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Catharisme – Histoire, philosophie et spiritualité d’hier à aujourd’hui

Revue CatharismeCatharisme

Histoire, philosophie et spiritualité d’hier à aujourd’hui

L’association Culture et études cathares vous propose une revue semestrielle totalement centrée sur le Catharisme et recouvrant tous les domaines d’étude, d’analyse et de compréhension de ce sujet.

Ayant fait le constat de la quasi disparition des revues qui ont marqué l’étude du Catharisme et conscient que la plupart d’entre-elles n’étaient pas uniquement concentrées sur cette religion, tant dans leur approche historique que spirituelle, la justification de cette revue est apparue évidente aux responsables de l’association.

Pour des raisons de coût — aussi bien pour l’association que pour les lecteurs — qui auraient pu freiner, voire empêcher sa publication, cette revue paraîtra sous la forme d’un fichier électronique que vous pourrez télécharger gratuitement dans la boutique du site.
Ce fichier pdf, au format A5 sera proposé aux adhérents de l’association dans un format  — dit imposé — permettant une impression recto-verso qui, après pliage, reproduira le document sous forme de livret lisible comme si la revue avait été réalisée en imprimerie.

Si vous souhaitez participer à cette entreprise en publiant vos travaux personnels, libres de tout engagement envers un éditeur ou un support de publication, vous pouvez le faire librement en nous proposant votre travail via le formulaire accessible à cette adresse.
Nous sommes libres d’accepter ou de refuser un document si nous considérons qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale de la revue, ou de vous proposer quelques adaptations si cela est possible.
La publication dans la revue ne vous engage à aucun contrat d’exclusivité avec nous.
Vos droits d’auteur sont bien entendu maintenus, conformément à la loi, mais aucune rémunération ne sera possible sous quelque forme que ce soit.

Si vous le souhaitez, vous pouvez citer des passages courts des textes publiés dans la revue, sous réserve de citer vos sources comme cela est indiqué sur la 3e de couverture.
Le non respect des règles du droit d’auteur et des obligations concernant la reproduction et les citations sont susceptibles de poursuites conformément aux dispositions de la loi de la propriété intellectuelle. Le ressort judiciaire est celui du siège social de l’association.

Une nouvelle revue traitant du Catharisme

Une nouvelle revue traitant du Catharisme

Nous connaissons tous le nom d’une revue ayant le Catharisme pour thème, sinon unique, du moins important. Vous connaissez peut-être les Cahiers d’études cathares, Heresis, Histoire du Catharisme ou Montségur, dont certaines eurent des parrains prestigieux comme Déodat Roché ou Anne Brenon.

Deux remarques doivent être faites les concernant : elles ont toutes fait le choix de mêler le Catharisme avec d’autres sujets, comme les spiritualités plus ou moins ésotériques, les dissidences chrétiennes rejetées par le Catholicisme, voire le parallèle envisagé avec le protestantisme.
Mais aucune n’a jamais abordé le Catharisme sous tous ses angles et même les Cahiers d’études cathares, qui publiaient régulièrement des articles historiques, n’ont jamais évoqué le Catharisme de façon exhaustive sous cet angle.
En outre, toutes ont disparu depuis des années et ce n’est pas la parution unique en 2017 d’une numéro de Heresis à l’initiative du CIRCAED, qui est une association de recherche autour du Catharisme et des « dissidences », qui permet de considérer ce vide comme comblé.

C’est pourquoi j’ai émis l’hypothèse de la création d’une revue dont le thème unique serait le Catharisme, mais qui s’imposerait de l’aborder dans toutes ses composantes (histoire, philosophie, spiritualité, pratique, sociologie, approche ancienne t moderne, etc.) afin de permettre à tous de mieux le connaître et aux chercheurs d’y publier leurs travaux.
L’objectif n’est pas d’en faire une revue dédiée uniquement à la recherche, mais de permettre à tous, érudits et débutants d’y trouver les informations les intéressant.
De la même façon, pourront y publier celles et ceux qui auraient envie de le faire et d’y proposer le fruit de leur travail, quelle qu’en soit la portée scientifique.

J’ai soumis ce projet au Conseil d’administration de l’association Culture et études cathares. Si vous pensez que cela peut répondre à un vrai besoin et qu’il faut poursuivre dans ce sens, n’hésitez pas à le faire savoir en écrivant à l’administrateur du site ou en intervenant sur la page Facebook du site ou de l’association.

