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La Bienveillance ne déçoit pas

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La Bienveillance ne déçoit pas

L’amour est souvent décevant

On est souvent en extase devant des personnes qui ont réussi, leur vie durant, à rester dans une attitude aimante envers leur conjoint, leur famille et leurs amis tant cela semble un objectif difficile à réaliser. En effet, notre nature mondaine évoluant au fil des ans, il n’est pas rare que nos choix fait initialement s’avèrent ne plus nous correspondre quelques décennies plus tard.
Pourquoi sommes-nous finalement déçus par ce qui emportait notre adhésion, voire plus, au début ?

L’objet de l’amour change

Nous changeons au cours de notre vie ; il n’est donc pas étonnant que les autres changent aussi. Même si nous faisons réciproquement des efforts et des concessions, il faut bien admettre que nous sommes parfois incapables d’accepter les changements des autres ou de nous adapter à leurs capacités d’accepter nos changements.
Dans un couple, on pourrait croire que cela est moins vrai puisque le choix de l’autre n’est pas imposé et que l’on peut croire que nous y réfléchissons à deux fois avant de nous engager. Il semble néanmoins que cette croyance soit erronée, au moins une fois sur trois en France. Cela peut tenir à plusieurs causes :
D’abord, voyons la cause la plus probable : nous ! Même si c’est souvent celle que nous ne voulons envisager qu’en dernier, c’est la cause qui doit être considérée de prime abord. En effet, que ce soit dans le cadre inclusif de l’éros, ou dans le cadre plus large du philos, notre propre changement de perspective nous amène à ne plus avoir les mêmes buts que ceux qui nous ont poussés initialement vers les autres. La famille nous semble moins importante que nos opinions politiques ou sociales et nous ne voulons plus faire des concessions envers ceux qui s’en éloignent trop à notre goût. De même, dans l’amour intime, la personne aimée nous apparaît dans sa réalité quotidienne que nous ne connaissions pas à l’époque de notre rencontre. Déjà, le physique change, or c’est la plupart du temps le premier critère qui pousse à envisager de nouer une relation avec quelqu’un. Le caractère change, et je parle du nôtre, et devient incapable de s’adapter. Ce que nous trouvions craquant chez l’autre devient agaçant alors que rien n’a changé si ce n’est notre capacité d’acceptation. Nos critères eux aussi changent. Là où le plaisir charnel occupait la première place, la complicité et la proximité des choix et des opinions deviennent prépondérants. Mais nous constatons alors que nous n’avons pas choisi la personne la mieux adaptée à ce point de vue.
L’autre change aussi de point de vue vis-à-vis de nous, et tout ce que je viens de dire peut se retourner tout en demeurant parfaitement exact.
La vie nous change également. L’image qu’elle nous renvoie de nous-même peut se dégrader et nous conduit à considérer, soit que ce que nous aimons ne mérite pas de l’être puisque nous sommes si supérieurs si notre situation nous semble tellement meilleure qu’elle ne l’était à l’époque du début de notre relation. Le plus souvent c’est plutôt quand notre image nous semble dégradée par une évolution physique, professionnelle ou sociale peu favorable et nous amène à croire que les autres vont nous juger indigne d’eux, mais nous manifesteront une amitié ou un amour de compassion que notre égo ne saurait supporter.

