2e dimanche de l’Avent

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 2e dimanche de l’Avent

1re lecture :

Baruch : 5, 1-9

1 – Quitte, Jérusalem, la robe de ton deuil et de ton malheur, revêts la majesté de la gloire de Dieu pour toujours,
2 – enveloppe-toi du manteau de la justice qui vient de Dieu, mets sur ta tête la mitre de la gloire de l’Éternel.
3 – Car Dieu montrera ta splendeur à tout être sous le ciel,
4 – Ton nom sera auprès de Dieu pour toujours : « Paix de la justice » et « Gloire de la piété ».
5 – Lève-toi, Jérusalem, tiens-toi sur la hauteur, regarde vers l’Orient et vois tes enfants rassemblés du Couchant à l’Orient par la voix du Saint, se réjouissant du souvenir de Dieu.
6 – Ils t’avaient quittée à pied emmenés par les ennemis, Dieu te les ramène portés avec gloire, comme un trône royal.
7 – Car Dieu a résolu d’abaisser toute montagne élevée et les roches éternelles, de combler les vallées pour aplanir la terre, afin qu’Israël marche en sûreté dans la gloire de Dieu.
8 – Même les forêts et tout arbre odoriférant ombragent Israël par ordre de Dieu.
9 – Car Dieu conduira Israël avec joie à la lumière de sa gloire, dans la miséricorde et la justice qui viennent de lui.

Mon commentaire :
Ce livre de Baruch, apocryphe de la bible hébraïque, est présent dans la traduction grecque de la Septante et dans la Vulgate latine. Cela confirme qu’il ne date pas de l’époque qu’il décrit, mais plutôt du premier siècle avant notre ère, voire du début de l’ère chrétienne. Baruch était le secrétaire du prophète Jérémie ; il n’est donc pas étonnant que les prophéties qui lui sont attribuées parlent du retour d’exil du peuple hébreu emprisonné à Babylone par Nabuchodonosor. Dans ce chapitre repris en entier, l’élection du peuple juif ne fait aucun doute puisque Dieu lui-même le guide sur le chemin de retour. Les judéo-chrétiens qui aspiraient à remplacer le peuple juif dans la préférence divine, semblent vouloir s’approprier également cette prophétie.

Psaumes : 126 (Vulgate 125), 1-2ab. 2cd-3. 4-5. 6

Retour des déportés
1 – Cantique des montées. Quand Iahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent.
2 – Alors notre bouche était pleine de rires, notre langue de cris de joie. Alors on se disait parmi les nations : « Iahvé a fait pour eux de grandes choses ! »
3 – Oui, Iahvé a fait pour nous de grandes choses, nous avons été dans la joie !
4 – Ramène, Iahvé, nos captifs, comme les cours d’eau dans le Négeb.
5 – Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent avec des cris de joie :
6 – il marche tout en pleurant, celui qui porte la semence des semailles, puis il revient avec des cris de joie, quand il porte ses gerbes. »

Mon commentaire :
Ce psaume, que nous lisons ici dans son intégralité, vient en complément du texte de Baruch. Iahvé est le libérateur du peuple après l’avoir laissé se faire emprisonner. Comment ne pas voir dans cette louange de la souffrance et du sacrifice, l’ébauche de la mentalité sacrificielle judéo-chrétienne ? C’est ainsi que pendant des millénaires, les directeurs de conscience de l’Église de Rome ont convaincu la populace craintive que ses souffrances ici-bas lui vaudraient la félicité dans les cieux et que, par conséquent, toute révolte contre ses persécuteurs était vaine, voire dangereuse pour son salut.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Philippiens : 1, 4-6. 8-11

4 – et dans chacune de mes prières c’est toujours avec joie que je prie pour vous tous
5 – qui, êtes associés à l’évangile depuis le premier jour jusqu’à maintenant ;
6 – et je suis sûr d’une chose, c’est que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu’au jour du christ Jésus.
7 – Car il est juste que je pense ainsi de vous tous puisque je vous porte dans mon cœur et que vous tous, dans mes liens et dans la défense et l’affermissement de l’évangile, êtes mes compagnons de grâce.
8 – Car Dieu m’est témoin que je languis de vous tous avec la tendresse du christ Jésus.
9 – Et je prie pour que votre amour abonde encore et de plus en plus en connaissance et en toute clairvoyance
10 – pour que, discernant ce qu’il faut faire, vous soyez
purs, sans broncher, pour le jour du Christ
11 – et remplis de ce fruit de justice qui, par Jésus Christ, est à la gloire et à la louange de Dieu.

Mon commentaire :
Dans sa salutation Paul manifeste une grande tendresse envers cette communauté. Il faut dire qu’elle fut la première communauté fondée par Paul en un lieu important car lien entre l’Occident et l’Orient — Philippes est située au nord-est de la Grèce, en Macédoine — et que les habitants composés de païens et de Juifs sans oublier de nombreux romains, retirés de l’armée, furent réceptifs à la prédication paulinienne. Ils l’aidèrent aussi beaucoup sur le plan matériel comme cela est rappelé dans la lettre aux Éphésiens.

Évangile selon Luc : 3, 1-6

1 – L’an XV du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque d’Iturée et du pays Trachonite, Lysanias tétrarque d’Abilène,
2 – sous le pontificat d’Anne et de Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean fils de Zacharie, dans le désert.
3 – Il vint dans toute la contrée du Jourdain proclamer un baptême de conversion en rémission des péchés,
4 – comme il est écrit au livre des paroles du prophète Isaïe : Voix qui clame dans le désert : Apprêtez le chemin du Seigneur, rendez droites ses chaussées.
5 – Que tout ravin se remplisse et toute montagne ou colline s’abaisse ; que le tortueux devienne droit, que les chemins raboteux deviennent lisses
6 – et toute chair verra le salut de Dieu.

Mon commentaire :
Ce chapitre donne avec précision la date de début de la prédication de Jean qui est présentée comme parfaitement inscrite dans la tradition juive et dans les textes de la Torah.
En fait, en lisant l’Évangélion de Marcion de Sinope, on s’aperçoit qu’il considère qu’il s’agit d’une interpolation et qu’en fait c’est la prédication de Jésus qui débute là :

1 – La quinzième année du principat de Tibère,
2 – Christ, descendu du Ciel, apparut à Capharnaüm.
3 – Ayant pris semblance d’homme, il paraissait âgé de 30 ans.
4 – Accoururent vers lui Caïn et ceux qui lui sont semblables, les sodomites, les égyptiens et autres, tous ceux qui s’étaient rendus coupables d’indignités,
5 – et Christ les sauva.
6 – Tous étaient frappés par son enseignement, car sa parole avait de la puissance

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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