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Nouveau Testament cathare – projet

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Nouveau Testament cathare

Avertissement

Je présente ici les travaux préparatoires au Nouveau Testament cathare que nous préparons en vue de doter la communauté cathare de France d’un ouvrage de référence sur le plan spirituel. Ces textes sont loin d’être définitifs, aussi j’invite les lecteurs à les considérer comme des points d’étape et à ne pas hésiter à faire remonter d’éventuelles critiques positives ou suggestions. Ce premier article est lisible par tous, mais les suivants seront réservés aux abonnés.

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Prologue de l’Évangile selon Jean – 2

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Prologue de l’Évangile selon Jean

Lecture et analyse

Le Verbe et la parole

Les traductions latines et françaises représentent le terme Logos, soit par verbe, soit par parole.
Dans le texte du NT de Lyon nous trouvons le terme Verbum (latin) et le terme paraula (occitan).

Ensuite, les deux versets suivants font référence sans citer cet élément.

Bertran de la Farge propose, pour ces trois versets :
1 – Au commencement il y a le Verbe et le Verbe est en Dieu et le Verbe est Dieu.
2 – Au Commencement [Le Verbe] est en Dieu.
3 – Tout est fait par [le Verbe]. Et sans Lui rien n’est fait.

Je remarque deux choses intrigantes:
À deux reprises, l’auteur du NT occitan utilise alternativement le latin et l’occitan.
D’abord, il dit : In principio (v. 1), puis el comenzament (v. 1). On peut comprendre la traduction proposée par B de la Farge pour les deux termes, réunis sous le français commencement.
Ensuite, il dit : verbum (latin), puis paraula, les deux dans le verset 1.
Là encore, assez logiquement, B. de la Farge traduit par Verbe. On note qu’il utilise une majuscule qui n’est pas dans le texte, sans doute pour solenniser un terme commun. Car en fait, le grec utilise le terme Logos, qui la forme du discours écrit et parlé. Mais cela désigne aussi la raison de celui qui parle, sa motivation, son message.
Cela explique que Bertran ait trouvé cohérent de mettre une majuscule, et je suis d’accord avec cela. Mais pourquoi le scribe n’a pas utilisé le terme Logos, ou mis de majuscule ?

J’oserais une hypothèse. En fait, peut-être que verbum et paraula désignent deux choses différentes. Le premier est là pour nous rappeler que ce qui nous est envoyé n’est pas un esprit saint chargé de notre éducation, mais directement et sans intermédiaire, la raison divine, le message absolu, le Logos ! Le second désigne l’envoyé porteur du message, c’est pour cela que le terme est rendu en occitan de façon amoindrie par paraula. En effet, comme le disent les cathares et comme nous le répétons à l’envi, cessons de voir Jésus derrière le Christ, mais voyons Dieu derrière le messager. Car Christ est à la fois le messager et le message ; il se confond avec lui.
C’est donc de façon très cohérente que Bertran remet entre crochets le terme Verbe, dans les deux versets suivants, alors qu’il n’apparaît au verset 3 que par la forme masculine lui, qui fait donc référence à verbum et non à paraula qui est de genre féminin.

En fait ce passage nous indique que Dieu est Dieu et unique, qu’il est tout entier dans son message depuis toute éternité et qu’il est à l’origine de tout ce qui émane de Lui.
C’est pour cela que les cathares parlent de principe du Bien. Dieu est principiel, puisqu’il est Dieu en soi (ontologie), qu’il est cause de ce qu’il fait émaner de Lui, et que ce qui émane de Lui est sans mélange avec une autre cause.

Cela nous apprend que les cathares sont fondamentalement monothéistes, puisque à l’instar d’Aristote, ils n’admettent pas que des conséquences opposées puissent avoir le même principe et qu’ils n’accordent qu’à Dieu le principe de l’être qu’ils appellent le Bien. Donc, ce qui est cause de ce qui n’est pas le Bien est forcément un principe, donc éternel également, mais dépourvu d’être et donc incapable de faire émaner de lui quoi que ce soit d’existant, d’où le concept de néant ou nihil pour les latins.
Cela nous explique pourquoi il est dit façon répétitive que le Verbe est en Dieu et qu’il est Dieu. On précise même qu’il est en Dieu de toute éternité. En effet, le commencement de ce qui est éternel est également éternel. On retrouve là, la notion d’Aristote sur l’impossibilité d’infini. Tout doit commencer, mais pas forcément au sens temporel du terme (livre α,).