La conception de l’amour est trop exigeante

La plupart d’entre nous fixe des limites à l’amour, que ce soit celui que nous ressentons pour des amis ou de la famille ou qu’il s’agisse de l’amour exclusif que nous vouons à une autre personne. Notre personnalité ne saurait espérer qu’il puisse exister, comme c’est le cas pour l’aspect physique, un parfait jumeau – un sosie intégral qui partagerait, non seulement notre conception initiale, mais qui évoluerait comme nous au fil des ans.
Or l’amour est sans doute le sentiment le plus exigeant pour la bonne raison que c’est celui qui nous touche au plus profond de notre intimité. Choisir une autre personne pour en faire son ami ou son conjoint n’est pas considéré comme un acte superficiel. Quand on voit combien nous pouvons être exigeant pour choisir un vêtement, une voiture ou un logement, il est clair que pour envisager une relation sur le long terme nous fixons des critères encore plus pointus.
L’amitié durable est logiquement adossée à un partage de valeurs morales touchant les domaines de la vie qui nous semblent les plus importants. Pour ma part, j’avais fixé comme critères les valeurs qui m’avaient poussées à rejoindre les équipes de secours de la Croix-Rouge Française et, ensuite, le monde de la santé. Forcément quand les valeurs changent ou quand d’autres apparaissent qui diffèrent notablement, la rupture est souvent proche. Une grande amie, connue au début de mon parcours secouriste, s’est éloignée quand j’ai clairement refusé de valider ses opinions sociales et politiques que je jugeais extrémistes à l’époque. Un autre, après plus de vingt ans d’amitié profonde, n’a plus donné signe de vie quand je me suis engagé dans le catharisme. J’ai également connu cela de quelques collègues que mon engagement spirituel a fait fuir.
Un autre point est également jugé essentiel au maintien d’une relation, c’est la réciprocité. Nous ne savons pas aimer une personne qui ne manifeste aucun sentiment comparable envers nous. Cela est dû à notre part mondaine qui crée un attachement envers l’autre pour ce qu’il est en ce monde. Or qui dit attachement dit forcément réciprocité puisque ce que fait l’autre a forcément un effet sur nous. Nous sommes des êtres sensibles qui ressentent tout ce qui se produit autour d’eux et qui en conçoivent des émotions. C’est cela qui définit la vie consciente animale par contraste avec la vie sensible inconsciente des végétaux. C’est vrai que certains vont donner à des végétaux une compétence de conscience, mais ce n’est que de l’anthropomorphisme. La vie consciente nécessite un cortex cérébral capable de transformer une sensation en émotion. Cela répond d’ailleurs à la critique de mauvaise foi des consommateurs de viande qui expliquent que les végétaliens font souffrir les carottes. La carotte n’a pas de conscience, donc pas de capacité émotionnelle, ce qui explique qu’elle ne noue pas de relation préférentielle avec sa voisine de champ, pas plus d’ailleurs qu’avec le chou-fleur ou le navet qui poussent un peu plus loin.
Or, quand il n’y a pas de retour à notre flamme érotique ou amicale, nous sentons notre attirance décroître parce que nous pensons que la valeur de notre amour n’est pas reconnue.
Cela m’amène à penser que vouloir quantifier ou qualifier notre amour est une voie sans issue.

La Bienveillance n’est pas de l’amour

La Bienveillance, cet amour détaché du monde, que je vous ai déjà décrit est si différent des autres formes d’amour que j’en viens à penser que ce n’est pas de l’amour. Bien que les Grecs l’aient englobé dans leurs définitions de l’amour sous le terme agapè, il me semble relever d’un domaine bien différent. En effet, la Bienveillance s’oppose à l’amour en cela qu’il ne relève pas du domaine mondain. En effet, l’amour, qu’il soit érotique ou amical, s’appuie sur les sens autant que sur la raison. La Bienveillance ne peut être véritable que si elle est totalement détachée du domaine mondain. En fait, la Bienveillance est l’expression directe et sans intermédiaire de notre part spirituelle. Elle est donc détachée de notre sensualité.

La Bienveillance ne se fixe pas d’objet spécifique

La Bienveillance est universelle. Certes la plupart du temps nous la rattachons à ce qui se présente à nous : une personne en souffrance ou un animal, mais en réalité elle s’exprime sans cesse, que nous en soyons conscients ou pas. Mieux, elle s’exprime sans son objet nous soit connu et quand nous croisons une personne pour la première fois nous avons de la Bienveillance pour elle parce qu’elle était déjà englobée dans notre Bienveillance globale. En amour, le sentiment ne peut se fixer que sur un objet connu, fut-il chimérique.
De ce fait, la Bienveillance n’a pas besoin de critère pour s’exprimer et, même si la personne change par rapport à notre première rencontre, cela ne change rien à la Bienveillance que nous avons pour elle.
Mais la Bienveillance n’a pas non plus d’objectif à atteindre, contrairement à l’amour qui vise à nous créer un réseau social ou à choisir le partenaire d’une vie. La Bienveillance s’exprime gratuitement parce qu’elle n’a besoin de rien et ne veut rien. En fait, c’est envers nous qu’elle agit en nous amenant à faire émerger notre part spirituelle que nous connaissons si mal depuis que nous sommes enfermés dans notre corps mondain.

