1-Connaître le catharisme

3-3 Période médiévale – Le «catharisme» occidental

1-Connaître le catharisme
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3 – 3 – Période médiévale

Il est impossible de comprendre quoi que ce soit au christianisme et aux religions qui s’en réclament si l’on n’étudie pas l’histoire et les religions qui ont participé à son avènement.

Le « catharisme » occidental

Nous l’avons vu, le développement du catharisme en Europe occidentale semble avoir suivi deux voies de propagation. L’une fut le fait des pauliciens intégrés aux armées grecques en Italie du sud et à celle de Raymond IV en Languedoc. L’autre semble avoir suivi les routes commerciales entre Europe centrale et Europe de l’ouest. C’est celle qui est le mieux documentée et qui sert de référence aux historiens modernes. Elle passe de Bulgarie en Rhénanie, puis en Champagne, en Flandre, en Orléanais et en Occitanie. C’est cette vision qui fit croire à ces historiens que le courant mitigé[1] fut premier et qu’il fut ensuite supplanté par le courant absolu. Pour cette même raison, il fut admis que l’Italie du Nord fut touchée avant le Languedoc.

Je pense pour ma part qu’un courant absolu était déjà en place avant l’arrivée des « cathares » du nord de la France. Pour ce qui est de l’Italie du Nord, on peut imaginer aussi qu’une partie des pauliciens de l’armée de Raymond IV, revenue soutenir son héritier après sa mort en Terre Sainte, ait pu essaimer dans cette zone forcément traversée sur le chemin du retour. Mais il est aussi possible que ceux qui étaient installés en Occitanie aient diffusé à l’est compte tenu de l’appartenance de l’Italie du Nord à l’Occitanie. Peu importe en fait. Ce qui compte c’est que la tendance mitigée ne semble pas avoir touché le Languedoc alors qu’elle provoqua de nombreux remous en Italie du Nord où elle divisa l’Église de Concorezzo. Cela ne peut m’empêcher de comparer le mouvement mitigé italien avec celui de Valentin. Là aussi, face à un dualisme strict, il semble bien que Valentin ait introduit une approche plus conciliante avec l’orthodoxie catholique de son époque. Et même si cette approche ne connut pas de lendemain en raison de la dérive gnostique de ses successeurs, elle signe une volonté de retour à la « norme », d’une partie des chrétiens authentiques, peut-être un peu inquiets face à l’orthodoxie catholique dont la doctrine était en outre moins contraignante.

Mais plus que les tribulations du catharisme italien, je voudrais insister sur le fait qu’en France on observa divers épisodes que les historiens ont rapprochés du catharisme sur le simple critère de leur opposition au catholicisme.

XIe et XIIe siècles

Aux environs de l’an mil, à Vertus en Champagne, un dénommé Leutard[2], paysan analphabète, se fait remarquer en dénigrant l’Église catholique, en répudiant sa femme et en brisant les croix. Condamné et expulsé par l’évêque de Châlons, il se suicida en se jetant dans un puits. Vers 1015 l’évêque de Limoges signale des « manichéens » sans plus de précision. En 1022 un bûcher fut dressé à Toulouse contre des « manichéens » dont nous ne savons malheureusement rien d’autre. Cependant, c’est à Orléans[3], la même année, qu’intervint l’affaire la plus retentissante. Des prélats de haut rang, dont le confesseur de la reine Constance — femme de Robert II le pieux —, propagent une doctrine typiquement cathare. La rumeur voulait que ces idées avaient été introduites en Orléanais par une italienne et un paysan périgourdin. Dénoncés par un chevalier qui avait infiltré leurs rangs, après que leurs agissements furent découverts par un clerc tombé sous leur influence, ils furent interrogés en public par l’évêque de Beauvais à la tête d’un collègue épiscopal réuni pour l’occasion sous l’autorité du roi. Ce dernier les fit périr sur un bûcher le 25 décembre 1022. Leur nombre de dix présente une légère imprécision quant à la présence en leur sein d’une nonne qui n’aurait pas été brûlée, de même qu’un jeune clerc. En 1025 des hérétiques abjurèrent devant le synode d’Arras. En 1027-28 le concile de Charroux (Vienne) dénonça les hérétiques à la demande du duc d’Aquitaine, Guillaume III. En 1049 le concile de Reims prit des mesures de portée générale qui amenèrent à des exécutions à Arras[4] et Châlons. Pourtant en 1048 le prince-évêque de Liège[5], Wason, avait interdit la mise à mort des hérétiques en se basant sur la parabole du bon grain et de l’ivraie (seul Dieu est apte à séparer le bon grain de l’ivraie). Vers 1050 son successeur, Théodwin, prend le contre-pied exact de sa position en en appelant au bras séculier contre Bruno évêque d’Angers et Béranger évêque de Tours convaincus d’hérésie. À Goslar en Allemagne, des hérétiques sont démasqués en 1052 par le test du poulet — soucieux d’observer le commandement divin les hérétiques refusent de tuer, même un poulet — et pendus le jour de Noël. Face à cette violence, le concile de Toulouse (1056) fait place à l’amendement des hérétiques sans préciser ce qu’il faut faire des impénitents et des relaps. Il ne sera pas suivi. Vers 1077 le prêtre Ramihrd[6], vivant à proximité de Douai, est dénoncé par l’évêque de Cambrai comme hérétique, car il refuse les sacrements issus de simoniaques (dont l’évêque lui-même). Il sera brûlé par les gardes et la foule. Il fut soutenu par le pape Grégoire VII qui excommuniera la ville. En 1083 le Pape sermonne le comte de Flandre pour sa collusion avec l’hérésie. La seconde moitié du XIe siècle est quasiment muette sur l’implantation et le développement du catharisme.

Mais ces épisodes ne sont qu’une partie des mouvements qui apparurent au XIe et XIIe siècle, soit en réaction aux comportements de l’Église catholique et de ses membres les moins rigoureux, soit en raison de la réforme grégorienne. Ce qu’il faut distinguer, afin de ne pas attribuer au catharisme ce qui n’en est pas et de ne pas mettre dans un fatras de divergences ce qui constitue une rupture totale avec le judéo-christianisme, c’est le contenu doctrinal. Et alors on constate effectivement que beaucoup des mouvements contestataires sont des mouvements de réforme du catholicisme, car ils conservent les mêmes fondamentaux que l’Église catholique, alors que d’autres sont des mouvements de rupture qui poussent leurs adeptes à changer radicalement de fondamentaux doctrinaux, ce qui revient à changer de religion aussi sûrement que s’ils s’étaient fait juifs ou musulmans. Ainsi le paysan Leutard ne peut en aucune façon être considéré comme cathare alors que les prélats d’Orléans confessent un catharisme indiscutable. Ceux de Goslar sont également fortement suspects de catharisme alors que Ramihrd est vraisemblablement plus un réformateur catholique qu’autre chose.

L’autre question importante est le fait que l’on trouve souvent des clercs catholiques dans les rangs de ceux qui sont jugés pour leurs idées hérétiques. Cela peut-il être un frein au fait que ces religieux aient pu renier leur foi initiale pour embrasser un nouveau christianisme ? Je ne le crois pas, car si la révélation de l’éveil peut toucher tout le monde, les clercs de l’époque étaient les mieux placés pour acquérir la connaissance nécessaire à cette conversion. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient été les premiers touchés, tout comme les historiens n’ont pas manqué de noter la forte proportion de nobles parmi les cathares médiévaux, qui n’est pas liée à un quelconque phénomène de mode, mais bien au fait qu’ils étaient eux aussi en mesure d’acquérir les connaissances nécessaires à leur adhésion.