De votre implication pourrait dépendre l’aboutissement de ce projet.
Dans un premier temps, et selon l’engouement qu’elle pourrait susciter, cette revue sera d’abord publiée en format pdf — libre d’accès — avant d’être éditée sur papier si le lectorat le permet.

Vous pouvez aussi participer au sondage ci-dessous :

Le merchandising du Catharisme va de pair avec sa négation

Quand le commerce de masse prend le pas sur l’éducation culturelle

Une manne financière qui dérape

Le département de l’Aude, qui était sinistré sur le plan industriel et commercial voici quelques décennies, s’est auto-attribué le titre ronflant de Pays cathare, il ne l’a pas fait par un désir de promotion de l’aspect culturel d’une période de son histoire. Non, cela relevait simplement d’une démarche politique visant à attirer la manne commercial touristique suite à l’engouement du public attiré par la médiatisation du Catharisme à travers une émission de télévision historique des années soixante et à un ouvrage de Michel Roquebert, mettant en avant les châteaux audois.

Mais le Catharisme n’est pas un « produit commercial » comme un autre.

Cet engouement touristique a provoqué un regain d’intérêt pour les événements qui se sont déroulés dans la région au Moyen Âge

Malheureusement, ses promoteurs avaient oublié que cet engouement populaire allait forcément réactiver celui des chercheurs désireux de mieux connaître ce phénomène cathare.

Une figure locale de grande renommée, René Nelli, obtint en 1983 l’ouverture d’un centre de recherche moderne et efficace, confié à l’archiviste paléographe Anne Brenon, dont la réputation de chercheuse n’est plus à faire. Malgré le décès rapide de René Nelli, ce centre travailla efficacement à la mise en exergue d’une connaissance du Catharisme que l’historien Jean Duvernoy avait enfin débarrassé des vieilles lunes augustiniennes de manichéisme pour lui redonner sa place de Christianisme authentique.

Une reprise en main énergique

Mais cela commença à faire grincer quelques dents. Anne Brenon, poussée vers la porte, fut remplacée par Pilar Jimenez — peut-être jugée moins gênante en raison de ses attaches universitaires et de son approche plus « nuancée » du sujet. Malgré tout, l’intérêt de chercheurs sérieux pour ce sujet était insupportable. Madame Jimenez fut remerciée et son nouveau directeur, Nicolas Gouzy, se vit intimer la mission de se limiter à la « vulgarisation » du Catharisme à l’intention du grand public. Là encore, cela dû sembler insuffisant et une campagne d’extinction de la recherche scientifique sur le sujet se mit en marche. La bibliothèque d’études, située au-dessus du musée de la ville, ferma pour une restructuration qui s’éternise tant que les archives stockées dans un village proche de Carcassonne risquent de ne pas revoir le jour de si tôt, et le financement du Centre d’études cathares fut tellement réduit que ce dernier se retrouva en faillite. Les archives, un temps menacées de vente à l’encan, furent transférées pour partie aux Archives départementales — ce qui n’empêche pas d’en retrouver régulièrement sur les étals des bouquinistes de Montolieu, le village du livre tout proche.

Ainsi, tout semblait être rentré dans l’ordre. Le Catharisme, largement dévalorisé par une surexploitation touristique associée à une démarche d’acculturation menée à marche forcée, est si peu identifié par les visiteurs de la cité médiévale que beaucoup ne savent même pas le lien entre les deux.

Les récentes décisions prises au niveau national visant à dévaloriser le métier de guide touristique en autorisant des personnes n’ayant pas le niveau de formation requis (Master de niveau 2) et donc, bien entendu, pas le niveau culturel minimum espéré, à effectuer des visites guidées, participe clairement à la volonté d’abêtir la population afin de la concentrer sur sa mission économique à grand coup de vente de bonbons, de glaces et de vêtements, tout en la maintenant la plus éloignée possible des centres culturels comme la librairie du château inaccessible pour les nombreux visiteurs qui ne paient pas l’entrée du monument.

Une résistance organisée et active

Malheureusement, quelques trublions sont venus gripper cette machine à vider les cerveaux.

