Lecture des textes de la liturgie catholique
Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.
Messe dominicale du 25e dimanche du temps ordinaire
1re lecture :
Isaïe : 55, 6-9
6 – Cherchez Iahvé tandis qu’il se laisse trouver, invoquez-le quand il est près.
7 – Que le méchant abandonne sa voie et l’homme inique ses pensées, qu’il revienne vers Iahvé qui aura pitié de lui, vers notre Dieu car il pardonne abondamment.
8 – Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de Iahvé.
9 – En effet, comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.
Mon commentaire :
Le prophète demande aux Juifs de profiter de la dernière période de calme (avant l’emprisonnement à Babylone) pour affermir leur foi et ainsi éviter la catastrophe.
Psaumes : 145 (Vulgate 144), 2-3, 8-9, 17-18
Psaume alphabétique à la louange du roi divin
Bêth 2 – Chaque jour je te bénirai et je louerai ton nom à jamais, à jamais.
Ghimel 3 – Il est grand, Iahvé, et très digne de louange, sa grandeur est insondable.
Hêth 8 – Miséricordieux et clément est Iahvé, longanime et abondant en grâce.
Têth 9 – Iahvé est bon pour tous et ses miséricordes sont sur toutes ses œuvres.
Qoph 18 – Iahvé est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent avec sincérité.
Rêsh 19 – Il fait la volonté de ceux qui le craignent ; il entend leur appel et il les sauve.
Mon commentaire :
Encore une litanie de propos mielleux et pompeux à la gloire de Iahvé pour demeurer dans ses petits papiers.
2e lecture :
Lettre de Paul aux Philippiens : 1, 20c-24. 27a
20 – moi qui espère avec impatience que je n’aurai honte en rien mais, comme maintenant et toujours, que le Christ grandira très franchement dans mon corps, soit par ma vie soit par ma mort ;
21 – car pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un gain.
22 – Mais si vivre en ma chair fait fructifier mon œuvre, je ne sais que choisir.
23 – Je suis pressé des deux bords : j’ai désir de m’en retourner et d’être avec le Christ, ce serait beaucoup mieux,
24 – mais demeurer dans la chair est plus nécessaire à cause de vous.
25 – J’en suis sûr, je sais que je demeurerai et que je resterai près de vous tous pour le progrès et la joie de votre foi,
26 – pour qu’en moi, à cause de mon retour parmi vous, vous puissiez davantage vous vanter du christ Jésus.
Mon commentaire :
Paul utilise une formule mettant en avant son désir de rejoindre Christ, mais il le tempère en considérant qu’il n’a pas accompli sa mission auprès des croyants. Cela revient aussi à dire à son auditoire que ce dernier n’avance pas assez vite sur son chemin spirituel;
27 – Seulement, comportez-vous d’une manière digne de l’évangile du Christ, […]
Évangile selon Matthieu : 20, 1-16
1 – Car le règne des cieux est pareil à un maître de maison qui est sorti à l’aube engager des ouvriers pour sa vigne.
2 – Il s’est entendu avec les ouvriers sur un denier la journée, et les a envoyés à sa vigne.
3 – En sortant vers la troisième heure, il en a vu d’autres qui restaient oisifs sur le marché ;
4 – il leur a dit : Allez-vous-en vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.
5 – Et ils y sont allés. Il est sorti encore vers la sixième et la neuvième heure et il a fait de même.
6 – En sortant vers la onzième heure il en a trouvé d’autres qui restaient, il leur a dit : Pourquoi restez-vous ici oisifs toute la journée ?
7 – Ils lui disent : Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez-vous-en vous aussi à ma vigne.
8 – Le soir venu, le seigneur de la vigne a dit à son régisseur : Appelle les ouvriers et paie-les en commençant par les derniers et jusqu’aux premiers.
9 – Ceux de la onzième heure sont venus et ont reçu chacun un denier.
10 – Quand les premiers sont venus ils ont cru qu’ils recevraient plus, et ils ont reçu eux aussi chacun un denier,
11 – En le recevant ils murmuraient contre le maître de maison
12 – et disaient : Ceux-ci, les derniers, n’ont fait qu’une heure, et tu les fais nos égaux, à nous qui avons porté le poids du jour et de la chaleur.
13 – Il a répondu à l’un d’eux : Camarade, je ne te fais pas de tort, est-ce que tu ne t’es pas entendu avec moi sur un denier ?
14 – Enlève le tien et va-t-en. Je veux donner à ce dernier-là autant qu’à toi.
15 – Est-ce que je n’ai pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? ou as-tu l’œil mauvais parce que je suis bon ?
16 – Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers, derniers. Car il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus.
Mon analyse :
Ce texte est subtil. Il s’y cache deux approches. La première, que tout le monde connaît est de considérer que peu importe le temps que nous passons à nous rapprocher de Dieu, ce qui importe est la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment crucial, c’est-à-dire au moment où notre esprit est libéré du corps qui l’emprisonne. La seconde est liée à la référence horaire. En fait les heures annoncées sont celles des rituels monastiques. Elles sont calculées depuis le lever du soleil. La première heure (prime) correspond à l’heure qui suit le lever du soleil, la troisième heure (tierce) se situe en milieu de matinée (vers 9h30), la sixième vers 12h30 et la dernière heure, la douzième est celle qui correspond aux vêpres. Le message s’adresse non seulement aux croyants qui vivent ces heures dans le monde, mais aussi à ceux qui les vivent dans le cadre religieux. Ce qui est juste est différent de ce que chacun calcule par rapport à son temps de travail ou d’engagement spirituel. Il faut donc regarder à faire ce que l’on doit et ne pas vouloir hiérarchiser tout, et surtout pas la grâce divine.
Voilà comment je reçois ces textes.
Guilhem de Carcassonne.
