Passion

Vendredi saint – Passion et mort du seigneur

4-4-Année liturgique
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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

 Messe du vendredi saint – Passion et mort du seigneur

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 52, 13 – 53, 12

13 – Voici que mon serviteur réussira, il sera haut placé, il s’élèvera, il sera très exalté.
12 – C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les multitudes et il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort et qu’il a été compté parmi les transgresseurs, alors qu’il a porté le péché des multitudes et qu’il intervient pour les transgresseurs.

Mon commentaire :
Ce passage est littéralement effrayant ! On y voit l’apologie du sacrifice dans la transgression et la récompense de celui qui agit comme hors-la-loi vis-à-vis de la société où il vit. Il recherche la mort qui lui garantit d’accéder aux félicités promises.
Franchement, ce système repris et valorisé par toutes les religions abrahamiques (judaïsme, judéo-christianisme, islam) a donné justification aux pires massacres et continue d’agir de nos jours, comme nous en avons eu le très récent et très terrible exemple.
Il faut le marteler sans cesse ; Dieu n’exige aucun sacrifice, juste de la Bienveillance.

Psaumes : 31 (Vulgate 30), 2ab. 6, 12, 13-14ab, 15-16, 17. 25

2 – En toi Iahvé, je m’abrite : que je ne sois jamais confondu !…
6 – En ta main je confie mon esprit : tu m’as racheté, Iahvé, Dieu de vérité !
12 – Pour tous mes adversaires je suis un opprobre, un objet de crainte pour mes voisins, un sujet de frayeur pour mes familiers, ceux qui me voient dans la rue fuient loin de moi !
13 – Je suis oublié des cœurs, tel un mort, je suis semblable à un objet perdu.
14 – Quand j’entends les calomnies d’un grand nombre, c’est l’effroi de toute part,…
15 – Mais, moi, j’ai confiance en toi, Iahvé, je me dis que tu es mon Dieu,
16 – en ta main sont mes destinées, délivre-moi de mes ennemis et de mes persécuteurs,
17 – fais briller ta face sur ton serviteur, sauve-moi par ta grâce !

Mon commentaire :
Au cas ou le texte précédent n’aurait pas été assez clair, nous avons ici le détail de l’explication. Celui qui se sacrifie est rejeté de tous et prend ce rejet pour la preuve qu’il est dans le bon droit. Mais il sait que Dieu est avec lui et ira au bout de son sacrifice car il en espère des félicités. La valorisation de l’esprit de sacrifice, c’est l’idéalisation de l’extrémisme et aucune des religions que je viens de citer n’y a manqué. Que ce soit les juifs à Massada ou Jopatopa, les chrétiens dans le cirque ou les musulmans aujourd’hui, tous sont persuadés d’agir pour leur salut car la religion qu’ils se sont fabriqué ignore l’amour et favorise la haine.

2e lecture :

Lettre aux Hébreux : 4, 14-16 ; 5, 7-9

14 – Puisque nous avons un suprême grand prêtre qui a traversé les cieux, Jésus le fils de Dieu, c’est à nous de l’avouer.
15 – Car notre grand prêtre n’est pas incapable de compatir à nos faiblesses, lui qui a tout éprouvé comme nous sauf le péché.
16 – Approchons-nous donc du trône de la grâce avec franchise pour recevoir miséricorde et trouver la grâce d’être secourus au bon moment.

Mon commentaire :
Christ est rappelé comme notre guide privilégié car seul capable de comprendre nos faiblesses. L’idée qu’il a traversé nos souffrances en ce monde confirme l’origine judéo-chrétienne de ce texte auquel Paul n’a aucune part.

7 – Lui, les jours de sa chair, il offrit avec grands cris et larmes des demandes et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort et il en fut exaucé pour sa piété.
8 – Bien que fils, il apprit l’obéissance en souffrant
9 – et, une fois parfait, il est devenu cause de salut éternel, pour tous ceux qui lui obéissent

Mon commentaire :
Christ, bien que fils de Dieu et sans péché a souffert en cette chair. Sous entendu, nous devons souffrir aussi pour accéder à sa félicité. Là encore l’idée du sacrifice pantelant est dominante dans le judéo-christianisme au lieu de l’effort vers la Bienveillance.

