Saint Sacrement (eucharistie)

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du saint Sacrement (eucharistie)

Le saint-sacrement

Pour les judéo-chrétiens, l’eucharistie est le sacrement par excellence puisqu’ils pensent que le corps et le sang de Jésus se trouvent effectivement dans l’hostie et le vin consommés au cours de la messe. Cela vient de leur interprétation de la phrase : « Prenez, ceci est mon corps, prenez ceci est mon sang. », attribuée à Jésus lors de la cène, son dernier repas avant d’être livré.
Pour les cathares, il s’agit d’une interprétation littérale erronée. Comme nous le disons dans le Pater, le corps et le sang du christ sont sa Parole et son Amour.
L’eucharistie ou saint-sacrement n’est donc pas reconnu dans le catharisme qui n’accepte qu’un seul sacrement, celui du baptême, le seul annoncé par christ et donné par le Saint-Esprit.

1re lecture :

Genèse : 14, 18-20

18 – Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin. Il était prêtre du Dieu Très-Haut.
19 – Il bénit Abram et dit : « Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, créateur des cieux et de la terre !
20 – Béni soit le Dieu Très-Haut qui a livré tes adversaires en ta main ! » Abram lui donna la dîme de tout.

Mon commentaire :
Nous avons donc là l’illustration la plus totale du système juif qui servira de référence aux judéo-chrétiens. On honore le dieu qui favorise un camp contre l’autre et on le remercie par des biens en nature. Cela fait penser à ces jeux vidéo qui vous proposent de vous prendre pour Dieu et de bâtir votre monde en suscitant des conflits et en massacrant des êtres qui ne vous sont rien. C’est cela, pour ce dieu, les humains ne sont pas ses créatures car il peut les massacrer sans le moindre remord.

Psaumes : 110 (Vulgate 109), 1, 2, 3, 4

Le messie roi et prêtre
1 – De David. Psaume. Oracle de Iahvé à mon Seigneur : « assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ! »
2 – Iahvé étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis !
3 – En toi la noblesse, au jour de ta naissance, doté des honneurs sacrés au sortir du sein, à toi, dès l’aurore, la rosée de ta jeunesse !
4 – Iahvé l’a juré et il ne s’en repentira pas : « tu es prêtre à jamais à la manière de Melchisédech. »

Mon commentaire :
Nous sommes là à des années-lumière de la vision chrétienne. Iahvé se comporte à la fois comme un chef de guerre et comme un ravageur, annonçant le joyeux massacre des ennemis de David. Ce dernier, adoubé comme roi, alors qu’il n’est pas de naissance noble en réalité, il se voit en outre doté du pouvoir religieux en plus du pouvoir civil. Ce Dieu ignore la compassion, l’amour et la miséricorde.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 11, 23-26

23 – Car moi, j’ai reçu du Seigneur et vous ai transmis que le seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain,
24 – rendit grâces, le rompit et dit : c’est mon corps qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi.
25 – De même après le dîner, il prit aussi la coupe et dit : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; chaque fois que vous boirez, faites cela en mémoire de moi ;
26 – car chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Mon commentaire :
Là encore le scribe intervient pour intercaler un passage de Luc afin de lier Paul et Luc et de rendre ce dernier plus crédible. Mais Paul n’a jamais connu Jésus et ne s’y réfère pas. On imagine mal qu’il mettrait ainsi à l’honneur un récit de seconde main.

Évangile selon Luc : 9, 11b-17

11 – […] Et il les accueillit. Il leur parlait du règne de Dieu et guérissait ceux qui avaient besoin de soins.
12 – Comme le jour commençait à baisser, les douze s’approchèrent et lui dirent : Renvoie la foule, pour qu’en passant dans les bourgs et les campagnes à la ronde ils trouvent à se loger et à se nourrir ; car ici nous sommes dans un lieu désert.
13 – Il leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ils dirent : Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins d’aller nous-mêmes acheter à manger pour tout ce peuple.
14 – Il y avait environ cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : Faites-les s’étendre par tablées d’environ cinquante.
15 – Ils les firent s’étendre.
16 – Il prit alors les cinq pains et les deux poissons et, regardant vers le ciel, il les bénit, les rompit et les donna aux disciples pour les proposer à la foule.
17 – Tous mangèrent et furent rassasiés et on enleva douze corbeilles de leurs restes.

Mon commentaire :
Cet épisode est repris des deux autres synoptique de façon très semblable. Cela conforte l’idée du copier-coller. La symbolique des paniers renvoie aux douze tribus d’Israël déjà évident dans le nombre des disciples. Quant aux pain et aux poissons, cela nous renvoie à la Parole et à la Bienveillance qui rassasient le chrétien qui les reçoit et il en reste encore pour d’autres à venir.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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