Lettre de Jude

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre de Jude

bi-13-jude-201 – Jude, esclave de Jésus Christ et frère de Jacques, aux appelés qui sont aimés de Dieu et gardés pour Jésus Christ.
2 – Miséricorde, paix et amour, vous soient multipliés.
3 – Chers, très désireux de vous écrire sur notre salut commun, je suis forcé de vous exhorter à combattre pour la foi qui fut donnée aux saints une fois pour toutes.

Mon analyse :
D’après Matthieu, Jude serait le frère benjamin de Jésus (Matth. 13) et dans Marc il est nommé Thaddée et fait partie des disciples, alors qu’un peu plus loin dans la même chapitre (Mc 3) ses autres frères — dont certainement Jacques — sont rabroués par Jésus. Il y aurait donc eu scission au sein de la famille de Jésus.

4 – Certains hommes en effet se sont insinués dont la condamnation est depuis longtemps écrite d’avance, des impies qui changent la grâce de notre Dieu en débauche et renient notre seul maître et seigneur, Jésus Christ.
5 – Vous qui avez su tout une fois pour toutes, je veux vous rappeler qu’après avoir sauvé d’Égypte son peuple, le Seigneur perdit ceux qui manquaient de foi
6 – et que les anges qui n’ont pas gardé leur principe, mais ont abandonné leur résidence, il les garde perpétuellement liés dans l’obscurité pour le jugement du grand jour.
7 – De même Sodome, Gomorrhe et les villes voisines qui se prostituèrent de la même façon et allèrent après une autre chair, gisent en exemple, à subir la peine d’un feu éternel.
8 – