25e dimanche du temps ordinaire

3 537 vue(s)

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 25e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Amos : 8, 4-7

4 – Écoutez ceci, vous qui piétinez l’indigent et voulez supprimer les humbles du pays,
5 – en disant : Quand donc sera passée la néoménie, pour que nous vendions le blé, et le Sabbat pour que nous ouvrions le [dépôt de] froment, en diminuant l’eyphah et en augmentant le sicle, en faussant les balances de tromperie ;
6 – en achetant les pauvres avec de l’argent et l’indigent pour une paire de sandales, afin que nous vendions le déchet du froment ?
7 – Iahvé l’a juré par la gloire de Jacob : Jamais je n’oublierai toutes leurs actions !

Mon commentaire :
Amos, le berger prophète, qu’il ne faut pas confondre avec le père d’Isaïe, vécu 8 siècles avant notre ère. Ici on nous prévient que ceux qui abuseront de leur pouvoir pour tromper et ruiner les autres auront à craindre la colère de Iahvé. En fait, il s’agit d’une période présentée comme celle où Iahvé va exiger de son peuple une reprise en main sous peine de sanctions terribles.

Psaumes : 113 (Vulgate 112), 1-2, 5-6, 7-8

Invitation à louer le nom de Iahvé
1 – Alléluia ! Louez, serviteurs de Iahvé, louez le nom de Iahvé !
2 – Que soit béni le nom de Iahvé, dès maintenant et à jamais !
5 – Qui est comme Iahvé, notre Dieu, lui qui siège dans les hauteurs,
6 – qui s’abaisse pour regarder sur les cieux et sur la terre,
7 – lui qui relève le pauvre de la poussière, du fumier il fait remonter l’indigent,
8 – pour le faire asseoir avec les nobles, avec les nobles de son peuple,

Mon commentaire :
Ce psaume est tout entier destiné à faire de Iahvé une description louangeuse, même si par moment on peut se demander ce que mérite Iahvé comme louange pour avoir seulement réparé ce qu’il a provoqué (la ruine du pauvre et de l’indigent). Pourquoi avoir omis la fin de phrase et du texte (v. 9) qui est exactement dans le même ton ? Mystère !

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 2, 1-8

1 – Je t’exhorte donc, avant tout, à ce qu’on fasse demandes, prières, sollicitations et actions de grâces, pour tous les hommes,
2 – pour les rois et tous ceux qui ont quelque supériorité, pour que nous menions une vie calme et paisible, en toute piété et gravité.
3 – Cela est bon et bien accueilli devant Dieu notre sauveur,
4 – qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité.
5 – Car il n’y a qu’un Dieu et aussi qu’un médiateur entre Dieu et les hommes : l’homme Jésus Christ,
6 – qui s’est donné en rançon pour tous, pour être, en son temps, le témoignage
7 – pour lequel on m’a mis héraut et apôtre (je dis la venté, je ne mens pas), et maître de foi et de vérité pour les nations.
8 – Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en levant pieusement les mains, sans colère ni raisonnements.

Mon commentaire :
Dans le meilleur des cas, un scribe judéo-chrétien est venu intercaler des remarques destinées à renforcer certains points ou à les orienter différemment. Le verset 2 rajoute une dévotion au pouvoir qui n’est clairement pas de Paul. À la fin du v. 6, il rajoute « l’homme Jésus » devant Christ, alors que Paul a déjà exprimé ailleurs son doute quant à l’incarnation christique. Enfin le verset 8 demande aux hommes de prier selon la coutume juive, ce que ne font certainement pas les pagano-chrétiens.

Évangile selon Luc : 16, 1-13 (brève : 16, 10-13)

1 – Et il disait aussi aux disciples : Il y avait un homme riche qui avait un gérant ; et celui-ci lui a été dénoncé comme dilapidant ses biens.
2 – Il l’a appelé et lui a dit : Qu’est-ce que j’entends de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus être gérant.
3 – Et le gérant s’est dit : Que faire, puisque mon seigneur m’arrache cette gestion ? Bêcher, je ne peux pas ; mendier, j’aurais honte !
4 – Je sais ce que je vais faire pour que, quand je serai destitué de cette gestion, on m’accueille dans d’autres maisons.
5 – Et il appelle un par un les débiteurs de son seigneur ; il dit au premier : Combien dois-tu à mon seigneur ?
6 – Il dit : Cent barils d’huile. Il lui dit : Voilà ta lettre, assieds-toi et écris vite : Cinquante.
7 – Puis il dit à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Il dit : Cent sacs de blé. Il lui dit : Voilà ta lettre, écris : Quatre-vingts.
8 – Et le seigneur a loué ce gérant d’injustice de ce qu’il avait agi avec bon sens. C’est que les fils de cet âge-ci ont plus de bon sens que les fils de la lumière, envers ceux de leur génération.
9 – Et moi je vous le dis, faites-vous des amis chez le Mamon d’injustice pour que, quand il vous lâchera, on vous accueille dans les abris éternels.
10 – Qui est fidèle en petit est fidèle aussi en grand ; et qui est injuste en petit est injuste aussi en grand.
11 – Si donc dans l’injuste Mamon vous n’avez pas été fidèles, qui est-ce qui vous confiera les vraies valeurs ?
12 – Et si dans les biens des autres vous n’avez pas été fidèles, qui est-ce qui vous donnera les vôtres ?
13 – Aucun domestique ne peut s’asservir à deux seigneurs ; car, ou il détestera l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas vous asservir à Dieu et à Mamon.

Mon commentaire :
Ce texte est difficile. Voici un gérant accusé d’être incompétent. Cela semble vrai car il n’imagine pas se justifier. Dans le but de rebondir en vue de sa future destitution, il cherche à se faire des amis des débiteurs de son seigneur en les aidant à falsifier les dettes. Or, le seigneur félicite le gérant d’avoir fait preuve d’à-propos, même si cela correspond à un vol. En fait Jésus nous dit que ceux qui sont asservis à ce monde sont plus rusés que ceux qui se fient à Dieu. Mais c’est pour mieux rappeler que celui qui est rusé et non pas fidèle sera plus mal considéré que celui qui est fidèle. Donc, il faut préférer la fidélité, même si elle est moins bien vue que la ruse. Nous retrouvons ici le concept de la parabole des talents. Le seigneur est mauvais, c’est Mamon, et donc il loue ce qui est mauvais même si cela lui porte préjudice. Pour nous les choses sont claires, même envers Mamon nous devons faire preuve de fidélité dans ce que nous lui devons. Par exemple, il nous a imposé une enveloppe charnelle. Nous n’avons pas à la faire prospérer (parabole des talents), mais nous ne devons pas la détruire (parabole du gérant infidèle).

Voilà comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0