1er dimanche de carême

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 1er dimanche de carême

1re lecture :

Deutéronome : 26, 4-10

4 – « Le prêtre prendra la corbeille de ta main et la déposera devant l’hôtel de Iahvé ton Dieu.
5 – Alors tu prendras la parole et tu diras devant Iahvé, ton Dieu : « Mon père était un Araméen errant et il descendit en Égypte, il y séjourna avec peu de gens, mais il devint là une nation grande, puissante, nombreuse.
6 – Puis les Égyptiens nous maltraitèrent et nous accablèrent, ils nous imposèrent un dur labeur.
7 – Alors nous criâmes vers Iahvé, le Dieu de nos pères, et Iahvé entendit notre voix, il vit notre accablement, notre peine, notre oppression.
8 – Iahvé nous fit sortir d’Égypte par une main forte et à bras tendu, par une grande terreur, par des signes et par des prodiges.
9 – Puis il nous fit parvenir en ce lieu et nous donna ce pays, ruisselant de lait et de miel.
10 – Et maintenant voici que j’ai apporté les prémices des fruits du sol que tu m’as donnés, ô Iahvé. »

Mon commentaire :
Nous voici gratifiés, une fois encore, d’un texte exaltant la soumission des hébreux à un Dieu qui ne manque pas de les soumettre à de terribles épreuves jusqu’à ce que, comme le ferait un animal terrorisé, ils lèchent la main qui les a frappés. Sans commentaire.

Psaumes : 91 (Vulgate 90), 1-2, 10-11, 12-13, 14-15ab

Confiance en la providence
1 – « Toi qui habite dans le secret du Très-Haut, qui te loge à l’ombre de Shaddaï,
2 – dis à Iahvé : « Mon abri et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie ! »
10 – Le mal ne t’atteindra pas, la plaie n’approchera pas de ta tente.
11 – Car à ses anges il commandera de te garder dans toutes tes voies.
12 – Sur leurs mains ils te porteront, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre.
13 – Tu fouleras aux pieds le léopard et l’aspic, tu écraseras le lionceau et le dragon.
14 – « Puisqu’il s’est attaché à moi, je vais le libérer, je vais le protéger, puisqu’il a su mon nom,
15 – il m’invoquera et je lui répondrai, je suis avec lui dans la détresse, » »

Mon commentaire :
Comme d’habitude, l’homme déborde de louanges afin de s’assurer la protection de son Dieu. On notera juste le verset 12 qui sera repris à l’identique dans l’épisode du désert des Évangiles.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 10, 8-13

8 – Que dit-elle donc ? Près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur, et c’est la parole de la foi que nous prêchons.
9 – Parce que si par ta bouche tu avoues Jésus comme seigneur et si dans ton cœur tu crois que Dieu l’a relevé d’entre les morts, tu seras sauvé.
10 – Car c’est de cœur qu’on a foi pour la justice et c’est de bouche qu’on avoue pour le salut.
11 – L’écriture dit en effet : quiconque se fie à lui n’aura pas honte.
12 – Car il n’y a pas de différence entre Juif et Grec. Il est le seigneur de tous, riche envers tous ceux qui l’invoquent,
13 – car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Mon commentaire :
La foi dans le message que nous a transmis Christ ne s’encombre pas de systèmes légaux, car sa seule loi est celle de l’Amour inconditionnel. Elle est en nous et se manifeste par chacune de nos paroles. Nous n’avons rien à attendre de l’extérieur, mais nous devons avancer par nous-mêmes sans nous référer à des systèmes religieux déjà existant. Les deux derniers versets confirment que la foi en Christ n’est pas liée au judaïsme.

Évangile selon Luc : 4, 1-13

1 – Jésus, plein de l’Esprit saint, s’en retourna du Jourdain et, mené par l’Esprit à travers le désert,
2 – il y fut mis à l’épreuve du diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien pendant ces jours-là et, quand ce fut fini, il eut faim.
3 – Et le diable lui dit : Si tu es fils de Dieu, dis à cette pierre de devenir du pain.
4 – Jésus lui répondit : Il est écrit : L’homme ne vit pas que de pain.
5 – Le diable l’emmena, lui montra en un instant tous les règnes du monde
6 – et lui dit : Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces règnes, car elle m’a été livrée et je la donne à qui je veux ;
7 – si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.
8 – Et Jésus lui répondit : Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu et le serviras lui seul.
9 – Il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pignon du temple et lui dit : Si tu es fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas,
10 – car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges ordre de te garder ;
11 – et : Ils t’élèveront sur leurs mains, de peur que tu heurtes ton pied à une pierre.
12 – Et Jésus lui répondit : Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.
13 – À bout d’épreuve, le diable s’éloigna de lui pour le moment.

Mon commentaire :
Comme dans le même chapitre de Matthieu, Jésus, après son baptême, se met en carême. Cela nous rappelle les trois jours de jeûne total (endura) qui suivaient obligatoirement la Consolation, y compris quand elle était donnée aux mourants, ce qui a fait naître la légende de l’endura comme suicide rituel. Les versets 5 à 7, encore une fois, sont explicites. Le diable affirme qu’il est maître du monde et qu’il peut en disposer. Certes il parle des règnes et de la gloire du monde et non de la réalité physique du monde, mais si Dieu était le créateur du monde cela reviendrait à dire qu’il en a perdu le pouvoir au profit du diable, donc qu’il n’est pas omnipotent, ce qui impliquerait qu’il n’est pas Dieu.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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