L’être et le néant

Et nous arrivons logiquement au verset 3, source de toutes les polémiques.
Mais les explications précédentes vont nous aider grandement.

En effet, si nous retenons le point de vue d’Aristote selon qui un principe ne peut être cause que de conséquences de même nature que lui, il est évident que le principe du Bien ne peut laisser émaner de lui que du Bien. Donc, le terme tout ne peut désigner que le Bien.

La traduction de Bertran de la Farge me semble un peu réductrice. En effet, sans être occitaniste, je vois bien que le NT occitan dit : totas causas so faitas per lui, ce qui doit signifier, à peu de chose près : toutes [les] choses sont faites par lui. Cela pourrait sembler un peu capillo-tracté, mais si le scribe se donne la peine d’employer le mot : choses, ce ne peut être le fruit du hasard.

En effet, du moment que l’on admet que le principe du Bien ne laisse émaner (ne fait) que du Bien, il faut expliquer ce qu’est ce qu’il fait émaner. La réponse nous donnée par Parménide. Il dit clairement que seul l’être peut produire. Ce qui ressort du non-être est donc le vide, le néant qui entoure ce que l’être produit. Donc, le mot : choses a son importance ; en effet il sous-tend une réalité concrète, presque palpable, ce qui ne peut provenir que de l’être. Il faut donc lire que tout ce qui relève de l’étant est fait par le logos, le Verbe. Pour autant, les cathares n’ignorent pas — pour y être plongés quotidiennement — que, dans ce monde l’être patauge dans quelque chose qui n’est pas de l’être puisque n’ayant pas les propriétés de la cause du Bien. C’est en cela qu’il est important de ne pas employer un mot trop vague comme : tout, qui laisserait croire qu’il n’y a rien d’autre.

La césure entre le verset 3 et le 4 est pour le moins surprenante. Il ne faut jamais se contenter d’une surprise sans aller au fond des choses. Si la césure est là, c’est qu’elle a un sens.
Effectivement, on pourrait dire que le verset 3 se termine au point, ce qui reviendrait à dire que le : nient est une simple négation :

Tout est fait par le verbe et sans lui rien n’est fait.

Mais cette césure rebat les cartes.
Les auteurs contournent le problème en inversant les corps de phrase. Au lieu de dire littéralement : Tout vint à l’existence par lui ; et sans lui, rien de ce qui est venu à l’existence, ne vint à l’existence. (traduction littérale du grec).
On voit la redondance des termes. Ce qui dans le NT occitan de Lyon est à la fin du verset, après le point : Zo que’s fait ; ce que je traduis à la louche par : Ce qui est fait, devient là : ce qui est venu à l’existence, mais se retrouve au milieu du corps de phrase et non à la fin. Du coup cela crée une redite dont le traducteur se moque.

Bertran choisit de déplacer ce morceau du verset 3 pour l’intégrer dans le verset 4. Cela permet de respecter la ponctuation, ce qui est bien, mais cela annule l’effet voulu par le scribe, ce qui est embêtant. Car cet effet ne peut pas être là par hasard. Il exprime le point de vue cathare.
D’une par, il modifie à la marge la fin de la phrase précédente :

Toutes choses sont faites par lui et sans lui est fait rien.

Déjà, l’absence d’article — sous réserve de la correction d’un spécialiste de l’occitan — me semble changer le sens de choses. Il ne s’agit plus d’exprimer du matériel (toute les choses), mais du philosophique (toutes choses).
Ensuite, la fin de phrase laisse la porte ouverte à la substantivation du mot : rien (nient). Or, le substantif du mot : rien, c’est le rien, barbarisme que l’on contourne avec le mot : néant. En clair, ce que le scribe semble vouloir nous pousser à comprendre, c’est que, en dehors de toutes choses issues du Bien, il y le néant !

Mais pourquoi tant de circonlocutions et de tortillages linguistiques pour un ouvrage écrit par des cathares, pour des cathares ?
On peut imaginer que c’est destiné à plusieurs usages.
Déjà nous savons que les Bons-Chrétiens avaient l’habitude, lors des prêches de confier leur NT à des croyants lettrés pour qu’ils lisent eux mêmes un passage, de façon à éviter l’accusation de ne pas respecter exactement le texte en vue de leur prêche. Celui qui lisait ce passage ne pouvait que s’interroger, comme je le fais, sur cette construction, ce qui permettrait au prédicateur cathare d’expliquer le détail de la doctrine. Une autre raison, peut-être plus faible, est qu’un catholique pas trop porté sur l’étude des textes, pouvait lire cela sans être forcément choqué. N’oublions pas que ce livre fut écrit en pleine Inquisition et qu’il fut utilisé en terres soumises à l’Inquisition. Cela aurait peut-être permis d’échapper à une dénonciation si le livre avait été lu par quelqu’un qui aurait croisé le chemin de Bons-Chrétiens en déplacement.

Mais nous n’avons pas traité du fond : qu’est-ce donc que le néant ?
Si on le nomme c’est qu’il a une réalité. Parménide le cite, sous le terme de non-être, un grand nombre de fois. J’avais, dans le passé, tenté une explication imagée sur la base de la confection du pain :
Imaginons que l’on veuille réaliser une pâte à pain. On met dans une cuvette, de la farine (je la conseille complète et bio), de l’eau et de la levure ou du levain.
Il se trouve qu’une fois cela fait, la cuvette est si bien remplie que rien ne peut plus être ajouté, pas même un grain de farine, sans la faire déborder. Excusez cette règle nécessaire à la cohérence de mon explication.
On pétrit l’ensemble (pas la cuvette bien entendu) de façon à former une boule de pâte qui sera enfournée plus tard. Mais, si l’on repose la boule de pâte dans la cuvette, on observe qu’elle n’occupe plus la totalité de la cuvette. On pourrait facilement rajouter des ingrédients. D’où vient ce vide ?
Pourtant si l’on avait pesé scrupuleusement la cuvette et son contenu avant pétrissage et la cuvette et la boule de pain (et ce rien qui l’entoure) après pétrissage, on obtiendrait le même poids !
Il est donc apparu dans la cuvette un élément sans masse et sans nature visible ou palpable. En fait, on a désormais de la pâte et du néant de pâte.

Comme le dit Parménide, l’être est entier et fini, on ne peut rien lui retirer ni lui ajouter : il Est tout simplement. Le non-être n’Est pas lui ; et c’est pour cela qu’il ne peut rien produire. En fait le non-être est ce qui reste quand l’être se donne à voir. C’est presque comparable à l’expérience supposée du chat de Schrödinger : le chat est mort ou vivant à égale part de réalité tant que l’on ne vérifie pas en ouvrant la boîte. Dès qu’on ouvre le réel détruit l’hypothèse expérimentale et le chat est soit vivant, rejetant le chat mort dans le non-être ou l’inverse.

Dans l’être, le non-être ne peut apparaître, car l’être occupe tout l’espace. Dans le néant, l’être est absent. Mais, que pour une raison quelconque survienne un mélange entre être et non-être — mélange voulant dire cohabitation momentanée et non mixité profonde —, et forcément le non-être sera révélé par l’existence de l’être. C’est un peu comme la matière et l’ombre. Si l’on éclaire de la matière celle-ci projette son ombre qui prend réalité sans être matière. Si l’on éteint, seule demeure la matière.

Du coup, comment traduire ce verset ?
Pour garder la traduction au plus près du texte original, tout en révélant le fond, puisqu’il ne s’agit plus de se cacher de l’Inquisition aujourd’hui, je proposerai :

Toutes choses sont faites par lui et sans lui est le néant de ce qui est.

Prenez votre aspirine et, à la prochaine !

Prologue Évangile Jean

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Prologue de l’Évangile selon Jean

Ce prologue concerne les versets 1 à 18 du premier chapitre pour les catholiques, mais d’après René Nelli, les cathares s’arrêtaient eux au verset 14.

Voyons d’abord les cinq premiers versets.

Les différents textes

Voici ce que dit la Vulgate :
1. In principio erat Verbum et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum
2. hoc erat in principio apud Deum
3. omnia per ipsum facta sunt et sine ipso factum est nihil quod factum est
4. in ipso vita erat et vita erat lux hominum
5. et lux in tenebris lucet et tenebræ eam non conprehenderunt

Mais les Évangiles furent écrits primitivement en grec qui était la langue des intellectuels.
Voici d’ailleurs, un photo du prologue en grec :

Le morceau de texte encadré correspond à la fin du verset 3. En voici un agrandissement :


Comme on le voit il y a un point entre les trois premiers caractères et les deux derniers. La traduction phonétique est donc : oude.en

D’autres versions montrent, au contraire l’absence de séparation, ce qui donne : ouden.

Voici une traduction grecque littérale :

1 – À l’origine, le Logos était, le Logos était auprès de Dieu et dieu était le Logos.
2 – Il était, à l’origine, auprès de Dieu.
3 – Tout vint à l’existence par lui, et sans lui, rien de ce qui est venu à l’existence, ne vint à l’existence.
4 – La vie était en lui – la vie, lumière des humains.
5 – La lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l’ont point saisie.

Voici maintenant la transcription du vieil occitan faite par Jean Duvernoy à partir du N.T. de Lyon :

1- In pnincipio erat verbum, et verbum erat apud Deum, et Deus era la paraula.
2 – Aiso era el comenzament amb Deu.
3 – Totas causas so faitas per lui e senes lui es fait nient. Zo que’s fait
4 – en lui era vida, e la vida era lutz dels homs.
5 – E la lutz lutz en tenebras, e las 
tenebras no la prisero.

Point d’étape

Il semble y avoir une concordance entre tous ces textes. Le verset 3 indique que tout ce qui existe, existe par le Verbe (Logos), qui est parole et raison de Dieu, et que rien de ce qui existe ne peut exister en dehors de lui.

En fait, les divergences d’opinions portent sur la plasticité intellectuelle du lecteur, plus que sur le texte lui-même.

En effet, si l’on se refuse à imaginer une création extérieure à Dieu, la compréhension pousse vers l’idée que rien n’existe en dehors du Verbe et l’on néglige alors le dernier morceau de la phrase que l’on considère comme une redite.

Si l’on est prêt à envisager une création externe à Dieu, ce dernier corps de phrase prend alors son importance et ne peut être négligé :
… sans lui, rien de ce qui est venu à l’existence, ne vint à l’existence.
… et sine ipso factum est nihil quod factum est
… e senes lui es fait nient. Zo que’s fait

Rappelons-nous que pour le Bien, le Mal est étranger à sa sphère d’entendement. Il n’est donc pas surprenant que la description de ce qui n’est pas venu à l’existence soit succincte.
Ce qui compte est qu’il puisse y avoir quelque chose en dehors de l’existence. Mais alors qu’est-ce que ce texte veut dire par existence ?
C’est là qu’il nous faut relire Parménide.

Hé bien! je vais parler, et toi, écoute mes paroles: je te dirai quels sont les deux seuls procédés de recherche qu’il faut reconnaître. L’un consiste à montrer que l’être est, et que le non-être n’est pas: celui-ci est le chemin de la croyance; car la vérité l’accompagne. L’autre consiste à prétendre que l’être n’est pas, et qu’il ne peut y avoir que le non-être; et je dis que celui-ci est la voie de l’erreur complète. En effet, on ne peut ni connaître le non-être, puisqu’il est impossible, ni l’exprimer en paroles. 
Car la pensée est la même chose que l’être.

En disant que le non-être n’est pas, Parménide signale néanmoins sa réalité. Il l’exclut du champ de l’être simplement. Mais le non-être ne peut être connu ni qualifié.

Il faut que la parole et la pensée soient de l’être; car l’être existe, et le non-être n’est rien.

La parole et la pensée : le Logos donc. Le non-être n’est rien, c’est-à-dire qu’il n’est rien dans le champ de compréhension de l’être ; il est un néant d’être.
Et l’être qu’est-il ?

l’être est sans naissance et sans destruction, qu’il est un tout d’une seule espèce, immobile et infini; qu’il n’a ni passé, ni futur, puisqu’il est maintenant tout entier à la fois, et qu’il est un sans discontinuité.

Sans naissance et sans destruction est la définition de l’éternité. Un tout d’une seule espèce, immobile et infini… un et sans discontinuité ; c’est la définition du principe selon Aristote. L’Être est donc un principe éternel.

Un quiproquo ?

Après avoir les écrits des uns et des autres, ainsi que les échanges vifs de la controverse qui opposa Christine Thouzellier et son élève à René Nelli et Jean Duvernoy sur la question du nihil, j’en viens à me demander si tout cela n’est pas né d’un quiproquo.

