1-Découverte du catharisme

Les carêmes et les jeûnes

1-4-Doctrine & Pratique
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Les carêmes et les jeûnes

Présentation

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les carêmes, mais seul le noviciat permet de les découvrir vraiment, au fur et à mesure de la pratique de vie communautaire. Cependant, je vais essayer de vous les présenter, d’un point de vue pratique d’abord, puis d’un point de vue plus spirituel ensuite.Read more

Le prosélytisme

1-3-Catharisme & monde
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Le prosélytisme

Il n’est pas rare de constater que le terme de prosélytisme est couramment employé par les personnes qui cherchent à s’extraire d’une communication qui leur déplaît. Ainsi, le terme n’est plus une désignation d’une pratique, mais un repoussoir pour empêcher la poursuite d’une discussion.

Pourtant le prosélytisme est une pratique fort bien définie qui concerne toute pratique excessive visant à faire adhérer une personne à une idée, un groupe ou une forme de pensée précise. Cela concerne bien entendu le domaine religieux, mais peut s’étendre à tous les autres domaines de la communication : politique, science, philosophie, etc.

Le prosélytisme est un extrémisme

Le prosélytisme, se fixant comme objet le recrutement d’adeptes, par une pratique assidue qui peut vite tourner au harcèlement, est finalement l’expression de nier la volonté de l’autre en cherchant à lui imposer la nôtre.

Que révèle cette attitude ?

Certes certaines personnes, très fortement convaincues de la justesse de leurs vues ou certains débutants désireux de bien faire, sont tentés par le prosélytisme, car inconsciemment, ils y voient la validation de leur choix et la manifestation de leur engagement personnel. Mais le plus souvent la pratique du prosélytisme révèle les failles de celui qui le pratique. Une opinion parfaitement en accord avec sa démarche n’a pas besoin de forcer la main de quiconque. Par contre, quand certains observent le peu d’attrait qu’exerce leur opinion sur les autres, la volonté d’insister jusqu’au harcèlement parfois, révèle qu’un doute s’est immiscé en eux quant à la validité de leur choix.

Celui qui se lance dans le prosélytisme en vient forcément au dénigrement. En effet, la seule façon de tenter de valider un choix qui ne semble pas motiver les autres, ne peut passer par les qualités propres du choix que l’on veut imposer. Sinon elle se serait faite valoir d’emblée. Elle passe donc par le dénigrement des choix alternatifs, surtout s’ils attirent plus que le sien propre.

Tout cela nous montre que prosélytisme et extrémisme sont étroitement liés. Il n’est donc pas étonnant de voir les adeptes du premier chercher à « punir » les réfractaires à leurs idées de façon violente. Et cela s’observe notamment pour des groupes qui prétendent par ailleurs prôner la non-violence.

Différencier information et prosélytisme

Comme je l’expliquais au début de ce texte, l’emploi de l’accusation de prosélytisme est souvent invoqué à tort et pour des raisons d’inquiétude, de rejet ou d’incapacité à argumenter.

Aussi faut-il bien définir les limites de ce qui différencie l’information et le prosélytisme.

L’intention est le premier élément que je vois pour effectuer cette différenciation. Là où la bienveillance guide la transmission de savoir ou même la simple information, l’intérêt guide le prosélytisme. Qu’il s’agisse d’informer d’une disposition technique (heures d’ouvertures d’un établissement), de mettre en garde face à un danger (attention à la marche !) ou de délivrer une connaissance acquise (enseignement, conférence, colloque, etc.), l’information est la prise en compte de l’intérêt de l’autre par celui qui la pratique. Inversement, le prosélytisme vise à recruter des adeptes, donc à enrichir sa propre « boutique » par une pratique assidue, voire excessive. C’est donc l’intérêt personnel ou l’intérêt du groupe qui est favorisé, alors que celui de la personne que l’on cherche à recruter est présupposé sans avoir pris son avis, voire totalement ignoré de façon volontaire ou pas. En fait celui qui cherche à vous éclairer est lui-même largement aveuglé par son opinion qu’il refuse de remettre en cause.

Les armes du prosélytisme

Commençons par bien comprendre que le seul outil qui manque au prosélytisme est la force de conviction. En effet, quand une idée porte en elle les éléments suffisants pour convaincre l’auditoire, point n’est besoin de recourir au prosélytisme. Même si celui qui reçoit l’information ne suit pas les indications qu’elle lui apporte, il est convaincu de la justesse de l’argumentation. Par exemple, personne ne niera que tous les gagnants du Loto® sont des personnes ayant joué, même si la personne qui reconnaîtra la validité de l’affirmation n’ira pas forcément jouer une grille.

En fait, le prosélytisme n’existe que parce que celui qui cherche à convaincre sait que ses thèses sont défaillantes et ne seront pas reçues spontanément. Bien souvent, il est convaincu que le problème ne vient ni de lui ni de sa thèse, mais qu’il est le fait des interlocuteurs qui sont mal intentionnés, insuffisamment adaptés à l’enseignement donné, voire manipulés par les « ennemis » du groupe qui cherche à faire des prosélytes.

Donc il faut convaincre de façon active et surtout de force, puisque spontanément cela n’est pas possible. Le premier outil est bien entendu le harcèlement. Quand un message n’est pas accepté, au lieu d’en prendre son parti, l’intervenant va revenir à la charge aussi souvent qu’il estimera nécessaire de le faire pour emporter la conviction naturelle ou forcée de la victime choisie. La répétition du message peut, dans le meilleur des cas, s’accompagner d’un affinement de son contenu. Notamment, l’intervenant mettra en avant les avantages de sa façon de penser et ceux que le futur prosélyte en retirera. On n’est plus dans une démarche collective, mais dans la flatterie d’un certain égoïsme. Ensuite, si le harcèlement et la répétition du message ne suffisent pas, vient le temps du dénigrement. Dénigrement de l’opinion de l’autre ou des voies alternatives existantes et préférées. Le prosélytisme est donc systématiquement violent, même si son auteur n’en a pas forcément conscience.