Évangile selon Jean : 18, 1 – 19, 42

1 – Jésus, après ces paroles, s’en alla avec ses disciples au-delà du torrent du Cédron. Il y avait là un jardin dans lequel il entra avec ses disciples.
42 – Alors, à cause de la Préparation des Juifs, c’est là qu’ils mirent Jésus, car ce tombeau était proche.

Mon commentaire :
Je ne comprends pas bien l’intérêt de ce découpage, à moins qu’il ne s’agisse de nous faire lire l’intégralité des deux chapitres.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Évangile selon Luc – Chapitre 23

4-2-Bible
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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre 23

1 – Ils se levèrent en masse et le menèrent devant Pilate.
2 – Et ils commencèrent à l’accuser, ils disaient : Nous l’avons trouvé en train de pervertir notre nation, d’empêcher qu’on paie les impôts à César et de se faire passer pour un christ roi.
3 – Et Pilate le questionna : Es-tu le roi des Juifs ? Il lui répondit : Tu le dis.
4 – Et Pilate dît aux grands prêtres et aux foules : Je trouve aucun motif contre cet homme.
5 – Mais ils insistaient : II soulève le peuple, il enseigne dans toute la Judée, et même depuis la Galilée, où il a commencé, et jusqu’ici.
6 – À cette parole, Pilate demanda si l’homme était galiléen
7 – et, ayant reconnu qu’il était du ressort d’Hérode, il le renvoya à Hérode qui, ces jours-là, était aussi à Jérusalem.
8 – Hérode se réjouit fort de voir Jésus. Car il y avait bon temps qu’il voulait le voir, à cause de ce qu’il en entendait, et il espérait qu’il y aurait à voir quelque signe de lui.
9 – Il lui posa donc bon nombre de questions, mais Jésus, ne lui répondit rien.
10 – Mais les grands prêtres et les scribes étaient là, qui l’accusaient serré.
11 – Hérode, avec ses troupes, le méprisa, il se moqua de lui, il le vêtit d’un habit splendide et il le renvoya à Pilate.
12 – Le jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, alors qu’auparavant ils se haïssaient.
13 – Pilate convoqua donc les grands prêtres, les chefs et le peuple
14 – et leur dit : Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple et voilà que moi qui l’ai jugé devant vous, je n’ai trouvé contre cet homme aucun des motifs dont vous l’accusez.
15 – Et Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. Voilà que rien de ce qu’il a fait ne mérite la mort.
16 – Je vais donc le faire corriger et le relâcher.
17 – Or il lui fallait, à chaque fête, leur relâcher quelqu’un.
18 – Mais ils hurlèrent tous en chœur : Enlève-le ! Relâche-nous Barabbas !
19 – Celui-ci avait été jeté en prison pour une insurrection qu’il y avait eue dans la ville, et pour meurtre.
20 – Pilate, qui voulait relâcher Jésus, les interpella encore
21 – mais ils vociféraient : Crucifie-le ! Crucifie-le !
22 – Pour la troisième fois il leur dit : Mais qu’a-t-il fait de mal ? Je n’ai trouvé en lui rien qui motive la mort, je vais donc le faire corriger et le relâcher.
23 – Mais ils se faisaient pressants et demandaient à grandes voix qu’on le crucifie, et leurs voix furent les plus fortes ;
24 – Pilate se prononça en faveur de leur demande :
25 – il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour insurrection et pour meurtre, et qu’ils demandaient, et leur livra Jésus à volonté.

Mon analyse :
Cette version insiste sur la responsabilité du peuple et des autorités juives dans la condamnation à mort de Jésus et disculpe Pilate et même Hérode. Contrairement aux autres versions l’armée romaine semble extérieure aux événements.

26 – Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et lui imposèrent de porter la croix derrière Jésus.
27 – Une grande multitude de peuple le suivait, et aussi des femmes qui se lamentaient et gémissaient sur lui.
28 – Jésus se retourna vers elles et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants ;
29 – car voilà que viennent des jours où on dira : Magnifiques les stériles, les ventres qui n’ont pas enfanté, et les seins qui n’ont pas nourri !
30 – Alors on commencera à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Couvrez-nous !
31 – Car si c’est là ce qu’on fait du bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ?

Mon analyse :
Jésus revient sur ses prédictions apocalyptiques et y ajoute la menace eschatologique à l’encontre de ce peuple réfractaire à sa prédication (bois vert, bois sec).