XIIIe et XIVe siècles

Le XIIIe siècle est l’époque la mieux connue du catharisme[7], tant languedocien qu’italien et même français, notamment en Champagne. En Italie, les cathares se répartissent en deux écoles, celle des albanenses (albanistes) qui sont les tenants du christianisme authentique transmis par les pauliciens. L’ouvrage qui présente le mieux leur doctrine nous vient, directement ou non, de leur évêque Jean de Lugio et s’appelle le Livre des deux principes (Liber de duobus principii). L’école de Concorezzo qui semble avoir été instituée par l’Église bogomile de Bulgarie, prône un catharisme mitigé et met en avant un ouvrage qualifié d’apocryphe bogomile : La cène secrète de Jean (Interrogation Johannis). Une troisième école, issue de l’Église de Slavonie, propose une théologie légèrement différente, notamment sur la place de Marie, mais néanmoins rattachée à l’approche bulgare.

La répression fut relativement sporadique pendant tout le siècle en raison de l’opposition entre le pape et l’empereur Frédéric Barberousse, par ailleurs tous deux clairement disposés à éradiquer le catharisme italien. Ce n’est que dans le dernier quart du siècle, suite à la victoire du parti guelfe sur celui des gibelins, que la répression put prendre un tour plus systématique. L’arrestation des cathares de Sirmione et le bûcher de Vérone en 1278 signa la fin du répit pour le catharisme en Italie. Mais nous avions parlé de cathares en Italie du sud et en Sicile. Leur existence débordera sur le XIVe siècle puisque nous savons que de nombreux languedociens s’y rendirent pour être formés, dont Pierre Authier et son frère Guilhem. Pour autant nous disposons de peu d’informations sur son fonctionnement et son développement excepté que, manifestement, elle devait être proche de l’école des albanistes.

En Languedoc le XIIIe siècle est dominé par le début de la répression de l’hérésie cathare. Tout d’abord, objet de tentative de contradictions théologiques par le biais des fameuses disputatio, ces controverses publiques à laquelle participa Dominique de Guzman, le futur créateur de l’ordre des dominicains, elle fut ensuite militaire par l’intermédiaire de la croisade contre les albigeois et enfin religieuse à l’occasion de la mise en place du tribunal de l’Inquisition qui se poursuivra jusqu’à la mort du dernier consolé, Guillaume Bélibaste exécuté à Villerouge en Termenès en 1321. L’association de ces deux derniers modes de répression trouvera son expression la plus forte lors de la reddition de Montségur qui se terminera le 15 mars 1244 après dix mois de siège par l’exécution des derniers représentant de l’Église cathare du Languedoc. Mais, même après la fin de la tentative de reprise de la prédication des consolés mise en place par Pierre Authier, il restait de nombreux croyants et quelques bonshommes, notamment en Quercy où les réseaux étaient mieux segmentés. Que sont-ils devenus ? Les textes manquent à leur sujet. Sont-ils restés sur place ou ont-ils été capturés et éliminés sans que nous le sachions ? Troisième hypothèse ; peut-être sont-ils partis avec leurs croyants dans cet exode commencé dès le début de la croisade par ceux qui n’avaient plus de raison de rester en Occitanie et qui se sont installés à ses frontières sud-ouest, au Pays basque avant de disséminer sur la côte atlantique, en Espagne et même en Amérique du sud sous le nom infamant de cagots ou d’agotes comme l’a si bien expliqué Kepa Olaizola[8] dans son travail de recherche.

J’ai volontairement choisi de ne pas alourdir ce texte en évoquant la (les ?) croisade contre les albigeois, déclenchée à la demande du pape innocent III au début de l’été 1209 et l’Inquisition, créée suite à l’échec partielle de la croisade, en 1233 à Carcassonne et à Toulouse qui éliminera l’hérésie en tuant Guilhem Bélibaste. Il ne manque pas d’excellents ouvrages retraçant ces périodes, notamment la somme historique de Michel Roquebert, l’épopée cathare en cinq volumes.

Conclusion

Les tentatives modernes visant à refuser « l’unité » du mouvement cathare médiéval au motif des variantes cosmogoniques, voire de quelques divergences superficielles dans la doctrine sont donc liées à une totale méconnaissance de l’Église chrétienne authentique que j’espère avoir un peu réduite dans cette présentation des origines. De même, la mode de faire du catharisme médiéval une divergence du catholicisme est totalement ignorante des divergences insurmontables entre les fondamentaux doctrinaux de ces deux christianismes. Fondamentaux qui remontent au premier siècle, même s’ils ne furent finalisés qu’entre le deuxième et le septième siècle. Chercher à subordonner le catharisme au catholicisme est aussi peu sérieux que le fut le fait de l’attacher au manichéisme ou à l’arianisme, voire à l’origénisme.

Comme toujours, vous êtes invités à venir en discuter sur le forum dédié.


[1] Le catharisme fait l’objet de diverses séparations selon les critères doctrinaux touchant à la cosmogonie. Les mitigés considèrent notamment que Dieu a créé la matière que le diable a corrompue et les absolus pensent que c’est le diable le créateur de la matière.

[2]. Edmond Pognon. L’an mille. Œuvres de Raoul Glaber, Adhémar de Chabannes , etc. Éditions NRF Gallimard (Paris) 1947.

[3]. Ibid.

[4]. M. Grisard. Les Cathares dans le Nord de la France in Revue du Nord, tome XLIX, n°194, Juillet-Septembre 1967. Université de Lille.

[5]Ibid.

[6]. M. Grisard. Les Cathares dans le Nord de la France. Op. cit.

[7]. La religion des Cathares et l’histoire des Cathares. Le Catharisme (t. 1 et t. 2) op. cit.

[8]Agot, cagot. L’après Catharisme. Kepa Olaizola. Op. cit.

Rituels et sacrement

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Rituels et sacrement

Le catharisme est un christianisme qui a réduit les activités rituelles au strict minimum en se basant sur ce que les Écritures nous disent de la pratique de christ.

À l’exception notable du Baiser de paix (caretas), tous les rituels nécessitent la présence d’un chrétien consolé. Ils sont normalement réalisés par le consolé le plus ancien présent au moment donné : ancien, diacre, Fils et bien entendu évêque.

Certains relèvent de la vie évangélique de la communauté vivant dans la maison cathare et les autres sont destinés à marquer l’appartenance à la communauté ecclésiale qui réunit les croyants vivants dans le monde et les communautés évangéliques.

Les rituels concernant les croyants

Certains rituels incluent les croyants, seuls ou associés à des consolés. D’autres sont réservés aux consolés, accompagnés ou non des novices. Parmi ces derniers certains acceptent des croyants, voire des sympathisants comme témoins muets.

Le Baiser de paix[1]

C’est le seul rituel qui ne nécessite pas la présence et la participation d’un consolé. Les croyants peuvent donc le pratiquer ensemble à l’occasion d’un temps de concentration spirituelle. Par exemple, si des croyants prient ensemble avec le Père saint, ils peuvent conclure ce temps par un Baiser de paix.

Ce rituel permet aux membres de la communauté de manifester ostensiblement, les uns envers les autres, leur appartenance et leur cohésion.

La pratique en est simple et rappelle ce qui se passe dans les communautés judéo-chrétiennes.

D’abord, le rituel ne peut s’effectuer qu’entre membres de même sexe. Il se compose de trois accolades alternées sur chaque épaule et se termine par un baiser, à bouche fermée, effectué en inclinant la tête de façon à ce que les lèvres de rejoignent de façon perpendiculaire. Il se conclue par un baiser donné au Nouveau Testament que chaque groupe fait circuler.