Sous l’impulsion de Jean Duvernoy et Anne Brenon, entre autre, des chercheurs organisèrent des opérations de maintien du niveau culturel en s’entourant de chercheurs internationaux et locaux qui continuèrent à porter haut le flambeau d’une recherche cathare de qualité.

Et cela fonctionna avec l’aide notamment de régions et de villes périphériques, comme Mazamet qui confia à ces chercheurs la mise en place de son musée du Catharisme et accueillit plusieurs colloques de grande qualité.

Quand j’arrivais dans la région c’est cette situation que je découvris et cela me donna envie d’étudier le sujet.

Plus récemment, pour contrebalancer la mort du Centre d’études cathares, Anne Brenon et Pilar Jimenez mirent en place le CIRCAED qui tente de relancer les recherches et qui vient de publier sur Internet le premier numéro de la revue Heresis, ancien organe de diffusion des travaux du centre disparu.

De mon côté, bien plus modestement, j’ai mis en place ce site afin d’essayer de maintenir l’intérêt pour la recherche sur le Catharisme et l’association Culture et études cathares que j’ai contribué à créer en 2011 propose désormais aux chercheurs une documentation de plus en plus fournie dont la numérisation, lente mais continue, permet aux plus éloignés d’avoir accès aux documents nécessaires à leurs travaux.

Un négationnisme réactionnel

Mais les vieux ennemis du Catharisme ne sont pas que politiques et commerciaux.

La recherche sur le Catharisme, longtemps considérée comme secondaire et insignifiante, fut boudée par les chercheurs universitaires dans leur grande majorité. C’est pour cela que les noms devenus célèbres dans ce domaine ne sont pas ceux d’historiens officiels et universitaires mais de personnes aux compétences annexes ou connexes, mais motivés par ce travail. Philosophes et poètes, docteurs en droit et archivistes paléographes se saisirent de ce sujet délaissé et lui redonnèrent ses lettres de noblesse.

Pourtant certains historiens conscients d’avoir laissé passer une occasion de briller voulurent rattraper le train de l’histoire en investissant le sujet. Seulement, comment exister si l’on se met dans les pas de personnes jugées moins aptes et moins brillantes, si ce n’est en s’opposant à elles ?

C’est alors qu’est née l’idée d’une « déconstruction » de l’histoire du Catharisme. Malheureusement pour ses promoteurs issus d’universités du sud (Nice, Montpellier et Toulouse), il restait encore suffisamment de personnes compétentes pour répondre à ces théories fumeuses et ridicules. La mort récente de Jean Duvernoy et le retrait progressif des autres grands noms du sujet, permet néanmoins à quelques personnes, appuyées par des groupes plus discrets, notamment issus de certains franges de l’Église catholique, de tenter de discréditer toutes les recherches réalisées sur le Catharisme. Certaine presse de vulgarisation leur ouvrant régulièrement ses colonnes tout en écartant les autres points de vue, donne à leur propos un vernis de respectabilité.

J’ai récemment relaté l’attitude de l’évêque de Carcassonne qui, au mépris du Code du commerce, m’avait refusé la location d’une salle de conférence, avait ainsi montré que l’opposition n’est pas seulement politique et universitaire, mais qu’elle relève d’alliances plus diffuses et plus larges. Je dois néanmoins noter la courageuse démarche de l’évêque de Pamiers et du Cousserand qui, à la demande de ses paroissiens à tenu une cérémonie de repentance envers le martyrs des victimes du bûcher de 1244 à Montségur en octobre dernier.

Une résistance de tous les moments

La volonté de faire taire tout ce qui peut aider à une meilleure connaissance du sujet cathare est telle qu’elle coagule de nombreuses volontés, auxquelles on peut aussi ajouter des organismes officiels comme le Centre des Monuments Nationaux (CMN) de Carcassonne.

Le dernier épisode presque comique en la matière est mon éviction de la Cité médiévale où j’étais autorisé depuis deux ans à présenter, vendre et dédicacer mon livre Catharisme d’aujourd’hui.

Muni d’une autorisation municipale en bonne et due forme, je présentais mon ouvrage — même si mon activité principale était surtout de parler du Catharisme à des visiteurs souvent peu au fait du sujet — à l’entrée principale de la ville médiévale.