32 – Et on menait aussi deux autres malfaiteurs à supprimer avec lui.
33 – Quand ils arrivèrent au lieu-dit du Crâne, ils l’y crucifièrent avec les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
34 – Et Jésus disait : Père, remets-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
35 – Et le peuple était là, qui observait. Et les chefs aussi le narguaient, ils disaient : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le christ de Dieu, l’élu !
36 – Et les soldats aussi se moquaient de lui, ils s’approchaient, lui présentaient du vinaigre
37 – et disaient : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !
38 – Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : CELUI-CI EST LE ROI DES JUIFS.
39 – Et l’un des malfaiteurs pendus le blasphémait : N’es-tu pas le christ ? Sauve-toi toi-même et nous avec !
40 – L’autre le tança et lui répondit : Ne crains-tu pas Dieu toi qui es sous la même condamnation ?
41 – Pour nous, c’est justice et nous recevons ce que nous avons mérité, mais lui n’a rien fait de criminel !
42 – Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu arriveras dans ton règne.
43 – Et Jésus lui dit : Oui, je te le dis, aujourd’hui tu vas être avec moi au paradis.

Mon analyse :
Les différentes étapes de la crucifixion sont présentées de manière brouillonne comme si elles avaient été copiées sur Marc ou Matthieu. Par contre Luc est le seul à nous présenter l’un des larrons comme accessible à la grâce.

44 – C’était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure ;
45 – le soleil manqua, le rideau du sanctuaire se fendit par le milieu.
46 – Et Jésus vociféra à grande voix et dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, ce disant, il expira.
47 – Et le centurion, voyant ce qui arrivait, glorifia Dieu et dit : Vraiment, cet homme était juste !
48 – Et toutes les foules qui, accourues à ce spectacle, observaient ce qui arrivait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
49 – Quant à ses connaissances et aux femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée, elles se tenaient toutes au loin, pour voir.
50 – Et voilà qu’un homme appelé Joseph, qui était du Conseil, homme bon et juste,
51 – qui n’avait donné son accord ni à leur dessein ni à leur action, qui était de la ville juive d’Arimathie et attendait le règne de Dieu,
52 – s’approcha de Pilate, demanda le corps de Jésus
53 – et, après l’avoir fait descendre, l’enveloppa d’un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans la roche et où il n’y avait jamais eu personne.
54 – C’était le jour de la Préparation, aux premières lumières du sabbat.
55 – Les femmes, celles qui l’avaient accompagné depuis la Galilée et avaient tout suivi, regardèrent le tombeau et comment le corps avait été mis
56 – et elles s’en retournèrent apprêter les aromates et des parfums. Et le sabbat, elles se tinrent tranquilles selon le commandement.

Mon analyse :
Là aussi on sent une sorte de précipitation dans la présentation des faits.

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Évangile selon Luc – Chapitre 22

4-2-Bible
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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre XXII

1 – La fête des azymes, c’est-à-dire la Pâque, approchait.
2 – Les grands prêtres et les scribes cherchaient la manière de le supprimer ; car ils craignaient le peuple.
3 – Et Satan entra en Judas, appelé Iscarioth, qui était du nombre des douze.
4 – Il s’en alla parler avec les grands prêtres et les officiers sur la manière de le leur livrer.
5 – Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 – Il promit. Et il cherchait une occasion pour le leur livrer à l’écart de la foule.
7 – Vint le jour des azymes, où on devait immoler la pâque.
8 – Jésus envoya Pierre et Jean et leur dit : Allez nous apprêter de quoi manger la pâque.
9 – Ils lui dirent : Où veux-tu que nous l’apprêtions ?
10 – Il leur dit : Voilà : quand vous serez entrés dans la ville, un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre, suivez-le dans la maison où il entrera,
11 – et vous direz au maître de cette maison : Le maître te dit : Où est l’auberge où je pourrais manger la pâque avec mes disciples ?
12 – Et il vous montrera à l’étage une grande salle garnie. Faites-y les préparatifs.
13 – Ils s’en allèrent et ils trouvèrent tout comme il le leur avait dit ; et ils apprêtèrent la Pâque.