La Bienveillance n’attend pas de retour

Encore un point qui distingue totalement la Bienveillance de l’amour. Elle n’a pas besoin d’un ressenti comparable de la part de l’autre. En effet, comme nous l’avons vu l’absence de critères, la possible absence d’objet précis et le détachement sentimental, font que la Bienveillance n’a pas de retour à attendre de qui ou de quoi que ce soit.
L’absence de retour est la garantie de ne pas être déçu, de ne pas se tromper, de ne pas impliquer la part mondaine dans l’équation et la certitude que rien ne viendra limiter le champ d’expression de la Bienveillance. Voilà bien qui confirme qu’il ne peut s’agir d’amour, mais de quelque chose de plus élevé. L’amour, que l’on en ait conscience ou pas est une sorte de marché comme le montre le système de contrat qui l’accompagne toujours. Certes, le mariage en est l’expression la plus formelle, mais l’appartenance à un groupe familial ou amical est une forme de contrat qui confirme bien que l’on est lié à un ou plusieurs autres. L’expression de la Bienveillance libère l’individu, le place hors du temps et du monde. Il se rend compte qu’il n’est ni au-dessus des autres, ni même de ce monde régit par des contrats, même dans les expressions les plus pures de son existence.

La Bienveillance est un pont entre notre mondanité où elle s’exerce et notre origine divine dont elle tire sa nature et sa substance. Quand nous la pratiquons pleinement elle réalise ponctuellement le mariage mystique entre notre part prisonnière et son pendant resté auprès du principe parfait.

Guilhem de Carcassonne.

Le croyant cathare, ce révolutionnaire !

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Le croyant cathare, ce révolutionnaire !

Le texte qui va suivre risque de provoquer un choc émotionnel et une grave crise de foi. Je vous invite donc à la plus grande prudence avant de poursuivre votre lecture.

Le catharisme est un virus

En effet le catharisme ne vit pas par lui-même — comme les virus —, il infecte un être sain au regard des critères du monde qui l’entoure — comme un virus —, il le conduit à détruire tout ce qui a été sa nature propre jusque là — comme un virus — et il finit par tuer en lui tout qui justifiait sa vie antérieure — comme un virus.

Qui est l’homme confronté au catharisme ?

Lorsque l’on m’a inoculé le virus du catharisme, j’étais comme vous. J’acceptais les principes sociaux issus du judéo-christianisme — surtout les congés de Pâques, l’ascension, Pentecôte, Noël —, j’utilisais sans m’interroger le calendrier grégorien, je croyais que le christianisme se résumait au catholicisme et à ses mouvements dissidents (Orthodoxie, Protestantisme), je pensais ce monde possiblement améliorable et je détestais ces hommes qui faisaient tant d’efforts pour le détruire.

J’étais comme vous, vous dis-je !

La vie de l’homme est de plus en plus facile sur le plan intellectuel de nos jours. Il étudie peu, il se fabrique une novlangue qui limite son expression à 6 000 mots, là où il y a un siècle il savait en utiliser entre 30 000 et 50 000, il dispose de plus en plus de temps pour reposer son cerveau si peu sollicité (on appelle cela les publicités télévisuelles), il se révolte contre les démocraties et conspue les dictatures qu’il provoque quand ses révoltes ont été trop efficaces, il énonce des concepts fondés sur rien, mais forcément indiscutables puisqu’émanant de lui et quand on le lui fait remarquer il s’énerve.

En fait il ressemble comme deux gouttes d’eau à cet homme lambda que nous a si bien décrit George Orwell dans son roman 1984.

Et tout cela pourrait continuer jusqu’à sa mort physique, qui surviendra obligatoirement après sa mort intellectuelle quasiment déjà acquise.

Que provoque le catharisme ?

Quand l’homme de ce monde découvre le catharisme, il passe grossièrement par deux étapes :

  • Il découvre le catharisme dans ses dimensions historiques, sociales, voire philosophiques que lui présentent des personnes qui ne sont pas des cathares.
  • S’il veut aller plus loin, il va découvrir ce que le catharisme est véritablement.

Dans la première étape, l’homme va bien voir que le catharisme est très particulier, qu’il émet des thèses très différentes de celle que notre culture nous fait considérer comme seules valables et qu’il propose des solutions pour le moins radicales. Cela peut provoquer de l’indifférence, du rejet ou de l’intérêt.

Dans le cas où l’homme ressent de l’intérêt, de la sympathie, voire de la compassion pour ces pauvres cathares, il va généralement devenir un érudit du sujet et fera moult[1] conférences, publications d’articles, voire écritures de blogs, livres et thèses sur ce sujet qu’il ne connaît en fait pas du tout.

Jusque là on peut dire qu’il joue avec le virus, mais parvient à lui échapper, comme quand vous sortez en plein blizzard sans écharpe alors que vous n’êtes pas vacciné contre la grippe.

Mais certains inconscients, un peu anarchistes et surtout révolutionnaires, semblent détecter dans le catharisme quelque chose de plus profond et susceptible de servir leur dessein anticonformiste. Et ils tombent dans la seconde catégorie. Je les comprends, cela m’est arrivé.

L’infection virale se déclenche alors.