En effet, René Nelli, Jean Duvernoy et — d’une façon moins tranchée — Michel Roquebert fondent leur étude sur le Nouveau Testament occitan de Lyon. Christine Thouzellier, elle se base sur une version latine, toute droite issue de la Vulgate de Jérôme. Or, plutôt qu’une analyse sémantique de haute volée, qui n’a pas grand intérêt au demeurant, c’est plutôt à une étude de la façon dont chaque groupe comprend le concept, qu’il faut se livrer. N’oublions pas qu’il ne s’agit que de documents écrits par des hommes et souvent recopiés par des scribes dont l’absolue fidélité aux textes « originaux » est loin d’être absolue. La meilleure preuve est que lorsqu’on essaie de retrouver les parchemins les plus anciens, on trouve des versions grecques différentes !

Ce qui importe n’est pas de pérenniser une querelle de clochers mais de définir ce que les cathares pensaient et si cela avait un fondement cohérent et défendable sur le plan scripturaire.

Lecture et analyse

1-   In principio erat verbum, et verbum erat apud Deum, et Deus era la paraula.

On remarque, contrairement à la Vulgate et aux traductions françaises modernes, qu’il y a un mélange entre latin et occitan.

Bertran de la Farge, qui est à ma connaissance et à ce jour le seul à avoir traduit ce texte propose :

1 – Au commencement il y a le Verbe et le verbe est en Dieu et le Verbe est Dieu.

Cette différence entre Verbe et paraula n’apparaît logiquement plus. Pourtant, pourquoi le scribe cathare a repris le début du texte en latin ? Je me demande si ce n’est pas pour que le terme Principio apparaisse ?
Nous savons que pour les cathare ce terme de Principe ne se résumait pas au concept de commencement, et ce pour une bonne raison : l’éternité de Dieu ne conçoit pas l’idée de commencement.

Ce n’est donc pas la traduction idéale.

Je suis convaincu qu’il faut respecter et expliquer ce terme de principe.
Si l’Évangile selon Jean est dit l’évangile le plus philosophique, ce n’est pas sans raison.
Celui qui a fait la renommée du terme principe est Aristote, dont la pensée a été compilée dans un document baptisé a postériori : Métaphysique

Que dit-il du principe ?

Dans son livre α, il réfute l’idée que la recherche des causes puisse aller à l’infini :

… si rien n’est premier, absolument rien n’est cause.

En effet, s’il est toujours possible de remonter au-delà du point observé, il n’est pas possible d’envisager d’arriver à la cause initiale.

Sa critique est sans appel :

Mais ceux qui imaginent l’infini ne se rendent pas compte qu’ils détruisent la nature du bien…

… celui qui a une intelligence agit toujours en vue de quelque chose, c’est-à-dire en vue d’un terme, car l’accomplissement est un terme.

On ne peut raisonner sans se fixer une finalité à son raisonnement, quand bien même nous raisonnons dans l’éternité. Car l’éternité ne s’oppose pas à l’idée de finalité. Une finalité peut être éternelle, mais elle est le terme de la recherche des antécédents.

Et comme le dit Aristote : … car il n’est pas possible de savoir avant d’arriver aux indivisibles.

Il faut donc comprendre que toute cause est forcément indivisible, sinon elle ne peut être cause, mais ne peut être que conséquence de ce qui la compose.

Dans le livre Γ, il aborde le fond du problème : l’étude de la plus haute nature des choses, c’est-à-dire l’ontologie.

La plus haute nature d’une chose est la nature de cette chose en soi ; pour essayer d’être plus clair on peut dire que la plus haute nature de l’être est l’être en soi, c’est-à-dire l’être débarrassé de tout ce qui peut venir s’y ajouter et ainsi créer un composé dont l’être ne serait qu’un élément.

Or, justement c’est la définition du principe. Ce qui est au principe, c’est ce qui constitue la nature en soi de l’élément étudié.

En l’occurrence, pour Aristote, l’être en soi est immuable, non composé, et ne peut produire que des conséquences de même nature, également immuables et non corruptibles.

Le Verbe, c’est-à-dire la raison, la pensée et la parole de Dieu, que le grec traduit par Logos, est à l’image de son principe. Il ne peut accepter qu’une seule nature en soi, son principe c’est-à-dire Dieu !

Voilà pour ce premier point.

Première lettre de Paul aux Corinthiens – 16

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Première lettre de Paul aux Corinthiens – 16

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Corinthiens

Chapitre 16

1 – Pour ce qui est de la collecte pour les saints, faites comme j’ai prescrit aux églises de Galatie.
2 – Le premier jour de la semaine, que chacun mette de côté ce qu’il aura pu économiser, pour ne pas avoir à faire de collecte à mon arrivée ;
3 – et quand je serai là, ceux que vous approuverez, je les enverrai avec des lettres, porter votre don à Jérusalem,
4 – et s’il convient que j’y aille aussi, c’est avec moi qu’ils iront.