Voici deux semaine, le représentant du ministère de la Culture (cela ne s’invente pas), administrateur du CMN, se présenta à moi et m’indiqua que j’exerçais en un lieu interdit, quoique figurant explicitement sur mon autorisation écrite. Prenant contact avec la mairie, je découvrit effectivement que cette dernière était en infraction. Dimanche dernier, je me déplaçais donc sur une zone relevant de son autorité, mais la semaine suivante je reçu une lettre recommandée m’annonçant l’interdiction de poursuivre mon activité. J’ai déjà diffusé cette lettre dont le contenu confine au comique, ainsi que ma réponse qui en relève toutes les incohérences. La presse locale s’en est faite l’écho également.

C’est bien la volonté d’éduquer et de cultiver les connaissances de la population qui est mise en cause. Les activités strictement touristiques et commerciales sont promues et validées par des organismes qui devraient, au contraire, valoriser l’éducation des visiteurs mais qui suivent une politique visant à imposer des notions qui font consensus entre les désirs commerciaux des uns et les souhaits d’amoindrissement des comportements haineux de groupes religieux qui, en leur temps, ont participé à une entreprise monstrueuse dont ils ont encore honte aujourd’hui.

Il va sans dire que du point de vue cathare cela est ridicule, car comment reprocher à nos contemporains des erreurs commises par des personnes agissant en d’autres temps et avec d’autres conceptions du monde ?

Malgré tout, cela nous conforte dans la volonté de poursuivre cette œuvre d’éducation que les responsables nationaux et locaux ne veulent pas assurer et qu’ils combattent autant qu’ils le peuvent.

Pour autant, tout comme il est impossible d’empêcher une idée de renaître, il sera impossible de museler l’information que nous souhaitons diffuser. Il reviendra ensuite à chacun, en son âme et conscience, de s’en saisir ou pas.

 

Présent : le temps des cathares

Présent : le temps des cathares

Le rapport au temps

Je me suis déjà exprimé sur le temps et sa conception selon différentes philosophies et cultures, dont celle du christianisme.

Le fait de présenter le temps comme une sorte de ruban crée, de fait, une linéarité qui, dans le cas particulier du christianisme, est marquée par un événement destructeur du temps, la venue du Christ lors de sa première parousie. Cet événement va créer de fait un avant et un après. Le présent est constitué pour sa part de la période de la vie de Jésus et des disciples, telle qu’elle nous est rapportée dans les évangiles synoptiques. Continuer la lecture

Dépositions devant Jacques Fournier de 1318 à 1325

Dépositions devant Jacques Fournier de 1318 à 1325

Le registre d’Inquisition de Pamiers version latine par Jean Duvernoy (1965-1966)

Tome Premier

Raymundus de Costa (Raymond de Sainte-Foix, diacre vaudois) 1-17*
Alazaicis den Vernaus (Alazaïs ép. den Vernaus de Vernaux) 100-102
Mengardis Buscailh (Mengarde Buscail de Prades) 102-107
Iohannes de Vienna (Jean de Vienne) 107-109
Hugueta de Costa (Huguette femme de Jean de Vienne) 109-113
Arnaldus de Monte Nespulo (Arnaud de Monesple) 113
Guillelma Bathegani (Guillemette veuve Pierre Battegay de Pamiers) 113-114
Mengardis de Pomeriis (Mengarde de Pomiès de Pamiers) 113-114
Ramunda de Sancto Baudilio (Raimonde fille G. Fauré de Saint-Bauzeil de Pamiers) 114-115
Navarra Bruni (Navarre veuve de Pons Bru de Pamiers) 115-116
Agnes Franco (Agnès veuve d’Étienne Francou, du diocèse de Vienne) 17-18
Arnaldus Egidii (Arnaud Gélis alias Bouteiller du Mas-Saint-Antonin) 18-21
Petrus Sabaterii (Pierre Sabatier de Varilhes) 21-23
Iacoba den Carot (Jacqueline den Carot d’Ax) 23-24
Arnaldus de Savinhano (témoign. Bertrandus Corderii de Apamiis) 24-26
Berengarius Scola (Bérenger Escoulan de Foix) témoignage contre 26-28
Baruch (Baruch juif baptisé) 28-31
Guillelmus Austatz (Guillaume Austast bayle d’Ornolac) 31-36
Beatrix de Ecclesia (Béatrice de Planissoles) 36-45
Bartholomeus Amilhaci (Barthélémy Amilhac, prêtre) 45-47
Guillelma Benet (Guillemette Benet de Montaillou) 47-48
Ramundus Valsiera (Raimond Vaissière d’Ax) 49-56
Grazida Licerii (Grazide veuve de Pierre Lizier de Montaillou) 56-57
Alazaicis Ademarii ( Alazaïs Azéma de Montaillou) 58-61
Fabrissa den Riba (Fabrissa den Riba de Montaillou) 62-64
Petrus Maioris (Pierre Magre de Rabat) 64
Guillelma Clerici (Guillemette Clergue de Montaillou) 64-69
Bernardus Franca (Bernard Franque de Goulier) 69-74
Ramunda den Arsen (Raimonde den Arsen de Montaillou) 74-76
Arnaldus Cogul (Arnaud Cogul de Lordat) 76
Bruna Porcelli (Brune Pourcel de Montaillou) 77-79
Bernardus Beneti (Bernard Benet de Montaillou) 79-83
Alazaicis Fabri (Alazaïs ép. d’Arnaud Faure de Montaillou) 83-86
Alamanda Guilaberti (Alamande Guilabert de Montaillou) 86-87
Arnaldus Fabri (Arnaud Faure de Montaillou) 87-89
Guillelmus Auterii (Guillaume Authié de Montaillou) 89-91
Guillelmus Fortis (Guillaume Fort de Montaillou) 91-93
Ramunda Testaniera (Raimonde Testanière de Montaillou) 93-97
Guillelma Beneti (Guillemette Benet de Montaillou) 97-100