Le sujet va s’immerger dans les études afin de trier dans tout ce qui lui est proposé, histoire de trouver le fil qui débute la pelote de la religion cathare. Pour ma part j’ai dû faire ce travail pendant très longtemps, car je n’ai trouvé aucun guide pour me prendre par la main.

Il va comprendre à quel point le catharisme rend clair ce qui était obscur, démontre que nous sommes les victimes de supercheries qui remontent parfois bien au-delà du premier siècle, combien le monde d’aujourd’hui continue à les valoriser, y compris de la part de personnes qui se croient athées. En effet, l’inaction favorise la réussite du plus fort, comme lors d’élections, l’abstention ou le vote blanc permettent de réduire le nombre de voix nécessaires pour obtenir la majorité. Il fait beau ensuite critiquer l’élu en lui rappelant qu’il ne représente qu’un quart du corps électoral alors qu’on lui a permis d’atteindre la majorité des suffrages exprimés en votant blanc.

À ce point l’infection menace sa vie. Soit il s’arrête en chemin et deviendra un malade porteur du virus, mais qui n’en mourra pas tout en restant atteint par cette maladie, soit il sombre et fonce tête baissée dans le piège viral.

En effet, s’il continue il va se convaincre que la vérité telle qu’il la conçoit est là et pas ailleurs. Plus il étudiera et plus il sera submergé par les merveilles que lui révéleront ses découvertes. Un peu comme ces hallucinations fiévreuses qui vous font voir des successions d’images stroboscopiques[2]. Et alors il deviendra un croyant !

Le croyant : malade et heureux de l’être

Le croyant est atteint de la maladie cathare qui fait rejeter tout ce que n’importe qui considère comme normal, voire évident :

  • Ce monde est un leurre destiné à nous cacher la prison qui nous retient ;
  • Le Dieu des Écritures est un diable au service d’un principe absolument mauvais ;
  • Pour le vrai et seul Dieu, principe du Bien, n’existent ni le temps ni l’espace ;
  • Nous sommes des parcelles émanant de Lui momentanément détachées en cet enfer ;
  • Christ nous a apporté le message qui permet de s’éveiller à la vérité ;
  • Si nous le comprenons, nous pourrons casser ce cycle infernal ;
  • Vivre pour Dieu, c’est forcément vivre en se détachant du monde ;
  • Ce monde est mauvais et ne peut pas être amélioré ;
  • Les principes du monde sont : pouvoir, égoïsme, survie à tout prix, violence ;

Ces quelques symptômes suffisent à vous faire ressentir la gravité de la maladie. Celui qui en est atteint aspire à tout perdre en ce monde — le fou ! – pour un espoir extrêmement faible de réussir à rejoindre l’empyrée divine dont il ne sait rien — quel malade !

Heureusement il est difficile d’être vraiment malade

En effet, ce monde lutte âprement contre ce virus, comme le vaccin atténue les effets de la maladie virale.

La plupart de ceux qui se pensent croyants ne le sont pas vraiment. Ils sont touchés, ils ne pourront jamais guérir, mais ils n’atteindront pas non plus le niveau infectieux nécessaire à la chute fatale.

Ils vont rester dans un entre-deux où ils reconnaîtront et accepteront certains symptômes tout en rejetant les autres. Ils vont s’enkyster dans une situation qui ne leur permettra pas d’aller plus loin par peur de ne pouvoir atteindre le bout du chemin, par sursaut d’égotisme[3] ou par lassitude.

La maladie impose de telles contraintes vis-à-vis du confort mondain que beaucoup renâclent devant l’obstacle.

Certes on peut rester croyant toute sa vie et réussir son passage, mais c’est très difficile, car il faut accepter de faire le travail sans soutien ou avec si peu. Il est clair que le noviciat et la vie de Bon-Chrétien offre des perspectives plus avenantes.

Pourtant, certains grands malades perdent tout sens de la mesure.

Le malade suicidaire

Franchement, j’ose à peine vous en parler. Heureusement ils sont très peu nombreux.

Imaginez un patient hospitalisé pour des hémorragies, chez qui on découvre une hémophilie[4] grave et qui passe son temps à s’entailler avec le couteau du petit déjeuner. Que peut-on faire pour lui ? Rien en fait, laissez-le tranquille.

Le croyant cathare qui a parfaitement accepté tout ce que le catharisme veut dire en termes de vision de ce monde, d’abandon de toute volonté d’y vivre les yeux fermés et qui attend la mort physique avec impatience tout en s’interdisant de la rechercher est sans espoir. Si en plus il suit un noviciat et reçoit sa Consolation, il devient dangereux.

