Lettre de Paul aux Hébreux – 10

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Hébreux

Chapitre 10

1 – N’ayant que l’ombre des biens à venir et non l’image même des choses, la loi, avec ses perpétuels sacrifices annuels, ne peut jamais parfaire ceux qui s’approchent.
2 – Autrement n’aurait-on pas cessé d’offrir puisque les assistants une fois purifiés n’auraient plus aucune conscience des péchés ?
3 – Mais chaque année au sacrifice on fait mémoire des péchés,
4 – car le sang des taureaux et des boucs est incapable d’arracher les péchés.
5 – C’est pourquoi il dit en entrant dans le monde : Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrande, mais tu m’as façonné un corps.
6 – Tu n’as pas trouvé bons les holocaustes ni les expiations.
7 – Alors j’ai dit : Voici, je viens, il est écrit de moi en tête du livre, pour faire ta volonté, ô Dieu.
8 – Il commence par dire : Tu n’as pas voulu, tu n’as pas trouvé bons les sacrifices, les offrandes, les holocaustes ni les expiations qui sont offerts selon la loi.
9 – Alors il dit : Voici, je viens faire ta volonté. Il enlève la première chose pour mettre en place la seconde.
10 – Et c’est cette volonté qui nous sanctifie par l’offrande du corps de Jésus Christ une fois pour toutes.

Mon analyse :
La démonstration de l’inanité des pratiques rituelle se poursuit. La répétition des célébrations (Kippour) prouve leur inefficacité. Christ en venant et en offrant sa vie annule cette première façon de faire et la remplace par la seconde, la sienne, la fin du péché.

11 – Tout prêtre se tient chaque jour en fonction à offrir maintes fois les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés,
12 – mais celui-ci a offert un seul sacrifice pour les péchés et s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu
13 – à attendre que ses ennemis soient le marchepied de ses pieds.
14 – Il a en effet parfait les sanctifiés à perpétuité par une seule offrande.
15 – Et l’Esprit saint nous l’atteste quand, après avoir dit :
16 – Vois l’alliance que je conclurai avec eux. Après ces jours-là, dit le Seigneur, je mettrai mes lois dans leur cœur, je les inscrirai dans leur pensée,
17 – il ajoute : Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités.
18 – Or, où il y a rémission des péchés, il n’y a plus d’offrande expiatoire.
19 – Frères, puisque le sang de Jésus nous donne franchise d’entrer dans le sanctuaire
20 – par le nouveau chemin vivant qu’il a inauguré pour nous à travers le rideau qu’est sa chair
21 – et puisque nous avons un prêtre suprême sur la maison de Dieu,
22 – approchons-nous avec un cœur vrai, dans une foi assurée, le cœur nettoyé de sa mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure.
23 – Gardons imperturbable l’espérance avouée, car fidèle est celui qui promit.

Mon analyse :
Ici, l’auteur récapitule ce qui fait la différence et la validité de l’alliance de Christ. C’est la théorie judéo-chrétienne du sacrifice qui rachète les péchés des hommes et qui sanctifie ceux qui ont foi en lui.

24 – Soyons attentifs les uns aux autres pour nous inciter à l’amour et aux œuvres bonnes.
25 – Ne désertez pas votre assemblée comme quelques-uns en ont coutume. Au contraire, exhortez, d’autant plus que vous voyez approcher le jour.
26 – Si en effet nous péchons de plein gré après avoir eu connaissance de la vérité, il n’y a plus de sacrifice expiatoire,
27 – mais une terrible attente du jugement et l’ardeur du feu qui va dévorer les adversaires.
28 – Que quelqu’un rejette la loi de Moïse, et il meurt sans pitié sur le témoignage de deux ou trois ;
29 – mais quel pire châtiment pensez-vous que méritera quiconque a piétiné le fils de Dieu, profané le sang de l’alliance qui le sanctifiait et insulté l’Esprit de la grâce ?
30 – Car nous savons qui a dit : À moi la vengeance, à moi les représailles, et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31 – Il est terrible de tomber aux mains du Dieu vivant.
32 – Mais rappelez-vous, les premiers jours de votre illumination, à quel assaut de souffrances vous résistiez,
33 – tantôt offerts en spectacle dans les opprobres et les afflictions, tantôt vous associant à ceux qu’on traitait ainsi.
34 – Car vous compatissiez avec les prisonniers. Vous avez accueilli avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez de meilleurs biens à demeure.
35 – Ne perdez donc pas votre franchise qui a un bon paiement.
36 – Vous avez en effet besoin de résistance pour faire la volonté de Dieu et pour bénéficier de la promesse,
37 – car : Encore très peu de temps et celui qui vient arrivera sans tarder.
38 – Or mon juste vivra par la foi et, s’il se dérobe, mon âme n’en est pas contente.
39 – Mais nous ne sommes pas gens de dérobade pour nous perdre, nous sommes gens de foi pour acquérir notre âme.

Mon analyse :
Ici l’expression judéo-chrétienne prend tout son sens. En effet, l’auteur mêle les arguments chrétiens et les arguments juifs en se servant des uns pour valider les autres. L’attente apocalyptique remplace l’Amour et la foi y est forcée par la menace des représailles de Dieu. Impossible d’imaginer qu’Apollos le gnostique ait pu écrire cela. Nous sommes au contraire dans un texte qui s’enfonce dans les ténèbres d’une superstition apocalyptique dominée par un Dieu vengeur qui ne peut être que le démiurge.

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