Lettre de Paul aux Hébreux – 7

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Hébreux

Chapitre 7

1 – Ce Melchisédek qui, roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut, est allé à la rencontre d’Abraham quand celui-ci revenait de la défaite des rois, et qui l’a béni,
2 – et à qui Abraham a remis la dîme de tout, et dont le nom d’abord veut dire roi de justice, et qui est, de plus, roi de Salem c’est-à-dire roi de paix,
3 – n’a ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement de jours, ni fin de vie, mais, comparable au fils de Dieu, demeure prêtre à perpétuité.
4 – Voyez comme est grand celui à qui le patriarche Abraham donne la dîme du butin.
5 – Ceux des fils de Lévi qui reçoivent la prêtrise ont, selon la loi, ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-
dire sur leurs frères, issus pourtant aussi des reins d’Abraham ;
6 – mais lui qui n’est pas de leur lignée a levé la dîme sur Abraham et béni le détenteur des promesses.
7 – Or, sans contredit, c’est le moindre qui est béni par le meilleur.
8 – Et ici ce sont des hommes mortels qui perçoivent la dîme, mais là c’est celui dont on atteste qu’il est vivant.
9 – Et Lévi qui perçoit la dîme l’a, pour ainsi dire payée en la personne d’Abraham,
10 – car il était encore dans les reins de son père quand Melchisédek rencontra celui-ci.

Mon analyse :
L’auteur commence par établir la supériorité de Melchisédek sur Abraham, lui-même supérieur à tous les prêtres.

11 – Si la prêtrise lévitique, sur laquelle repose la Loi donnée au peuple, avait atteint la perfection, quel besoin que se lève encore un autre prêtre à la manière de Melchisédek et non dès lors à la manière d’Aaron ?
12 – C’est que, si on change de prêtrise, il faut aussi changer de loi.
13 – Or celui dont nous parlons est d’une autre tribu dont personne n’a servi à l’autel,
14 – car il est notoire que notre Seigneur a surgi de Juda, tribu pour laquelle Moïse n’a pas parlé de prêtrise.
15 – C’est encore plus évident si se lève, à la ressemblance de Melchisédek, un autre prêtre
16 – qui vient non selon la loi d’un ordre charnel, mais selon la puissance d’une vie indéfectible,
17 – car il est attesté : Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek.
18 – L’ordre précédent a en effet été aboli à cause de sa faiblesse et de son inutilité,
19 – car la loi n’a rien parfait, et voilà entrée une espérance meilleure par laquelle nous approchons de Dieu.

Mon analyse :
Là l’auteur démontre que c’est en raison de l’incapacité de la loi mosaïque dont la pratique a été donnée à la tribu de Lévi que fut envoyé Jésus. En effet, Jésus à la manière de Melchisédek est issu d’une tribu non vouée à la prêtrise. Ce passage est à la fois très judéo-chrétien et s’oppose pourtant au Judaïsme.

20 – Et ce ne fut pas fait sans serment, car les autres sont prêtres sans serment,
21 – mais lui, il a eu le serment de celui qui lui dit : Le Seigneur l’a juré et ne s’en repentira pas, tu es prêtre pour toujours.
22 – L’alliance dont Jésus est garant en est d’autant meilleure.
23 – Les autres sont nombreux à devenir prêtres parce que la mort les empêche de demeurer,
24 – mais lui qui demeure pour toujours, il a la prêtrise intransmissible.
25 – De là qu’il peut sauver tout à fait ceux qui s’approchent de Dieu par lui, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
26 – Il nous fallait en effet un tel grand prêtre, pieux, simple, incorruptible, séparé des pécheurs et haussé au-dessus des cieux,
27 – et qui ne soit pas contraint chaque jour, comme les grands prêtres, d’offrir des sacrifices d’abord pour ses péchés, puis pour ceux du peuple. Lui l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
28 – La loi établit grands prêtres des hommes qui ont de la faiblesse, mais la parole du serment postérieur à la loi établit un Fils pour toujours parfait.

Mon analyse :
Jésus est le grand prêtre par excellence car il n’est pas atteint par les faiblesse des autres prêtes, notamment la mort qui interrompt leur sacerdoce. Le lien avec Melchisédek s’explique ici car ce dernier est supposé avoir vécu sans fin puisque les Psaumes ne parlent pas de sa mort. L’immortalité de Jésus lui confère une meilleure compétence, détache des affres de ce monde.

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