3-1-Doctrine cathare

Les cinq sens

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Les cinq sens

En regardant une nouvelle fois le film Tous les matins du monde, j’ai décidé de m’appuyer sur lui pour tenter de mettre par écrit ma compréhension de ce que sont réellement les cinq sens et de ce qu’est la sensualité. Je pense que c’est un point doctrinal qui chez les cathares était clairement la manifestation de la mondanité, car les cinq sens sont l’outil dont se sert l’âme mondaine pour nous asservir au monde.

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Qui est Dieu ?

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Ciel Bleu Et Rayon De Soleil Image stock - Image du sunset ...Qui est Dieu ?

Il est courant de dire que le catharisme n’a pas recours à la théologie puisque la théologie est le discours que l’on tient à propos de Dieu. Or, dans le catharisme, Dieu est étranger au monde et, par conséquent inconnu.

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Comment se sont créés les évangiles ?

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Comment se sont créés les évangiles ?

Initialement, la prédication des apôtres se faisait de manière strictement orale. Ils avaient toute latitude pour se déplacer et enseigner à travers tout le pays sans rien d’autre à craindre que le sanhedrin, le tribunal juif, qui veillait à l’orthodoxie et qui luttait contre le blasphème.

Mais un événement terrible va venir perturber cela. La guerre des juifs, comme l’a appelée Flavius Josèphe, va aboutir à la chute et à la destruction du temple de Jérusalem, ainsi qu’au massacre de milliers de juifs. Une terrible répression va ensuite se mettre en place pour de nombreuses années. Cela eut deux conséquences : le juifs ne pouvait plus se rendre au temple qui était le centre de leurs cultes, et les prédicateurs avaient beaucoup de mal à transmettre la tradition orale, avec le risque de la voir se disloquer dans son contenu en raison des difficultés de communication entre les centre de prêche.
Les juifs vont s’adapter en transférant le centre religieux qu’était le temple dans les synagogues, ce que l’on appelle la diaspora et les futurs chrétiens vont mettre par écrit leur tradition orale.

Pourtant un cas d’espèce particulier existait depuis 50 environ ; c’était Paul. De part son érudition personnelle d’une part, et en raison de la nature éparpillée de son auditoire d’autre part, il avait utilisé l’écrit en appui de sa prédication orale pour préparer les foules avant sa venue et pour renforcer sa prédication quand il partait pour de longs mois et même plusieurs années.

C’est pour cela que les écrits pauliniens sont largement antérieurs à tous les écrits judéo-chrétiens. Les évangiles synoptiques sont le reflet de cette mise par écrit d’une tradition orale. Comme le fit beaucoup plus récemment Tolkien, ce qui fut mis par écrit était une histoire parlée que l’on voulait conserver dans une certaine unité. L’auteur de Bilbo le hobbit le fit pour enrichir son récit qu’il racontait à ses enfants, les prédicateurs judéo-chrétiens le faisaient pour conserver une relative cohérence à leurs prêches. Cela explique également les convergences entre les textes et les corrections apportées pendant près de trois siècles.

À la fin du premier siècle, d’autres écrits furent produits et cela dura encore jusqu’à la mise en forme du Nouveau Testament.
Mais ces textes, qui n’avaient connu aucune tradition orale préalable, s’adressaient à des personnes averties. Ainsi l’Évangile selon Jean comportait de nombreuses idées philosophiques et des remises en cause de la tradition juive qui n’auraient jamais pu exister 50 ans plus tôt. Même Paul était beaucoup plus modéré et cela lui a pourtant valu plusieurs menaces de mort. Au deuxième siècle, ces écrits se sont multipliés, notamment en raison de la prise de pouvoir du judéo-christianisme des prédicateurs de Jérusalem qui rejetaient les autres courants pagano-chrétiens, dans l’appellation de gnostiques, de façon à les différencier et de les dénigrer.
Ces écrits, sans tradition orale, avaient besoin de toucher un public plus érudit et devaient donc aller plus loin dans la sollicitation intellectuelle. C’est pour cela qu’ils prirent une forme plus ésotérique et une présentation moins narrative. L’Évangile selon Thomas est de cette veine.
Est-ce que l’évangile attribué à Jean est de la main d’Apollos et celui attribué à Thomas de celle de Valentin ? Je pense que les experts continueront d’en discuter dans plusieurs siècles. Mais il est vrai que la forme de ces textes correspond bien aux étapes que je viens de décrire.