La bienveillance de la connaissance

Quand l’objectif est de transmettre une connaissance sans chercher à faire des prosélytes la démarche est toute autre. D’abord nul besoin d’arme pour agresser l’autre. Le porteur de connaissance est bienveillant par nature. Détenteur d’une information qui lui semble mériter le partage, il la transmet à qui veut bien l’entendre et, une fois sa mission remplie, il retourne à ses affaires. Si l’information n’est pas acceptée, il en reste là chacun étant bien libre de ses choix. Si elle est reçue, mais qu’on lui demande de mieux la préciser, il va se mettre au service de ses interlocuteurs. Et c’est le pendant indispensable de la transmission bienveillante d’une connaissance que d’être un informateur compétent. Donc, non seulement l’informateur doit être bienveillant, mais il doit aussi s’imposer l’effort de bien connaître le sujet et de l’avoir suffisamment étudié pour en tirer des arguments de qualité, susceptibles d’apporter une information complète et la plus correcte au vu des connaissances du moment.

Le christianisme aux deux visages

Qui n’a jamais reçu la visite de prédicateurs chrétiens insistants ? De prime abord, la plupart sont simplement bienveillants et veulent transmettre leur foi. Face à un manque d’intérêt ou à un refus, ils cessent immédiatement et vont voir ailleurs. Leur seul défaut est de manquer d’éléments efficaces d’information et de se retrouver facilement en défaut face à un interlocuteur avisé qui cherche à leur faire approfondir les points douteux de leur argumentation. D’autres par contre sont insistants et virent facilement à la violence verbale. Heureusement, la recours à la violence physique est plus rare. Mais il y en a qui sont en outre mis sur le devant de la scène par des médias qui font leurs choux gras des violences alors que les expressions sereines les ennuient en accord avec le dicton : « On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure ».

Pourtant le christianisme devrait être un parangon de bienveillance. L’évangéliste prête à Matthieu cette remarque : « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. » (Matt. 10, 14). Les choses sont claires, si le message ne porte pas, il faut non seulement ne pas insister, mais également ne rien prendre avec soi de celui qui ne veut pas recevoir pour ne pas être en dette avec lui. Donc, le prosélytisme se doit d’être totalement absent de toute démarche chrétienne.

Que penser alors des conversions forcées lors des colonisations, des croisades, de l’Inquisition ? N’y a-t-il pas là une démarche violente et visant au prosélytisme ?

Le christianisme, quelle que soit sa tendance religieuse, a presque toujours montré un visage bienveillant et un visage violent. Même la Réforme protestante s’est abandonnée à la violence, ainsi que l’a montré Calvin.

Donc, si l’on tient compte du fondement de la doctrine chrétienne qui est le seul commandement que nous a donné Christ, soit par l’intermédiaire de sa forme visible « Jésus », soit directement comme l’a reçue Paul : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. », il semble indiscutable que le christianisme ne peut en aucune façon pratiquer le prosélytisme. Quiconque méconnaît cette évidence n’est pas chrétien.

Le catharisme convainc et n’impose pas

Religion chrétienne s’il en est, le catharisme applique — comme toujours — la doctrine authentique du christianisme.

Mais le catharisme est une religion qui fait un usage important de la connaissance et de sa transmission. C’est pourquoi on voyait les apôtres cathares sillonner le pays, allant de village en village, de maison de croyant en château de seigneur, partout où ils étaient appelés à se rendre pour venir faire leurs prêches. Il était courant qu’à l’issue de ces prêches des sympathisants viennent demander des explications ou, quand ils s’y sentaient prêts demandent à faire leur Amélioration, entrant ainsi dans la communauté des croyants. Mais comme je l’ai expliqué au début, l’adhésion librement consentie suite à un apport de connaissance n’est pas du prosélytisme.

Il est donc normal que le catharisme d’aujourd’hui se base sur les mêmes principes. Informer, expliquer, démontrer quand cela est possible, écouter, apporter des arguments et des sources, voilà la véritable technique du catharisme. Mais si l’interlocuteur n’est pas intéressé ou n’est pas convaincu, le prédicateur cathare le laisse mener sa vie. Cela est d’autant plus évident chez les cathares, puisque pour eux le temps n’a aucune valeur. La mort du corps ne signe pas la fin de délai de grâce. Celui qui n’aura pas accès au salut sera transmigré dans un corps naissant et pourra retenter sa chance, si j’ose dire. Le résultat ne dépend pas du hasard comme au Loto® ; il faut participer pour espérer gagner.

Éric Delmas, 1er juillet 2020.

L’Église cathare de France

1-Découverte du catharisme
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L’Église cathare de France

Nous savons qu’au Moyen Âge (1167) s’est tenue une assemblée à Saint-Félix Caraman (aujourd’hui de Lauraguais) qui réunissait les représentants du catharisme de France et d’Occitanie. Parmi eux, voici ceux dont nous avons conservé les noms : Sicard Cellerier, « évêque d’Albi » – Marc, de Lombardie (qui appartenait alors à l’Occitanie) – Bernard Raimond, de Toulouse – Guiraud Mercier, de Carcassonne – Raimond de Casalis, d’Agen et Robert d’Épernon, « évêque des Français », sans que soit précisé si ce dernier était attaché à une région particulière ou s’il portait ce titre faute d’avoir pu s’implanter de façon précise dans un royaume où les « cathares » connaissaient invariablement un sort funeste.Read more

