4e Dimanche de Pâques

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 4e dimanche de Pâques

1re lecture :

Actes des apôtres : 2, 14a. 36-41

14 – Alors Pierre, debout avec les onze, éleva la voix et prononça : Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
36 – Que toute la maison d’Israël le sache donc bien : celui que Dieu a fait christ et seigneur, c’est ce Jésus que vous avez crucifié.
37 – À ces paroles ils furent touchés au cœur ; et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, qu’allons-nous faire ?
38 – Et Pierre leur dit : Convertissez-vous, et faites-vous chacun immerger au nom de Jésus Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint Esprit.
39 – Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et tous ceux qui sont au loin, tous ceux qu’appellera le Seigneur notre Dieu.
40 – Et par bien d’autres paroles il les adjurait et exhortait, il disait : Sauvez-vous de cette génération tortueuse
41 – Ceux donc qui accueillirent sa parole se firent immerger et, ce jour-là, trois mille âmes environ furent ajoutées.
42 – Et ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, et à s’associer pour rompre le pain et prier.

Mon commentaire :
L’accusation de déicide envers les juifs est clairement affirmée ; elle sera prétexte, bien plus tard, de l’antisémitisme des judéo-chrétiens envers les Juifs.
Comble d’incompréhension, Pierre rétablit le baptême par immersion de Jean. La secte juive chrétienne est née !

Psaumes : 23 (Vulgate 22), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

Le bon pasteur
1 – Psaume de David. lahvé est mon pasteur, je ne manque de rien :
2 – sur des prés de gazon il me parque, près des eaux reposantes il me mène,
3 – il ranime mon âme, il me conduit sur les sentiers de la justice en vertu de son nom.
4 – Même si je marche dans un val ténébreux, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent.
5 – Devant moi tu dresses une table, face à mes adversaires, tu oins d’huile ma tête, ma coupe est débordante.
6 – Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et j’habiterai dans la maison de Iahvé à longueur de jours.

Mon commentaire :
Ce psaume met en avant une approche typique de soumission. Le juif y est présenté comme un simple mouton, image que reprendra à l’envi le judéo-christianisme. Cette image est à la base de la doctrine catholique : il n’y a rien à faire qu’à obéir aveuglément à Dieu. La référence est la foi du charbonnier, c’est-à-dire de l’homme dénué de toute connaissance et culture.

2e lecture :

Première lettre de Pierre : 2, 20b-25

20 – Où est la gloire d’endurer un soufflet pour une faute ? Mais endurer de souffrir pour avoir bien fait est une grâce devant Dieu.
21 – C’est à quoi vous êtes appelés puisque le Christ aussi a souffert pour vous. Il vous a laissé un modèle à suivre pas à pas,
22 – lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche de qui on n’a pas trouvé de ruse ;
23 – lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte et, souffrant, ne menaçait pas mais se livrait au juste juge ;
24 – lui dont le corps portait nos fautes sur le bois afin que, morts aux péchés, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure nous a guéris.
25 – Vous étiez en effet comme des brebis égarées, mais vous êtes retournés au berger, au surveillant de vos âmes.

Mon commentaire :
Pierre insiste sur l’importance de l’exemplarité. Le chrétien est, dans ce monde, quelqu’un de passage qui ne doit pas laisser de trace par une volonté d’agir en ce monde. Il demande que l’on respecte l’organisation sociale et sa hiérarchie, non pas en hommes soumis mais en hommes libres. En fait, sous une apparente servilité — malheureusement comprise au sens premier par le système catholique — se cache un appel au détachement des valeurs de ce monde, elles-mêmes ramenées au même rang malgré les différences sociales. C’est le sens du verset 17 qui présente de façon croissante les formes de respect (tout le monde, les frères et Dieu) pour citer le roi en dernier, comme s’il avait été oublié. C’est donc bien au second degré qu’il faut lire cette liste de devoirs. Afin de ne pas nous impliquer dans ce monde, nous en respectons à titre personnel le fonctionnement, mais nous lui sommes étrangers car soumis volontairement à un rapport de sujétion plus important, car libre.

Évangile selon Jean : 10, 1-10

1 – Oui, oui, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui l’escalade ailleurs est un voleur et un bandit.
2 – Celui qui entre par la porte est le berger des brebis.
3 – Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix. Il appelle ses brebis par leur nom et il les emmène.
4 – Quand il a fait sortir toutes ses brebis, il va devant elles, et les brebis le suivent car elles connaissent sa voix.
5 – Elles ne suivront pas un étranger, elles le fuiront plutôt, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers.
6 – Jésus leur dit cette similitude, mais ils ne surent pas de quoi il parlait.

Mon commentaire :
Jésus nous indique qu’il y a deux sortes d’intervenants auprès du peuple de Dieu. Celui qui entre sournoisement mais qui est finalement reconnu comme tel par le peuple de Dieu et celui qui est légitime et qui n’a aucun mal à se faire reconnaître. Ainsi Jésus manifeste son docétisme.

7 – Jésus dit encore : Oui, oui, je vous le dis, je suis la porte des brebis.
8 – Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des bandits, mais les brebis ne les ont pas écoutés.
9 – Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il entrera et sortira et trouvera sa pâture.
10 – Le voleur ne vient que pour voler, égorger et perdre. Moi je suis venu pour qu’elles aient la vie et l’aient davantage.

Mon commentaire :
Jésus se positionne comme celui qui permet aux brebis de passer de l’enclos où elles sont retenues vers le pâturage. Le peuple de Dieu n’est donc pas chez lui dans l’enclos. Quant à celui qui y entre et n’est pas Dieu il est un monstre, comme dit dans le chapitre VIII.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Guilhem de Carcassonne

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