Lettre de Paul aux Romains – 6

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Romains

Chapitre 6

1 – Que dirons-nous donc ? Persisterons-nous dans le péché pour que la grâce abonde ? Que non !
2 – Nous qui sommes morts au péché, comment vivre encore en lui ?
3 – Ou ignorez-vous que nous tous qui avons été immergés dans le Christ, nous avons été immergés dans sa mort ?
4 – Nous avons donc été ensevelis avec lui par l’immersion en sa mort afin que comme le Christ a été relevé d’entre les morts par la gloire de son père, nous marchions nous aussi dans une vie nouvelle.
5 – Car si par analogie avec sa mort nous avons participé à sa nature, nous y participerons aussi par analogie avec sa résurrection.
6 – Nous savons en effet que le vieil homme en nous a été crucifié avec lui afin que soit aboli le corps du péché pour que nous ne soyons plus asservis au péché,
7 – car celui qui est mort est justifié du péché.
8 – Or si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui,
9 – nous savons que le Christ relevé d’entre les morts ne meurt plus, la mort n’a plus autorité sur lui :
10 – en mourant, il est mort au péché une fois pour toutes et, vivant, il vit pour Dieu.
11 – Vous aussi, comptez-vous pour morts au péché et vivants pour Dieu dans le christ Jésus.

Mon analyse :
Le scribe semble avoir noyé la pensée de Paul, qui pourrait se résumer aux deux premiers versets : ce que nous enseigne la mort et la résurrection, c’est que nous ne dépendons pas de ce monde et que si nous nous libérons de lui nous serons sauvés nous aussi de sa contrainte. C’est ce que l’on résume en disant qu’il faut faire mourir l’Adam en nous pour y faire vivre le Christ. Adam étant le premier homme tombé et enfermé dans la prison de chair.

12 – Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, ce serait obéir à ses convoitises,
13 – et ne présentez pas au péché vos membres comme armes d’injustice mais vous, vivants d’entre les morts, présentez-vous à Dieu et vos membres comme armes de justice pour Dieu ;
14 – le péché en effet n’aura pas autorité sur vous, car vous n’êtes plus sous la Loi mais sous la grâce.
15 – Quoi donc ? Pécherons-nous parce que nous ne sommes plus sous la Loi mais sous la grâce ? Que non !
16 – Ne savez-vous pas que si vous vous présentez à quelqu’un comme esclave pour obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché pour la mort, soit de l’obéissance pour la justice ?
17 – Or, Dieu merci, vous qui étiez esclaves du péché, vous avez obéi de tout cœur à la règle de doctrine qui vous a été transmise ;
18 – et, libérés du péché, vous vous êtes asservis à la justice.
19 – Je parle en homme à cause de la faiblesse de votre chair. De même que vous avez présenté vos membres en esclaves à l’impureté et à l’iniquité pour l’iniquité, présentez maintenant vos membres en esclaves à la justice pour la sanctification.
20 – Car lorsque vous étiez esclaves du péché vous étiez libres envers la justice.
21 – Quels fruits portiez-vous donc alors, dont maintenant vous avez honte ? car leur fin est la mort.
22 – Mais maintenant, libérés du péché, asservis à Dieu, vous portez du fruit de sanctification dont la fin est la vie éternelle,
23 – car le salaire du péché est la mort, et le don de Dieu est la vie éternelle dans le christ Jésus notre seigneur.

Mon analyse :
Le scribe en rajoute encore des couches car si l’on dit à un Judéo-chrétien que désormais il est sauvé grâce à l’action d’un autre, le danger est qu’il se sente libre de faire comme il lui plait. Il insiste donc sur le fait qu’une fois libéré des péchés antérieurs liés à sa condition d’esclave, il doit maintenant mener une vie pure. Pour les cathares cela allait de soi, puisque la Consolation faisait la conclusion de la vie antérieure et ouvrait la voie d’une vie hors du monde et de ses turpitudes. C’est la raison d’être de l’ascèse cathare. C’est aussi l’explication du fait que la Consolation, le seul baptême qui vaille, ne peut se donner sans un consentement éclairé de celui qui le reçoit.

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