17e dimanche du temps ordinaire

3 104 vue(s)

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 17e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Genèse : 18, 20-32

20 – Puis Iahvé dit : « La clameur au sujet de Sodome et Gomorrhe, comme elle est grande ! Et leur péché comme il est grave !
21 – Je vais descendre et voir s’ils ont agi en tout suivant la clameur qui est venue jusqu’à moi. S’il n’en est pas ainsi, je le saurai. »
22 – Les hommes s’en retournèrent et allèrent vers Sodome, mais Iahvé se tenait encore debout devant Abraham.
23 – Abraham s’avança et dit ; « Est-ce que vraiment tu feras périr le juste avec le méchant ?
24 – Peut-être y a-t-il cinquante justes au milieu de la ville ? Est-ce que vraiment tu feras périr ? Ne pardonneras-tu pas à la localité à cause des cinquante justes qui sont en son sein ?
25 – Loin de toi d’agir de cette façon-là, en faisant mourir le juste avec le méchant, de sorte qu’il en soit du juste comme du méchant ! Loin de toi ! Est-ce que celui qui juge toute la terre ne pratiquerait pas la justice ? »
26 – Iahvé dit : « Si je trouve dans Sodome cinquante justes au milieu de la ville, je pardonnerai à toute la localité à cause d’eux. »
27 – Abraham reprit et dit : « Voilà que j’ai résolu de parler à mon seigneur, moi qui suis poussière et cendre !
28 – Peut-être aux cinquante justes en manquera-t-il cinq ! Est-ce que faute de cinq tu détruiras toute la ville ? » Il dit : « Je ne détruirai pas si j’y trouve les quarante-cinq. »
29 – Il recommença à lui parler et dit : « Peut-être s’en trouvera-t-il quarante ? » Il dit : « Je n’exécuterai pas à cause des quarante. »
30 – Il dit : « Que mon seigneur ne s’irrite pas et je parlerai. Peut-être s’en trouvera-t-il trente ? » Il dit : « Je n’exécuterai pas si j’y trouve les trente. »
31 – Il dit : « Voici que j’ai résolu de parler à mon seigneur. Peut-être s’en trouvera-t-il vingt ? » Il dit : « Je ne détruirai pas à cause des vingt. »
32 – Il dit : « Que mon seigneur ne s’irrite pas et je parlerai rien qu’une fois encore. Peut-être s’en trouvera-t-il dix ? » Il dit : « Je ne détruirai pas à cause des dix. »

Mon commentaire :
De deux choses l’une, soit Iahvé est ignorant de tout et alors, il n’est pas Dieu, soit il est omniscient et alors, il est menteur et vicieux, donc il n’est pas Dieu. En effet, il doit savoir si la rumeur est justifiée ou pas. Donc, son annonce de vérification est un mensonge. Ensuite, il joue avec Abraham comme un chat avec une souris alors qu’il sait très bien qu’il n’y aura même pas dix justes. Bien entendu, nous savons que cela est faux. Cette histoire est inventée par des hommes pour l’édification d’autres hommes. Mais que cela puisse encore marcher aujourd’hui est incroyable ! Comment des hommes éduqués et capables de raisonnement peuvent-ils tolérer un tel texte ? Quel aveuglement !

Psaumes : 138 (Vulgate 137), 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8

Action de grâce
1 – De David. Je te rends grâce [Iahvé] de tout mon cœur, [car tu as entendu les paroles de ma bouche], en présence des Élohim je psalmodie pour toi.
2 – Je me prosterne devant ton Temple saint, je rends grâce à ton nom, pour ta grâce et ta vérité, car tu as élevé au-dessus de tout le renom de ta parole.
3 – Le jour où j’ai crié, tu m’as répondu, tu as augmenté la force de mon âme.
6 – « Iahvé est là-haut, il voit ce qui est en bas, « de loin il repère l’orgueilleux ! »
7 – Si je marche au sein de la détresse, tu me fais revivre, contre mes ennemis tu étends ta main et ta droite me sauve.
8 – Iahvé parachèvera ce qu’il a fait pour moi. Iahvé, ta grâce dure à jamais, ne te désiste pas de l’œuvre de tes mains !