Tome Deuxième

Guillelmus Escaunerii (Guillaume Escaunier d’Ax) 116-119
Arnaldus Cicredi (Arnaud Sicre d’Ax) 119-133
Auda Fabri (Aude ép. de Guillaume Fauré de Merviel) 133-138
Iohannes Ioufredi (Jean Jouffre de Tignac) 139-141
Ramundus de Aera (Raimond Delaire alias Bour de Tignac) 141-145
Guillelmus Agassa (Guillaume Agasse lépreux de Pamiers) 145-148
Mengardis Savinhani (Mengarde Savinhan de Prades) 148-149
Petrus de Fonte (Pierre Lafont de Vaychis) 149-150
Arnaldus Textoris (Arnaud Teisseyre de Celles) 150-152
Guillelmi Maurs (Guillaume Maurs de Montaillou) 152-156
Arnaldus Textoris (Arnaud Teisseyre de Lordat) 156-162
Ramunda Guilho (Raimonde Guilhou de Vernaux) 162-165
Ramunda Buscalh (Raimonde Buscail de Prades) 165-166
Iohannes Rocas (Jean Rocas de la Salvetat) 166-169
Guillelmus Guilaberti (Guillaume Guilabert de Montaillou) 169-171
Bernardus de Ortello (Bernard d’Ourteau de Rabat) 171-173
Bernardus Clerici (Bernard Clergue de Montaillou) 173-181
Ramundus de Laburato (Raimond de Laburat de Quié) + filles Mengarde Alibert et Guilhemme ép. Pierre de Bon An de Savart 181-186
Bernarda de Rivo (Bernarde Durrieu d’Ax) 186-189
Bernardus Gomberti (Bernard Gombert d’Ax) 189-190
Aladaycis Boreti (Alazaïs Bourret de Caussou) 190-191
Guillelma Bec (Guillemette Bec de Caussou) 191-192
Ramundus Cicredi (Raimond Sicre l’aîné d’Ascou) 192-195
Bernardus Laufredi (Bernard Laufre de Tignac) 195-196
Guillelmus Baiuli (Guillaume Baille de Montaillou) 197-200
Ramunda de Puiolibus (Raimonde ép. de Bernard des Pujols d’Aston) 200-201
Sybilia Petri (Sibille Peyre d’Arques) 201-206
Arnaldus Savinhani (Arnaud de Savinhan de Tarascon) 207-209
Inquesta et confessiones Inquisitorem Aragonie (Inquisition d’Aragon) 209-213
Iohannes Maurini (Jean Maury de Montaillou) 213-224

