Lettre de Paul aux Philippiens – 3

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Philippiens

Chapitre 3

1 – Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur. Vous écrire les mêmes choses, pour moi, ce n’est pas terrible et, pour vous, c’est plus sûr.
2 – Gare aux chiens, gare aux mauvais ouvriers, gare à l’incision !
3 – Car la circoncision, c’est nous qui servons Dieu en esprit et nous vantons du christ Jésus sans nous assurer dans la chair,
4 – quoique moi, j’aie aussi des assurances dans la chair. Si un autre pense être assuré dans la chair, moi davantage !
5 – Circoncis à huit jours, Israélite de race, tribu de Benjamin, Hébreu issu d’Hébreux et, pour la Loi, pharisien ;
6 – pour le zèle, persécuteur de l’église ; pour la justice légale, irréprochable.
7 – Mais cela qui m’était un gain, je l’ai estimé comme un détriment, à cause du Christ.
8 – Mais oui, et j’estime même que tout est détriment, parce qu’il est supérieur de connaître le christ Jésus mon seigneur, à cause de qui j’ai tout mis aux détritus et tout estimé comme des déchets, afin de gagner le Christ
9 – et qu’on me trouve en lui non pas avec ma propre justice légale, mais celle de la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi.
10 – Et de le connaître, lui et la puissance de sa résurrection, et d’être associé à ses souffrances et conformé à sa mort,
11 – peut-être toucherai-je à la résurrection des morts.
12 – Je n’ai pas encore reçu, et je ne suis pas encore parfait, mais je poursuis et tâche de saisir, ayant moi-même été saisi par le christ Jésus.
13 – Frères, je ne compte pas avoir saisi ; seulement, oubliant ce qui est derrière, et tendu vers ce qui est devant,
14 – je poursuis le but pour le prix auquel Dieu m’a appelé d’en haut dans le christ Jésus.

Mon analyse :
Paul revient toujours sur les mêmes mises en garde. Il mêle à la fois les païens, traités de chiens par les Juifs, et les mauvais apôtres judéo-chrétiens qui viennent détourner ses communautés. Il mêle d’ailleurs dans le même terme les scarifications païennes et la circoncision sous le terme incision. Il rappelle que la seule marque qui vaille c’est celle du service et de la foi. Il se sert de son exemple en rappelant qu’il était parfaitement en accord avec la loi mosaïque mais qu’il a rejeté cette reconnaissance quand Christ l’a appelé. Malgré tout, il manifeste son humilité en ne prétendant pas être sauvé. Les versets 12 et 13 sont essentiels. Il ne suffit pas d’être dans le bon groupe pour être sauvé et pourtant le salut ne vient pas des œuvres mais de la grâce divine que l’on espère en maintenant pure notre foi. Les Cathares pensaient de même que, contrairement aux Gnostiques, ils ne faisaient pas partie d’une élite appelée au salut mais qu’ils demeuraient pécheurs jusqu’à ce que Christ les appelle et que Dieu leur accorde la grâce.

15 – Nous tous, les parfaits, c’est donc à cela qu’il nous faut tendre ; et si vous tendez à quelque chose d’autres cela aussi Dieu vous le dévoilera.
16 – Il n’y a qu’à marcher à partir d’où nous sommes.
17 – Soyez mes imitateurs, frères, et surveillez-ceux qui marchent selon l’exemple que vous avez en nous ;
18 – car beaucoup, je vous l’ai souvent dit et maintenant je vous le dis en pleurant, marchent en ennemis de la croix du Christ,
19 – eux qui ont pour fin leur perte, pour dieu leur ventre, qui se font gloire de leur honte, qui tendent au terrestre.
20 – Car pour nous, notre citoyenneté est aux cieux, d’où nous attendons comme sauveur le seigneur Jésus Christ
21 – qui transformera notre humble corps jusqu’à le conformer à son corps glorieux, selon l’énergie de ce pouvoir qu’il a de soumettre tout.

Mon analyse :
Encore une fois, comme les Cathares l’avaient compris et le pratiquaient, Paul nous montre deux cheminements : celui des parfaits, c’est-à-dire ceux qui s’engagent profondément dans ce cheminement spirituel, qu’il appelle les parfaits et que les Cathares appelaient les Chrétiens, et ceux qui suivent leur exemple par imitation tout en demeurant encore liés au monde, les saints, que les Cathares appelaient les croyants. Mais il prévient qu’il peut y avoir aussi des ennemis au sein du groupe ou à proximité immédiate, qui suivent une autre voie, non respectueuse de l’humilité et qui favorise les actes sur la foi.

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