Quoi de pire me direz-vous qu’un malade conscient et heureux de l’être ? Rien !

Cette volonté de rejeter l’ordre établi et de vouloir saper les fondements d’une société millénaire est clairement révolutionnaire. Or, ce n’est même pas pour la remplacer par autre chose ; non c’est du rejet pur et simple.

Si vous reconnaissez chez vous des symptômes comparables à ceux que j’ai décrit, il est peut-être temps de revenir à de meilleurs sentiments. Rejoignez l’Église catholique, voire devenez moine ou moniale.

Si vous les voyez chez un ami ou un proche, agissez vite sinon vous allez le perdre.

Mais si vous en êtes quasiment au dernier stade de la maladie, je ne vois pour vous qu’une seule solution, même si elle est terrible… Rejoignez-moi !

Guilhem de Carcassonne

Venez en parler sur les forums.


[1] Adverbe faisant partie de ces milliers de mots qui se sont sans doute perdus et qui veut dire beaucoup.

[2] Encore un mot compliqué. Laissez tomber ce n’est pas grave.

[3] Je vous avais prévenus

[4] Celui-là je vous le pardonne, c’est un terme médical désignant un déficit en facteurs de la coagulation, ce qui provoque des hémorragies.

Devenir du site Catharisme d’aujourd’hui

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Devenir du site Catharisme d’aujourd’hui

Comme vous l’avez lu en page d’accueil, ce site cherche à instruire la population et les sympathisants que le catharisme interroge. Cela il le fait depuis 2007 et d’une façon absolument inédite sur le web francophone.
Avec plus d’un millier de documents publiés, ce site s’est très vite retrouvé très largement en avant de tout ce qui est disponible sur le web francophone.
En utilisant une partie du contenu du site pour publier un livre de 352 page qui traite de façon exhaustive le catharisme, dans sa dimension historique, mais aussi dans ses philosophique, doctrinale et pratique, la volonté d’informer a atteint un niveau rarement atteint par d’autres auteurs, exceptés les historiens de la fin du XXe siècle.
Mais le temps de l’information est passé ; ce que nous souhaitons maintenant c’est de voir les personnes ayant bénéficié de cette information intervenir pour montrer ce qu’elles ont compris et, éventuellement ce que cela leur inspire.
Malheureusement, force est de constater qu’il n’y a quasiment aucune communication entre le tout petit groupe qui œuvre dans ce domaine et la quasi-totalité de celles et ceux qui viennent se servir, comme dans un self et qui ne commentent jamais le menu ou la qualité du service.
Avec plus de 1500 personnes visitant le site, on ne peut que s’étonner que près de 70% d’entre elles ne soient pas en mesure de se connecter, faute d’être abonnées ou de bénéficier d’un autre droit d’accès. Or, cela veut dire qu’elles se privent de 95% du contenu du site ! Alors pourquoi venir sur un site que l’on sait ne pas pouvoir consulter faute de s’investir un minimum pour le faire ?
Avec près de 230 personnes inscrites à la lettre mensuelle d’information, on peut s’étonner qu’à peine 35% d’entre elles n’ouvrent pas la lettre une fois reçue dans leur boîte courriel. Pourquoi se donner le mal de s’inscrire ?

Mesures prévues

Face à ce manque total d’intérêt et à cette politique de consommation passive, j’ai décidé de prendre des mesures visant à inciter les personnes peu intéressées à s’abstenir de venir ici.

1 – Désormais je n’accepterai plus les demandes individuelles de contact, que ce soit par courriel, par téléphone ou à l’occasion d’une visite à Carcassonne. Seules les personnes qui auront entretenu des relations régulières dans les forums pourront demander un tel service particulier.
2 – Je vais continuer à réduire les articles accessibles à tous qui permettront d’avoir les informations de base sur le catharisme, mais pas de l’approfondir.
3 – Je vais favoriser la publication d’articles réservés aux abonnés pour leur permettre d’approfondir leur connaissance de cette religion.
4 – J’ai également modifié les paramétrages des forums pour ne les rendre lisibles que des inscrits. Les autres n’en auront qu’une toute petite partie accessible.
5 – J’ai augmenté le prix de l’abonnement au site pour m’assurer que seuls les plus motivés pourront accéder aux documents. Cela va se poursuivre pour sélectionner les personnes vraiment motivées et favoriser les adhérents de l’association.
6 – J’ai supprimé la lettre d’information mensuelle qui ne sert qu’à des gens très peu intéressés par le site.

Ainsi, cet «écrémage» finira par rendre le panel de visiteurs plus clair à interpréter.