Tome Troisième

Amelius de Rivis (Amiel de Rieux) 224-225
Arnaldus de Vernhola (Arnaud de Verniolle de Pamiers) 226-236
Ramunda Beloti (Raimonde Belot de Montaillou) 236-239
Iohannes Pelicerii (Jean Pélicier) 239-242
Guillelma Argeleria (Guillemette Arzelier de Montaillou) 242-244
Ramunda Martini (Raimonde Marty de Montaillou) 244-247
Petrus Maurini (Pierre Maury de Montaillou) 247-274
Bernardus Martini (Bernard Marty de Junac) 275-282
Petrus Vitalis (Pierre Vital de Foix) 282-284
Rixendis Cortil (Rixende Cortil d’Axou) 284-285
Arnaldus Auterii (Arnaud Authié d’Ax) 285
Bertrandus de Taxio (Bertrand de Taïx) 285-289
Petrus Guillelmi (Pierre Guilhem, l’aîné d’Unac) 289-291
Aycredus Boreti (Aycret Bourret de Caussou) 291-293
Gausia Clerici (Gauia Clergue de Montaillou) 293-296
Guillelmus Tranerii (Guillaume Travier de Verdun) 296
Petrus den Hugol (Pierre den Hugol de Quié) 296-298
Petrus Petri (Pierre Peyre de Quié) 298-302
Iacobus Tarterii (Jacques Tartier de Quié) 302-[…] 314
Ramundus Petri (Raimond Peyre de Quié) 303-309
Petrus Fornerii (Pierre Fournier de Surla) 309
Guillelmus Gauterii (Guillaume Gautier de Tarascon) 309-310
Petrus Lombardi (Pierre Lombard de Tarascon) 310
Petrus de Lauraco (Pierre de Laurac de Quié) 310
Guillelmus de Area (Guillaume Delaire de Quié) 310-312
Petrus Aces (Pierre Aces d’Esplas de Sérou) 312
  • Les n° correspondent aux folios du manuscrit.

Le Catharisme, alibi de la mondanité

Au Moyen Âge, quand les maisons cathares fleurissaient ici ou là, tout un chacun pouvait aisément savoir ce que Catharisme voulait dire. Nul besoin de s’interroger longuement pour savoir si faire ceci ou cela était « cathare » ou pas. Et c’est bien pour cela que très peu de personnes étaient impliquées directement dans le Catharisme, que ce soit en qualité de croyant ou de Bon-Chrétien.

Mais aujourd’hui les choses sont beaucoup plus floues. Faute de références immédiatement identifiables, beaucoup ont tendance à adapter le Catharisme à leur sauce et à se dire que ce dernier devrait accepter ce qui les arrange et qu’ils n’ont pas envie de changer.

La remarque que j’entends le plus souvent quand je signale un problème à quelqu’un c’est : « Ce n’est pas cathare ça… » Comment faut-il comprendre ce genre de point de vue ?

Déjà, il faut regarder dans quel contexte quelqu’un se sent justifié à dire une telle chose. Le plus souvent, il s’agit d’une personne qui n’a pas une grande connaissance du Catharisme et qui se trouve, ou se sent, en faute dans une situation mondaine. L’objectif de la remarque est, soit d’obtenir une prise en considération plus favorable que celle qui devrait lui être appliquée, soit d’obtenir un droit d’exception à un titre que cette personne pense devoir lui être reconnu.

Aussi je crois devoir faire quelques rappels.

Catharisme et mondanité

«  Nous ne sommes pas du monde et le monde n’est pas de nous. » Ce passage de la prière des croyant, le Père saint, est éloquent. Le Catharisme et la mondanité ne font pas bon ménage, aussi invoquer le Catharisme pour asseoir une position mondaine est une erreur.

En fait le Catharisme agit vis-à-vis de la mondanité comme les plumes du canard le font avec la pluie. C’est cette volonté de non ingérence qui peut parfois être mal interprétée. Quand Pierre Authié décide de partir en Lombardie pour suivre son noviciat, il fait le tour de ses proches et de ses relations d’affaire pour se mettre en règle avec la mondanité. C’est—à-dire qu’il s’assure de ne pas laisser derrière lui quelqu’un qui pourrait considérer qu’il l’a laissé alors qu’il était en dette financière ou morale envers lui. C’est un point important car il signe une volonté de nette séparation entre ce qui relève de la foi cathare et ce qui relève de la vie mondaine.

