Première lettre de Pierre – Chapitre 2

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Première lettre de Pierre

Chapitre 2

1 – Rejetez donc toute méchanceté, toute ruse, la comédie, l’envie et toutes les calomnies
2 – et, comme des nouveau-nés, ayez hâte du pur lait de la parole afin qu’il vous fasse grandir pour le salut,
3 – si vous avez goûté que le Seigneur est bon. Approchez-vous
4 – de la pierre vivante rejetée par les hommes, mais élue et précieuse devant Dieu
5 – et, pierres vivantes vous-mêmes, vous serez bâtis en maison spirituelle, en sainte prêtrise pour offrir les sacrifices spirituels que Dieu accepte par Jésus Christ.
6 – En effet on trouve dans l’écriture : Voici, je place en Sion une pierre angulaire, élue, précieuse, et qui s’y fie n’aura pas honte.
7 – Honneur donc à vous les fidèles. Mais pour les infidèles : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue tête d’angle,
8 – pierre d’achoppement, roche d’embûche, ils choppent contre les paroles qu’ils refusent, ils ont été faits pour cela.
9 – Vous au contraire, vous êtes une race élue, une royale prêtrise, une nation sainte, un peuple acquis pour proclamer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son étonnante lumière.
10 – Vous qui jadis n’étiez pas un peuple, vous êtes
maintenant le peuple de Dieu. Vous à qui on ne faisait
pas miséricorde, on vous a maintenant fait miséricorde,

Mon analyse :
Pierre essaie de reprendre la citation des Psaumes utilisée par Jésus à la fin de la parabole des vignerons (Matth. 21, 42-44, Marc 12, 10-11 et Luc 20, 17-18). La pierre angulaire, vue par Jésus, montrait que ceux qui ne le reconnaissaient pas faisaient une erreur. Pour Pierre c’est moins clair. Il y voit effectivement un point de blocage pour ceux qui ne suivent pas la parole de Dieu, mais aussi une séparation entre les croyants et les autres. C’est même un repère placé par Dieu ; la pierre tête d’angle ressort du mur par rapport aux autres. Et ce mur c’est la bâtisse que forme la communauté des croyants abreuvée au lait de la parole. Il termine en louant les croyants, sans doute pour les aider à supporter les avanies dont ils sont victimes au quotidien.

11 – Chers, je vous exhorte, comme des gens en séjour et de passage, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font campagne contre l’âme,
12 – et à avoir une belle conduite parmi les nations qui vous calomnient comme des malfaiteurs, pour qu’elles s’aperçoivent de vos belles œuvres et glorifient Dieu le jour de la Visitation.
13 – Soumettez-vous, à cause du Seigneur, à toute institution humaine que ce soit le roi comme souverain
14 – ou les gouverneurs comme envoyés par lui pour châtier les malfaiteurs et louer les bienfaisants.
15 – C’est en effet la volonté de Dieu qu’en faisant le bien vous museliez l’ignorance des sots.
16 – Faites-le en hommes libres, non pas en hommes qui mettent un voile de liberté sur leur méchanceté, mais plutôt en esclaves de Dieu.
17 – Honorez tout le monde, aimez les frères, craignez Dieu, honorez le roi.
18 – Domestiques, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement s’ils sont bons et modérés, mais même s’ils sont retors
19 – car c’est une grâce de supporter, par conscience de Dieu, les peines injustement souffertes.
20 – Où est la gloire d’endurer un soufflet pour une faute ? Mais endurer de souffrir pour avoir bien fait est une grâce devant Dieu.
21 – C’est à quoi vous êtes appelés puisque le Christ aussi a souffert pour vous. Il vous a laissé un modèle à suivre pas à pas,
22 – lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche de qui on n’a pas trouvé de ruse ;
23 – lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte et, souffrant, ne menaçait pas mais se livrait au juste juge ;
24 – lui dont le corps portait nos fautes sur le bois afin que, morts aux péchés, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure nous a guéris.
25 – Vous étiez en effet comme des brebis égarées, mais vous êtes retournés au berger, au surveillant de vos âmes.

Mon analyse :
Pierre insiste sur l’importance de l’exemplarité. Le Chrétien est, dans ce monde, quelqu’un de passage qui ne doit pas laisser de trace par une volonté d’agir en ce monde. Il demande que l’on respecte l’organisation sociale et sa hiérarchie, non pas en hommes soumis mais en hommes libres. En fait, sous une apparente servilité — malheureusement comprise au sens premier par le système catholique — se cache un appel au détachement des valeurs de ce monde, elles-mêmes ramenées au même rang malgré les différences sociales. C’est le sens du verset 17 qui présente de façon croissante les formes de respect (tout le monde, les frères et Dieu) pour citer le roi en dernier, comme s’il avait été oublié. C’est donc bien au second degré qu’il faut lire cette liste de devoirs. Afin de ne pas nous impliquer dans ce monde, nous en respectons à titre personnel le fonctionnement, mais nous lui sommes étrangers car soumis volontairement à un rapport de sujétion plus important car libre.

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