Mon analyse :
Parmi les engagements que Paul avait pris vis-à-vis de l’Église de Jérusalem lors du schisme d’Antioche, confirmé par le concile de Jérusalem, figurait des dons d’argent pour soutenir les communautés de Palestine. Paul tient à respecter ce marché et à le faire très strictement, pour ne pas se trouver en accusation de la part des apôtres de Jérusalem.

5 – Or je viendrai chez vous après avoir traversé la Macédoine ; je ne ferai que traverser la Macédoine,
6 – et il se peut que je séjourne chez vous ou même que j’y passe l’hiver pour que vous me fassiez cortège où que j’aille ;
7 – car je ne veux pas vous voir qu’en passant et j’espère rester chez vous quelque temps si le Seigneur le permet.
8 – Mais je resterai à Éphèse jusqu’à la Pentecôte
9 – car une porte s’y ouvre grande à mon activité, et nombreux sont les adversaires.

Mon analyse :
Éphèse semble être une ville de forte opportunité pour la prédication pagano-chrétienne. Cela explique l’intérêt de Paul et, peut-être les motifs d’Apollos pour y demeurer plus longtemps. Ce sentiment semble conforté par les travaux de Walter Bauer[1].

10 – Si Timothée vient chez vous, veillez à ce qu’il y soit sans crainte car il travaille comme moi à l’œuvre du Seigneur.
11 – Que personne donc ne le méprise. Faites-lui cortège en paix, qu’il vienne à moi, car je l’attends avec les frères.
12 – Quant à notre frère Apollos, je l’ai beaucoup exhorté à venir chez vous avec les frères, mais il ne veut pas du tout venir maintenant. Il viendra quand il en aura l’occasion.
13 – Soyez vigilants, soyez debout dans la foi, soyez des hommes, soyez forts ;
14 – que tout, chez vous, se fasse dans la charité.

Mon analyse :
Timothée semble souffrir d’un manque d’autorité en raison de son jeune âge. Les contacts de Paul et Apollos à Éphèse semblent confirmés, mais Apollos paraît avoir acquis une certaine autonomie vis-à-vis de Paul. C’est peut-être pour cela que Paul présente son refus non pas comme émis à son encontre, mais plus comme un manque d’intérêt pour Corinthe. Apollos finira par retourner à Corinthe où sa prédication rencontrera un grand succès. Il est possible d’ailleurs que l’histoire mêlera sa personne à la ville et que le gnostique docète Cérinthe soit en réalité Apollos affublé du nom Corinthe légèrement modifié par l’usage verbal.

15 – Encore une exhortation, frères : vous savez que la maison de Stéphanas est les prémices de l’Achaïe et qu’elle s’est vouée au service des saints ;
16 – soyez soumis à de telles personnes et à tous ceux qui partagent leurs travaux et leur fatigue.
17 – Je me réjouis de la venue de Stéphanas, de Fortunat et d’Achaïque parce qu’ils suppléent à votre absence,
18 – car ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes.

Mon analyse :
Ces trois personnes sont vraisemblablement celles qui ont porté la lettre de Corinthe à Paul et qu’elles soient de retour avec lui.

19 – Les églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur avec l’église qui est chez eux.
20 – Tous les frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser.
21 – La salutation est de ma main à moi, Paul.
22 – Que celui qui n’aime pas le Seigneur soit maudit. Marana tha.
23 – La grâce du seigneur Jésus soit avec vous.
24 – Je vous aime tous dans le christ Jésus.

Mon analyse :
Paul précise qu’il signe de sa main cette salutation ce qui indique que la lettre est dictée à un secrétaire. Marana tha est, en araméen, un appel à la parousie de Christ.

[1] Orthodoxie et hérésie aux débuts du christianisme (voir dans la Bibiothèque)

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L’Ancien Testament

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L’Ancien Testament

L’Ancien Testament (Ancienne alliance), est un recueil de textes issus de la tradition juive. On y trouve le Pentateuque (cinq livres) qui correspond à la Torah, les livres historiques (sept livres), les quatre grands prophètes, les douze petits prophètes, les trois livres poétiques, les cinq rouleaux et les deutérocanoniques (six livres). Cela représente au total 42 textes.