Mon analyse :
L’épisode de la trahison comporte une incohérence. Les Juifs cherchent un moyen de prendre Jésus sans soulever la colère du peuple. C’est donc un motif légitime qu’il leur faut. Or, que propose Judas ? Uniquement de désigner Jésus au moment opportun. Mais Jésus est connu et il ne manque pas de moments où il est en petite compagnie pour le prendre. Donc, l’intervention de Judas est sans intérêt pour les Juifs. Ce n’est qu’un élément narratif destiné à détourner la responsabilité de l’acte sur Satan et de fournir un coupable facile.

14 – Quand ce fut l’heure, il se mit à table, et ses apôtres avec lui.
15 – Et il leur dit : J’ai convoité de convoitise de manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 – car je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le règne de Dieu.
17 – Et recevant une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez-la et partagez-la entre vous,
18 – car je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que vienne le règne de Dieu.
19 – Et prenant du pain, il rendit grâces, le rompit, le leur donna et dit : C’est mon corps, qui est donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi.
20 – Et de même pour la coupe, après le dîner, il dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous.
21 – Mais voilà que la main de celui qui me livre est à table avec moi.
22 – Car le fils de l’homme doit en passer par ce qui a été établi, mais malheur à l’homme par qui il est livré !
23 – Et ils commencèrent à se demander les uns aux autres quel était donc celui d’entre eux qui allait faire cela ?

Mon analyse :
Jésus confirme l’imminence de sa passion. Au verset 19 il demande que l’on partage le repas en mémoire de lui. C’est l’argument que retiendront les cathares pour ritualiser le partage du pain.

24 – Ils eurent aussi une rivalité, à savoir qui d’entre eux semblait être le plus grand.
25 – Il leur dit : Les rois des nations exercent sur elles leur seigneurie, et ceux qui y ont le pouvoir se font appeler Bienfaiteurs.
26 – Ne faites pas pareil. Au contraire, que le plus grand parmi vous devienne comme le plus jeune ; et le chef comme celui qui sert.
27 – Car, quel est le plus grand ? celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
28 – Vous autres, vous êtes demeurés avec moi dans mes épreuves ;
29 – et moi je dispose pour vous d’un règne, comme mon père en a disposé pour moi,
30 – pour que vous mangiez et buviez à ma table, dans mon règne, et que vous vous asseyiez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 – Simon, Simon, voilà que le Satan vous a réclamés pour vous passer au crible, comme le blé ;
32 – mais moi, j’ai demandé pour toi que la foi ne te lâche pas ; et toi, quand tu te seras retourné, affermis tes frères.
33 – Pierre lui dit : Seigneur, avec toi je suis prêt à aller en prison et à la mort.
34 – Et Jésus dit : Je te le dis, Pierre, le coq aujourd’hui ne chantera pas, que par trois fois tu n’aies nié me connaître.

Mon analyse :
Jésus rappelle le point essentiel qui échappe encore aux disciples : l’humilité !

35 – Et il leur dit : Quand je vous ai envoyés sans bourse ni besace ni chaussures, de quoi avez-vous manqué ? Ils dirent : De rien.
36 – Il leur dit : Mais maintenant, qui a une bourse la prenne, et de même une besace; et qui n’a pas de sabre vende son manteau pour en acheter un.
37 – Car je vous le dis, je dois finir aussi cette écriture : Et il a été compté avec les iniques. Car pour moi c’est la fin.
38 – Ils dirent : Seigneur, voilà ici deux sabres. Il leur dit : C’est bon.
39 – Il sortit et alla comme d’habitude au mont des Oliviers, et les disciples le suivirent.
40 – Arrivé en ce lieu il leur dit : Priez pour ne pas être mis à l’épreuve.
41 – Il s’arracha à eux et, à genoux à environ un jet de pierre, il priait,
42 – il disait : Père, si tu veux, écarte de moi cette coupe. Toutefois, que soit faite non ma volonté mais la tienne.
43 – Et il vit un ange du ciel, qui le revigorait.
44 – Entré en agonie il priait plus intensément ; et sa sueur se coagulait comme du sang et descendait par terre.
45 – Et il se releva de sa prière, vint vers les disciples et les trouva qui dormaient de tristesse ;
46 – il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, pour ne pas être mis à l’épreuve.

Mon analyse :
Jésus annonce aux disciples qu’en son absence ils devront se munir des moyens de leur propre protection. Mais les disciples ne sont toujours pas prêts pour la mission qui les attend et ils n’arrivent même pas à se tenir éveillé face à la situation qui se présente.