Mon commentaire
Ce que David valorise en son Dieu — qui semble être le chef d’un groupe de divinités appelées Élohim —, c’est le fait de le protéger de ses ennemis et de les détruire. Mais, malgré tout, il semble conserver un doute en la bonté de ce dieu car il lui rappelle son devoir envers son œuvre.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Colossiens : 2, 12-14

12 – Ensevelis avec lui par le baptême, vous avez été relevés avec lui par votre foi en cette énergie de Dieu qui l’a relevé d’entre les morts.
13 – Vous qui étiez morts de vos fautes et de votre prépuce de chair, il vous a fait revivre avec lui, en nous pardonnant toutes nos fautes.
14 – II a effacé l’acte rédigé contre nous et dont tous les décrets nous étaient contraires, il l’a supprimé en le clouant à la croix.

Mon commentaire :
La communauté est appelée à suivre la voie tracée par Paul et à ne pas se laisser influencer par ceux qui voudraient la détourner au profit de doctrines philosophiques, donc païennes, ou au profit du judaïsme. Beaucoup d’auteurs, qui veulent assimiler Paul et les judéo-chrétiens, font de cette conception qui est développée dans la Lettre aux Hébreux, la racine de l’antisémitisme. L’erreur est de l’attribuer à Paul ! Il n’est l’auteur d’aucune de ces lettres.

Évangile selon Luc : 11, 1-13

1 – Un jour, il était en prière quelque part et, quand il eut cessé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples.
2 – Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père, que soit sanctifié ton nom ; que vienne ton règne ;
3 – donne-nous chaque jour notre pain de la journée ;
4 – et remets-nous nos péchés, car nous remettons nous aussi à tous ceux qui nous doivent ; et ne nous fais pas entrer en épreuve.

Mon commentaire :
La prière enseignée par Jésus, à la demande des disciples qui veulent être à égalité avec les disciples de Jean baptiste, est minimaliste et contient les trois items essentiels : reconnaissance du Dieu bon, soutien permanent dans nos efforts et assistance dans nos difficultés.

5 – Et il leur dit : Si l’un de vous a un ami et qu’à minuit il passe lui dire : Mon ami, prête-moi trois pains,
6 – car un de mes amis m’arrive de voyage et je n’ai rien à lui proposer,
7 – et que de l’intérieur l’autre lui réponde : Ne me fatigue pas ! la porte est déjà fermée, nous sommes couchés, mes enfants et moi, je ne peux pas me lever pour t’en donner,
8 – je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour lui en donner à cause que c’est son ami, il se lèvera du moins à cause de son sans-gêne et lui donnera tout ce dont il a besoin.
9 – Et moi je vous dis : Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira.
10 – Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira.
11 – Quel est donc parmi vous le père à qui son fils demande un poisson et qui lui donnerait un serpent au lieu de poisson ?
12 – ou encore, s’il demande un œuf, lui donnerait un scorpion ?
13 – Si vous savez donc, mauvais que vous êtes, donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père, qui est au ciel, donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le demandent !

Mon commentaire :
La Bienveillance n’est pas dictée par les relations sociales mais doit l’être sans limite envers ceux qui sont dans la difficulté, sous peine de porter la honte de notre attitude. En effet, notre humilité nous pousse à rester ouvert aux autres sans distinction. De même que l’on est ouvert à nous quand nous en manifestons le besoin. Le rapport du Père à ses enfants exilés en ce monde est important car il dénie toute notion de rejet éternel tel qu’il apparaît dans nombre de religions. C’est pour quoi Dieu nous soutiendra toujours via le Paraclet et nous sauvera tous, le moment venu.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0