La Consolation – La convention – L’endura

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La Consolation

Les cathares ne connaissaient qu’un seul sacrement, car dans leur rigueur à vouloir ne pas dévoyer l’enseignement du Christ, ils ne reconnaissaient comme valable que ce que son apparence physique, nommée Jésus, avait fait lors de son ministère. Or, comme cela est précisé dans l’Évangile selon Jean, après la résurrection, le Christ — dans sa forme strictement spirituelle —, administre le souffle divin aux disciples réunis après l’annonce de sa résurrection que vient de leur faire Marie Madeleine.Read more

Pratiques rituelles

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Pratiques rituelles communautaires

La communauté évangélique (maison cathare) est rythmée dans sa vie quotidienne par des pratiques rituelles régulières.
Cela ne concerne donc que les chrétiens consolés et les novices en formation.
Ces pratiques sont de deux sortes, celles qui s’effectuent à des moments précis (Heures, Jours et Carêmes) et celles qui n’ont pas de bornage horaire précis (Amélioration, Baiser de paix et Bénédiction du pain). Le service mensuel, la Consolation et la convention sont particuliers et seront traités séparément.

Jours

Ce sont les périodes régulières de jeûne strict (pain et liquides clairs).

Tout au long de l’année, sont jeûnés de façon stricte les lundis, les mercredis et les vendredis.

Pendant les carêmes, sont jeûnés de façon stricte tous les jours de la première (du lundi au dimanche inclus) et de la dernière semaine (du lundi au vendredi inclus).

Heures

Par rotation de trois mois les horaires des rituels quotidiens sont adaptés à la course du soleil, basée sur le méridien de Paris pour le moment. Vous trouverez ci-dessous les horaires de chaque rituel :

Équinoxe de printemps :
février – mars – avril
  Solstice d’été :
mai – juin – juillet
  Équinoxe de printemps :
août – septembre – octobre
  Solstice d’hiver :
novembre – décembre – janvier
Matines (double) : de 6h00 à 6h20
Laudes (double) : de 7h00 à 7h20
Prime (simple) : de 7h40 à 7h50
Tierce (simple) : de 10h00 à 10h10
Sexte (simple) : de 13h00 à 13h10
None (simple) : de 16h00 à 16h10
Vêpres (double) : de 19h00 à 19h20
Complies (double)  : de 21h30 à 21h50
  Matines (double) : de 5h30 à 5h50
Laudes (double) : de 6h30 à 6h50
Prime (simple) : de 7h10 à 7h20
Tierce (simple) : de 9h30 à 9h40
Sexte (simple) : de 12h30 à 12h40
None (simple) : de 15h30 à 15h40
Vêpres (double) : de 18h30 à 18h50
Complies (double)  : de 21h00 à 21h20
  Matines (double) : de 6h00 à 6h20
Laudes (double) : de 7h00 à 7h20
Prime (simple) : de 7h40 à 7h50
Tierce (simple) : de 10h00 à 10h10
Sexte (simple) : de 13h00 à 13h10
None (simple) : de 16h00 à 16h10
Vêpres (double) : de 19h00 à 19h20
Complies (double)  : de 21h30 à 21h50
  Matines (double) : de 6h30 à 6h50
Laudes (double) : de 7h30 à 7h50
Prime (simple) : de 8h10 à 8h20
Tierce (simple) : de 10h30 à 10h40
Sexte (simple) : de 13h30 à 13h40
None (simple) : de 16h30 à 16h40
Vêpres (double) : de 19h30 à 19h50
Complies (double)  : de 22h00 à 22h20

Pensez à ajouter un temps de médiation et d’étude après chaque rituel d’un temps identique à celui du rituel.
Vous pouvez donc contacter les membres d’une maison cathare après la prime, la tierce, la sexte et la none en respectant le temps de rituel et de méditation (prévoir un battement de dix à trente minutes).

Carêmes

Les dates des carêmes sont calculées comme suit :

Carême de la désolation : 40 jours dont le dernier est le vendredi avant Pâques.
Carême de la Consolation : 40 jours à partir du lundi de Pentecôte inclus.
Carême de la régénération : 40 jours dont le dernier est le vendredi du ou avant le solstice d’hiver.
Évitez de solliciter les pratiquants pendant les premières et dernières semaines où le jeûne strict est particulièrement fatigant.

Baiser de paix ou Paix (Caretas)

Ce rituel est le seul qui peut se pratiquer entre croyants en l’absence d’un chrétien consolé.

C’est le mode de salutation qui se pratique systématiquement après un autre rituel ou, éventuellement entre croyants, en dehors d’un rituel.
Il ne peut se pratiquer qu’entre personnes de même sexe. Dans le cas contraire il est simplement mimé à distance (pour les accolades).
Il ne se pratique qu’en intimité entre croyants et consolés. Si des personnes extérieures sont présentes, un simple signe de tête le remplace.

Les participant se donnent trois accolades successives en alternant à chaque fois l’épaule du coreligionnaire. Il n’y a pas d’ordre de début (gauche ou droite).
Après la troisième accolade, les participants échangent un baiser à bouche fermée, en travers de la bouche du coreligionnaire.

Si des chrétiens consolés participent, le plus ancien dans le niveau le plus avancé (consolé, ancien, diacre, fils mineur et majeur, évêque) transmettra le rituel au groupe de sexe opposé en baisant un côté de la couverture du Nouveau Testament et en faisant baiser l’autre côté par la personne la plus ancienne (chrétien ou croyant) de l’autre sexe qui ensuite pratiquera des Baisers de paix classiques avec son groupe.

Cette pratique se fait toujours dans l’ordre d’ancienneté.

Amélioration (Melhorier)

Cette pratique constitue le rituel de base entre croyants et chrétiens consolés.
Il s’agit, dans l’ordre croissant d’ancienneté, de demander à un chrétien consolé, son entremise et son soutien dans le cheminement chrétien afin de pouvoir arriver au salut.

