32e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 32e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Premier livre des rois : 17, 10-16

10 – Il se leva donc et partit pour Sarepta. Il arriva à l’entrée de la ville et voici qu’il y avait là une femme veuve ramassant du bois. Il l’appela et dit : « Prends pour moi, je t’en prie, un peu d’eau dans le vase pour que je boive. »
11 – Elle alla pour en prendre, puis il l’appela et dit : « Prends pour moi, je t’en prie, un morceau de pain dans ta main. »
12 – Elle dit : « Par la vie de Iahvé, ton Dieu, je n’ai plus la moindre galette : je n’ai rien qu’une pleine paume de farine dans la cruche et un peu d’huile dans la jarre. Et voici que je ramasse deux bouts de bois, puis je rentrerai, je préparerai cela pour moi et pour mon fils, nous le mangerons et nous mourrons ! »
13 – Mais Élie lui dit : « Ne crains rien, rentre et fais comme tu l’as dit. Seulement fais-en d’abord pour moi une petite galette que tu m’apporteras, tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils.
14 – Car ainsi a parlé Iahvé, Dieu d’Israël : la cruche de farine ne s’épuisera pas et la jarre d’huile ne se videra pas, jusqu’au jour où Iahvé donnera de la pluie sur la face du sol. »
15 – Elle alla donc faire ce qu’avait dit Élie et elle mangea durant des jours, elle, lui et ceux de la maison.
16 – La cruche de farine ne s’épuisa pas et la jarre d’huile ne se vida pas, suivant la parole qu’avait dite Iahvé par l’organe d’Élie.

Commentaire :
Ce passage n’est pas sans rappeler les miracles des pains et des poissons qui s’en sont sans doute inspirés. L’idée à retenir est qu’il faut d’abord aller au bout de ses ressources pour espérer le soutien divin. On voit cela dans la parabole du fils prodigue qui entame son cheminement quand il est au plus bas de son état mondain. L’éveil nous touche plus facilement quand nous sommes rejetés par le monde. La morale de l’histoire de l’homme riche nous le rappelle : « Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer en paradis. »

Psaumes : 146 (Vulgate 145), 6c.7, 8-9a, 9bc-10

Doxologie.
6 – […] qui garde la vérité à jamais,
7 – qui fait droit aux opprimés, qui donne du pain aux affamés. Iahvé délie les prisonniers,
8 – Iahvé rend la vue aux aveugles, Iahvé redresse ceux qui sont courbés. Iahvé aime les justes,
9 – Iahvé garde les hôtes, […].
10 – Iahvé règne à jamais, ton Dieu, Sion, de génération en génération ! Alléluia !

Commentaire :
Une fois de plus, la lecture attentive de ce texte nous montre où furent trouvées les références des « miracles » attribués à Jésus. Faute de pouvoir expliquer le spirituel, les auteurs des évangiles en firent des miracles physiques en se référant à leurs documents familiers.

2e lecture :

Lettre aux Hébreux : 9, 24-28

24 – Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait à la main, réplique du véritable, mais dans le ciel même afin de paraître maintenant, pour nous, devant la face de Dieu.
25 – Il n’est pas entré s’offrir maintes fois comme fait le grand prêtre chaque année dans le sanctuaire avec du sang d’emprunt.
26 – Sinon il aurait dû souffrir maintes fois depuis la fondation du monde. Mais maintenant, à la fin des temps, il s’est manifesté une fois pour toutes afin d’abolir les péchés par son sacrifice.
27 – Et comme les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a le jugement,
28 – le Christ aussi qui ne s’est offert qu’une fois pour porter les péchés de beaucoup, reparaîtra sans péché pour sauver ceux qui l’attendent.

Commentaire :
Christ lui est porteur d’une meilleure alliance car, s’il semble imiter ce que fait le grand prêtre dans le temple, il le fait sur des bases divines et non mondaines. De même, il ne sacrifie pas des animaux mais lui-même. On est dans une démonstration judéo-chrétienne et qui commence à justifier la déchéance du peuple élu pour annoncer un nouveau peuple élu les Chrétiens. D’un point de vue cathare on remarque l’inanité qu’il y a à prétendre connaître les desseins de Dieu. En effet, la mort et la résurrection présentées comme prémices à la fin du monde sont obsolètes 2 000 ans plus tard.

Évangile selon Marc : 12, 38-44 (ou brève : 12, 41-44)

38 – Il disait, dans son enseignement : Prenez garde aux scribes ! ils veulent marcher en habit, se faire saluer sur les marchés,
39 – avoir les premiers sièges dans les synagogues, les premières places dans les dîners,
40 – eux qui dévorent les maisons des veuves sous prétexte de longues prières. Ceux-là recevront un surplus de condamnation.

Commentaire :
En rejetant la valeur des enseignants qui ne respectent pas ce qu’ils prétendent enseigner, il rejette les religions insérées dans le monde, non seulement le Judaïsme, aussi le futur Judéo-christianisme ! Le Catharisme était très attentif à cela au point de rejeter la valeur d’un sacrement réalisé par un consolé en état de faute.

41 – Assis en face du tronc il observait comment la foule mettait sa monnaie dans le tronc. Beaucoup de riches en mettaient beaucoup.
42 – Vint aussi une pauvre veuve qui mit deux petites pièces d’un centime.
43 – Il appela ses disciples et leur dit : Oui je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui ont mis dans le tronc,
44 – car tous ont mis de leur superflu, tandis qu’elle a mis de son indigence tout ce qu’elle avait, tout son bien.

Commentaire :
Quand nous cherchons à faire le bien, ce doit être de notre fonds propre qu’il nous faut donner. Si nous donnons ce qui ne nous coûte rien, ce n’est pas la peine. Quand nous sommes bienveillants nous tirons de nous notre bienveillance. C’est donc là que se trouve le véritable investissement ; mais c’est aussi le plus difficile à faire car il nous oblige à remettre en cause nos convictions solidement ancrées par des générations de certitudes.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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