En présence d’un consolé, les membres de même sexe que lui (ou elle) le pratiquant prononce à chaque accolade : « Bénissez-moi. » et après le baiser, il dit : « Priez Dieu pour nous. », ce à quoi le consolé répond : « Que Dieu en soit prié. ».

L’Amélioration[2]

C’est sans doute le rituel le plus important au sein de la communauté ecclésiale. Il manifeste l’appartenance à la communauté et l’obéissance du croyant ou des consolés envers le Saint-Esprit paraclet représenté par l’ancien de la communauté évangélique.

C’est un rituel intime qu’on ne pratique pas en public, mais uniquement si l’assistance est composée de consolés et de croyants.

Il se décompose en deux temps :

La révérence

Le croyant ou le consolé qui pratique se met face au consolé qui officie. Il joint ses mains à plat, pouces collés si possible contre sa poitrine. Il incline la tête et le buste pour manifester. Aucun mot n’est prononcé de part et d’autre.

La prosternation

Sans pause, le pratiquant se met à genoux et adresse sa demande à l’officiant : « Bon-chrétien (ou Bonne Dame), la bénédiction de Dieu et la vôtre. »

L’officiant étend sa main au-dessus de la tête du pratiquant et répond : « La bénédiction de Dieu et la nôtre. »

Le pratiquant met alors ses mains à plat sur le sol et se prosterne en les touchant du front. Puis il revient à la position antérieure et renouvelle sa demande. L’officiant lui répond de même. La troisième fois, le pratiquant dit : « Priez pour nous pécheurs, afin qu’il fasse de nous de bons chrétiens et nous conduise à bonne fin. », ce à quoi le consolé répond : « Que Dieu vous bénisse et veuille faire de vous de bons chrétiens pour vous conduire à bonne fin. ».

Le pratiquant se relève et le rituel se termine par le Baiser de paix.

La Tradition du pain de la sainte Oraison

Lorsque des consolés et des croyants se trouvent ensemble à table, le plus ancien des consolés (ancien, diacre, Fils, évêque) va reproduire la gestuelle, attribuée à Jésus, de partage du pain de la Cène sans que cela ait la prétention de signifier quoi que ce soit de comparable avec l’eucharistie judéo-chrétienne. Il s’agit juste de commémorer des agapes.

Au début du repas, le consolé place sur son épaule (inverse de sa main dominante) une serviette blanche et y pose du pain en le maintenant, à travers la serviette, avec l’autre main.

Puis, il prononce quelques mots, pendant une durée estimée à celle nécessaire pour dire deux Notre Père. Que dit-il ? Personne ne l’a rapporté de façon claire, mais on peut considérer qu’il y avait sans doute un Pater, et que les quelques mots dit à voix basse, servaient au consolé à confirmer que cette réunion se faisait pour manifester la présence de l’ecclésia.

Ensuite, il découpe le pain en autant de parts que de convives. Il les distribue en respectant l’ordre d’ancienneté dans la croyance. Enfin, chacun mange son pain sans rien n’en laisser perdre.

Aujourd’hui cela peut s’envisager avec des tranches de pain déjà découpées pour simplifier les choses.

Les deux prières des croyants

Si je vous parle de cela c’est que les consolés ont des rituels de prières qui leur sont réservés. Les croyants n’en ont pas, mais ils disposent de prières qui leur sont autorisées, contrairement au Pater.

Le Père saint

« Père saint, Dieu légitime des bons esprits.
Toi qui n’as jamais trompé, ni menti, ni erré, ni hésité ;
Par peur à venir trouver la mort dans le monde du Dieu étranger,
Puisque nous ne sommes pas du monde et que le monde n’est pas de nous,
Donne-nous connaître ce que tu connais et d’aimer ce que tu aimes. Amen.
 »

Ce texte est suivi d’un anathème, tiré de l’Évangile selon Matthieu, écrit en réaction à l’éviction des juifs chrétiens des synagogues par les juifs (pharisiens et sadducéens) qui leur faisaient porter la responsabilité de la chute du Temple de Jérusalem en 70.

Bénédicité

Pour les instants à risque, un texte plus court est proposé à la demande des croyants :

« Bénédicité, seigneur Dieu, père des bons esprits, aide-nous dans tout ce que nous voudrons faire. »

Les rituels concernant les consolés

En plus des rituels ci-dessus, les consolés ont des rituels qui leur sont spécifiques et dont certains se pratiquent à l’abri des maisons cathares, c’est-à-dire sans que les croyants y assistent.

Le rituel des Heures

Ce rituel s’inscrit dans la vie quotidienne des consolés et, dans une moindre mesure, des novices.

Il s’agit de pratiquer un rituel simple ou double à certaines heures de la journée et de la nuit. Le rituel double enchaîne deux rituels simples.

Ils sont répartis comme suit :

  • Matines : rituel double exécuté dans l’heure qui précède le lever du jour ;
  • Laudes : rituel double exécuté dans la première heure du jour ;
  • Prime : rituel simple exécuté à la suite du précédent ;
  • Tierce : rituel simple de la troisième heure du jour ;
  • Sexte : rituel simple de la sixième heure du jour ;
  • Vêpres : rituel double exécuté à la douzième heure du jour ;
  • Complies : rituel double exécuté avant le coucher.

Le rituel se compose d’une série d’éléments récités et d’éléments gestuels. Dans l’ordre :

  • Benedicite : « Bénissez-nous, épargnez-nous. Quel Père, le Christ et le Saint-Esprit nous remettent et nous épargnent tous nos manquements.»
  • Adoremus : pratique appelée veniae (pl. venias) visant à se prosterner à trois reprises, mains à plat sur le sol et tête appuyée sur les mains, précédée du récitatif suivant : « Prions devant le Père, le Christ et le Saint-Esprit ; cela est digne et juste. » ;
  • Pater : 13 sont dits en commun et un est dit par l’ancien qui dirige le rituel ;
  • Adoremus : 3 venias identiques aux précédentes ;
  • Pater : 1 dit en commun et 3 dits par l’ancien ;
  • Adoremus : 1 veniae identique aux précédentes ;
  • Gracia : « Que la grâce du Christ, notre sauveur, soit toujours avec nous.»
  • Benedicite : identique au premier.

Le rituel est obligatoirement suivi d’une période de réflexion et d’étude de même durée.

Les novices, qui ne peuvent dire le Pater peuvent participer aux rituels simples et prononcer les phrases relatives aux autres parties du rituel. S’ils n’ont pas encore été admis à la pratique de la sainte oraison dominicale, ils ne peuvent assister aux rituels doubles, mais peuvent profiter de la période d’étude qui les suit.

Le Pater des cathares d’aujourd’hui

Après avoir étudié plusieurs versions du Pater anciens et modernes et en avoir fait l’exégèse, j’en suis arrivé à proposer une version moderne qui permette de mettre en avant les éléments importants de la doctrine cathare tout en conservant la forme initiale :

Père tout-puissant, principe des esprits-saints,
Ta volonté agit sur tout le Bien.
Ton Saint-Esprit nous guide comme il te plaît,
Pour que ta grâce puisse nous être accordée.
Donne-nous chaque jour, la nourriture
Que ta Parole et ton Amour procurent.
Remets-nous nos fautes et nos manquements,
Comme pour nos frères nous en faisons autant.
Et soutiens-nous dans les difficultés,
Afin de nous délivrer du Mauvais.
Amen.

Le rituel des Jours

Les consolés et les novices pratiquent des jeûnes rituels qui sont organisés de la façon suivante :

  • Jeûne strict comportant 100 g de pain et des boissons claires, froides ou chaudes à volonté. Il se pratique les lundis, mercredi et vendredi tout au long de l’année. Il se pratique également les mardi et jeudi de la première et de la dernière semaine de carême, ainsi que le samedi et le dimanche de la première semaine de carême.
  • Jeûne simple qui demande une restriction alimentaire portant sur les corps gras et sur les produits alimentaires de type récréatifs (gâteaux, confiserie, desserts sucrés, etc.). Il se pratique les mardi, jeudi et samedi de la deuxième à la cinquième semaine de carême inclus et le samedi et le dimanche de la sixième.