Elle consiste en une révérence pratiquée debout, suivie d’un agenouillement, d’une bénédiction et de trois prosternations entrecoupées de trois phrases rituelles :

Les deux premières fois, le demandeur dit :
Bon chrétien (ou bonne dame), la bénédiction de Dieu et la vôtre
Le chrétien officiant répond :
La bénédiction de Dieu et la nôtre

La dernière fois, le demandeur dit :
Priez pour nous pêcheurs, afin qu’il fasse de moi un(e) bon(ne)-chrétien(ne) et qu’il me conduise à bonne fin.
Le chrétien officiant répond :
Que Dieu vous bénisse. Dieu veuille faire de vous un(e) bon(ne)-chrétien(ne), et vous conduire à une bonne fin.

Bénédiction du pain

Lors d’agapes, repas pris en commun entre chrétiens consolés et croyants uniquement, le plus ancien des consolés pratique la bénédiction du pain en mémoire de la cène.

Il prend le pain (entier ou déjà coupé pour éviter de faire trop de miettes) qu’il enveloppe dans un linge blanc, tenu en losange (pointe en haut et en bas) sur son épaule. Il prononce un Pater à vois normale et une formule de bénédiction personnelle (à voix étouffée). Ensuite, il distribue un morceau de ce pain à chaque convive, dans l’ordre d’ancienneté dans le cheminement, et veille à ce qu’aucun morceau ou miette ne se perde. Chacun mange alors son morceau de pain, sans en perdre une miette. Rien ne doit rester à la fin du repas.

Voilà une présentation succincte qui pourra faire l’objet de publications plus détaillées dans les pages grand public et, bien entendu, dans les pages réservées aux abonnés.

Éric Delmas, 2 juin 2020.

Chaîne Youtube® : catharisme

1-0 - Comprendre le catharisme
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La chaîne Youtube® du catharisme

Comme chacun peut le vérifier, le catharisme fait l’objet de nombreuses vidéos sur Youtube®. Malheureusement, comme pour tous les médias, le pire et le moins mauvais s’y côtoient.
Afin d’offrir une autre approche du catharisme, j’ai créé une chaîne Youtube® sur laquelle seront publiées de petites vidéos de présentation et d’approfondissement du catharisme.

Nous essaierons de tenir un rythme d’une vidéo par quinzaine, afin que l’ensemble puisse être disponible d’ici un an.
Vous trouverez ci-dessous un sommaire des vidéos publiées avec un lien vers chacune d’elles.

Pour vous faire patienter, voici une vidéo réalisée par un journaliste qui parcourait le chemin de Compostelle en VTT.

Sommaire

Le catharisme – Présentation (24/04/2020)

Histoire du catharisme

(accès ouvert à tous)

Philosophie – Cosmogonie

Le slovo de Cosmas : (08-05-2020) – article complet

De Jésus à Paul :  (24-05-2020) – article complet

Paul, le marcheur du christianisme : (07-06-2020) – article complet

Doctrine cathare

(accès réservé aux abonnés)

Pratique cathare

Paul, le salut par la foi (1e partie) : (21-06-2020) – article complet

Paul, le salut par la foi (2e partie) : à paraître (05-07-2020 ?) – article complet

Le catharisme – chemin de Compostelle en VTT

Éric Delmas, 24 avril 2020.

À l’épreuve des faits

1-3-Catharisme & monde
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À l’épreuve des faits

Le recul des compétences naturelles

Il est encore beaucoup trop tôt pour se lancer dans de grandes analyses, mais il me semble intéressant de proposer quelques pistes de réflexion à tout un chacun.

Les événements actuels nous ramènent à des considérations sur la nature humaine et sur les concepts souvent abscons de la philosophie et de la religion que nous avons oubliées depuis longtemps… trop longtemps.

L’être humain moderne est fragile, très fragile, mais il n’en a pas conscience. Aux débuts de l’humanité, c’est en prenant conscience de sa fragilité que l’être humain a fait des choix qui lui ont permis de survivre dans un environnement hostile en faisant usage de capacités pourtant peu adaptées aux difficultés rencontrées.

Se couvrir d’une peau de bête pour compenser une toison trop fragile, se regrouper en nombre suffisant pour optimiser la recherche de nourriture et améliorer la défense contre les prédateurs, fabriquer des objets manufacturés pour compenser l’absence de griffes et de crocs suffisamment puissants, se tenir debout pour voir l’environnement faute de disposer d’une ouie et d’un odorat efficaces, sont des moyens qui nous ont permis de survivre et de dépasser les autres espèces. Mais, en même temps cela a permis à un animal peu adapté de prospérer quand la règle naturelle est la survie du plus fort, du plus adapté et du plus à même de supporter des changements brutaux.

Plus nous avons amélioré notre environnement, pour le rendre conforme aux besoins de notre fragilité, plus nous avons conforté un statut anti-naturel. En outre, nous avons également modifié l’environnement qui s’est fragilisé et nous avons aboli les frontières naturelles qui permettaient de développer la diversité des espèces animales et végétales garantie d’évolution. En effet, si les continents étaient restés soudés comme au temps de la Pangée, les modèles auraient été bien moins nombreux et seules deux ou trois espèces de prédateurs auraient subsisté, de même de la flore aurait vu sa diversité fortement diminuer et aurait entraîné une raréfaction des espèces herbivores. Or, cette diversité nous l’avons supprimée par la mondialisation des transports et des échanges. C’est pour cela que des espèces endémiques se sont étendues à tous les continents et on supplanté des espèces locales moins bien préparées à leur résister. Il en résulte une diversification des maladies qui s’étendent et qui peuvent tester leur capacité à toucher plus ou moins d’êtres vivants sur l’ensemble de la planète et dans la diversité des climats.

