24e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 24e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Exode : 32, 7-11. 13-14

7 – Alors Iahvé dit à Moïse : « Va ! Descends, car ton peuple s’est corrompu, lui que j’ai fait monter de la terre d’Égypte !
8 – Ils se sont vite détournés de la voie que je leur avais prescrite, ils se sont fait un veau de métal fondu, se sont prosternés devant lui et lui ont sacrifié, puis ils ont dit : Voici tes dieux, Israël, qui t’ont fait monter de la terre d’Égypte ! »
9 – Puis Iahvé dit à Moïse : « J’ai vu ce peuple et voici que c’est un peuple au cou raide !
10 – Maintenant donc, laisse-moi faire : que ma colère s’enflamme contre eux et que je les extermine, tandis que je ferai de toi une grande nation ! »
11 – Mais Moïse adoucit la face de Iahvé, son Dieu, et dit : « Pourquoi, Iahvé, ta colère s’enflamme-t-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir de la terre d’Égypte par une grande puissance et par une main forte ?
13 – Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même et à qui tu as dit : Je multiplierai votre race, comme les étoiles des cieux, et tout ce pays dont je t’ai parlé, je le donnerai à votre race et ils en hériteront à jamais ! »
14 – Alors Iahvé se ravisa du mal qu’il avait dit qu’il ferait à son peuple.

Mon commentaire :
Voici sans doute l’épisode le plus terrible et le plus révélateur du fonds de Iahvé. Même si nous savons que ce texte est une construction imaginaire, il n’en révèle pas moins le fonds doctrinal juif. Iahvé, comme le ferait un homme, se met dans une colère noire en apprenant que les juifs se détournent de lui. Il utilise même une pratique classique dans un couple, visant à rejeter la propriété des enfants sur l’autre conjoint quand ceux-ci font des bêtises : « ton enfant a fait mal… » En fait, Iahvé devient fou de rage et veut exterminer le peuple qu’il avait choisi, se demandant s’il a bien choisi (v. 9). C’est Moïse qui doit le calmer, un comble ! Mais nous savons malheureusement que les rédacteurs juifs vont pousser l’outrance à son maximum en faisant commettre à Moïse le crime que Iahvé projetait, alors que le vrai fautif est Aaron, son frère, qui a cédé aux demandes des juifs au lieu de leur résister et de les maintenir dans le droit chemin.

Psaumes : 51 (Vulgate 50), 3-4, 12-13, 17. 19

Le « Miserere » attribué à David

3 – Aie pitié de moi, Élohim, selon ta grâce, selon ta grande miséricorde efface mes forfaits !
4 – Lave-moi complètement de ma faute, et de mon péché purifie-moi,
12 – Crée en moi un cœur pur, Élohim, et rénove en mon sein un esprit ferme ;
13 – ne me rejette pas de devant toi et ne m’enlève pas ton esprit saint,
17 – Adonaï, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange.
19 – les sacrifices à Élohim, c’est un esprit brisé ; un cœur brisé et broyé, Élohim, tu ne le méprises pas !

Mon commentaire :
Il y a quand même quelques points étonnants. Si l’homme approche de la mort c’est sur la volonté de son Dieu. Or, il le sauve de la mort, contredisant ainsi son propre plan. De même l’homme est reconnaissant à Iahvé de l’avoir sauvé de la mort. C’est un cadeau facile de ne pas faire ce qu’on avait prévu et de se renier en quelque sorte. Par contre, oui Iahvé est bien le Dieu juste ! Le principe du Bien, lui, est le Dieu bon. L’homme est complètement passif et rejette sur son Dieu l’impureté de son cœur.

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 1, 12-17

12 – Je rends grâces à celui qui m’a fortifié, au christ Jésus notre seigneur, de ce qu’il m’a estimé fidèle et mis à son service,
13 – moi qui d’abord étais blasphémateur, persécuteur, outrancier ; mais on a eu pitié de moi parce que j’agissais par ignorance et dans la méfiance,
14 – et la grâce de notre seigneur a surabondé, avec la foi et l’amour qui est dans le christ Jésus.
15 – C’est une parole fidèle et digne de tout notre accueil, que le christ Jésus est venu dans le monde sauver les pécheurs, dont je suis le premier ;
16 – mais c’est pour cela qu’on a eu pitié de moi, pour qu’en moi le premier, Jésus Christ montre toute sa générosité et que ce soit un exemple pour ceux qui se fieront à lui pour la vie éternelle.
17 – Au roi des âges, à l’indestructible, invisible et seul Dieu, honneur et gloire dans les âges des âges. Amen.
18 – L’ordre que je te confie, Timothée mon enfant, selon les prophéties prédites sur toi, c’est que par elles tu batailles la belle bataille,
19 – avec foi et bonne conscience. Ceux qui ont rejeté cette bonne conscience, leur foi a fait naufrage ;
20 – et parmi eux il y a Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés au Satan pour qu’ils se corrigent de blasphémer.