Je comprends que beaucoup aient du mal à s’extraire d’un lien entre spiritualité chrétienne et mondanité. En effet, le Judéo-christianisme est loin d’être aussi clair sur l’idée d’une séparation. Le Catholicisme développe la notion que le rapport à l’argent est mauvais, mais dans le même temps, la hiérarchie catholique se garde bien d’avoir des pratiques claires à ce sujet. Il n’est pas rare de voir les puissants mieux traités par elle que les pauvres hères. Les Églises réformées sont très variables dans ce domaine. On y trouve des mouvements un peu marginaux que l’on pourrait regrouper sous la dénomination d’anabaptistes (mouvements évangéliques, mennonistes, amish, etc.) qui sont à mes yeux à la frontière entre une lecture judéo-chrétienne protestante et une plus proche du Catharisme. Ces groupes sont souvent animés par un désir de rejet du monde. Les autres mouvements protestants (Luthériens, Calvinistes, etc.) sont beaucoup plus ancrés dans la mondanité. Leur rapport à l’argent est beaucoup plus décomplexé que ne l’est celui des Catholiques. La réussite sociale n’est pas honteuse. Les Orthodoxes ont eux aussi un rapport au monde plus proche des protestants comme on le voit dans les pays où ils dominent. Ils accumulent des biens et leurs églises manifestent clairement le lien entre pouvoir, richesse et manifestation de la foi.

Le Catharisme est lui tout aussi clair. Ce monde étant, à ses yeux, issu du Mal, il ne saurait être question d’y souscrire de quelque manière que ce soit. C’est pourquoi il rejette tout rapport au pouvoir, à l’argent et à la possession de quelque manière que ce soit. De même, il s’extrait des règles du monde en refusant de participer à leur élaboration et à leur application. Mais, cela ne veut pas dire qu’il les combat pour autant. Non, il vit en marge, autant que faire se peut, et quand il faut interagir avec elles, il le fait à moindre frais.

Application au monde d’aujourd’hui

À notre époque, où la mondanité est encore plus triomphante qu’au Moyen Âge, cette règle est toujours valable mais pose d’infinis problèmes à ceux qui aimeraient bien allier Catharisme et mondanité.

En effet, la modernité a permis de nous éloigner du monde primitif en nous entourant d’un monde technologique, confortable et rassurant. Rejeter ce monde est vécu par beaucoup comme un retour à l’époque où le rapport au monde était pétri d’incertitude, d’angoisse et de souffrance. Ce que nous avons oublié de voir c’est qu’en fait, rien n’a changé. Seule l’apparence nous donne à voir ce que nous voulons voir. Aussi, quand nous croyons vivre dans un monde où l’on ne se fait pas forcément agresser à chaque virage du chemin, nous oublions que la violence est plus variable et plus sournoise mais qu’elle est toujours là. C’est un peu comme avec les maladies. Les vieux fléaux comme la rage, la peste et le choléra reculent par endroits, mais d’autres pathologies les remplacent qui n’en sont pas moins meurtrières et quand l’espérance de vie s’allonge, c’est la fertilité qui recule. La vie est plus longue mais les dégénérescences font de la fin de vie un véritable chemin de croix.

Pour autant, comme la moule à son rocher, nous nous accrochons à ce que nous croyons détenir de positif et tentons de plier la spiritualité à nos intérêts plutôt que d’accepter ce que la spiritualité nous enseigne : le détachement. En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que soit nous sommes capables de vivre dans la spiritualité profonde du Catharisme, ce qui impose de repousser la mondanité, soit nous sommes encore trop imprégnés d’une mondanité à laquelle nous trouvons bine des avantages, et alors il nous faut accepter l’idée que notre spiritualité est encore très loin de ce que nous espérions. Le Catharisme n’a jamais eu vocation à inonder les esprits et à conquérir les foules. Si chacun de nous pouvait assez simplement accéder à l’éveil et mener une vie de bon cheminement, cela ferait des siècles qu’il ne resterait plus un seul esprit prisonnier ici-bas. Si nous sommes encore là, c’est que nous avons échoué à maintes reprises et que nous risquons d’échouer encore en cette vie. Chaque génération ne connaît et ne connaîtra que très peu de personnes ayant les capacités et la volonté de réussir sa bonne fin. Ce monde n’est pas encore près de disparaître et, si notre planète peut elle être rayée de la carte du ciel, il y en a sans aucun doute bien d’autre où nous pourrons échouer quand la terre disparaîtra.