L’extension, la mondialisation biologique, le recours systématique à la technologie pour résoudre les problèmes, nous ont conduits à une impasse. Mais ce n’est pas obligatoirement le plus grave.

L’individualisme, prélude à l’extinction

Quand l’homme se savait faible face au monde, il a eu l’excellente idée de se regrouper en systèmes plus complexes. Certes, comme nous l’a très bien montré René Girard, cela a provoqué des problèmes, mais cela a permis l’évolution de notre espèce qui aurait sans aucun doute disparu sans ce choix essentiel.

Le regroupement permet d’améliorer la protection de chacun par la démonstration de force, comme ces poissons qui dans les océans nagent en bancs serrés pour dissuader les prédateurs. Il permet aussi d’améliorer la recherche de ressources alimentaires. Avant ces regroupements les hommes étaient des cueilleurs de baies et de racines et, quand la chance était avec eux, ils pouvaient trouver un animal mort pour améliorer leur ordinaire. Avec le regroupement, le piégeage d’animaux plus gros est devenu possible et, une fois l’animal pris au piège, on le tuait à coup de pierre. Le regroupement facilité le partage d’idées et d’expériences qui débouche sur des choix comportementaux et sur des inventions qui améliorent grandement la vie.

L’individualisme n’a pas sa place dans la nature. On le voit chez de nombreuses espèces, l’animal malade ou trop vieux est exclu du groupe, ou s’exclut de lui-même, pour vivre une existence aussi solitaire que courte. Même les animaux apparemment solitaires pour des raisons de territoires nécessaires à la recherche de proies, se regroupent régulièrement.

Mais l’homme a inventé l’individualisme à partir du moment où il s’est rendu compte qu’il pourrait toujours trouver ce qu’il ne pouvait pas produire et se l’accaparer grâce aux échanges commerciaux. En fait l’individualisme est l’enfant de la civilisation.

Comme dans une pyramide des âges, l’élévation dans la chaîne alimentaire, que procure l’intelligence supérieure de l’homme, lui a également créé un handicap majeur et mortel. En effet, plus il s’élève et plus il s’isole. Or, plus on s’isole et plus on perd l’avantage de l’expérience et des inventions des autres. Les dinosaures dominaient la planète, mais ne vivaient qu’à sa surface quand de nombreuses espèces alternaient la vie en surface et en sous-sol. Quand est survenu l’accident que l’on sait, la vie en surface est devenue impossible pendant une longue période. Du coup les petits animaux qui ont su se mettre à l’abri ont survécu et les dinosaures qui en étaient incapables ont disparu.

L’homme, dinosaure moderne, est dans la même situation. Incapable subvenir individuellement à tous ses besoins, il ne peut survivre qu’à condition qu’un groupe structuré lui apporte ce qui lui est nécessaire en échange de ses propres apports. Mais l’argent est venu modifier sensiblement cette équation plutôt vertueuse. Initialement destiné à simplifier le troc de produits et services utiles contre d’autres tout aussi essentiel, il est devenu petit à petit un produit en soi. Or, l’argent ne se mange pas, on ne peut s’en vêtir, il ne permet aucune défense ni n’aide à se protéger de l’environnement. L’argent n’est utile qu’autant que l’on trouve quelqu’un qui souhaite se l’approprier en se délestant des éléments essentiels dont nous avons besoin.

L’immense majorité des hommes est ainsi devenue incapable de s’auto-suffire et ne compte que sur la bonne volonté de nombreux autres pour y parvenir. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de la dépendance. On le voit, dès qu’un élément jugé essentiel vient à manquer, ceux qui en disposent ne le mettent pas au profit de ceux qui en manquent : ils se contentent de les exploiter en en rendant l’accès beaucoup plus cher ! L’individualiste ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez.

Celui qui se procure de façon illégitime des masques isolants, pour essayer de les revendre à prix d’or, pense à son profit immédiat, mais il ne se demande pas ce qui pourrait lui arriver si son comportement abouti à une extension de la maladie dont il finira par être lui-même victime !

Quand vous mettez des rats dans un environnement riche en nourriture, ils se reproduisent rapidement pour s’étendre, mais si vous restreignez brutalement la nourriture, ils tuent les plus faibles pour adapter leur population aux ressources. C’est brutal, mais terriblement efficace. Pas étonnant qu’ils aient survécu à tant de catastrophes qui nous ont décimées.

La vision de l’avenir

L’individualisme empêche de se projeter dans l’avenir pour anticiper les catastrophes annoncées. Comme l’instinct de survie fait perdre toute cohérence aux comportements et conduit parfois à un résultat pire que le danger initial, comme les moutons qui se jettent d’une falaise pour échapper à un prédateur, l’individualisme pousse ses adeptes à nier les risques à venir au profit d’un avantage mineur immédiat.

Pourtant à quoi sert-il de gagner facilement de l’argent tout de suite si je dois mourir bientôt d’une maladie que mon comportement aura permis de se diffuser plus largement, y compris jusqu’à moi ?

La vision de l’avenir n’est pas de voir loin, mais de voir globalement. En haut de la pyramide on voit loin, mais on ne voit pas la globalité de ce que l’on domine. Du coup, les messages d’alerte nous échappent et la vision lointaine ne sera jamais réalisée car nous serons tombés avant de l’atteindre.

La vision de l’avenir développe la réflexion, la cohérence et la logique. Ces trois qualités sont essentielles à la survie. Elles évitent la panique face à un événement immédiat, mais permettent de l’analyser et d’y trouver une solution qui n’entraîne pas des conséquences encore plus néfastes. Elles permettent de comprendre en quoi un comportement actuel peut donner lieu à une catastrophe non encore réalisée. Elles donnent des orientations visant à améliorer durablement l’évolution de l’espèce.

