24e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 24e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Isaïe : 50, 5-9a

5 – Adonaï Iahvé m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière,
6 – j’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient le poil. Je n’ai pas dérobé ma face aux outrages et aux crachats.
7 – Adonaï Iahvé me secourra, c’est pourquoi je ne suis pas dans la confusion, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage pareil à une pierre et je sais que je ne serai pas déçu. »
8 – Il est proche, celui qui me justifie ; qui veut débattre avec moi ? Comparaissons ensemble ! Qui sera mon adversaire en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
9 – Adonaï Iahvé me secourra ; qui est celui qui pourrait me condamner ? Tous ils s’useront comme un vêtement, la mite les dévorera.

Mon commentaire :
On voit dans ce texte le comportement d’Isaïe qui révèle un point important. La passivité et, on pourrait dire le presque abandon à celui qui est identifié comme Dieu, met le croyant en position de faiblesse et favorise la manipulation inconsciente. Le Dieu juif est un manipulateur et la relation qu’il instaure avec ceux qu’il a choisi est d’autant plus profitable pour lui qu’il s’adresse à des êtres peu enclins à s’interroger, voire à se rebeller s’ils avaient pu réfléchir à ce que leur demandait cet être. C’est peut-être la meilleure leçon que nous devons en tirer ; oui il faut être humble devant Dieu, mais après avoir suffisamment progressé dans notre éveil pour savoir à qui nous nous fions.

Psaumes : 116A (Vulgate 114), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

Hymne de reconnaissance après la guérison
1 – J’aime Iahvé car il entend la voix de mes supplications,
2 – il a tendu son oreille vers moi, le jour où je l’invoquais.
3 – Les lacets de la mort m’avaient enveloppé et les filets du Sheol m’avaient surpris, j’éprouvais de l’angoisse et du chagrin.
4 – J’invoquais le nom de Iahvé : « Ah ! Iahvé, sauve mon âme ! »
5 – Iahvé est miséricordieux et juste, notre Dieu est compatissant,
6 – Iahvé sauvegarde les simples : j’étais faible, il m’a secouru.
7 – Revient, mon âme, à ton repos, car Iahvé t’a fait du bien !
8 – Puisque tu as sauvé mon âme de la mort, mes yeux des larmes, mes pieds du faux pas,
9 – je marcherai devant Iahvé sur les terres des vivants.

Mon commentaire :
Il y a quand même quelques points étonnants. Si l’homme approche de la mort c’est sur la volonté de son Dieu. Or, il le sauve de la mort, contredisant ainsi son propre plan. De même l’homme est reconnaissant à Iahvé de l’avoir sauvé de la mort. C’est un cadeau facile de ne pas faire ce qu’on avait prévu et de se renier en quelque sorte. Par contre, oui Iahvé est bien le Dieu juste ! Le principe du Bien, lui, est le Dieu bon.

2e lecture :

Lettre de Jacques : 2, 14-18

14 – Mes frères, à quoi sert de dire qu’on a foi si on n’a pas d’œuvres ? Est-ce que la foi peut sauver ?
15 – Qu’un frère ou une sœur soient nus et manquent de nourriture quotidienne,
16 – si l’un de vous leur dit : Allez en paix, réchauffez-vous, rassasiez-vous, sans leur donner ce qu’il faut au corps, à quoi cela sert-il ?
17 – De même, sans les œuvres, la foi est tout à fait morte.
18 – Et on vous dira : Tu as la foi, moi j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans œuvres, moi je te montrerai ma foi par mes œuvres.

Mon commentaire :
Jacques tente de se distinguer de Paul sans toutefois y parvenir réellement. En effet, il veut valoriser les actes par rapport à la foi. Paul lui valorisait la foi par rapport au respect de la loi mosaïque.

Évangile selon Marc : 8, 27-35

27 – Jésus et ses disciples sortirent vers les bourgs de Césarée de Philippe. Et en chemin il questionnait ses disciples, il leur disait : Qui suis-je, au dire des hommes ?
28 – Ils lui dirent : Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes.
29 – Il leur demanda : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Pierre lui répond : Tu es le christ.
30 – Et il leur enjoignit de ne parler de lui à personne.
31 – Il commença à leur enseigner que le fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, trois jours après, ressusciter.
32 – Il disait le mot franchement. Pierre le prit à part et commença à le tancer.
33 – Mais lui se retourna et, voyant ses disciples, il tança Pierre, il dit : Va-t’en de moi, Satan ! car tu ne tends pas vers Dieu mais vers les hommes.
34 – Et il appela ensemble la foule et les disciples ; il leur dit : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et me suive.
35 – Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’évangile la sauvera.

Mon commentaire :
Voilà encore une action-réaction en deux temps. D’abord Jésus obtient une réponse valable et l’on pense que les disciples sont sur la bonne voie mais, ensuite, celui-là même qui avait montré des signes d’éveil va retomber dans sa boue d’ignorance. Ce que Pierre ne peut accepter c’est que Jésus soit dissocié de la lignée juive, qu’il ne soit pas le messie davidique venu sauver son peuple. Cet attachement à Iahvé n’est pas étonnant puisque l’essentiel de l’Église chrétienne va faire de même. Jésus fait alors l’apologie de lâcher prise, du renoncement à ce monde, ce qui difficile à entendre si l’on croit que Dieu est créateur de ce monde.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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