Pour autant, il ne faut pas tomber dans le piège de la validation par l’antériorité. Ce n’est pas parce qu’un texte est plus ancien qu’un autre qu’il est plus authentique et plus valable. Paul qui n’a jamais connu celui que nous appelons Jésus et qui n’a même pas cherché à connaître ceux qui prétendaient l’avoir connu vivant, a écrit sur la base de l’inspiration reçue de christ. Et en matière de foi, c’est cela qui importe.

Chacun de nous est libre de suivre telle ou telle foi, mais en matière de recherche il ne faut fermer aucune porte et explorer toutes les pistes, même celles qui ne vont pas dans le sens de notre foi.

Éric Delmas, 20 novembre 2019.

Être chrétien

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Être chrétien

Il y a des moments où il est bon de revenir aux fondamentaux. L’histoire médiévale nous montre que des chrétiens sont entrés en guerre contre une religion chrétienne et qu’ils ont fini par en tuer les membres qui refusaient d’apostasier leur propre christianisme. Au nom de quoi un chrétien peut-il agir ainsi ?
C’est là qu’il faut revenir aux fondamentaux afin de voir si quoi que ce soit peut justifier une telle attitude.Read more

Les fondamentaux de la doctrine et de la praxis cathare

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Les fondamentaux de la doctrine et de la praxis cathare

Structuration de la règle1

Les cathares nous ont donné l’image de penseurs structurés et cohérents. Appuyés sur la philosophie grecque, ils comprenaient la religion comme une pratique spirituelle simple, ouverte et compréhensible. Très loin des circonlocutions ésotériques et des constructions complexes du gnosticisme, ils voulaient comprendre ce que leur foi les poussait à mettre en œuvre, et ils voulaient que cela soit clair pour tous.
D’ailleurs, au Moyen Âge, même leurs opposants catholiques leur reconnaissaient cette lisibilité, au point que Dominique de Guzman en fera l’explication de l’échec de la campagne de prédication des légats pontificaux et conseillera d’imiter les cathares, dans leur comportement, pour être mieux perçus.

Le commandement nouveau

En venant « accomplir » la loi juive — ce qui veut dire, au sens littéral, y mettre un terme — christ propose de servir Dieu et non pas le démiurge dont les défauts et les vices sont si nombreux qu’on se demande comment des hommes ont pu le confondre avec Dieu. Et là, comme les premiers chrétiens détachés du judaïsme — et donc les cathares, l’avaient compris —, c’est la simplicité qui fait loi : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Si ce n’est fait, je vous invite à lire mon travail sur la Bienveillance, afin de comprendre cela en détail.
Mais ce commandement est une direction à suivre et, pas une carte ou une recette détaillée.
Même si toute la règle de justice et de vérité est soutenue par ce commandement, il n’en fait pas partie.

La praxis

Comme l’explique Aristote, dans Éthique à Nicomaque, l’état par lequel l’homme devient auto-suffisant à lui-même, et par conséquent, détaché du monde, qu’il appelle le bonheur et que nous nommons l’ataraxie, s’acquiert par la vertu et la pratique qui doit contenir en elle les mêmes critères que la vertu.
Il est donc nécessaire de pratiquer la vertu — que nous appelons la Bienveillance —, pour être complets dans notre démarche et atteindre l’ataraxie, état de stabilité absolue qui, tenant le monde à distance de nous, nous permettra le moment venu d’échapper à cet enfer.
Cette pratique autocentrée sur la Bienveillance s’appelle la praxis.

Les fondamentaux

Les fondamentaux du catharisme sont les éléments doctrinaux qui constituent la base de tous les éléments de la doctrine et de la praxis, mais qui de leur côté n’ont comme élément de référence que la Bienveillance. Ils ne dépendent pas les uns des autres et ne sont pas composés.
Après avoir étudié aussi sérieusement que je le peux le sujet, j’en retiens deux seulement : l’humilité et la non-violence.
En effet, ces deux éléments doctrinaux sont l’application directe de la Bienveillance, le premier à soi et le second aux autres. Par contre, ils sont à l’origine de tous les autres points doctrinaux sur lesquels s’appuie la praxis. Nous verrons, en les déclinant, qu’ils peuvent se combiner pour donner des éléments de la praxis où ils s’appliqueront, le premier aux autres et le second à soi.