Des Jours peuvent être pratiqués en sus de ceux indiqués en contrition d’un manquement que la communauté aura avoué lors du rituel du Service.

Le Service[3]

Les consolés considèrent que le vrai péché est celui que l’on commet en se départissant du chemin qui mène au Bien.
Donc, seuls ceux qui ont connaissance du Bien, les consolés, peuvent vraiment pécher.
Cela imposait logiquement de manifester ouvertement sa contrition pour tous les péchés commis : volontaires, conscients, involontaires et inconscients.
Pour cela, une cérémonie rituelle était organisée chaque mois, en présence des croyants, aux cours de laquelle le diacre dont dépendait la maison cathare concernée, venait recevoir ce Service de la part des anciens des maisons cathares concernées.

Le texte de ce Service met en avant la conscience des consolés de n’avoir pas pu observer leur règle de façon stricte et efficace, en raison des fautes que leur nature mondaine provoque. À l’issue de cette contrition commune et publique, l’ancien annonce la mesure d’ascèse que sa communauté évangélique a décidé d’observer de façon à approfondir la bonne pratique de sa maison cathare. Le diacre écoute, mais ne se prononce pas, car le consolé a toute latitude pour évaluer son respect de la règle et définir ce qu’il doit faire pour rattraper le droit fil de son cheminement. Cette cérémonie était éventuellement l’occasion d’une confession privée d’un consolé au diacre, quand son ancien considérait que cela dépassait le cadre du Service commun. Là encore, le diacre, après avoir écouté la confession, demandait au consolé de définir la ou les mesures que ce dernier pense nécessaires à s’appliquer. Il pouvait, si besoin, modérer ou aggraver ces mesures, s’il pensait que le consolé n’avait pas su tirer les bonnes conclusions de son manquement ou de sa faute.

La cérémonie est codifiée et nous en avons une présentation détaillée dans le rituel cathare du Nouveau Testament occitan de Lyon.

Concernant les novices

Les novices en formation en vue de devenir des consolés avaient deux étapes fondamentales à passer.

On note que ces cérémonies comportent un temps d’admonestation de l’officiant envers le bénéficiaire qui vise à lui faire prendre pleinement conscient de l’importance de l’étape qu’il s’apprête à franchir.

Rituel de la sainte Oraison dominicale

Quand le novice avait atteint un niveau d’avancement dans sa formation qu’il considérait comme suffisant, sous réserve que les consolés l’ayant suivi soient d’accord avec lui, il pouvait demander à bénéficier de l’autorisation de participer pleinement aux rituels des Heures.
Cela revenait à l’autoriser à dire le Pater et à participer, comme les consolés, à l’ensemble des Heures, simples et doubles.

En général, ce rituel intervenait à la fin de la première année complète de noviciat, incluant trois carêmes. Dans la plupart des cas, les sources nous disent que ce rituel était associé au sacrement de la Consolation.
En effet, les novices qui n’étaient pas destinés à des missions de prédication, avaient reçu au cours de cette année de noviciat, les bases suffisantes pour mener une vie de consolé en maison cathare.
Par contre, les novices destinés à une mission de prédication pouvaient, soit ne pas être consolés immédiatement, soit l’être, mais ils continuaient leur formation en compagnonnage avec différents prédicateurs qui leur montraient ainsi les différentes pratiques apostoliques et complétaient leur connaissance des textes et des pratiques rhétoriques nécessaires à la bonne diffusion des prêches cathares. Une fois cette formation supplémentaire terminée, qui pouvait durer plusieurs années, ils étaient consolés et devenaient donc des prédicateurs associés à un plus ancien. S’ils avaient été consolés comme les autres, à la suite du rituel de la sainte Oraison dominicale, ils étaient re-consolés une nouvelle fois.

La cérémonie est codifiée et nous en avons une présentation détaillée dans le rituel cathare du Nouveau Testament occitan de Lyon.

Sacrement de la Consolation

C’est le seul et unique sacrement du christianisme cathare, car c’est le seul sacrement dont les textes nous disent qu’il aurait été pratiqué par le christ.

Il s’agit d’un baptême d’esprit, réalisé par imposition des mains. Il est réservé à des personnes ayant été formées dans le cadre d’un noviciat cathare et estimées prêtes à le recevoir. Il faut noter que ce sacrement n’est pas imposé par les formateurs du novice, mais que c’est ce dernier qui ressent en son for intérieur qu’il est temps pour lui de franchir cette étape dans son cheminement. Ce ressenti est en fait la vraie Consolation spirituelle par laquelle le Saint-Esprit consolateur baptise le novice. La cérémonie qui suit n’est qu’une reconnaissance ecclésiale de l’état de baptisé de l’ancien novice. Bien entendu, il peut y avoir confusion de la part du novice ; c’est pour cela que l’avis des consolés de la communauté où vit le novice est nécessaire à la mise en place de la cérémonie.

La cérémonie est codifiée et nous en avons une présentation détaillée dans le rituel cathare du Nouveau Testament occitan de Lyon.

La Consolation[4] n’est pas un rituel figé, comme l’est par exemple le baptême chez les catholiques. Elle était donc renouvelée à l’occasion d’étapes importantes de la vie d’un consolé, comme lors de l’attribution de charges importantes (diaconat, désignation comme Fils ou évêque). Elle pouvait aussi être renouvelée quand le consolé avait perdu son état, à l’occasion d’un départ volontaire de la communauté ou lors d’une faute ayant entraîné la perte de l’état de chrétien.
Au cours de la cérémonie, le novice se voit remis ses péchés antérieurs et choisi un prénom qui le désignera désormais au sein de la communauté, associé au nom de la commune où il s’est éveillé au catharisme.

La Consolation au mourant

Il était admis que les croyants, n’ayant pas eu la possibilité de se former lors d’un noviciat, s’ils se retrouvaient au seuil de la mort, pouvaient recevoir une Consolation in extremis. Cela rappelait que les cathares ne s’arrogeaient pas le droit de décider qui serait sauvé ou pas. Ils laissaient cela à l’appréciation du Saint-Esprit paraclet et de Dieu.
Cette Consolation n’était donc pas une garantie de salut, mais elle mettait le croyant dans les meilleures dispositions nécessaire à sa survenue. Si le croyant ne mourait pas, il devait, soit renoncer à son vœu d’être consolé, soit entrer en maison cathare pour suivre un noviciat suivi d’une nouvelle et complète Consolation. La cérémonie est codifiée et nous en avons une présentation détaillée dans le rituel cathare du Nouveau Testament occitan de Lyon.

La Convention

Les contraintes imposées par la croisade et l’Inquisition, qui rendaient plus difficile le recours à un consolé pour administrer la Consolation à un mourant, conduisit l’Église cathare à mettre en place un système de dédoublement de ce sacrement, une partie étant réalisée à distance de l’échéance et l’autre l’étant à son chevet, même s’il n’était pas conscient.
Il faut comprendre que la Consolation n’est possible que si le bénéficiaire est capable de répondre en pleine conscience aux demandes et interrogations de l’officiant.
Donc, quand la venue rapide d’un officiant s’est avérée plus aléatoire, l’idée de diviser la cérémonie en deux temps, un premier où le croyant indique clairement sa volonté pleine et entière d’être reçu, le moment venu dans la communauté évangélique comme baptisé, le second où l’officiant valide et finalise la Consolation sur un croyant incapable de lui répondre consciemment. Cependant, cela ne peut être considéré à l’instar des derniers sacrements catholiques, puisque le croyant, quoique inconscient, doit être vivant.