Avec toute ma Bienveillance.

Guilhem de Carcassonne.

Chronologie du catharisme

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Chronologie du catharisme

La plupart des chronologies du catharisme ne mettent en avant que la période médiévale. Cela fait l’impasse sur ses origines et sur sa filiation. C’est pourquoi je vous propose cette chronologie qui se pense plus complète.

Première inspiration christique

15 de Tibère Apparition de Jésus, apparence d’homme d’une trentaine d’années, au lac de Tibériade.
Ascension Jésus disparaît mystérieusement
Pentecôte Les apôtres reçoivent le baptême du Saint-Esprit sous forme de langues de feu
Étienne jeune apôtre est lapidé pour blasphème. Une partie de la communauté fuit en Judée, Samarie et même en Syrie. Pierre et Jean sont innocentés par le Sanhedrin. Jacques, frère de Jésus n’est pas convoqué.

Seconde inspiration christique

Paul de Tarse est appelé par Christ et se fait baptiser à Damas par Ananias membre de la communauté en exil.
Schisme d’Antioche Paul s’oppose à Pierre et à Jacques sur le baptême des non-Juifs. Un concile organisé à Jérusalem décide que Pierre, Jacques et Jean seront les apôtres des Juifs chrétiens et Paul des païens chrétiens.
Apollos de Corinthe (venu d’Alexandrie), disciple de Paul est critiqué par ce dernier. Peut-être son « radicalisme » par rapport à Paul pourrait faire d’Apollos l’auteur de l’Évangile selon Jean.

Filiation marcionnite

Satornil (Saturnin) enseigne que Dieu n’a pas créé le monde. Il sera le maître de Marcion et de Valentin.
140 Marcion de Sinope excommunié par la communauté judéo-chrétienne de Sinope s’installe à Rome et entreprend la rédaction de trois documents : les antithèses, l’Évangélion et l’Apostolicon faisant de Paul le premier évangéliste et démontrant l’opposition entre le Dieu des Juifs et celui de Christ.
144 Rejeté par la communauté judéo-chrétienne de Rome Marcion fonde sa propre Église selon la voie de Paul.
Valentin semble vouloir concilier l’approche pagano-chrétienne de Satornil et celle de l’Église de Rome. Il pourrait être l’auteur de l’Évangile selon Thomas. Après sa mort, ses disciples créent une religion mystique : le Gnosticisme.
324 Constantin Ier fait du christianisme romain sa religion personnelle. L’année suivante il organise le premier Concile œcuménique. Carcassonne est déjà entourée de murailles de pierre.
388 Théodose Ier fait du christianisme romain la seule religion de l’Empire et lui donne pouvoir de répression des « hérétiques ».
396 Priscillien d’Avila est décapité avec ses moines pour hérésie.
Ve siècle : Les Marcionites quittent les villes pour échapper à la répression. Ils disparaissent peu à peu d’Occident mais demeurent en Orient (Europe orientale).

Filiation paulicienne

Mi VIIe siècle Un diacre libéré de prison en Syrie convertit un païen à Mananalis et lui remet l’Évangile et l’Apôtre. Ce païen, Constantin, fonde une Église théologiquement proche du marcionisme : le Paulicianisme. Début de l’Islam (Égire).
VIIIe siècle Les Pauliciens, dont les chefs religieux portent des noms de disciples de Paul, luttent contre les chrétiens d’Orient et subissent une lourde défaite à l’issue de laquelle une partie d’entre eux est exilée en Thrace. Exil volontaire possible car accord sur l’iconoclasme. Ils luttent aussi contre les musulmans.
IXe siècle Les Pauliciens luttent contre les Chrétiens d’Orient devenus iconodoules.
En 878, ils sont vaincus et sont dispersés dans l’Empire. Le plus grand nombre est exilé en Thrace et à la frontière bulgare (Philippopoulos-Plovdiv).
Xe siècle Les Pauliciens au contact des païens locaux favorisent l’émergence d’une Église paulicienne bulgare qui serait à l’origine du Bogomilisme. Vers 969, Cosmas le prêtre dénonce la religion du prêtre Bogomile dont la doctrine ressemble beaucoup au paulicianisme. Les dernières traces du marcionisme apparaissent dans les écrits arabes.
Le bogomilisme peut avoir suivi les voies commerciales qui remontent en Allemagne et passent en Champagne et en Flandre.

