Deutéronome

Saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

4-4-Année liturgique
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Saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

Selon le Pseudo-Denys l’Aéropagite (vers 490), il existe une hiérarchie céleste qui débute avec les anges et se termine, au neuvième niveau, avec les Séraphins. Les archanges occupent le deuxième niveau, juste au-dessus des anges. Ils sont au nombre de trois : Michel, Gabriel et Raphaël.
Michel est le prince de la milice céleste qui combat le dragon (cf. Apocalypse de Jean) ; Gabriel est le messager céleste (annonciation à Marie par exemple) et Raphaël est le protecteur des voyageurs qui apparaît dans le Livre de Tobit (Deutérocanoniques).
À l’instar des anges, qui sont des messagers, les archanges annoncent les événements les plus importants, mais ils sont aussi là pour accomplir les actes les plus importants.

Les orthodoxes parlent de sept archanges dont : Uriel, Barachiel, Sealtiel et Chamuel en sus des trois précédents. Selon les traditions et les textes, d’autres noms sont cités. Certains textes mettent également au rang d’archanges les forces du Mal : Lucifer, Samaël et Azazel. (Source Wikipédia)

1re lecture :

Deutéronome : 7, 9-10. 13-14

9 – « Tu sais donc que Iahvé, ton Dieu, est l’Élohim, le Dieu fidèle, qui garde l’alliance et la grâce jusqu’à mille générations pour ceux qui l’aiment et qui gardent ses commandements,
10 – mais qui rend la pareille à chacun de ceux qui le haïssent, pour le faire périr en personne : il ne tarde pas à atteindre celui qui le hait, il lui rend la pareille, à sa personne !
13 – il t’aimera, te bénira, te multipliera, il bénira le fruit de ton ventre et le fruit de ton sol, ton froment, ton moût et ton huile fraîche, la parturition de tes vaches et les portées de tes brebis, sur le sol qu’il a juré à tes pères de te donner.
14 – Béni seras-tu plus que tous les peuples ! Il n’y aura chez toi et dans ton bétail aucun mâle stérile, aucune femelle stérile.

Mon commentaire :
Iahvé est représenté comme un Dieu de justice, tant dans le bien que dans le mal. Les promesses faites pour ceux qui lui sont fidèles sont énormes et l’on peut donc comprendre qu’à chaque problème rencontré dans sa vie, le juif ne peut que se considéré en faute vis-à-vis de Iahvé.

Apocalypse de Jean : 12, 7-12a

7 – Ç’a été une guerre dans le ciel. Michel et ses anges ont fait la guerre au dragon et le dragon et ses anges ont fait la guerre
8 – et n’ont pas été les plus forts, et on n’a plus trouvé leur lieu dans le ciel.
9 – Il a été jeté le grand dragon, l’antique serpent qu’on appelle le diable et le Satan, lui qui égare tout le séjour, il a été jeté sur la terre et ses anges ont été jetés avec lui.
10 – Et j’ai entendu une grande voix dans le ciel, elle disait : C’est maintenant le salut, la puissance et le règne de notre Dieu et le pouvoir de son Christ, car il a été jeté l’accusateur de vos frères qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu.
11 – Eux, ils l’ont vaincu par le sang de l’agneau et par la parole de leur témoignage et ils ont méprisé leur âme jusqu’à mourir.
12 – Exultez donc, deux et vous qui vous y abritez. Malheur à la terre et à la mer ! car le diable est descendu chez vous avec grande fureur sachant qu’il a peu d’instants.

Mon commentaire :
À la fin de cette lutte, le Mal est défait et Satan jeté sur terre où il va poursuivre sa lutte contre l’Église (la femme). Vision très judéo-chrétienne d’une guerre où tout le monde fait preuve de violence. Or, pour les cathares, Dieu n’a pas de mal à opposer au Mal. La seule arme du bon principe est sa patience et l’éternité.

Psaumes : 138 (Vulgate 137), 1-2a, 2bc-3, 4-5

1 – De David. Je te rends grâce [Iahvé] de tout mon cœur, [car tu as entendu les paroles de ma bouche], en présence des Élohim je psalmodie pour toi.
2 – Je me prosterne devant ton Temple saint, je rends grâce à ton nom, pour ta grâce et ta vérité, car tu as élevé au-dessus de tout le renom de ta parole.
3 – Le jour où j’ai crié, tu m’as répondu, tu as augmenté la force de mon âme.
4 – Ils te rendront grâce, Iahvé, tous les rois de la terre, quand ils auront entendu les paroles de ta bouche,
5 – et ils chanteront les voies de Iahvé : « Grande est la gloire de Iahvé,

Mon commentaire :
Ce que David valorise en son Dieu — qui semble être le chef d’un groupe de divinités appelées Élohim — , c’est le fait de le protéger de ses ennemis et de les détruire. Le monothéisme juif semble être de façade. El, le dieu suprême antérieur au judaïsme, est cité dans sa forme plurielle et Iahvé semble en être un des adjoints..

