fois religieuse — venue éclairer le peuple.

Le point faible de cette histoire est que la reconnaissance prophétique de Syméon et Anne ne semble pas avoir suscité l’intérêt de quiconque alentour dans le Temple.

1re lecture :

Malachie : 3, 1-4

1 – Voici que j’envoie mon Ange ! Il déblayera la route devant moi et soudain arrivera dans son Temple le Seigneur que vous réclamez et le Roi de l’alliance que vous désirez, voici qu’il arrive — a dit Iahvé des armées.
2 – Et qui peut supporter le jour de son arrivée et qui peut rester debout à son apparition ? C’est qu’il est comme le feu du fondeur et comme la potasse des foulons.
3 – Il siégera donc fondant et purifiant [ ] il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme l’or et comme l’argent, ils seront pour Iahvé ceux qui présentent l’oblation suivant les règles.
4 – Et elle plaira à Iahvé l’oblation de Juda et de Jérusalem, comme aux jours d’antan et comme aux années d’autrefois.

Mon commentaire :
Malachie prophétise la violence de Iahvé. Il menace ceux qui l’ont servi et montre sa puissance. Ce n’est pas Dieu mais un chef de guerre haineux et sans miséricorde. L’envoyé est bien le messie davidique, le messie des armées. Rien à voir avec l’envoyé du Dieu d’Amour.

Lettre aux Hébreux : 2, 14-18

14 – Puisque les enfants avaient part au sang et à la chair, il y a donc pris part comme eux pour annuler par sa mort celui qui avait force de mort, c’est-à-dire le diable,
15 – et délivrer tous ceux que la crainte de la mort tenait en esclavage toute leur vie.
16 – En effet il ne s’empare sans doute pas des anges, mais il s’empare de la semence d’Abraham.
17 – De là qu’il ait dû être en tout pareil à ses frères afin d’être, dans le service de Dieu, un grand prêtre miséricordieux et fidèle qui expiât les péchés du peuple ;
18 – car, une fois éprouvé par ses souffrances, il peut secourir les éprouvés.

Mon commentaire :
Christ connaît les hommes au plus près et peut les appeler frères et en partageant leur sort il est seul en mesure de les délivrer de leur emprisonnement. Sa victoire sur la mort lève en effet la crainte que celle-ci faisait peser sur l’humanité. Et cette humanité est élargie à tous ceux qui descendent d’Abraham, c’est-à-dire pour l’époque à tous les hommes. Ce discours, tout aussi en accord avec les textes juifs que le précédent intègre Jésus dans l’équation pour la rendre supportable. Ce texte, assurément judéo-chrétien ; ‘a rien à voir avec Paul, comme en conviennent désormais la plupart des spécialistes.

Psaumes : 24 (Vulgate 23),  7, 8, 9, 10

7 – Levez vos têtes, ô portes, et soulevez-vous, portails d’antan, pour qu’il entre, le roi de gloire ! —
8 – Qui est ce roi de gloire ? — Iahvé le puissant, le héros, le héros à la guerre ! —
9 – Levez vos têtes, ô portes, et soulevez-vous, portails d’antan, pour qu’il entre, le roi de gloire ! —
10 – Qui est ce roi de gloire ? — Iahvé des armées, c’est lui le roi de gloire !

Mon commentaire :
Le judéo-christianisme tente de récupérer un psaume de présentation de Iahvé pour illustrer la présentation de Jésus. Outre l’erreur sur le personnage, on note également combien la comparaison est mal venue, car Iahvé y est présenté sous un jour guerrier alors que christ est le symbole de la paix et de l’Amour.

2e lecture :

Évangile selon Luc : 2, 22-40 (brève : 22-32)

22 – Et quand ce fut le jour de les purifier, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ;
23 – comme il est écrit dans la loi du Seigneur : que tout premier-né mâle doit être consacré au Seigneur,
24 – et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.

Mon commentaire :
Les rappels répétés à la loi mosaïque montrent bien la volonté de faire de Paul un inféodé à cette loi, ce qu’il invalidera clairement dans ses lettres. En effet, Luc est présenté comme un proche de Paul.

25 – Et voilà qu’il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon ; cet homme juste et pieux attendait la consolation d’Israël et l’Esprit saint était sur lui ;
26 – il avait été averti par l’Esprit saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le christ du Seigneur.
27 – L’Esprit le fit venir au temple et, comme les parents amenaient l’enfant Jésus pour le soumettre aux coutumes légales,
28 – il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit :
29 – Maintenant, maître, renvoie ton esclave en paix, selon ta parole,
30 – car mes yeux ont vu le salut.
31 – que tu as apprêté à la face de tous les peuples,
32 – lumière de dévoilement pour les nations et gloire de ton peuple Israël.
33 – Son père et sa mère étaient étonnés de ce qu’on disait de lui.
34 – Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : Quant à lui il est là pour la chute et pour le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe de contradiction ;
35 – et toi, une épée te passera au travers de l’âme ; mais du moins les raisonnements de beaucoup de cœurs seront dévoilés.
36 – Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était d’âge très avancé. Après avoir vécu avec son mari sept ans depuis sa virginité,
37 – elle était restée veuve et, à quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple où, dans les jeûnes et les prières, elle servait nuit et jour.
38 – Survenant à l’heure même, elle remerciait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient le rachat de Jérusalem.
39 – Quand ils eurent tout fini selon la loi du Seigneur, ils s’en retournèrent en Galilée dans leur ville de Nazareth.
40 – Et l’enfant croissait, se fortifiait, se remplissait de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Mon commentaire :
Pour aller crescendo l’auteur, après l’appel aux bergers, fait intervenir des personnalités ayant des pouvoirs surnaturels. Les parents ont l’air surpris alors qu’ils ont été personnellement avisés par un ange et des songes. On se demande ce qui peut bien les étonner encore ? Par contre, ce qui peut surprendre est que personne n’ait vu ou entendu ce qui précède. Du coup, la famille retourner à ses affaires comme si de rien n’était. Ce texte est clairement destiné à donner une « humanité » à ce Jésus dans le cadre de la création d’un roman de sa vie avant la passion. Cet épisode, outre le rattachement qu’il permet à la tradition vétéro-testamentaire et le renforcement du caractère humain du christ, est aussi utilisé pour masquer l’attachement populaire à une fête païenne, qui est évoquée en filigrane par la mention du caractère lumineux de Jésus.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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