Catharisme européen

Xe et XIe siècles Des foyers d’hérésie pouvant faire penser au catharisme sont décrits et combattus dans diverses régions du Nord de la France actuelles et se répandent jusqu’à Toulouse. Ils cohabitent avec des opposants au catholicisme qui eux n’ont pas la même doctrine.
1022 12 chanoines brûlés à Orléans, premier bûcher de l’histoire. Leur procès montre des éléments doctrinaux cathares.
1025 Bûchers à Turin, à Toulouse et en Aquitaine.

1095 – 1105 Première croisade. Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse intègre à son armée des troupes de l’empereur Alexis Ier Comnène dont certains éléments sont des Pauliciens. À sa mort, ces troupes ont pu revenir en toulousain. D’autres Pauliciens combattent en Italie du sud.
1135 Bûchers à Liège. Première mention de communautés cathares avec une hiérarchie épiscopale.
1145 Mission de Bernard de Clairvaux en Toulousain et Albigeois. Présence de communautés hérétiques dans les bourgades. Le nom d’albigeois est donné aux hérétiques réfractaires à la prédication de Bernard.
1157 Concile de Reims contre l’hérésie.
1163 Bûcher à Cologne. Eckbert de Schönau crée l’appellation cathare.
1165 Conférence de Lombers, en Albigeois. Présence d’un évêque cathare occitan (Sicerd Cellerier).
1167 Assemblée de Saint Félix en Laurageois. Organisation de quatre évêchés cathares occitans.
1178-1181 Mission cistercienne en Toulousain et Albigeois. Origine du nom albigeois attribué aux cathares.
1184 Décrétale de Vérone. Mesures anti-hérétiques à l’échelle européenne.
1194-1222 Raymond VI de Toulouse. Apogée du catharisme occitan.

Première croisade contre les albigeois

1198-1216 Pontificat d’Innocent III.
1206 Début de la contre-prédication de Dominique. Fondation du monastère de Prouille.
1208 Assassinat du légat Pierre de Castelnau. Appel du pape à la croisade contre les hérétiques.
1209 Début de la première croisade.
Massacre de Béziers, prise de Carcassonne, mort de Raymond Roger Trencavel. Simon de Montfort vicomte de Carcassonne. Bûcher de Casseneuil.
1210 Prise et bûcher de Minerve (140 victimes). Prise de Termes par Simon de Montfort.
1211 Victoire du comte de Foix à Montgey. Prise de Lavaur par Simon de Montfort. 80 chevaliers égorgés, 400 hérétiques brûlés. Bûcher des Cassés (60 brûlés) Bataille de Castelnaudary.
1212 Conquête de l’Agenais et du Quercy par Simon de Montfort.
1213 Hommage de Raymond VI de Toulouse au roi Pierre d’Aragon. Bataille de Muret. Mort du roi d’Aragon. Déroute occitano-aragonaise.
1215 Quatrième concile de Latran : investiture du comté de Toulouse à Simon de Montfort. Fondation de l’ordre des frères prêcheurs ou dominicains. Toulouse.
1216 Début de la reconquête de Raymond VI de Toulouse et de son fils.
1218 Simon de Montfort meurt en assiégeant Toulouse.
1219 Croisade du prince Louis de France, massacre de Marmande.
1220-1221 Reconquête du comté de Toulouse, rétablissement de l’Église cathare.
1221 Mort de Dominique à Bologne.
1222 Mort de Raymond VI, comte de Toulouse.
1222-1249 Raymond VII, comte de Toulouse.
1223 Reconquête de Carcassonne par Raymond Trencavel.
1224 Armaury de Montfort, vaincu, regagne Paris et cède ses droits à la couronne de France.

Seconde croisade contre les albigeois

1226 Croisade royale de Louis VII. Soumission de nombreux vassaux de Raymond VII.
Concile cathare de Pieuse et création de l’évêché de Razes.
Bûcher de Pierre Isarn, évêque de Carcassès, à Caunes Minervois.
Mort de François d’Assise.
1226-1270 Louis IX (Saint Louis) roi de France.
1227-1229 Guerres de Cabaret et de Limoux.
1229 Traité de Paris.
Fin de la croisade contre les albigeois. Capitulation de Raymond VII. Création de l’université de Toulouse, confiée aux frères prêcheurs et codification de la répression anti-hérétique.
Sénéchaussées royales françaises à Carcassonne, à Béziers, à Beaucaire, Nîmes. Les églises sont clandestines.
1232 À la demande de Guilhabert de Castres, Montségur devient «la tête et le siège» de l’Église interdite.