Or l’humanité a toujours fait exactement le contraire. Nous sommes comme les habitants de l’île de Pâques, plus préoccupés de manifester leur supériorité sur les autres tribus plutôt que de préserver l’écosystème qui assurait leur survie. On connaît le résultat. Sauf que nous avons globalisé ce comportement à l’échelle de la planète. Or, nous n’avons pas de base de repli en cas de catastrophe.

La vision de l’avenir est de savoir rester humble face à un environnement qui nous dépasse de loin. Mais l’homme, conscient à l’extrême de son extraordinaire évolution, ne supporte pas l’idée qu’il ne soit pas le dieu de la terre. Donc, ignorant ce qui le dépasse, il prétend au contraire le contrôler. Mais on ne contrôle pas ce que l’on ne maîtrise pas. Du coup, l’homme méprise ce qu’il ne maîtrise pas jusqu’à ce qu’il réussisse à le contrôler et là, au lieu d’admirer sa découverte, il casse son jouet trop fier d’avoir su être le plus fort.

Mais la nature est patiente ! Elle sait faire le dos rond, comme le roseau de la fable, et attendre des jours meilleurs. Comme le prisonnier qui scrute ses gardiens jour après jour, la nature attend patiemment de découvrir nos failles et elle les exploite pour se protéger de nos agissements à son encontre. Il est quand même amusant que personne ne se soit interrogé sérieusement sur quelques phénomènes inquiétant. Par exemple, plus le niveau de vie s’élève et augmente la durée de vie, plus la fertilité diminue. Au lieu de chercher des alternatives à la procréation naturelle, ne pourrions-nous pas nous interroger sur ce phénomène ? Plus nous créons des outils pour nous faciliter la vie, plus leur fonctionnement dégrade notre environnement et nous promet une vie future plus difficile. Ne pourrions-nous pas, au lieu d’empiler les technologies pour que chaque niveau tente de compenser les défauts du précédent, essayer de trouver un juste équilibre entre avantage et inconvénients ?

Changer ou disparaître

Notre avenir va se jouer à l’épreuve des faits.

Si nous ne revenons pas à nos fondamentaux d’une vie plus harmonieuse avec son environnement, d’une solidarité active basée sur le bien-être général au lieu de l’accumulation de produits incapables de nous aider directement, nous allons à l’extinction rapide de notre espèce. Cela ne fait qu’un petit million d’années que notre espèce (Homo) est sur terre et nous entrevoyons déjà notre fin.

Aujourd’hui un virus relativement peu destructeur nous met en panique, faute d’avoir la capacité à réagir intelligemment collectivement. Demain, imaginez-en un autre, avec la mortalité d’Ébola (+ de 50%). Non seulement sa croissance exponentielle exposerait à une mort rapide plus de la moitié de la population, mais la désorganisation liée à l’individualisme conduirait la plupart des autres à la mort par incapacité à s’adapter au phénomène. Et, le nombre restant sera trop faible pour survivre longtemps. Au total, un seul petit virus pourrait nous effacer de cette planète à cause de notre attitude et non pas en raison de sa virulence réelle.

On le voit aujourd’hui. Pour des raisons strictement économiques — c’est-à-dire dans le simple but d’économiser ou de gagner de l’argent — les pays se sont réorganisés en se spécialisant. Les uns consomment, les autres produisent. Mais il suffit de les producteurs se voient obligés de stopper leur production et les consommateurs sont impactés à leur tour. Imaginez que chaque pays produise et consomme ce dont il a besoin. Les échanges seraient beaucoup plus faibles et ne toucheraient que des produits très spécifiques non essentiels. Du coup quand un pays se trouve impacté par un problème sanitaire ou physique, les autres conservent leurs capacités intrinsèques et peuvent manifester leur solidarité au pays concerné. La perte d’un maillon de ce type de chaîne n’entraîne pas la rupture de toute la chaîne. Certes cela aurait comme conséquence de mettre au chômage les spéculateurs et les intermédiaires qui gèrent des produits fabriqués par les uns et consommés par les autres sans jamais avoir eu à faire quoi que ce soit d’autre que de prélever leur bénéfice au passage. Mais pour produire localement, il faut plus de bras dans les champs et dans les entreprises. Ils pourraient facilement trouver du travail dont la finalité leur apparaîtrait enfin.

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour changer ou disparaître.

Éric Delmas – 20/03/2020

Le Pater d’aujourd’hui

1-4-Doctrine & Pratique
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Le Pater d’aujourd’hui

Le document que je vous présente ci-dessous est la version du Pater pratiquée à la maison cathare de Carcassonne.
Il repose sur un travail d’étude des Pater existant dans la littérature et sur la glose du Pater que j’ai réalisée personnellement.

Présentation

Le Pater est clairement présenté, dans tous les textes qui le citent, comme la prière des chrétiens par excellence. Les Bons-Chrétiens cathares utilisaient la version longue, celle de Matthieu, car elle correspondait à la vision sociale et spirituelle de leur époque.
Cette prière était réservée aux novices ayant été admis à la tradition de la sainte Oraison dominicale, qui pouvaient donc quitter l’état de simple observateurs qu’ils respectaient depuis le début de leur noviciat, pour devenir des pratiquants actifs de ce rituel des Heures communautaires. Bien entendu, le Bon-Chrétien, c’est-à-dire le chrétien consolé, l’utilisait quotidiennement, non seulement lors des Heures, mais aussi à divers autres moments de la journée et lors de plusieurs autres rituels.

Les croyants et les novices n’ayant pas atteint le stade indiqué ci-dessus, devaient se contenter de la prière du croyant, connu sous le nom de Père saint.
Bien entendu cette interdiction ne valait que pour la pratique rituelle du Pater ; croyants et novices peuvent très bien lire et étudier le Pater, dans le but de le connaître et d’en apprécier la profondeur.

Pater

 Père tout puissant, principe des esprits saints.