De nos jours, ce système peut être remis en place tant que l’Église sera faible en membres et dispersée sur le territoire.

Exprimez-vous dans le forum dédié à ce sujet.


[1] Appelé caretas dans les documents qui en parlent.

[2] Appelé melhoramentum, melhorament ou meliorer

[3] Il est appelé Apparelhment dans les textes.

[4] Elle est appelée Consolament dans les textes.

2 – 2 – Paul, Marcion et les autres

1-Connaître le catharisme
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Paul, Marcion et les autres

Nous allons aborder une période extrêmement compliquée à appréhender de l’histoire du proto-christianisme et du début du christianisme, en raison de la pauvreté et du manque de fiabilité des sources disponibles. L’histoire n’est ni une science exacte, ni une science honnête. L’absence d’outils de cadrage et l’obligation de se référer à des documents forcément subjectifs obligent à faire preuve d’une grande prudence dans nos analyses. Bien entendu, cela est valable pour nos propres analyses qui sont soumises à notre subjectivité personnelle.

Le « christianisme » du premier siècle

Les 30 premières années de l’ère commune

Que sait-on de vérifiable sur cette période en Palestine ? Rien, ou à peu près rien. En effet, la plupart des informations disponibles dans les textes chrétiens du Nouveau Testament ne sont pas superposables à des récits émanant d’autres sources. Quand certains points sont conformes à d’autres données historiques, ces dernières sont suffisamment vagues pour n’être en aucune façon décisives. À titre d’exemple, le fait qu’un romancier décrive dans son livre un lieu précis, en respectant scrupuleusement les données connues sur ce lieu, ne permet pas d’affirmer que les événements qu’il y place aient eu lieu.

Si l’ère commune commence à l’an 0, il ne se trouve plus aujourd’hui grand monde pour affirmer qu’il corresponde à la date précise de la naissance de Jésus. Même l’Église catholique reste floue sur la date précise, voire l’année de sa naissance. Pour d’autres, c’est le fait même de sa naissance, donc de son existence qui est sujette à de nombreux doutes.

Mais il faut bien démarrer quelque part. Alors voyons ce qui s’est passé dans ces premières années de notre ère.

Il est indéniable que des individus de religion juive ont propagé un message qui fut attribué à un être de chair qu’ils ont assimilé au messie davidique des écrits de la Torah. Mais la compréhension de ce message fut très diversement interprétée, allant de ceux qui voyait dans ce message un complément au judaïsme justifiant la mise en place d’une énième secte juive jusqu’à ceux qui y voyait en réalité une rupture et un rejet du judaïsme comme religion de Dieu.

Si l’on connaît assez bien le développement du groupe rattachant le message christique au judaïsme, il en va tout autrement du groupe qui rejetait cette idée.

Le principal document utilisable sur ce sujet est le livre Actes des apôtres dont il est clair qu’il est fortement orienté, à la fois pour rattacher au courant majoritaire les éléments qui l’arrangent ou qui peuvent le valoriser et, pour dénigrer directement ou pas ceux qui ne vont pas dans son sens.

Trois personnages sont à distinguer dans cette période.

Étienne, représentant du pagano-christianisme ?

Étienne, présenté comme un jeune diacre de la communauté judéo-chrétienne qui blasphème le Dieu des juifs et est exécuté par lapidation.

Son comportement est intéressant à double titre :

  • Il fait partie du second cercle, nommé à l’occasion d’une querelle entre juifs chrétiens (Hébreux) et juifs hellénisants (diaspora) ;
  • Il blasphème le Dieu des juifs, comme le fit Jésus, et est exécuté par lapidation, ainsi que le prévoit la loi juive, alors que jésus aurait été crucifié.

La querelle, qui occasionna la mission d’Étienne au service des dirigeants de la communauté, met en avant un comportement des Hébreux qui correspond à l’attitude habituelle des juifs de Jérusalem vis-à-vis des juifs de la diaspora (vivant à distance du Temple de Jérusalem). Si les premiers sont avant tout des juifs cherchant à établir une secte faisant de Jésus leur référence, les seconds sont plus éloignés du judaïsme le plus orthodoxe.

Le comportement d’Étienne nous fait comprendre qu’il est forcément, et au mieux, issu du groupe hellénisant. Pourtant ses idées sont plus radicalement anti-juive que la plupart des autres, ce qui révèle l’existence d’une fracture au sein de ce groupe. Cette fracture porte sur le rejet de la Torah, voire de Iahvé comme référence. En cela, ce groupe préfigure le courant pagano-chrétien. D’ailleurs, après la mort d’Étienne, les Actes nous disent qu’une grande persécution eut lieu contre l’église de Jérusalem. Mais c’est faux ! En effet, si tous les membres furent dispersés, les apôtres sont demeurés. Cela montre qu’aux yeux des juifs il y a bien deux catégories de sectateurs de Jésus : ceux qui l’intègrent au judaïsme et ceux qui en font le pilier d’une nouvelle religion.

Simon le mage, caricature de Paul ?

Dès le chapitre 8 les Actes mettent l’accent sur ceux que les judéo-chrétiens considèrent comme des ennemis. Paul, qui sera appelé Saul jusqu’au chapitre13, y est présenté sous un jour sombre, mais en accord avec sa mission d’alors. Par contre, un nouveau personnage fait son apparition. Il s’agit de Simon que l’on dit capable de magie et qui semble causer des troubles chez les samaritains, juifs considérés comme hérétiques par ceux de Jérusalem. Il reçoit le baptême d’eau de Philippe, mais pas le baptême par imposition des mains. Considérant ce baptême comme supérieur, il demande à en recevoir la compétence de transmission contre de l’argent[1].

Plusieurs auteurs et chercheurs ont cru voir dans la juxtaposition des critiques envers Paul et dans l’histoire de Simon, une volonté de dénigrement de Paul, plus ou moins assimilé à ce personnage dont l’existence réelle n’est pas attestée.

Paul de Tarse

Pour Paul nous avons plusieurs documents pour étayer son existence. Les Actes des apôtres posent problèmes, car ils semblent chercher à donner de Paul une image conforme à la volonté judéo-chrétienne d’amoindrir son influence au profit de celle de Pierre. Les Épitres qui lui sont attribuées sont manipulées, modifiées, remaniées, voire carrément inventées. Trier dedans pour tenter de restituer sa pensée est un véritable travail de… romain !

Les apocryphes sont intéressants, mais forcément entachés de doute.

Si Paul n’a pas créé le groupe des juifs qui se sont éloignés de la « parenté » juive, au point de rejeter Iahvé et la Torah, il l’a rejointe à Damas et en est devenu le porte-parole au point que son travail missionnaire est sans aucun doute à l’origine du premier schisme intervenu en 49 entre judéo-chrétiens et pagano-chrétiens, même si ces qualificatifs n’existaient pas encore.