47 – Comme il parlait encore, voilà une foule que précédait celui qu’on appelait Judas, l’un des douze. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
48 – Et Jésus lui dit : Judas, livres-tu le fils de l’homme par un baiser ?
49 – Ceux qui étaient autour de lui virent ce qui allait arriver et dirent : Seigneur, si nous frappions du sabre ?
50 – Et l’un d’eux frappa l’esclave du grand prêtre et lui arracha l’oreille droite.
51 – Mais Jésus répondit : Laissez ; cela suffit. Il lui toucha l’oreille et le guérit.
52 – Et Jésus dît à ceux qui étaient venus contre lui, grands prêtres, officiers du temple et anciens : Est-ce contre un bandit que vous êtes sortis avec des sabres et des bâtons ?
53 – Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le temple, vous n’avez pas tendu la main contre moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des ténèbres.
54 – Ils le prirent donc et l’emmenèrent, puis ils l’amenèrent dans la maison du grand prêtre. Et Pierre suivait de loin.
55 – Comme ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et s’étaient assis ensemble, Pierre s’assit au milieu d’eux.
56 – Et une servante, le voyant assis à la lumière, le fixa des yeux et dit : Celui-là aussi était avec lui !
57 – Mais il le nia et dit : Femme, je ne le connais pas.
58 – Peu après, quelqu’un d’autre dit, en le voyant : Toi aussi tu es des leurs ! Mais Pierre dit : Homme, je n’en suis pas.
59 – Environ une heure plus tard, un autre encore insistait et disait : En vérité celui-là aussi était avec lui; c’est même un Galiléen !
60 – Mais Pierre dit : Homme, je ne sais pas de quoi tu parles. Et tout de suite, alors qu’il parlait encore, un coq chanta.
61 – Le Seigneur se retourna, regarda Pierre, et Pierre souvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : Avant qu’un coq chante, aujourd’hui, tu me renieras trois fois.
62 – Il sortit et pleura amèrement.

Mon analyse :
Lors de son arrestation Jésus effectue son dernier miracle en soignant l’homme blessé. Pierre échoue face à la menace qu’il ressent et Jésus lui manifeste d’un regard qu’il le savait. Pierre prend alors conscience de sa réelle position.

63 – Et les hommes qui pressaient Jésus se moquaient de lui et le battaient.
64 – Ils lui mettaient un voile, puis ils le questionnaient : Prophétise ! Qui est-ce qui t’a frappé ?
65 – Et ils disaient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.
66 – Quand il fit jour, le Conseil des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, s’assembla. Ils l’amenèrent à leur sanhédrin
67 – et lui dirent : Si c’est toi le christ, dis-le nous ! Il leur dit : Si je vous le dis, vous n’aurez pas foi,
68 – et si je vous questionne, vous ne répondrez pas.
69 – À partir de maintenant le fils de l’homme va être assis à la droite de la Puissance de Dieu.
70 – Ils dirent tous : C’est donc toi le fils de Dieu ? Et il leur dit : Vous le dites vous-mêmes, c’est moi.
71 – Ils dirent : Qu’avons-nous encore besoin de témoignages ? Nous l’avons entendu nous-mêmes et de sa bouche.

Mon analyse :
Le procès de Jésus est vite bâclé puisque le blasphème est attesté ce qui suffit devant la loi mosaïque.

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Évangile selon Marc – Chapitre 15

4-2-Bible
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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.Read more

Christ et la passion

2-2-Cosmogonie & Mythes

Si la période de Pâques est pour les judéo-chrétiens le moment clé de l’année liturgique, c’est qu’il s’agit de la période sur laquelle repose toute leur théologie du Dieu fait homme pour souffrir en rédemption des péchés que l’humanité traîne derrière elle depuis la faute originelle d’Adam et Ève.

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Le carême de la désolation

8-5-ecf-Praxis cathare

Le carême de la désolation précède l’événement qui fut pendant longtemps la base de la prédication chrétienne. Son interprétation est à l’origine du schisme initial qui sépara les judéo-chrétiens des pagano-chrétiens. Les premiers, s’appuyant sur la mystique juive, y voyaient un sacrifice rédempteur conforme à leur vision doctrinale d’un Dieu ambivalent, à la fois punisseur et miséricordieux. Les seconds, se basant sur le message christique d’Amour absolu, y voyaient la clé de voute de la révélation de la supercherie du démiurge et de l’invalidation de la loi positive mosaïque.

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