Ce que nous devons retenir c’est que l’on ne doit pas chercher à allier attitude mondaine et Catharisme.

Dans ce monde nous faisons des choix, nous concluons des contrats, nous prenons des engagements et la seule attitude à peu près « cathare » est de les respecter au lieu de chercher dans le Catharisme des arguments pour nous y soustraire. Si nous voulons demeurer dans un groupe, nous devons en accepter les règles et les appliquer telles qu’elles ont été acceptées. Si nous voulons le quitter, soyons honnêtes et courageux et affirmons notre désir de partir plutôt que de laisser pourrir une situation jusqu’à l’exclusion, pour mieux se plaindre ensuite de la rigueur de ceux qui n’auront fait qu’appliquer la règle.

Celui qui se réclame du Catharisme affronte le monde, agit à visage découvert, respecte la règle de justice et de vérité y compris au risque de devoir renoncer à des avantages du monde dont la règle serait opposée et fait preuve de Bienveillance dans le cadre spirituel et moral au lieu d’attendre de la Bienveillance des autres des avantages mondains qui n’ont pas lieu d’être.

Pensée cathare au quotidien

Pensée cathare au quotidien

Le Catharisme n’est pas figé dans le temps. Sa pensée est toujours d’actualité dans un monde où le mal semble aller en croissant sans cesse.
En son temps, Yves Maris avait proposé une lecture de notre monde par le biais du filtre de la pensée cathare moderne. Modestement, j’avais voulu poursuivre ce travail afin de bien montrer que le Catharisme pouvait proposer une lecture des événements du monde d’aujourd’hui, mais aussi diffuser une forme de philosophie sociale et laïque sans se cantonner à son rôle spirituel.

Comme l’indique le titre, il ne s’agit que de l’état d’une réflexion s’exprimant face à un constat du quotidien. Ne recherchez donc pas une portée philosophique puissante à ce qui est exprimé ici comme une analyse et un point de vue personnel.

Vous trouverez donc ici les textes publiés dans ce cadre. Ils sont classés de façon anté-chronologique — les plus anciens en bas de page — et sont susceptibles de changements selon l’évolution de la compréhension et de la pensée de leurs auteurs.

La glose du Pater – 5

La glose du Pater – 5

La glose

Ce terme qui désigne les commentaires annexes à un texte en vue de l’expliquer plus clairement, peut aussi être considéré de façon péjorative comme un discours oiseux. Il me revient donc de veiller à demeurer dans le premier sens sans tomber dans le second.
Proposer des interprétations d’un texte est à la portée du premier venu. Cependant, si on veut s’y risquer avec un texte philosophique ou religieux, il convient de faire preuve d’une grande prudence. Et si l’on veut le faire avec le texte essentiel du Christianisme, la prudence ne suffit plus ; il faut y adjoindre une grande humilité et une foi à toute épreuve.
Autant dire que je suis très conscient de la difficulté de mon entreprise, ce qui explique je veuille avancer sous le contrôle de tous pour limiter les risques de dérive.

Principes

Pour chacun des termes que je vais proposer je vous énoncerai ceux qui ont prévalu auparavant et j’expliquerai — avec si nécessaire des références — pourquoi j’ai choisi celui-là. Cela va donc demander du temps, mais il faut toujours avancer prudemment dans ces sujets et veiller à disposer d’appuis solides et bien repérés. Continuer la lecture

La glose du Pater – 1

La glose du Pater – 1

La glose

Ce terme qui désigne les commentaires annexes à un texte en vue de l’expliquer plus clairement, peut aussi être considéré de façon péjorative comme un discours oiseux. Il me revient donc de veiller à demeurer dans le premier sens sans tomber dans le second.
Proposer des interprétations d’un texte est à la portée du premier venu. Cependant, si on veut s’y risquer avec un texte philosophique ou religieux, il convient de faire preuve d’une grande prudence. Et si l’on veut le faire avec le texte essentiel du Christianisme, la prudence ne suffit plus ; il faut y adjoindre une grande humilité et une foi à toute épreuve.
Autant dire que je suis très conscient de la difficulté de mon entreprise, ce qui explique je veuille avancer sous le contrôle de tous pour limiter les risques de dérive.

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3e dimanche de carême

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine. Continuer la lecture