Il est très difficile d’analyser la vie de Paul à cette époque, parce que les témoignages qui nous sont parvenus sont loin d’être uniformes. D’un côté nous avons un récit attribué à Luc, médecin et un temps ami de Paul, mais cela semble être une ruse, car son contenu est loin d’être celui d’un proche. En effet, on n’y trouve aucune mention des lettres que Paul adressa à des communautés qui s’appuyaient sur son apostolat. De même, on remarque des divergences entre les lettres de Paul et le récit attribué à Luc, notamment concernant la reconnaissance du statut d’apôtre de Paul et la date de sa venue à Jérusalem. Enfin, ce texte (Les Actes des apôtres) ne reconnaît le statut romain de Paul qu’à partir du chapitre 13, alors qu’il est citoyen romain de naissance. Sans parler des épisodes destinés à mettre Paul en difficulté vis-à-vis des communautés chrétiennes. De l’autre côté nous avons les lettres de Paul, appelées Épitres par l’Église romaine, dont nous savons très clairement qu’elles ont été manipulées de diverses façons. Certaines ont été constituées à partir de plusieurs écrits différents (Lettre aux Romains par exemple), toutes ont été partiellement falsifiées par l’ajout d’interpolations de scribes judéo-chrétiens destinées à amoindrir le caractère jugé « hérétique » des écrits pauliniens jusqu’à la mise en place de la compilation appelée Nouveau Testament. Deux autres documents nous sont parvenus, sans être validés par l’Église officielle. Ces apocryphes sont une vie de Paul figurant dans les Actes de Pierre et de Simon et un échange de correspondance avec Sénèque, précepteur de Néron. Il en ressort principalement que Paul fut libéré de prison vers 64 en raison d’un vice de procédure — ses accusateurs juifs ne s’étaient pas présentés devant le tribunal de peur d’être mis en accusation —, et qu’il partit pour un quatrième voyage missionnaire qui le mena de Rome en Espagne et ensuite dans la zone orientale de l’Empire. C’est là qu’il fut de nouveau arrêté et ramené à Rome où il fut exécuté vers 68, sans doute sur ordre de l’empereur Néron, soucieux de se disculper dans les accusations populaires relatives à l’incendie de Rome.

On retrouve dans la correspondance de Paul de nombreux éléments doctrinaux et de praxis qui jalonneront les groupes religieux qui suivront et ce jusqu’aux bogomiles et aux cathares. Le lien doctrinal est indiscutable.

Le « christianisme » du deuxième siècle

Les gnostiques

Ce nom, clairement donné par l’Église catholique de Jérusalem, puis de Rome, à ceux qui refusaient de se plier au dogme catholique, regroupe en fait des personnalités et des « écoles » de pensée très diverses, dont certaines ne furent sans doute pas chrétiennes.

Simon, Apollos et Cérinthe

Si Simon le mage dont nous venons de parler a existé, il est clairement le premier des gnostiques et, sans doute pas chrétien. Par contre Apollos de Corinthe[2], qui vivait à Alexandrie avant d’en être ramené et d’être baptisé par imposition des mains à Corinthe, est clairement un chrétien. On connaît de lui sa grande éloquence qui fit de l’ombre à Paul qu’il ne croisa que de façon épisodique. Cependant, installé dans des communautés pauliniennes, il y poussa les théories du maître si loin qu’il semble bien que Paul s’en soit inquiété. Le travail d’Apollos à Corinthe fut si intense que certains chercheurs pensent que le gnostique appelé Cérinthe pourrait bien n’être personne d’autres qu’Apollos et ses théories firent penser à d’autres qu’il pourrait bien être l’auteur de l’Évangile selon Paul, si cher aux cathares. Apollos semble avoir avancé sur l’exclusion de Iahvé comme Dieu des chrétiens et sur le docétisme, c’est-à-dire sur la double nature de Jésus, à la fois Dieu et homme.

Ménandre et Satornil (Saturnin)

Ménandre semble avoir été le premier à proposer que Dieu ne serait pas le créateur du monde, doctrine que son disciple Satornil va faire évoluer jusqu’à proposer que Iahvé serait un ange devenu mauvais. Dieu est par ces théories séparé du démiurge et innocent de ce monde imparfait et mauvais. Ménandre avait proposé que le monde soit la création de sept anges. Cette hypothèse est intéressante quand on se rappelle que le Dieu des juifs est souvent appelé Élohim qui est terme pluriel alors que Iahvé est un singulier.

Cette séparation crée un second schisme, après celui de Paul, et met durablement en place une seconde voie christique, avant même que le mot chrétien ne soit inventé.

Basilide et Carpocrate

Cet autre disciple de Ménandre semble avoir introduit la philosophie platonicienne et aristotélicienne. C’est lui introduit le concept grec de Nous (Intellect, Sagesse) pour désigner le christ. Il partage avec Satornil l’idée du salut par la foi. Il semble bien qu’il ait ouvert la voie à Valentin et au néoplatonisme.

Proche de Satornil pour le rejet de la Torah, Carpocrate n’est pas adepte du docétisme et ne voit en Jésus qu’un homme. Il croit en la puissance de chacun dans sa résistance au Mal. Cela est sans doute à l’origine de l’idée qu’il aurait autorisé ses disciples à se laisser aller à toutes les turpitudes, puisque ces dernières ne concernent que le corps. C’est sans doute une interprétation de leurs opposants.

Valentin

Disciple de Basilide, il se réfère beaucoup à la philosophie grecque et rejette la loi mosaïque. Il n’associe pas le Dieu de la Torah au démiurge et valorise Jacques le mineur, dit frère de Jésus, contrairement aux autres gnostiques. Cette approche peut expliquer à la fois le recentrage de Valentin sur Jésus et son éloignement des racines juives. Ce sont les raisons qui font que certains chercheurs voient en Valentin l’auteur de l’Évangile selon Thomas et que ces disciples ont fini par abandonner le christianisme au profit d’une nouvelle religion qu’ils ont créée, le gnosticisme.

Marcion et le marcionisme

Disciple de Satornil, il appartient clairement à ce courant hétérogène appelé gnostique, mais il va constituer une doctrine chrétienne fidèle aux origines et à la pensée de Paul.

Issu d’une famille christianisée de Sinope (sur la côte sud de la Mer Noire), il semble avoir développé une approche chrétienne jugée hérétique, puisqu’il fut rejeté par la communauté dont son père était l’évêque. Descendu à Rome en 140, il renfloua les caisses de l’Église catholique qui lui permit de travailler quatre ans à l’étude des textes. Mais, ses conclusions rejetant les textes de la Torah, la plupart des autres textes juifs et faisant de Iahvé, non seulement le démiurge créateur du monde, mais aussi Dieu du Mal, firent hurler les responsables judéo-chrétiens locaux. Si l’on ajoute qu’il reprit toutes les lettres de Paul, dénonçant les falsifications, les ajouts et les forgeries et qu’il remania l’Évangile selon Luc pour en faire un évangile de Paul, on comprend aisément qu’il également exclu de l’Église romaine qui préféra lui rembourser ses 200 000 sesterces.

Grâce à sa richesse personnelle liée à son activité d’armateur, il décida de fonder des communautés adeptes de ses théories. Cette nouvelle Église chrétienne prit une telle ampleur qu’elle était considérée au 3e siècle comme la plus importante du monde, avant l’Église de Rome ! Et cette opinion est celle d’un des Pères de l’Église de Rome ! Après sa mort, survenue vers 160, son Église se répandit sur tout le continent, souvent à proximité ou en remplacement des communautés paulinienne. Les marcionites furent si présent qu’au 2e siècle, quad le mot chrétien fut inventé à Antioche de Syrie, c’est à des marcionites qu’il fut appliqué. De même, à Édesse, ce sont les marcionites qu’on appelait chrétiens, alors que les judéo-chrétiens étaient nommés palutiens, du nom de leur évêque Palut.

Quand l’empereur Théodose rendit le christianisme catholique religion d’État et donna à ses cadres le pouvoir de justice religieuse, les choses changèrent. Les marcionites durent entrer dans la clandestinité et furent poursuivi durement, mais à la fin du premier millénaire on trouve encore des récits citant des communautés marcionites clandestines.


[1] C’est de là que vient le terme de simonie qui désigne le fait de monnayer les actes rituels de la religion.

