Lettre de Paul aux Romains – 7

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Romains

Chapitre 7

1 – Ou ignorez-vous, frères, car je parle à des connaisseurs de la loi, que la loi a autorité sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ?
2 – La femme mariée est en effet liée par la loi à l’époux vivant, mais si l’époux meurt elle est dégagée de la loi de l’époux ;
3 – donc, du vivant de l’époux, on la taxera d’adultère si elle est à un autre ; mais si l’époux meurt, elle est libre envers la loi et d’être à un autre sans adultère.
4 – De même vous aussi, mes frères, vous êtes morts à la Loi par le corps du Christ pour être à un autre, à celui qui a été relevé d’entre les morts afin que nous portions du fruit pour Dieu.
5 – Lorsqu’en effet nous étions dans la chair, les passions des péchés que provoque la Loi étaient à l’œuvre dans nos membres afin de porter du fruit pour la mort.
6 – Mais à présent, morts à ce qui nous séquestrait, nous avons été dégagés de la Loi en sorte de nous asservir avec un esprit neuf mais non à l’ancienne lettre.
7 – Que dirons-nous donc ? La Loi est-elle péché ? Que non ! Mais je n’ai connu le péché que par la Loi. Je n’aurais pas su la convoitise si la Loi n’avait dit : tu ne convoiteras pas.
8 – Mais le péché a pris occasion du commandement pour produire en moi toute convoitise, car sans la loi le péché est mort.
9 – Moi je vivais sans loi autrefois ; mais quand le commandement est venu, le péché a pris vie.
10 – Moi, je suis mort et je me suis trouvé avec un
 commandement de vie qui m’a été une mort.

Mon analyse :
Comme d’habitude, le scribe insère dans chaque paragraphe de l’apôtre des digressions destinées à influer le sens des paroles de ce dernier. Ici, nous retrouvons la parole initiale dans les quatre premiers paragraphes. Tout est contenu dans le verset 4, les trois premiers ne servant que d’exemple. La mort de Christ invalide la Loi positive que les Juifs ont développée à partir des commandements que Iahvé à donné à Moïse. Toute loi positive porte en elle le péché puisqu’elle crée des obligations que notre nature mondaine nous pousse à transgresser.

11 – En effet le péché a pris occasion du commandement pour me séduire et par lui me tuer.
12 – De sorte que la Loi est sainte et le commandement saint, juste et bon.
13 – Un bien a-t-il donc été ma mort ? Que non ! Mais le péché afin de se montrer péché m’a donné la mort au moyen d’un bien, afin qu’au moyen du commandement le péché soit par excellence pécheur.
14 – Nous savons en effet que la Loi est spirituelle mais moi je suis charnel, vendu au péché.
15 – Mes actes, en effet, je ne les reconnais pas, car ce que
je veux je ne le pratique pas mais je fais ce que je déteste.
16 – Si donc je fais ce que je ne veux pas, j’accorde à la Loi qu’elle est bonne.
17 – Ce n’est donc plus moi qui agis mais le péché logé en moi.
18 – Je sais en effet que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair, car vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir.
19 – Ainsi le bien que je veux je ne le fais pas, mais le mal
que je ne veux pas, je le pratique.
20 – Si donc je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui agis mais le péché logé en moi.
21 – Je trouve donc cette loi, pour moi qui veux faire le bien, que le mal est à ma portée ;
22 – car en mon for intérieur je me délecte de la loi de Dieu,
23 – mais je vois dans mes membres une autre loi mener la guerre contre la loi de mon intelligence et me faire prisonnier de la loi du péché qui est dans mes membres.
24 – Misérable de moi ! qui me délivrera du corps de cette mort ?
25 – Dieu merci par Jésus Christ notre seigneur ! Ainsi l’intelligence m’asservit-elle à la loi de Dieu et la chair à la loi du péché.

Mon analyse :
Le scribe essaie de nous convaincre que la Loi est d’origine divine, et pour lui en effet elle l’est. Pour Paul c’est plus compliqué. Il a compris que quelque chose en lui le pousse au bien, mais que son incarnation le pousse au mal. Le scribe essaie de blanchir la loi de toute responsabilité mais il n’arrive pas à tordre suffisamment la parole de l’apôtre. Au verset 7, il dit que la Loi est bonne mais que le péché n’existe que par la loi ! Au verset 11, il améliore sa proposition en disant que le péché à profité de la loi pour agir. Donc, le péché serait extérieur à la loi. Au verset 14, c’est l’incarnation qui est soumise au péché alors qu’au verset 22 il sait que spirituellement il est attiré par la loi de Dieu. En fait, jusqu’au verset 16 il parle de la loi positive et emploie une majuscule, alors qu’à compter du verset 21 la loi de Dieu en minuscule est la loi d’Amour de Christ. Le verset 21 est sémantiquement intéressant. Paul découvre une troisième loi, celle qui veut qu’en ce monde, quand on veut faire le bien on ne trouve que le mal. Le cri du verset 24 est magnifique, en effet tant que nous serons incarnés nous ne pourrons échapper à la loi positive et resterons prisonniers. Enfin, il affirme bien que c’est en suivant Christ que nous serons dans la loi d’Amour.

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