Les textes que je présente ci-dessous ne sont pas tous en lien direct mais permettent une meilleure compréhension du point de vue cathare.

Le Pentateuque

  1. Génèse
  2. L’Exode
  3. Le Lévitique
  4. Les Nombres
  5. Le Deutéronome

Prophètes et prophéties

  1. Isaïe
  2. Jérémie
  3. Ézéchiel
  4. Daniel
  5. Les Douze : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie

Les cinq rouleaux

  1. Cantique des cantiques
  2. Ruth
  3. Les Lamentations
  4. L’Ecclésiaste
  5. Esther

Les livres historiques

  1. Josué
  2. Les Juges
  3. Samuel
  4. Les Rois
  5. Les Chroniques
  6. Esdras et Néhémie
  7. Les Maccabées

Les trois livres poétiques

  1. Les psaumes
  2. Le libre de Job
  3. Les Proverbes

Les Deutérocanoniques

  1. Tobit
  2. Judith
  3. Baruch
  4. La lettre de Jérémie
  5. La Sagesse
  6. L’Ecclésiastique ou Le Siracide

Commentaires de textes

Le Nouveau Testament

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Le Nouveau Testament judéo-chrétien

Le Nouveau Testament (Nouvelle alliance), est un recueil de textes — 27 pour les judéo-chrétiens et 28 pour les cathares — composé de textes biographiques de la vie de Jésus, d’un texte historique, d’une apocalypse, de sept lettres d’auteurs catholiques et de treize (quatorze pour les cathares) lettres attribuées à Paul.

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Lettre de Paul aux Hébreux – 13

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Hébreux

Chapitre 13

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Lettre de Paul aux Hébreux – 12

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Hébreux

Chapitre 12

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Lettre de Paul aux Hébreux – 11

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1 550 vue(s)

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Hébreux

Chapitre 11

1 – La foi est la substance de ce qu’on espère, la preuve de ce qu’on ne voit pas.
2 – Elle valut en effet aux anciens le témoignage qu’ils ont reçu.

Mon analyse :
Ce chapitre va nous montrer à travers la Genèse et l’Exode que la foi fut au centre des préoccupations de ceux qui ont fait le Judaïsme.

3 – Par la foi, nous comprenons que les siècles sont produits par la parole de Dieu de sorte que ce qui se voit ne vient pas de ce qui paraît.
4 – Par la foi, Abel a offert à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn et, à cause d’elle, il fut proclamé juste, Dieu lui-même attestant ses offrandes. À cause d’elle aussi, bien que mort, il parle encore.
5 – Par la foi, Hénoch fut transféré pour ne pas voir la mort et ne fut plus trouvé parce que Dieu l’avait transféré. Avant son transfert en effet, on avait attesté qu’il était au gré de Dieu.
6 – Or, sans foi, impossible d’être agréé. Pour approcher de Dieu, on doit croire qu’il est et qu’il paiera ceux qui le cherchent.
7 – Par la foi, Noé, averti de ce qui ne se voyait pas encore, craignit Dieu et, pour sauver sa maison, construisit l’arche par laquelle il condamnait le monde et héritait de la justice qui vient de la foi.
8 – Pair la foi, Abraham obéit à l’appel et partit pour le lieu dont il allait hériter. Il partit sans savoir où il allait.
9 – Par la foi, il séjourna en terre promise comme dans une terre étrangère et habita dans des abris avec Isaac et Jacob, cohéritiers de la même promesse.
10 – Il attendait en effet la ville qui a des fondations et dont Dieu est l’architecte et le bâtisseur.
11 – Par la foi aussi, Sara eut pouvoir d’enfanter malgré son grand âge parce qu’elle estima fidèle celui qui promettait.
12 – C’est pourquoi, d’un seul homme, qui était comme déjà mort, sont nés des hommes aussi nombreux que les étoiles du ciel, innombrables autant que le sable des rivages marins.

Mon analyse :
Tout d’abord c’est d’Abel à Abraham qu’est illustrée la puissance de la foi. Abel représente le peuple Hébreu alors que Caïn représente le peuple des plaines, les Cananéens. Adam est oublié puisqu’il a péché contre Dieu.