[2] Le nom de la ville accolé au nom de l’apôtre désigne la ville où fut baptisé l’intéressé, selon le rite de l’imposition des mains.

Devenir du site Catharisme d’aujourd’hui

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Devenir du site Catharisme d’aujourd’hui

Comme vous l’avez lu en page d’accueil, ce site cherche à instruire la population et les sympathisants que le catharisme interroge. Cela il le fait depuis 2007 et d’une façon absolument inédite sur le web francophone.
Avec plus d’un millier de documents publiés, ce site s’est très vite retrouvé très largement en avant de tout ce qui est disponible sur le web francophone.
En utilisant une partie du contenu du site pour publier un livre de 352 page qui traite de façon exhaustive le catharisme, dans sa dimension historique, mais aussi dans ses philosophique, doctrinale et pratique, la volonté d’informer a atteint un niveau rarement atteint par d’autres auteurs, exceptés les historiens de la fin du XXe siècle.
Mais le temps de l’information est passé ; ce que nous souhaitons maintenant c’est de voir les personnes ayant bénéficié de cette information intervenir pour montrer ce qu’elles ont compris et, éventuellement ce que cela leur inspire.
Malheureusement, force est de constater qu’il n’y a quasiment aucune communication entre le tout petit groupe qui œuvre dans ce domaine et la quasi-totalité de celles et ceux qui viennent se servir, comme dans un self et qui ne commentent jamais le menu ou la qualité du service.
Avec plus de 1500 personnes visitant le site, on ne peut que s’étonner que près de 70% d’entre elles ne soient pas en mesure de se connecter, faute d’être abonnées ou de bénéficier d’un autre droit d’accès. Or, cela veut dire qu’elles se privent de 95% du contenu du site ! Alors pourquoi venir sur un site que l’on sait ne pas pouvoir consulter faute de s’investir un minimum pour le faire ?
Avec près de 230 personnes inscrites à la lettre mensuelle d’information, on peut s’étonner qu’à peine 35% d’entre elles n’ouvrent pas la lettre une fois reçue dans leur boîte courriel. Pourquoi se donner le mal de s’inscrire ?

Mesures prévues

Face à ce manque total d’intérêt et à cette politique de consommation passive, j’ai décidé de prendre des mesures visant à inciter les personnes peu intéressées à s’abstenir de venir ici.

1 – Désormais je n’accepterai plus les demandes individuelles de contact, que ce soit par courriel, par téléphone ou à l’occasion d’une visite à Carcassonne. Seules les personnes qui auront entretenu des relations régulières dans les forums pourront demander un tel service particulier.
2 – Je vais continuer à réduire les articles accessibles à tous qui permettront d’avoir les informations de base sur le catharisme, mais pas de l’approfondir.
3 – Je vais favoriser la publication d’articles réservés aux abonnés pour leur permettre d’approfondir leur connaissance de cette religion.
4 – J’ai également modifié les paramétrages des forums pour ne les rendre lisibles que des inscrits. Les autres n’en auront qu’une toute petite partie accessible.
5 – J’ai augmenté le prix de l’abonnement au site pour m’assurer que seuls les plus motivés pourront accéder aux documents. Cela va se poursuivre pour sélectionner les personnes vraiment motivées et favoriser les adhérents de l’association.
6 – J’ai supprimé la lettre d’information mensuelle qui ne sert qu’à des gens très peu intéressés par le site.

Ainsi, cet «écrémage» finira par rendre le panel de visiteurs plus clair à interpréter.

Avec toute ma Bienveillance.

Guilhem de Carcassonne.

Chronologie du catharisme

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Chronologie du catharisme

La plupart des chronologies du catharisme ne mettent en avant que la période médiévale. Cela fait l’impasse sur ses origines et sur sa filiation. C’est pourquoi je vous propose cette chronologie qui se pense plus complète.

Première inspiration christique

15 de Tibère Apparition de Jésus, apparence d’homme d’une trentaine d’années, au lac de Tibériade.
Ascension Jésus disparaît mystérieusement
Pentecôte Les apôtres reçoivent le baptême du Saint-Esprit sous forme de langues de feu
Étienne jeune apôtre est lapidé pour blasphème. Une partie de la communauté fuit en Judée, Samarie et même en Syrie. Pierre et Jean sont innocentés par le Sanhedrin. Jacques, frère de Jésus n’est pas convoqué.

Seconde inspiration christique

Paul de Tarse est appelé par Christ et se fait baptiser à Damas par Ananias membre de la communauté en exil.
Schisme d’Antioche Paul s’oppose à Pierre et à Jacques sur le baptême des non-Juifs. Un concile organisé à Jérusalem décide que Pierre, Jacques et Jean seront les apôtres des Juifs chrétiens et Paul des païens chrétiens.
Apollos de Corinthe (venu d’Alexandrie), disciple de Paul est critiqué par ce dernier. Peut-être son « radicalisme » par rapport à Paul pourrait faire d’Apollos l’auteur de l’Évangile selon Jean.

Filiation marcionnite

Satornil (Saturnin) enseigne que Dieu n’a pas créé le monde. Il sera le maître de Marcion et de Valentin.
140 Marcion de Sinope excommunié par la communauté judéo-chrétienne de Sinope s’installe à Rome et entreprend la rédaction de trois documents : les antithèses, l’Évangélion et l’Apostolicon faisant de Paul le premier évangéliste et démontrant l’opposition entre le Dieu des Juifs et celui de Christ.
144 Rejeté par la communauté judéo-chrétienne de Rome Marcion fonde sa propre Église selon la voie de Paul.
Valentin semble vouloir concilier l’approche pagano-chrétienne de Satornil et celle de l’Église de Rome. Il pourrait être l’auteur de l’Évangile selon Thomas. Après sa mort, ses disciples créent une religion mystique : le Gnosticisme.
324 Constantin Ier fait du christianisme romain sa religion personnelle. L’année suivante il organise le premier Concile œcuménique. Carcassonne est déjà entourée de murailles de pierre.
388 Théodose Ier fait du christianisme romain la seule religion de l’Empire et lui donne pouvoir de répression des « hérétiques ».
396 Priscillien d’Avila est décapité avec ses moines pour hérésie.
Ve siècle : Les Marcionites quittent les villes pour échapper à la répression. Ils disparaissent peu à peu d’Occident mais demeurent en Orient (Europe orientale).

Filiation paulicienne

Mi VIIe siècle Un diacre libéré de prison en Syrie convertit un païen à Mananalis et lui remet l’Évangile et l’Apôtre. Ce païen, Constantin, fonde une Église théologiquement proche du marcionisme : le Paulicianisme. Début de l’Islam (Égire).
VIIIe siècle Les Pauliciens, dont les chefs religieux portent des noms de disciples de Paul, luttent contre les chrétiens d’Orient et subissent une lourde défaite à l’issue de laquelle une partie d’entre eux est exilée en Thrace. Exil volontaire possible car accord sur l’iconoclasme. Ils luttent aussi contre les musulmans.
IXe siècle Les Pauliciens luttent contre les Chrétiens d’Orient devenus iconodoules.
En 878, ils sont vaincus et sont dispersés dans l’Empire. Le plus grand nombre est exilé en Thrace et à la frontière bulgare (Philippopoulos-Plovdiv).
Xe siècle Les Pauliciens au contact des païens locaux favorisent l’émergence d’une Église paulicienne bulgare qui serait à l’origine du Bogomilisme. Vers 969, Cosmas le prêtre dénonce la religion du prêtre Bogomile dont la doctrine ressemble beaucoup au paulicianisme. Les dernières traces du marcionisme apparaissent dans les écrits arabes.
Le bogomilisme peut avoir suivi les voies commerciales qui remontent en Allemagne et passent en Champagne et en Flandre.