Mon commentaire :
Paul rappelle que Christ est venu sauver les pécheurs, comme il l’était, ce qui signifie que Timothée doit agir contre ceux qui viennent perturber la communauté d’Éphèse car ils sont pécheurs et doivent être sauvés. Il rappelle à Timothée son statut particulier, qui sera précisé plus tard, et indique qu’il n’a pas hésité à exclure ceux qui avaient abandonné la voie du Christ.

Évangile selon Luc : 15, 1-32 (brève : 15, 1-10)

1 – Tous les percepteurs et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre.
2 – Les pharisiens et les scribes en murmuraient, ils disaient : Celui-ci accueille les pécheurs et mange avec eux.
3 – Il leur dit cette parabole :
4 – Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
5 – et quand il l’a retrouvée il la pose sur ses épaules, il se réjouit,
6 – il vient à la maison et, convoquant ses amis et ses voisins, il leur dit : Réjouissez-vous avec moi, j’ai retrouvé ma brebis perdue !
7 – Ainsi, je vous le dis, il y aura plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
8 – Ou quelle femme, si elle a dix drachmes et qu’elle perde une drachme, n’allume la lampe, ne balaye la maison et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
9 – et quand elle l’a retrouvée, elle convoque ses amies et ses voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue !
10 – Ainsi, je vous le dis, c’est une joie, devant les anges de Dieu, quand un pécheur se convertit.

Mon commentaire :
Ces deux paraboles nous rappellent que Dieu n’abandonnera aucun de nous en cet enfer et qu’il n’économisera aucun moyen pour nous permettre de le rejoindre. Mais cela n’est pas passif pour nous et n’est pas à sens unique comme nous allons le voir maintenant.

11 – Il dit encore : Un homme avait deux fils.
12 – Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Il leur a donc réparti son bien
13 – et, peu de temps après, le plus jeune fils a tout rassemblé et il est parti pour un pays lointain. Là, il a dilapidé sa fortune en vivant comme un perdu.
14 – Il avait tout dépensé quand il y a eu une forte famine dans le pays ; et il a commencé à manquer.
15 – Alors il est allé s’attacher à un citoyen du pays, qui l’a envoyé dans ses champs faire paître des cochons.
16 – Et il convoitait de se remplir le ventre des caroubes que les cochons mangeaient, et personne ne lui en donnait.
17 – Revenant à lui, il s’est dit : Combien de salariés de mon père ont du pain de trop, alors que moi, ici, je péris de famine !
18 – Je vais me lever et m’en aller chez mon père ; je vais lui dire : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi,
19 – je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, fais de moi comme l’un de tes salariés.
20 – Il s’est levé et il est venu chez son père. Il était encore loin quand son père l’a vu, s’est ému et a couru se jeter à son cou et lui donner des baiser.
21 – Le fils lui a dit : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.

Mon commentaire :
Le fils souffre de ses erreurs et en prend conscience. Ensuite, il décide de faire amende honorable et retourne auprès de son père à qui il dit exactement ce qu’il avait décidé de dire. C’est cela que nous devons faire ; apprécier à sa juste valeur notre situation de pécheur, faire le choix de le reconnaître et de nous amender et exprimer sans rien y changer ce que nous avons reconnu de notre attitude.

22 – Et le père a dit à ses esclaves ; Apportez vite le meilleur habit et revêtez l’en, mettez-lui une bague au doit et des chaussures aux pieds ;
23 – et amenez le veau gras, immolez-le et mangeons, faisons la fête,
24 – car mon fils que voilà était mort et il revit, il était perdu et il est retrouvé. Et ils ont commencé à faire la fête.
25 – Son fils aîné était aux champs, mais à son arrivée, quand il a approché de la maison, il a entendu la musique et les danses ;
26 – il a appelé un des garçons pour lui demander ce que c’était.
27 – Celui-ci lui a dit : Ton frère est là et ton père a fait immoler le veau gras parce qu’il l’a retrouvé valide.
28 – Alors il s’est mis en colère, il ne voulait pas entrer. Son père est sorti l’appeler ;
29 – mais il a répondu à son père : Voilà tant d’années que je te suis asservi, sans jamais passer outre à ton commandement, et tu ne m’as jamais donné un bouc pour faire la fête avec mes amis ;
30 – et quand ton fils que voilà vient de dévorer ton bien avec des prostituées, tu lui immoles le veau gras !
31 – Mais il lui a dit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi ;
32 – mais il fallait faire la fête et se réjouir, car ton frère que voilà était mort et il revit ; il était perdu et il est retrouvé.

Mon commentaire :
Le père a la bonne réaction car, comprenant que son fils a changé, il remet sans rien dire ses fautes à son fils. Ce n’est pas du pardon car il fait comme si son fils était parti la veille et qu’il le retrouvait sain et sauf. Le frère aîné est encore dans je jugement et le ressentiment. Son père doit donc lui expliquer combien son sort était enviable, lui qui avait au quotidien la joie de tout partager avec son père. Nous aussi, nous ne voyons que ce qui nous paraît nous manquer et pas ce que nous avons et qui fait défaut aux autres. C’est le signe de la mondanité que ce désir mimétique. Il faut renoncer à cette mondanité et revêtir le Christ en nous.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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