13 – Ils sont tous morts dans la foi sans avoir bénéficié des promesses, mais ils les ont vues et saluées de loin et ont avoué qu’ils étaient des étrangers et des passants sur la terre.
14 – Or ceux qui parlent ainsi montrent bien qu’ils cherchent une patrie.
15 – Et s’ils songeaient à celle d’où ils venaient, ils avaient le temps d’y retourner,
16 – mais voilà, ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu. Il leur a en effet préparé une ville.

Mon analyse :
L’auteur nous montre que ces personnages étaient conscient que rien en ce monde ne pouvait leur convenir et que leur patrie était céleste, comme celle qui descendra dans l’Apocalypse.

17 – Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac. Ayant reçu les promesses, il offrit son fils unique
18 – dont on lui avait dit : C’est par Isaac que tu auras une semence de ton nom.
19 – Mais il compta que Dieu pouvait même le relever d’entre les morts. De là qu’il le recouvra et ce fut une parabole.
20 – Par la foi aussi, Isaac bénit Jacob et Ésaü en vue de l’avenir.
21 – Par la foi, Jacob mourant bénit chaque fils de Joseph et se prosterna sur le bout de son bâton.
22 – Par la foi, Joseph, à sa fin, mentionna l’exode des fils d’Israël et donna des ordres au sujet de ses ossements.
23 – Par la foi, les parents de Moïse, à sa naissance, le cachèrent trois mois parce qu’ils virent que l’enfant était agréable et ils ne craignirent pas l’ordre du roi.
24 – Par la foi, Moïse, devenu grand, renonça à passer pour fils de la fille de Pharaon ;
25 – il préféra le malheur du peuple de Dieu au plaisir temporaire du péché
26 – et estima plus l’opprobre du Christ que la richesse des trésors d’Égypte, car il regardait le paiement.
27 – Par la foi, il quitta l’Égypte sans craindre la fureur du roi, car il était ferme comme s’il voyait l’invisible.
28 – Par la foi, il fit la pâque et l’aspersion du sang pour que l’exterminateur ne touchât plus aux premiers-nés.
29 – Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, mais les Égyptiens qui s’y risquèrent furent engloutis.
30 – Par la foi, les murailles de Jéricho tombèrent quand on en eut fait le tour sept jours.
31 – Par la foi, la prostituée Rahab, ayant accueilli pacifiquement les espions, ne périt pas avec les indociles.

Mon analyse :
Si Abraham agit, y compris de façon paradoxale, en vue de la promesse d’une descendance, Isaac le sacrifié est lui le symbole de la promesse eschatologique : Si tu sacrifie ce que tu as de plus important, je t’en donnerai plus encore. Moïse illustre le renoncement aux promesses et au bonheur terrestre en vue d’un plus grand que fait pressentir la foi. Enfin, les événements sont cités sans explication jusqu’à la conquête de la terre d’Israël.

32 – Que dire encore ? car le temps me manquerait si je parlais de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté, de David et de Samuel et des prophètes.
33 – Par la foi, ils conquirent des royaumes, pratiquèrent la justice, obtinrent l’accomplissement des promesses, fermèrent la gueule des lions,
34 – éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant du sabre, surmontèrent leur faiblesse, furent vaillants à la guerre, repoussèrent l’assaut de l’étranger.
35 – Des femmes reçurent leurs morts ressuscités. Des torturés refusèrent la délivrance pour obtenir une résurrection meilleure.
36 – D’autres furent éprouvés de moqueries et de fouets ou de chaînes et de prison,
37 – furent lapidés, tourmentés, sciés, moururent sous le sabre, vagabondèrent en peau de mouton, en peau de chèvre, indigents, affligés, maltraités,
38 – eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts, dans les montagnes, dans les antres et les trous de la terre.

Mon analyse :
Enfin, c’est dans les Rois, les Juges et les Prophètes que nous sont proposés des exemples de foi invincible malgré les événements. D’abord ceux qui par la fois réussirent leur mission, puis ceux qui supportèrent la mort, les supplices et la captivité plutôt que de perdre la foi.

39 – Et tous reçurent témoignage de leur foi mais sans bénéficier de la promesse,
40 – car Dieu qui nous réservait mieux ne les a pas voulu parfaits sans nous.

Mon analyse :
La rupture avec le Judaïsme est notée dans le fait que la promesse faite autrefois n’est pas valable, puisque tous n’en ont pas bénéficié, mais surtout parce que aujourd’hui il y a mieux que la promesse, c’est-à-dire le salut assuré par Christ.

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