L’humilité

La Bienveillance conduit naturellement à considérer les autres à l’aune de nous-même. La connaissance nous rappelle que nous ne sommes qu’une part d’un tout : l’Esprit unique émanant de Dieu, artificiellement divisé, et que les autres parties, prisonnières avec nous ou demeurées fermes, sont identiques.
Donc, contrairement à ce que la mondanité veut nous faire croire, nous ne sommes pas meilleurs que les autres ; dans la vérité nous ne sommes même pas différents des autres.
Cela les cathares l’avaient bien compris et faisait de ce point la base de leur doctrine. Leur Église n’était pas structurée hiérarchiquement de façon verticale. Chez les consolés, seules les compétences et les fonctions les amenaient à octroyer, par décision collégiale, une fonction ou une responsabilité à celui ou à celle dont ils pensaient que son avancement spirituel et ses qualités personnelles l’en rendaient capable, sans le mettre en difficulté dans son cheminement personnel.
L’humilité est d’abord un état intérieur et personnel qui signe la spiritualité, quand son opposé : la vanité signe la mondanité.
La personne humble est modeste dans la limite de la perception qu’elle a de ses compétences et de ses limites. Elle ne  mésestime pas ses compétences — ce qui la conduirait à refuser aux autres l’aide qu’elle serait en mesure de leur apporter —, mais elle ne se surestime pas au risque de priver le groupe d’une compétence plus utile. Contrairement à la parabole judéo-chrétienne, si elle ne s’assied pas devant (vanité), au risque d’être envoyée derrière, elle ne s’assied pas non plus derrière (fausse modestie) dans l’espoir d’être appelée devant.
Elle se donne le temps d’évaluer sa juste place — sans impatience —, sans céder aux sollicitations émanant de personnes moins au fait qu’elle de son avancement réel ; ce qui lui permet de se proposer là où elle sera utile à tous sans nuire à personne.
Nous verrons que, de l’humilité découle directement le refus de porter un jugement, d’affirmer avec certitude ou sous serment, de posséder plus que le strict nécessaire, etc.

La non-violence

La Bienveillance conduit à voir l’autre comme un autre soi-même. Nuire à l’autre est tout aussi désagréable que de subir une nuisance des autres. Donc, la règle de base envers les autres est de ne rien faire qui puisse leur nuire.

Or, nuire aux autres ne se limite pas à une neutralité non agressive ou à une défense proportionnée, car la non-violence n’est pas de l’anti-violence : il ne s’agit pas de s’opposer à la violence — personnelle ou extérieure —, mais d’évacuer tout concept de violence de sa nature spirituelle.
En fait, à chaque fois que nous agissons, nous devons nous interroger sur l’interaction que nous risquons de produire, à tous les niveaux de conséquences qu’elle pourrait avoir, et apprécier si elle est susceptible de nuire à qui que ce soit. Si aucune échappatoire n’est possible, nous devons veiller à ce que notre action soit neutre ou protectrice envers les autres formes de vie consciente selon une graduation qui s’évalue à l’aune de ce que la connaissance nous apprend. Une vie végétale doit bénéficier d’une meilleure protection qu’un élément minéral — a priori dépourvu de vie — ; une vie animale doit être favorisée au détriment d’une vie végétale — a priori dépourvue de conscience — et au sein du monde animal, ceux qui disposent d’une conscience — a priori apte à la spiritualité —, doivent être mieux protégés que les vies animales moins développées en ce domaine.
La non-violence s’applique dans la plupart des éléments de la règle que nous étudierons, tant dans les relations inter-humaines, que dans la pratique de vie la plus simple (alimentation, déplacements, etc.). En effet, nous devons être sensible à ce que le fait d’agir en bien pour les uns ne soit pas un mal pour les autres. La possession est donc à la fois un problème vis-à-vis de l’humilité, mais aussi de la non-violence, car l’excès dont bénéficie l’un est un manque dont souffre l’autre.

Ces fondamentaux posés, nous allons pouvoir dérouler la règle, point par point.

Éric Delmas, 23 juin 2019.


1 – Gardons toujours à l’esprit que la règle est une ligne de conduite librement et volontairement choisie par les chrétiens cathares consolés (ayant reçu le baptême d’esprit) et qu’elle ne s’applique qu’à eux. Les croyants, tout comme les sympathisants, peuvent y voir une forme de conduite morale à suivre de façon plus ou moins complète et plus ou moins approfondie, mais rien d’autre.

Qui peut être sauvé ?

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Qui peut être sauvé ?

Un chef pour Luc, un jeune homme pour Marc et Matthieu demandent à Jésus que faire, non seulement pour être dans la droite ligne des commandements vétérotestamentaires, mais surtout pour être sauvé selon ce que Jésus propose.
La réponse leur paraît trop violente, car elle nécessite l’abandon de toute possession terrestre et un lâcher prise des attaches contractées en ce monde.
Jésus le comprend et dit à ceux qui l’entourent :

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