2e lecture :

Évangile selon Jean : 1, 47-51

47 – Jésus vit venir Nathanaël et lui dit : Voici un vrai Israélite en qui il n’y a pas de ruse.
48 – Nathanaël lui dit : D’où me connais-tu ? Jésus lui répondit : Avant que Philippe t’appelle, je te voyais sous le figuier.
49 – Nathanaël lui répondit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.
50 – Jésus lui répondit : Parce que je t’ai dit que je te voyais sous le figuier, tu as foi. Tu verras de plus grandes choses.
51 – Et il lui dit : Oui, oui, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du fils de l’homme.

Mon commentaire :
Ce passage montre que pour les disciples, Jésus est rattaché à la loi mosaïque, la seule qu’ils connaissent et la seule qui soit normative du monde où ils vivent. Nous retrouverons ce problème plus tard avec le catholicisme qui remplacera la loi mosaïque et imprégnera la société de façon très prégnante (y compris chez les athées).

Voilà comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

15e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.Read more

1er dimanche de carême

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 1er dimanche de carême

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9e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.Read more

Deutéronome – 13

4-2-Bible
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La Torah – Pentateuque[1]

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction par Édouard Dhorme, textes traduits, présentés et annotés par Édouard Dhorme.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.Read more

Saint sacrement

4-4-Année liturgique
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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Saint-sacrement (eucharistie)

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La Bienveillance

1-1-Sujets principaux
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La Bienveillance

« Aimez-vous les uns les autres »

« Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés, vous aussi vous aimer les uns les autres. Par là, tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Évangile selon Jean (13, 34-35)

Ces phrases, anodines de nos jours, étaient presque anarchiques à leur époque. D’abord par la présentation qui en est faite. Présentée comme un commandement nouveau, elle affirme qu’une telle proposition est nouvelle, donc que la Torah et ses dix commandements sont incomplets puisqu’ils ne prévoient pas ce cas. Or, on y trouve pourtant, dans l’Exode et le Deutéronome[1], l’amour dû à Dieu et, dans le Lévitique[2], l’amour du prochain.

La loi mosaïque

Le prochain, pour les juifs, désigne celui dont on était proche d’un point de vue ethnique et spirituel ; le congénère et le coreligionnaire. L’amour filial étant dans les dix commandements, il ne peut s’agir d’une redite.

En effet, dans les dix commandements : la loi mosaïque, dite également loi positive, il y a plusieurs points fixant des obligations préférentielles :
1 – Obligation d’avoir Iahvé comme seul Dieu puisqu’il a libéré le peuple juif d’Égypte ;
2 – Interdiction de toute idolâtrie et, également iconoclasme (image), car Iahvé est un Dieu jaloux se vengeant sur les fils des fautes des pères ;
3 – Utilisation parcimonieuse et justifiée du nom de Iahvé ;
4 – Observation du septième jour, le Sabbat, totalement réservé à honorer Iahvé en souvenir de la libération d’Égypte ;
5 – Respect envers les parents ;
6 – Proscription du meurtre, sans précision ;
7 – Proscription de l’adultère ;
8 – Proscription du vol ;
9 – Proscription du faux témoignage contre le prochain ;
10 – Proscription de toute atteinte aux biens du prochain, y compris en pensée.

La loi du talion

La loi du talion[3]prévoit également une réciprocité équivalente envers celui qui cause un tort à son semblable. Cela va du remboursement d’une bête tuée sous les coups (âme pour âme) à la mise à mort pour un meurtre, en passant par la réciprocité des blessures (fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent). Il semble que la loi du talion adoptée par les juifs soit héritée des mésopotamiens puisqu’on la trouve dans le code d’Hammurabi[4], prône la réciprocité : «  § 196 : Si quelqu’un a crevé un œil à un notable, on lui crèvera un œil. § 197 : S’il a brisé un os à un notable, on lui brisera un os. § 200 : Si quelqu’un a fait tomber une dent à un homme de son rang, on lui fera tomber une dent. »

La non-violence absolue

Christ se positionne clairement en opposition à ces lois positives, comme cela nous est rapporté chez Matthieu et Luc :
Matthieu (5, 43-44) : « Vous avez entendu qu’on a dit : Tu aimeras ton proche et détesteras ton ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous poursuivent ; alors vous serez fils de votre père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons et pleuvoir sur les justes et les injustes. »
Luc (6, 27-28) : « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous détestent,  bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous insultent. »