Catharisme européen

Xe et XIe siècles Des foyers d’hérésie pouvant faire penser au catharisme sont décrits et combattus dans diverses régions du Nord de la France actuelles et se répandent jusqu’à Toulouse. Ils cohabitent avec des opposants au catholicisme qui eux n’ont pas la même doctrine.
1022 12 chanoines brûlés à Orléans, premier bûcher de l’histoire. Leur procès montre des éléments doctrinaux cathares.
1025 Bûchers à Turin, à Toulouse et en Aquitaine.

1095 – 1105 Première croisade. Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse intègre à son armée des troupes de l’empereur Alexis Ier Comnène dont certains éléments sont des Pauliciens. À sa mort, ces troupes ont pu revenir en toulousain. D’autres Pauliciens combattent en Italie du sud.
1135 Bûchers à Liège. Première mention de communautés cathares avec une hiérarchie épiscopale.
1145 Mission de Bernard de Clairvaux en Toulousain et Albigeois. Présence de communautés hérétiques dans les bourgades. Le nom d’albigeois est donné aux hérétiques réfractaires à la prédication de Bernard.
1157 Concile de Reims contre l’hérésie.
1163 Bûcher à Cologne. Eckbert de Schönau crée l’appellation cathare.
1165 Conférence de Lombers, en Albigeois. Présence d’un évêque cathare occitan (Sicerd Cellerier).
1167 Assemblée de Saint Félix en Laurageois. Organisation de quatre évêchés cathares occitans.
1178-1181 Mission cistercienne en Toulousain et Albigeois. Origine du nom albigeois attribué aux cathares.
1184 Décrétale de Vérone. Mesures anti-hérétiques à l’échelle européenne.
1194-1222 Raymond VI de Toulouse. Apogée du catharisme occitan.

Première croisade contre les albigeois

1198-1216 Pontificat d’Innocent III.
1206 Début de la contre-prédication de Dominique. Fondation du monastère de Prouille.
1208 Assassinat du légat Pierre de Castelnau. Appel du pape à la croisade contre les hérétiques.
1209 Début de la première croisade.
Massacre de Béziers, prise de Carcassonne, mort de Raymond Roger Trencavel. Simon de Montfort vicomte de Carcassonne. Bûcher de Casseneuil.
1210 Prise et bûcher de Minerve (140 victimes). Prise de Termes par Simon de Montfort.
1211 Victoire du comte de Foix à Montgey. Prise de Lavaur par Simon de Montfort. 80 chevaliers égorgés, 400 hérétiques brûlés. Bûcher des Cassés (60 brûlés) Bataille de Castelnaudary.
1212 Conquête de l’Agenais et du Quercy par Simon de Montfort.
1213 Hommage de Raymond VI de Toulouse au roi Pierre d’Aragon. Bataille de Muret. Mort du roi d’Aragon. Déroute occitano-aragonaise.
1215 Quatrième concile de Latran : investiture du comté de Toulouse à Simon de Montfort. Fondation de l’ordre des frères prêcheurs ou dominicains. Toulouse.
1216 Début de la reconquête de Raymond VI de Toulouse et de son fils.
1218 Simon de Montfort meurt en assiégeant Toulouse.
1219 Croisade du prince Louis de France, massacre de Marmande.
1220-1221 Reconquête du comté de Toulouse, rétablissement de l’Église cathare.
1221 Mort de Dominique à Bologne.
1222 Mort de Raymond VI, comte de Toulouse.
1222-1249 Raymond VII, comte de Toulouse.
1223 Reconquête de Carcassonne par Raymond Trencavel.
1224 Armaury de Montfort, vaincu, regagne Paris et cède ses droits à la couronne de France.

Seconde croisade contre les albigeois

1226 Croisade royale de Louis VII. Soumission de nombreux vassaux de Raymond VII.
Concile cathare de Pieuse et création de l’évêché de Razes.
Bûcher de Pierre Isarn, évêque de Carcassès, à Caunes Minervois.
Mort de François d’Assise.
1226-1270 Louis IX (Saint Louis) roi de France.
1227-1229 Guerres de Cabaret et de Limoux.
1229 Traité de Paris.
Fin de la croisade contre les albigeois. Capitulation de Raymond VII. Création de l’université de Toulouse, confiée aux frères prêcheurs et codification de la répression anti-hérétique.
Sénéchaussées royales françaises à Carcassonne, à Béziers, à Beaucaire, Nîmes. Les églises sont clandestines.
1232 À la demande de Guilhabert de Castres, Montségur devient «la tête et le siège» de l’Église interdite.

Inquisition pontificale

1233 Fondation par Grégoire IX de l’Inquisition confiée aux ordres mendiants. Deux tribunaux mis en place à Toulouse et Carcassonne.
1234 Soulèvements contre l’Inquisition à Toulouse, Albi et Narbonne.
1239 Le 13 mai : bûcher du Mont Aimé en Champagne (180 brûlés). Destruction de l’Église cathare de France.
1242 Attentat d’Avignonet contre l’Inquisition par les chevaliers de Montségur, signal de l’entrée en guerre de Raymond VII. Le pays se soulève.
1243 Les alliés de Raymond VII sont battus. Traité de Lorris. Début du siège de Montségur.
1244 Le 16 mars : bûcher de Montségur (225 brûlés). Fin des églises cathares organisées en Occitanie. Systématisation de l’Inquisition à partir de ses sièges de Carcassonne, Albi et Toulouse.
1249 80 croyants Cathares brûlés à Agen. Mort de Raymond VII, son gendre Alphonse de Poitiers lui succède.
1255 Chabert de Barbaira rend Queribus, dernière place forte cathare.
1258 Traité de Corbeil qui définit la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon.
1270 Mort de Lois IX, lors de la huitième croisade, devant Tunis.
1271 Mort de Jeanne de Toulouse et d’Alphonse de Poitiers. Rattachement du comité de Toulouse au domaine royal.
1280-1285 Procédures irrégulières de l’Inquisition à Carcassonne et Albi. Complot contre les archives de l’Inquisition à Carcassonne.
1295 Pierre et Guilhem Authié rejoignent l’Église occitane en Italie où ils sont consolés et reviennent en Languedoc au début du 14e siècle.
Soulèvement contre l’Inquisition (rage carcassonnaise) sous l’égide de Bernard Délicieux.
Suspension de l’Inquisition par le roi. Mais après avoir démis Bernard Délicieux, l’Inquistion reprend son activité contre le sursaut de l’Église cathare mené par les frères Authié.

Reprise de l’apostolat en Languedoc

1300-1310 Tentative de la petite église des frères Authié.
1303 Geoffroy d’Ablis nommé inquisiteur à Carcassonne.
1307 Bernard Gui nommé inquisiteur à Toulouse.
1309 Jacques et Guilhem Authié, Arnaud Marty, Prades Tavernier, Amiel de Perles, Philippe d’Alairac et Raymond Fabre, capturés et brûlés.
Guilhem Bélibaste s’enfuit de l’autre côté des Pyrénées.
1310
Pierre Authié est brûlé à Toulouse.
1318-1325 Campagne d’Inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers.
1321 Bûcher de Guilhem Bélibaste à Villerouge-Termenes.
1325 Bûcher d’une croyante cathare à Carcassonne.
1329 Bûcher de 3 croyants cathares à Carcassonne.
1412 Dernières sentences contre les cathares italiens.

1463 Conquête de la Bosnie par les Turcs : fin du catharisme bosniaque.

Résurgence du catharisme ?

28 mars 2016 Annonce d’une maison cathare à Carcassonne et début de noviciat
23 mai 2021 ? Première Consolation de l’ère moderne ?

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