34e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 34e dimanche du temps ordinaire
Notre Seigneur Jésus Christ, roi de l’univers

1re lecture :

Deuxième livre de Samuel : 5, 1-3

1 – Toutes les tribus d’Israël vinrent vers David à Hébron et parlèrent, en disant : « Voici que nous sommes ton os et ta chair !
2 – Même hier et avant-hier, alors que Saül était roi sur nous, c’est toi qui dirigeais les allées et venues d’Israël. Iahvé t’a dit : C’est toi qui feras paître mon peuple Israël et toi qui deviendras chef sur Israël. »
3 – Tous les anciens d’Israël vinrent vers le roi, à Hébron, et le roi David conclut une alliance avec eux à Hébron, en présence de Iahvé ; ils oignirent David comme roi sur Israël.

Mon commentaire :
Voilà typiquement un texte qui transforme un non-événement en épopée nationale. S’il semble bien que David et son fils Salomon ont bien existés, dans leurs recherches, les archéologues israéliens Finkelstein et Silberman précisent que ce furent de petits rois d’un tout petit royaume hébreu (3 à 4 ha), situé sur les hauteurs de la Palestine au nord du royaume de Juda. Quand le roi Josias, au 7e siècle avant notre ère, voulu reconstituer un état, il dû utiliser les ressorts habituels du sentiment national : un ancêtre mythique (Abraham), un Dieu (Iahvé) et un ennemi historique (l’Égypte). Mais les fouilles ont toutes montrées l’absence d’un ancêtre commun, des croyances variées et un ennemi vainqueur à l’époque, l’Assyrie et non pas l’Égypte.

Psaumes : 122 (Vulgate 121) : 1-2, 3-4, 5-6

L’arrivée à Jérusalem
1 – Cantique des montées. De David. Je me suis réjoui quand on m’a dit : « Allons à la maison de Iahvé ! »
2 – Nos pieds s’arrêtèrent à tes portes, Jérusalem,
3 – Jérusalem, qui est bâtie comme une ville d’un ensemble parfait,
4 – où montent les tribus, les tribus de Iah, témoignage d’Israël, pour rendre grâce au nom de Iahvé,
5 – c’est là que sont installés les sièges du jugement, les sièges de la maison de David.
6 – Demandez la paix pour Jérusalem ! — « Que soient tranquilles, ceux qui t’aiment,

Mon commentaire :
Jérusalem, que Josias a instituée capitale de la réunification d’Israël et de Juda, est magnifiée comme capitale voulue par Iahvé. Bien entendu sa grandeur spirituelle est loin de la réalité de sa taille géographique et de son influence politique de l’époque de David.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Colossiens : 1, 12-20

12 – et en rendant grâces au Père qui vous a donné d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière ;
13 – car il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et placés dans le règne de son cher fils
14 – en qui nous avons le rachat et la rémission des péchés,
15 – et qui est l’image du Dieu invisible et le premier-né de toute la création,
16 – puisque tout a été créé en lui, dans les cieux et sur la terre, le visible et l’invisible : trônes, seigneuries, principautés et pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui ;
17 – il est avant tout, et en lui tout se tient ;
18 – il est la tête du corps, c’est-à-dire de l’église. Il est le principe, le premier-né des morts, de façon à être le premier en tout,
19 – car toute la plénitude a trouvé bon d’habiter en lui
20 – et de tout se réconcilier par lui, sur la terre et dans les cieux, une fois faite la paix par le sang de sa croix.

Mon commentaire :
Là, le discours est nettement judéo-chrétien et fait de Dieu le créateur du ciel et de la terre ainsi que de tous les pouvoirs sur terre et de Jésus Christ celui qui nous a sauvé par son sacrifice. On est loin de l’approche paulinienne. Cependant, on retrouve des éléments pauliniens mêlés à cela, ce qui peut être une ruse ou la marque d’une dérive doctrinale. L’analyse isolée donne une impression différente que l’analyse croisée, comme celle que réussit l’auteur du Traité cathare anonyme.

Évangile selon Luc : 23, 35-43

35 – Et le peuple était là, qui observait. Et les chefs aussi le narguaient, ils disaient : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le christ de Dieu, l’élu !
36 – Et les soldats aussi se moquaient de lui, ils s’approchaient, lui présentaient du vinaigre
37 – et disaient : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !
38 – Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : CELUI-CI EST LE ROI DES JUIFS.
39 – Et l’un des malfaiteurs pendus le blasphémait : N’es-tu pas le christ ? Sauve-toi toi-même et nous avec !
40 – L’autre le tança et lui répondit : Ne crains-tu pas Dieu toi qui es sous la même condamnation ?
41 – Pour nous, c’est justice et nous recevons ce que nous avons mérité, mais lui n’a rien fait de criminel !
42 – Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu arriveras dans ton règne.
43 – Et Jésus lui dit : Oui, je te le dis, aujourd’hui tu vas être avec moi au paradis.

Mon commentaire :
Les différentes étapes de la crucifixion sont présentées de manière brouillonne comme si elles avaient été copiées sur Marc ou Matthieu. Par contre Luc est le seul à nous présenter l’un des larrons comme accessible à la grâce. Or, ce comportement peut se lire comme une allégorie de l’éveil et de la repentance, ce qui explique la réponse prêtée au Christ.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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