Lettre de Paul aux Romains – 5

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Romains

Chapitre 5

1 – Justifiés donc en vertu de la foi, soyons en paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ
2 – par qui nous avons eu accès à travers la foi à cette grâce où nous sommes, et nous vantons d’espérer la gloire de Dieu.
3 – Et non seulement, mais nous nous vantons de nos afflictions, sachant que l’affliction produit la résistance
4 – et la résistance, le mérite et le mérite, l’espérance ;
5 – or l’espérance ne fait pas honte, car l’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné.

Mon analyse :
En l’absence d’information supplémentaire de la part de Marcion, dont l’œuvre ne nous est parvenue que de façon très restreinte, essayons de voir ce que nous pouvons tirer de ce texte. Ces cinq premiers versets sont conformes à la pensée de Paul. La foi nous justifie envers Dieu par l’intermédiaire du Christ qui s’est présenté ainsi dans les évangiles. Cette foi nous permet d’espérer la grâce de Dieu qui nous permettra de revenir à ses côtés le moment venu. Cette foi nous aide également à supporter les difficultés que nous rencontrons en ce monde, qui ne font que nous conforter dans la certitude qu’il ne peut être de Dieu mais du Mal.

6 – Quand en effet nous étions encore faibles, le Christ à son heure est mort pour des impies.
7 – À peine meurt-on pour un homme juste ; peut-être supporterait-on de mourir pour un homme de bien.
8 – Or l’amour de Dieu pour nous, c’est que le Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs.
9 – Donc, à présent que nous sommes justifiés par son sang, combien plus serons-nous sauvés par lui de la colère !

Mon analyse :
On a l’impression qu’à chaque fois que Paul émet une opinion dans sa lettre, le scribe intervient par de longs développements pour l’orienter dans le sens judéo-chrétien qui est le sien. Là, il nous rappelle sa lecture sacrificielle de la passion allant jusqu’à en faire une volonté divine. Or, Dieu ne peut vouloir la mort et la souffrance de personne et si Christ fut condamné par les Juifs, ce n’est pas en vertu de la volonté de Dieu mais en raison des prescriptions de Iahvé et de la Loi positive.

10 – Car si, ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.
11 – Et non seulement, mais nous nous vantons de Dieu par notre seigneur Jésus Christ de qui nous tenons désormais la réconciliation.
12 – Et comme par un seul homme le péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort, et qu’ainsi la mort a passé à tous les hommes, du fait que tous ont péché…
13 – Car jusqu’à la Loi le péché était dans le monde, mais le péché ne compte pas quand il n’y a pas de loi ;
14 – la mort a pourtant régné depuis Adam jusqu’à Moïse, et sur des gens qui n’avaient pas péché d’une transgression pareille à celle d’Adam, lequel est l’empreinte de celui qui devait venir.

Mon analyse :
Là encore le scribe suit à la lettre le crédo judéo-chrétien. Ce n’est pas le démiurge le fautif, c’est Adam ! Et nous tous subissons les conséquences de sa faute. Quelle facilité que de charger une mule qui ne sait pas ce qu’on lui reproche. Le verset 13 est parfaitement juste. La Loi crée la notion de péché en ce qu’elle décide de ce qui est bon ou pas. Les Cathares le disaient aux croyants : « Nous seuls sommes pécheurs et non vous, car nous avons l’entendement du Bien. »

15 – Mais il n’en est pas du don comme de la faute : si en effet par la faute d’un seul beaucoup sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don ont-ils, par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, abondé sur beaucoup.
16 – Et il n’en est pas de cette faveur comme du péché d’un seul, car à partir d’un seul le jugement aboutit à la condamnation, tandis qu’à partir de beaucoup de fautes le don aboutit à la justification.
17 – Si en effet par la faute d’un seul la mort a par lui seul régné, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice règneront-ils à vie par Jésus Christ seul.
18 – Donc comme la faute d’un seul aboutit à la condamnation pour tous les hommes, la justice d’un seul aboutit à la justification à vie pour tous les hommes ;
19 – et comme la désobéissance d’un seul homme a constitué beaucoup de pécheurs, l’obéissance d’un seul constituera beaucoup de justes.
20 – Or la Loi était intervenue pour que la faute abonde, mais où le péché abondait, la grâce a surabondé
21 – afin que, comme le péché régnait par la mort, la grâce règne par la justice en vie éternelle par Jésus Christ notre seigneur.

Mon analyse :
Ce final est de la même veine et tente de créer un parallèle entre celui par qui toute l’humanité fut plongée dans la faute et celui par qui elle est désormais accessible au Bien. Cette volonté de lier tous les humains es typique des religions positives. Elles ont pour objet de gérer la vie en ce monde. Le Catharisme ne s’occupe pas de cela. Son but est d’éveiller chaque individu à sa réalité personnelle et de l’aider, s’il est prêt à le faire, à cheminer vers sa propre vérité et son salut. De mon point de vue nous pouvons considérer que seuls les cinq premiers versets sont authentiquement de Paul.

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