Luc et Matthieu ajoutent même une partie qui fait penser à une loi du talion inversée :
Luc (6, 29-30) : « Celui qui te tape sur une joue, présente-lui aussi l’autre ; et celui qui te prends ton manteau, ne l’empêche pas non plus de prendre ta tunique. »
Matthieu (5, 38-41) : « Vous avez entendu qu’on a dit : Œil pour œil, dent pour dent. Et moi je vous dis de ne pas vous opposer au mauvais. Mais quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre ; et celui qui veut de faire juger pour prendre ta tunique, laisse-lui aussi le manteau. Quelqu’un te requiert pour un mille, fais-en deux avec lui. »

Il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien d’un commandement nouveau. Il a deux sens connexes. D’abord, il signe une absence dans les lois antérieures. La Torah est donc une loi incomplète. De ce fait, il indique que la loi d’Amour vient prendre le pas sur la loi mosaïque. Cela ne nous étonne pas puisque la loi mosaïque est accomplie sans qu’on ne lui retire ne serait-ce qu’un iota, c’est-à-dire comme toute action que l’on a accomplie, elle est terminée et manifestement incomplète, voire contraire à la loi que vient édicter Christ.

L’amour demandé n’est pas rien. En effet, il se base sur l’exemple de celui que Christ à offert à l’humanité ; c’est donc un amour absolu, sans limites et sans la moindre attente de retour. Ce corps de phrase est d’ailleurs intéressant, car il fait la bascule entre les deux autres à qui il sert de conclusion et d’entame. La première partie est une demande normale, alors que si l’on commence la lecture avec : « comme je vous ai aimé », elle devient forte et insistante.
En fait, cette phrase marque la séparation entre le judaïsme et le christianisme. Le premier prône l’amour et la soumission à son Dieu quand le second met en avant l’amour universel. Mélanger les deux pose problème.

On voit bien que celui qui veut suivre Christ est obligé d’effacer les lois antérieures pour repartir sur une seule loi : la loi d’Amour, c’est-à-dire la Bienveillance ou, comme le dit Paul, la charité qui est le seul Évangile de Christ.

Le commandement des cathares

Il est désormais bien clair que les cathares, hautement respectueux d’appliquer à la lettre cet unique commandement de christ, ne pouvaient qu’en faire la pierre d’angle, le faîte de leur doctrine.
C’est pourquoi ils vont organiser leur doctrine en veillant à ce que chaque point la constituant respecte absolument ce commandement.

La Bienveillance était effectivement considérée comme le signe que son porteur était sur le bon chemin, celui qui le mènerait vers sa bonne fin. On le voit bien dans les dépositions faites devant l’Inquisition. Par exemple, Arnaud Sicre[5], fils d’une bonne croyante, décidé à dénoncer et faire capturer des bons-chrétiens, indique dans sa déposition qu’arrivé à San Mateo, en Aragon, il rencontre une femme qui se dit de Saverdun, mais qu’il identifie comme étant de Prades ou de Montaillou. Il s’agit de Guillemette Maury, dont la tête est mise à prix. La première chose qu’elle lui demande est : « As-tu “Entendement de Be ?” », ce qui signifie l’entendement (la connaissance) du Bien. Par extension, elle propose à Arnaud de rencontrer le Be (Bien), c’est-à-dire un bon-chrétien, en l’occurrence, Guillaume Bélibaste.
Il est donc clair que, pour les cathares, le Bien est le point suprême de leur foi et de leur doctrine.

Je vous présenterai en détail tous les éléments de la doctrine, afin que chacun puisse vérifier la validité de mes propos, avec un maximum de références. Cela sera disponible dans l’espace abonné pour ne pas surcharger cette zone de découverte.

En attendant et pour conclure, je voudrais confirmer que nous ne pouvons pas envisager la résurgence du catharisme, si nous ne mettons pas nous aussi la Bienveillance en tête de la doctrine, non pas comme élément fondamental, mais bel et bien, comme fondement.

Il ne saurait y avoir d’Église cathare de France qui accepte la moindre entorse à ce sujet.

Éric Delmas, 14 juin 2019.


[1]Décalogue : Exode (20, 1-17) et Deutéronome (5, 6-21)

[2]Lévitique (19, 18) : « Tu ne te vengeras pas, tu ne garderas pas de rancune envers les fils de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

[3]Lévitique (24, 17-21) et Deutéronome (19, 21)

[4]Roi de Babylone qui a régné de 1792 à 1750 avant notre ère.

[5]Version française de Jean Duvernoy du Registre d’Inquisition de Pamiers devant Jacques Fournier. Déposition 65, tome 3, pp 751 et suivantes.

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