Ta volonté agit sur tout le Bien.

Ton Saint-Esprit nous guide comme il te plaît

Pour que ta grâce puisse nous être accordée.

Donne-nous chaque jour, la nourriture

Que ta Parole et ton Amour procurent.

Remets-nous nos fautes et nos manquements,

Comme pour nos frères, nous en faisons autant.

Et soutiens-nous dans les difficultés,

Afin de nous délivrer du Mauvais !

Amen.

Explication

Le but de ce texte est de présenter une version adaptée à notre époque et mettant plus en valeur la pensée cathare.
Ainsi, chaque mot étudié dans la glose, est utile et apporte une information sur le catharisme et l’ensemble du texte est un résumé complet de la doctrine cathare.

Il n’y a pas de mot inutile et il n’y a aucun mot manquant.
Par contre, tout ce qui pouvait relever de l’organisation sociale du premier siècle et du Moyen Âge a été remplacé par des termes adaptés à notre époque.
De même, ce qui relevait de l’anthropomorphisme, nécessaire pour une population largement analphabète et empreinte de mysticisme, a été remplacé par des termes appropriés.
Seule exception, le terme Père est conservé dans son sens principiel et non familial.

Éric Delmas, 19 février 2020.

Une « collégiale » cathare ?

1-1-Actualité du catharisme
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Une « collégiale » cathare ?

Le monde dans lequel nous vivons nous contraint d’une façon que la plupart d’entre nous ne perçoivent pas. Comme dans le film Matrix®, nous ne sentons pas forcément le poids de nos chaînes parce que nous les portons depuis si longtemps que nous les croyons être une partie de nous. Aussi, passer de l’autre côté du miroir est très difficile et y rester est presque impossible.Read more

Le croyant cathare moderne

1-0 - Comprendre le catharisme
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Le croyant cathare moderne

Le rapport à la religion aujourd’hui

De nos jours, il semble que l’amalgame soit devenu la norme. Comme dans la fameuse auberge espagnole, chacun entre avec ce qu’il transporte avec lui et s’installe sans tenir compte de la nature du lieu.

C’est un peu comme si vous alliez dans un restaurant chinois en demandant un pot au feu et que vous vous sentiez outré de vous entendre répondre que ce n’est pas un plat chinois. Après tout, si vous décidez que pour vous c’est un plat chinois qui peut s’autoriser à vous contredire ?
De même, vous entrez dans ce même restaurant et exigez que l’on modifie l’ordonnancement de la salle afin qu’elle corresponde à votre goût. Un refus vécu comme une insulte poserait problème.
Bien entendu, pour justifier vos exigences, vous veilleriez à n’avoir que le moins possible de connaissances sur la culture chinoise ou, si vous en avez, vous préférez faire l’impasse afin de justifier vos exigences.

Pour en revenir à la religion, je voudrais mettre en avant un phénomène très répandu, notamment dans le catholicisme. Cette religion dispose de fondements doctrinaux, voire de dogmes, très clairs. S’en réclamer impose logiquement de les accepter. Or, nous voyons quotidiennement des personnes se disant catholiques, mais rejetant ces fondements doctrinaux. Ainsi, le dogme de l’esprit infusé à la conception a logiquement mené les autorités catholiques à s’opposer à toute interruption volontaire de grossesse, pour quelque motif que ce soit. De même le dogme de l’ordre divin de croissance et de multiplication s’oppose à toute tentative de contrôle des naissances. Pourtant nombreux sont ceux qui se considèrent comme catholiques, qui s’opposent à ces dogmes sans s’interroger une seule seconde sur leur appartenance à cette Église.

Il en va de même pour le catharisme. Le rejet des éléments doctrinaux cathares impose logiquement que leur non-respect exclut de fait de cette religion ceux qui s’en rendent coupables.

Le croyant cathare aujourd’hui

Les études de ces dernières années ont permis d’approfondir la connaissance de la religion cathare, notamment dans le domaine doctrinal qui avait été peu étudié par les chercheurs et historiens conventionnels. C’est d’ailleurs sur la base de ces lacunes qu’ont fleuri nombres d’interprétations absolument pas fondées et dépourvues de toute source de référence.

Le croyant cathare, s’il veut s’appeler ainsi, doit s’appuyer sur les fondamentaux doctrinaux cathares, à commencer par ceux qui découlent du message christique.

Le premier point à prendre en compte est celui de la nature de notre incarnation. Nous sommes dans la création du démiurge, serviteur du principe du Mal, appelé généralement le diable. Notre part profonde est cependant d’une autre origine : le domaine du principe du Bien qui, s’il ne peut s’opposer au Mal en raison de sa nature parfaite dans le Bien, conserve néanmoins son omnipotence sur tout ce qui relève de son domaine, c’est-à-dire ce moi profond que nous appelons les esprits saints.
Ensuite, Christ qui nous a révélé cette situation, nous a enjoint de tout mettre en œuvre pour en sortir dès lors que nous comprenons son message. Cela implique de recevoir le message par le biais de la connaissance, d’en comprendre le sens profond par sa maîtrise gnostique et de le faire sien par l’éveil. Dès lors, le croyant éveillé mettra tout en œuvre pour retrouver celles et ceux qui partagent la même foi et la même volonté afin de cheminer ensemble vers le cap de la Consolation. Car, comme le navire longe les terres inhospitalières et se méfie des écueils cachés, jusqu’à dépasser le dernier cap et pouvoir ainsi se lancer en mer profonde et sécurisante, le croyant sait que son salut passe forcément par la voie du cheminement jusqu’à la Consolation qui lui ouvre la dernière porte avant le salut.
Mais, comme les courses au large voient de nombreux navires de mélanger au départ : voiliers hauturiers aptes à franchir les océans et barcasses diverses qui, en les accompagnant pendant quelques miles se donnent l’illusion de pouvoir les suivre ou rivaliser avec eux, il ne manque pas de personnes qui s’illusionnent sur leur état et quelques capitaines qui les éblouissent faute de se sentir capables de suivre eux aussi le bon chemin.
Alors toute cette agitation crée logiquement de nombreux remous dans lesquels certains sombrent et d’autres sont ballotés jusqu’à perdre la ligne de la route à suivre. Certains navires, initialement équipés pour le grand large vont eux aussi sombrer ou dériver pour s’être plus intéressés à l’agitation locale qu’à la ligne d’horizon et au cap à suivre.

