28e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 28e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Sagesse de Salomon : 7, 7-11

7 – Aussi ai-je prié, et l’intelligence m’a été donnée ; j’ai imploré, et l’esprit de Sagesse est venu à moi.
8 – Je l’ai jugée préférable aux sceptres et aux trônes et j’ai estimé la richesse comme rien en comparaison d’elle ;
9 – je ne l’ai pas assimilée à un joyau inestimable, parce que tout l’or, au regard d’elle, est un peu de sable et l’argent sera compté comme de la boue devant elle.
10 – Je l’ai aimée plus que la santé et la beauté et j’ai préféré l’avoir plutôt que la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas.
11 – Tous les biens sont venus à moi en même temps qu’elle, et une richesse incalculable était entre ses mains.

Mon commentaire
Le roi Salomon affirme que la Sagesse ne vient que par la prière et sa recherche. Elle n’est pas difficile à trouver, mais il faut la chercher. Ensuite il nous montre ce qu’est la Sagesse en comparaison des biens de ce monde ; cependant il précise qu’il les a obtenus aussi parce que la Sagesse les lui a apportés en supplément. C’est vrai qu’il aurait eu du mal à dire le contraire. Les cathares partagent l’opinion que la sagesse de l’homme, qui le mène sur la voie par laquelle il pourra cheminer vers le salut, s’obtient par la volonté d’y accéder et le recueillement qui permet d’identifier ce qui nous vient du monde et ce que nous pouvons espérer de l’Esprit.

Psaumes : 90 (Vulgate 89), 12-13, 14-15, 16-17

Grandeur de Dieu et fragilité de l’homme
12 – À compter nos jours apprends-nous, pour que nous introduisions la sagesse en notre cœur.
13 – Reviens, Iahvé ! Jusques à quand ?… Prends en pitié tes serviteurs,
14 – rassasie-nous de ta grâce, dès le matin, que nous exultions et soyons joyeux toute notre vie,
15 – réjouis-nous autant de jours que tu nous as humiliés, autant d’années que nous avons vu le malheur !
16 – Qu’à tes serviteurs apparaisse ton action et à tes fils ta majesté,
17 – et que la douceur de Iahvé, notre Dieu, soit sur nous, affermis l’œuvre de nos mains ! [ ]

Mon commentaire :
Cette fin de psaume tronqué nous montre la compréhension juive, bien différente de celle de Salomon, de rapport à la Sagesse. L’homme n’est plus acteur mais simple spectateur qui attend de Iahvé qu’il lui donne ce qu’il considère comme un dû. Et en guise de sagesse, ce qu’il demande c’est le pouvoir d’être supporté par son Dieu. Nous retrouvons cette approche victimaire chez les judéo-chrétiens qui veulent aussi être considéré par Dieu comme différents et meilleurs que les autres créatures divines. Bien entendu, les cathares voient les choses autrement. Personne n’est au-dessus de personne et personne n’est plus aimé de Dieu qu’un autre, car nous sommes un seul et unique Esprit, divisé par l’œuvre du démiurge.

2e lecture :

Lettre aux Hébreux : 4, 12-13

12 – Car la parole de Dieu est vivante, opérante et plus coupante qu’aucun sabre à deux tranchants. Elle pénètre jusqu’à la séparation de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles, et elle juge les pensées et les intentions des cœurs.
13 – II n’y a pas de créature qui lui soit cachée. Tout est
 nu, dénudé aux yeux de celui à qui nous devons compte.

Mon commentaire :
La parole de Dieu (le Verbe) est personnifiée afin de montrer que rien ne peut lui échapper.

Évangile selon Marc : 10, 17-30 (ou brève 17-27)

17 – Comme il se mettait en chemin, quelqu’un accourut, tomba à genoux devant lui et lui demanda : Bon maître, que faire pour hériter de la vie éternelle ?
18 – Jésus lui dit : Pourquoi me dis-tu bon ? Personne n’est bon, que Dieu seul.
19 – Tu sais les commandements : Tu ne tueras pas ; tu ne seras pas adultère ; tu ne voleras pas ; tu ne témoigneras pas à faux, tu ne léseras personne ; honore ton père et ta mère.
20 – Il lui dit : Maître, j’ai gardé tout cela dès ma jeunesse.
21 – Jésus le regarda et l’aima ; il lui dit : Une chose te manque : va-t’en, vends tout ce que tu as et donnes-en le prix aux pauvres ; tu auras un trésor dans le ciel. Et viens ici, suis-moi.
22 – Et lui, refroidi par cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grosses propriétés.
23 – Jésus regarda tout autour et dit à ses disciples : Comme il va être difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le règne de Dieu !
24 – À ces paroles les disciples furent saisis. Et Jésus leur dit à part : Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le règne de Dieu !
25 – Il est plus facile à un chameau de passer par la fente de l’aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le règne de Dieu.
26 – De plus en plus frappés ils se disaient entre eux : Qui peut donc être sauvé ?
27 – Jésus les regarde et dit : C’est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu.

Mon commentaire :
En refusant le qualificatif de bon, réservé à Dieu seul, Jésus confirme qu’il n’y a pas d’unité de personne entre lui et Dieu, ce qui invalide l’hypothèse trinitaire des judéo-chrétiens. En répondant à la question, il montre que la loi du Dieu juste (Iahvé) n’est pas suffisante au regard du Dieu bon. Tant que l’on n’a pas tout fait pour l’autre, quel qu’il soit, on n’a rien fait. C’est quand on s’est mis au rang des plus humbles que l’on est sur le chemin. Et c’est par l’aide de Dieu que l’on peut réussir.

28 – Pierre commença à lui dire : Voilà, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi.
29 – Jésus dit : Oui je vous le dis, personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’évangile,
30 – qui ne reçoive au centuple, maintenant, à l’instant, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions et, dans l’âge qui vient, la vie éternelle.

Mon commentaire :
Les disciples s’inquiètent de leur propre situation et demandent à Jésus de les rassurer. Jésus leur indique cependant qu’ils n’ont pas fini de souffrir.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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