Lecture des textes de la liturgie catholique
Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.
11e dimanche du temps ordinaire
1re lecture :
Exode : 19, 2-6a
2 – Ils partirent de Rephidim et arrivèrent au désert du Sinaï, ils campèrent dans le désert et là Israël campa devant la montagne.
3 – Moïse monta vers l’Élohim et Iahvé lui cria de la montagne en disant : « Ainsi tu parleras à la maison de Jacob et tu annonceras aux fils d’Israël :
4 – « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte et comment je vous ai portés sur les ailes des aigles et vous ai fait venir vers moi.
5 – À présent, si vous écoutez bien ma voix et si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi si privilégiés parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi.
6 – Et, vous, vous serez pour moi une dynastie de prêtres et une nation sainte. « Telles sont les paroles que tu diras aux fils d’Israël ! »
Mon commentaire :
Les choses sont claires : le Dieu d’Israël est le démiurge, maître de la terre et sélectif envers ses créatures. Ce n’est pas le Dieu annoncé par Christ.
Psaumes : 100 (Vulgate 99), 1-2, 3, 5
Action de grâces dans le temple.
1 – « Psaume d’action de grâces. Acclamez Iahvé, toute la terre,
2 – servez Iahvé dans la joie, venez devant lui avec des cris de joie !
3 – Sachez que Iahvé est Dieu, c’est lui qui nous a fait et nous sommes à lui, son peuple et le troupeau de son pâturage…
5 – Car Iahvé est bon, sa grâce dure à jamais et sa fidélité de génération en génération ! »
Mon commentaire :
Psaume classique qui rappelle la dépendance des Juifs à ce Dieu possessif et la dette du peuple envers lui. Mais contrairement à Jean 10 – 27, 30, le salut n’est pas assuré par Iahvé.
2e lecture :
Lettre de Paul aux Romains : 5, 6-11
6 – Quand en effet nous étions encore faibles, le Christ à son heure est mort pour des impies.
7 – À peine meurt-on pour un homme juste ; peut-être supporterait-on de mourir pour un homme de bien.
8 – Or l’amour de Dieu pour nous, c’est que le Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs.
9 – Donc, à présent que nous sommes justifiés par son sang, combien plus serons-nous sauvés par lui de la colère !
Mon commentaire :
On a l’impression qu’à chaque fois que Paul émet une opinion dans sa lettre, le scribe intervient par de longs développements pour l’orienter dans le sens judéo-chrétien qui est le sien. Là, il nous rappelle sa lecture sacrificielle de la passion allant jusqu’à en faire une volonté divine. Or, Dieu ne peut vouloir la mort et la souffrance de personne et si Christ fut condamné par les Juifs, ce n’est pas en vertu de la volonté de Dieu mais en raison des prescriptions de Iahvé et de la Loi positive.
10 – Car si, ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.
11 – Et non seulement, mais nous nous vantons de Dieu par notre seigneur Jésus Christ de qui nous tenons désormais la réconciliation.
Mon commentaire :
Là encore le scribe poursuit son développement sacrificiel.
Évangile selon Matthieu : 9, 36 – 10, 8
36 – Voyant les foules, il s’en émut parce qu’elles étaient excédées, rejetées, comme des brebis qui n’ont pas de berger.
37 – Alors il dit à ses disciples : Quelle moisson et si peu d’ouvriers !
38 – Demandez donc au seigneur de la moisson qu’il pousse des ouvriers vers sa moisson.
Mon commentaire :
Voilà un instant de découragement chez Jésus. Il souhaite être assisté mais il voit bien qu’il a peu de disciples, et encore moins de qualité.
1 – Puis il appela ses douze disciples et leur donna pouvoir sur les esprits impurs pour les chasser et pour soigner toute maladie et toute langueur.
2 – Et voici les noms des douze apôtres : d’abord Simon appelé Pierre, et son frère André ; Jacques fils de Zébédé, et son frère Jean ;
3 – Philippe et Barthélémy ; Thomas et Matthieu le percepteur ; Jacques fils d’Alphée et Thaddée ;
4 – Simon le Cananéen, et Judas l’Iscariote, celui qui le livra.
5 – Ces douze, Jésus les envoya en leur ordonnant ceci : Ne prenez pas le chemin des nations ; n’entrez pas dans une ville de Samaritains ;
6 – allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.
Mon commentaire :
Ce chapitre annonce la couleur. Le caractère judéo-chrétien va le dominer de part en part. Douze disciples en référence aux douze tribus d’Israël, refus de prêcher aux païens et rejet des Samaritains. On est loin de l’évangile que nous a livré Jean. On peut même penser qu’il s’agit d’une pique envers Paul qui lui prêchera aux nations.
7 – Où vous passez, proclamez que le règne des cieux approche.
8 – Soignez les malades, faites lever les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratis, donnez gratis.
Mon commentaire :
La prédication y est présentée comme venant s’appuyer sur des actes miraculeux. Là où les cathares faisaient appel à l’intelligence des hommes et à leur capacité de raisonnement, on nous propose le schéma du miracle qui sera toujours utilisé ensuite dans le système judéo-chrétien pour valider le discours ou l’état de sainteté (comme dans les procès en canonisation). Le seul point positif, l’idée selon laquelle le prédicateur doit mériter sa subsistance, est opportunément « oubliée ».
Voici comment je reçois ces textes.
Guilhem de Carcassonne