Le croyant cathare est il moderne aujourd’hui ?

Les mots ont un sens. Le concept de modernisme est souvent malmené. On le considère comme une obligation de destruction de l’existant pour lui subsister quelque chose de différent. C’est faux !
Le modernisme est la capacité de rendre fonctionnel à une époque ce qui, venant d’une autre, serait inutilisable en l’état.

Pour être croyant cathare aujourd’hui il suffit donc d’adapter des éléments rendus obsolète par l’évolution sociétale sans que cela remette en cause le fondement sur lequel repose leur nécessité d’être.
Ainsi, le croyant moderne ne s’habille plus comme le paysan médiéval occitan et ne mange plus comme lui. Il vit dans son époque tout en respectant ce qui justifiait les choix de son ancien coreligionnaire.
Par contre, il respecte les choix relatifs aux fondamentaux sur lesquels son ancien s’appuyait.

Se sachant enfermé dans une prison extrêmement contraignante, il n’a de cesse que de chercher les moyens d’y échapper.
Ayant fait le choix de la voie (navire) cathare, il en suit les préceptes et les fondamentaux en terme de connaissance et de cheminement.

La religion n’est pas une auberge espagnole. Si l’on se dit cathare tout en triant dans les règles et les éléments doctrinaux pour ne retenir que ce qui nous convient, ou si on y ajoute tel ou tel élément qui fait défaut à notre goût, on est dans l’erreur et pire, on risque d’y entraîner d’autres personnes qui se seront fiées à nous.

Alors ! qu’est-ce qu’un croyant cathare moderne ?

Tout simplement le croyant cathare moderne se comporte en fonction des points que je viens d’énoncer et que je vais préciser.

La connaissance cosmogonique

Le croyant cathare moderne a compris, admis et fait sienne la théorie de la chute d’un tiers de l’Esprit émané du bon principe — seul Dieu —, divisé en ce monde dans les corps humains résidant partout où le démiurge a décidé de les emprisonner.
De même il admet comme évident que ce monde n’a rien de divin et ne peut être amendé, mais qu’il finira par retourner à son néant originel.
Logiquement il sait que sa mission, en cette incarnation qu’est sa prison mondaine, est de tout mettre en œuvre pour s’évader lorsque le corps qui le retient viendra à mourir, et que pour cela il doit se préparer maintenant en mettant en œuvre les conditions de son évasion.

La connaissance doctrinale

Le croyant cathare moderne a compris, admis et fait sienne la doctrine cathare, basée sur le fondement de la Bienveillance (Amour, dilection, agapê, etc.) et cherche à en appliquer tous les fondamentaux et la règle de justice et de vérité qu’il peut mettre en œuvre à son niveau débutant.
Il cherche à respecter la non-violence absolue, même s’il sait que cela lui demande beaucoup d’efforts et qu’il aura du mal à y parvenir avant son noviciat. Mais il est clairement convaincu qu’aucune forme de violence n’est justifiée ni justifiable, fut-ce à l’encontre de personnes dont le comportement lui semblerait monstrueux.
Il cherche à faire preuve de la plus grande humilité, sans sombrer dans la fausse modestie. De ce fait il fait preuve d’obéissance envers les croyants, novices et chrétiens consolés dont il reconnaît que leur avancement leur donne accès à des connaissances qui lui échappent encore.
Bien entendu, il essaie de respecter les éléments de la règle de justice et de vérité à la hauteur de ses capacités, sans sombrer dans une imitation des chrétiens consolés qui serait forcément fausse et théâtrale.

La pratique ecclésiale

Le croyant cathare moderne a compris, admis et faite sienne la nécessité d’agir de concert avec les autres membres de la communauté des croyants cathares en vue d’instaurer des outils nécessaires au cheminement menant vers le salut.
Il cherche à s’impliquer dans un travail de diffusion de la connaissance, à partir des éléments donnés par les croyants, novices et chrétiens consolés qui par leur propre avancement sont à même de l’aider dans ce travail.
Il cherche à participer autant qu’il le peut aux activités de recherche, d’étude et d’échange avec les autres croyants, les novices et sous l’égide des chrétiens consolés afin de maintenir au mieux les conditions de collégialités exigées par le dur cheminement qui est le leur.
Il participe autant que faire se peut aux tentatives de mise en place de maisons cathares, indispensables pour permettre l’éclosion de communautés évangéliques de novices et de chrétiens consolés, pour qu’un jour il puisse lui aussi s’engager dans cette voie unique vers le salut.
De même, il s’implique à son niveau dans le travail de remise en place d’une Église cathare reconnue.

Voilà présenté, de la façon la plus claire et la plus simple possible, ce qu’être croyant cathare moderne veut dire aujourd’hui.
Si vous adhérez à tout cela, mais que certains points sont encore hors de portée pour vous, vous êtes sans doute sympathisant et en bonne voie pour devenir croyant un jour.
Si vous n’adhérez pas à certains de ces points et que votre état spirituel vous dit ne pas devoir y adhérer un jour, le catharisme ne peut être pour vous qu’une voie différente de la vôtre. Vous la regardez avec curiosité et, je l’espère, sans animosité.

Éric Delmas, 6 décembre 2019.

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