Inquisition pontificale

1233 Fondation par Grégoire IX de l’Inquisition confiée aux ordres mendiants. Deux tribunaux mis en place à Toulouse et Carcassonne.
1234 Soulèvements contre l’Inquisition à Toulouse, Albi et Narbonne.
1239 Le 13 mai : bûcher du Mont Aimé en Champagne (180 brûlés). Destruction de l’Église cathare de France.
1242 Attentat d’Avignonet contre l’Inquisition par les chevaliers de Montségur, signal de l’entrée en guerre de Raymond VII. Le pays se soulève.
1243 Les alliés de Raymond VII sont battus. Traité de Lorris. Début du siège de Montségur.
1244 Le 16 mars : bûcher de Montségur (225 brûlés). Fin des églises cathares organisées en Occitanie. Systématisation de l’Inquisition à partir de ses sièges de Carcassonne, Albi et Toulouse.
1249 80 croyants Cathares brûlés à Agen. Mort de Raymond VII, son gendre Alphonse de Poitiers lui succède.
1255 Chabert de Barbaira rend Queribus, dernière place forte cathare.
1258 Traité de Corbeil qui définit la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon.
1270 Mort de Lois IX, lors de la huitième croisade, devant Tunis.
1271 Mort de Jeanne de Toulouse et d’Alphonse de Poitiers. Rattachement du comité de Toulouse au domaine royal.
1280-1285 Procédures irrégulières de l’Inquisition à Carcassonne et Albi. Complot contre les archives de l’Inquisition à Carcassonne.
1295 Pierre et Guilhem Authié rejoignent l’Église occitane en Italie où ils sont consolés et reviennent en Languedoc au début du 14e siècle.
Soulèvement contre l’Inquisition (rage carcassonnaise) sous l’égide de Bernard Délicieux.
Suspension de l’Inquisition par le roi. Mais après avoir démis Bernard Délicieux, l’Inquistion reprend son activité contre le sursaut de l’Église cathare mené par les frères Authié.

Reprise de l’apostolat en Languedoc

1300-1310 Tentative de la petite église des frères Authié.
1303 Geoffroy d’Ablis nommé inquisiteur à Carcassonne.
1307 Bernard Gui nommé inquisiteur à Toulouse.
1309 Jacques et Guilhem Authié, Arnaud Marty, Prades Tavernier, Amiel de Perles, Philippe d’Alairac et Raymond Fabre, capturés et brûlés.
Guilhem Bélibaste s’enfuit de l’autre côté des Pyrénées.
1310
Pierre Authié est brûlé à Toulouse.
1318-1325 Campagne d’Inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers.
1321 Bûcher de Guilhem Bélibaste à Villerouge-Termenes.
1325 Bûcher d’une croyante cathare à Carcassonne.
1329 Bûcher de 3 croyants cathares à Carcassonne.
1412 Dernières sentences contre les cathares italiens.

1463 Conquête de la Bosnie par les Turcs : fin du catharisme bosniaque.

Résurgence du catharisme ?

28 mars 2016 Annonce d’une maison cathare à Carcassonne et début de noviciat
23 mai 2021 ? Première Consolation de l’ère moderne ?

Confrontations entre catholiques et cathares

1-Connaître le catharisme
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Afin de lutter contre l’hérésie, l’église catholique avait l’habitude d’utiliser les prédications. En constatant que dans les régions les plus touchées par ce phénomène hérétique, la prédication était sans effet, l’idée vint d’accepter des confrontations doctrinales.
Ces dernières prenaient la forme d’une joute opposant des représentants de l’église catholique d’une part et des représentants d’églises hérétiques d’autre part. Nous avons la trace de telles confrontations ayant concerné les cathares et les vaudois.
En Occitanie ces confrontations portaient le nom de disputatio.
Je vais essayer de retracer autant que possible ces rencontres et leurs participants.Read more

Carcassonne et ses bourgs au début du XIIIe siècle

1-Connaître le catharisme
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Carcassonne et ses bourgs au début du XIIIe siècle

Nous sommes encore loin de réelles certitudes concernant la façon dont se présentait la cité de Carcassonne à l’aube de l’attaque des croisés en août 1209.
Cependant, les travaux archéologiques permettent de mettre en avant l’hypothèse de constructions s’étendant de façon concentrique à partir de la cité, au fur et à mesure de l’accroissement de la population.
Marie-Élise Gardel que connaissent bien les personnes intéressées par l’archéologie castrale (Lastours, Saissac), a participé à un travail collectif sur l’archéologie de la cité et y a présenté un travail que j’ai trouvé intéressant et dont je reproduit ici la vision figurée des enceintes de la ville selon ce que j’ai retenu de son texte, publié dans l’ouvrage de la Société d’études scientifiques de l’Aude de 2001.Read more

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