4e dimanche de carême

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 4e dimanche de carême

1re lecture :

Josué : 5, 9a. 10-12

9 – « Puis Iahvé dit à Josué : « Aujourd’hui j’ai roulé loin de vous l’opprobre d’Égypte ! »…
10 – Les fils d’Israël campèrent au Guilgal et firent la Pâque au quatorzième jour du mois, au soir, dans les steppes de Jéricho.
11 – Et ils mangèrent, le lendemain de la Pâque, des produits du pays, azymes et [graines] grillées, en ce jour-là même.
12 – Et le lendemain, la Manne cessa, comme ils mangeaient des produits du pays : il n’y eut plus de Manne pour les fils d’Israël et ils mangèrent de la production du pays de Canaan durant cette année-là. »

Mon commentaire :
Ce texte met en exergue la dépendance des juifs envers leur Dieu pour ce qui relève de leur vie en ce monde. Persuadés qu’il s’agit du Dieu tout puissant, ils s’abandonnent à son pouvoir et, de fait, se renient eux-mêmes.

Psaumes : 34 (Vulgate 33), 2-3, 4-5, 6-7

Bonheur du juste et malheur du méchant
2 – Je bénirai Iahvé en tout temps, sa louange sera constamment en ma bouche,
3 – de Iahvé mon âme se loue : que l’entendent les humbles et qu’ils s’en réjouissent !
4 – Magnifiez Iahvé avec moi et exaltons ensemble son nom !
5 – J’ai recherché Iahvé et il m’a répondu : de toutes mes craintes il m’a délivré.
6 – Regardez vers lui, soyez radieux, et que vos visages ne soient point confus !
7 – Ce pauvre a crié, Iahvé l’a entendu et de toutes ses angoisses il l’a sauvé :
8 – l’ange de Iahvé établit son camp autour de ceux qui Le craignent et il les dégage.
9 – Constatez et voyez combien Iahvé est bon : heureux l’homme qui s’abrite en lui !

Mon commentaire :
Cette première partie met en avant les avantages du juste. L’expression est tellement exagérée qu’elle prend presque la forme de la méthode Coué.

2e lecture :

Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens : 5, 17-21

17 – De sorte que par le Christ on est une création nouvelle : ce qui est ancien a passé ; voici que tout se renouvelle.
18 – Or tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a donné d’être au service de la réconciliation ;
19 – c’est-à-dire que Dieu s’est réconcilié le monde par le Christ, qu’il n’a plus tenu compte des fautes, et qu’il a mis en nous la parole de la réconciliation.
20 – Nous sommes ambassadeurs du Christ, comme si Dieu exhortait par nous. Soyez réconciliés avec Dieu, nous vous le demandons pour le Christ.
21 – Il a pour nous rendu péché celui qui ne connaît pas le péché afin que par lui nous devenions justice de Dieu.

Mon commentaire :
Paul rappelle ici l’essentiel. Christ en mettant à nu l’incohérence de la loi mosaïque nous a révélé le message de Dieu qui est l’Amour. Cet Amour nous subjugue quand nous voyons ce qu’il pousse à faire de contraire à notre condition charnelle. Cela nous prouve que notre état charnel n’est rien et que seul l’état spirituel compte. Dans le même temps Paul règle ses comptes avec ceux qui se prétendent supérieurs à lui en disant avoir connu Christ en apparence de chair. Grâce à cette révélation de la supériorité de l’esprit, Christ nous a projeté dans une autre dimension, celle où Dieu veut nous accueillir, celle où le péché n’a plus de sens, celle de la réconciliation et de la Consolation.

Évangile selon Luc : 15, 1-3. 11-32

1 – Tous les percepteurs et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre.
2 – Les pharisiens et les scribes en murmuraient, ils disaient : Celui-ci accueille les pécheurs et mange avec eux.
3 – Il leur dit cette parabole :

Mon commentaire :
Cette entrée en matière, normalement suivie des paraboles de la brebis perdue et de la drachme perdue cible une population considérée comme ennemie des disciples, mais l’enchaînement sur la parabole du fils prodigue doit nous rappeler que c’est à nous que ces textes s’adressent.

11 – Il dit encore : Un homme avait deux fils.
12 – Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Il leur a donc réparti son bien
13 – et, peu de temps après, le plus jeune fils a tout rassemblé et il est parti pour un pays lointain. Là, il a dilapidé sa fortune en vivant comme un perdu.
14 – Il avait tout dépensé quand il y a eu une forte famine dans le pays ; et il a commencé à manquer.
15 – Alors il est allé s’attacher à un citoyen du pays, qui l’a envoyé dans ses champs faire paître des cochons.
16 – Et il convoitait de se remplir le ventre des caroubes que les cochons mangeaient, et personne ne lui en donnait.
17 – Revenant à lui, il s’est dit : Combien de salariés de mon père ont du pain de trop, alors que moi, ici, je péris de famine !
18 – Je vais me lever et m’en aller chez mon père ; je vais lui dire : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi,
19 – je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, fais de moi comme l’un de tes salariés.
20 – Il s’est levé et il est venu chez son père. Il était encore loin quand son père l’a vu, s’est ému et a couru se jeter à son cou et lui donner des baiser.
21 – Le fils lui a dit : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.

Mon commentaire :
Le fils souffre de ses erreurs et en prend conscience. Ensuite, il décide de faire amende honorable (v. 18) et retourne auprès de son père à qui il dit exactement ce qu’il avait décidé de dire. C’est cela que nous devons faire ; apprécier à sa juste valeur notre situation de pécheur, faire le choix de la reconnaître et de nous amender et exprimer sans rien y changer ce que nous avons reconnu de notre attitude.

22 – Et le père a dit à ses esclaves ; Apportez vite le meilleur habit et revêtez l’en, mettez-lui une bague au doigt et des chaussures aux pieds ;
23 – et amenez le veau gras, immolez-le et mangeons, faisons la fête,
24 – car mon fils que voilà était mort et il revit, il était perdu et il est retrouvé. Et ils ont commencé à faire la fête.
25 – Son fils aîné était aux champs, mais à son arrivée, quand il a approché de la maison, il a entendu la musique et les danses ;
26 – il a appelé un des garçons pour lui demander ce que c’était.
27 – Celui-ci lui a dit : Ton frère est là et ton père a fait immoler le veau gras parce qu’il l’a retrouvé valide.
28 – Alors il s’est mis en colère, il ne voulait pas entrer. Son père est sorti l’appeler ;
29 – mais il a répondu à son père : Voilà tant d’années que je te suis asservi, sans jamais passer outre à ton commandement, et tu ne m’as jamais donné un bouc pour faire la fête avec mes amis ;
30 – et quand ton fils que voilà vient de dévorer ton bien avec des prostituées, tu lui immoles le veau gras !
31 – Mais il lui a dit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi ;
32 – mais il fallait faire la fête et se réjouir, car ton frère que voilà était mort et il revit ; il était perdu et il est retrouvé.

Mon commentaire :
Le père a la bonne réaction car, comprenant que son fils a changé, il remet sans rien dire ses fautes à son fils. Ce n’est pas du pardon car il fait comme si son fils était parti la veille et qu’il le retrouvait sain et sauf. Le frère aîné est encore dans je jugement et le ressentiment. Son père doit donc lui expliquer combien son sort était enviable, lui qui avait au quotidien la joie de tout partager avec son père. Nous aussi, nous ne voyons que ce qui nous paraît nous manquer et pas ce que nous avons et qui fait défaut aux autres. C’est le signe de la mondanité que ce désir mimétique. Il faut renoncer à cette mondanité et revêtir le Christ en nous.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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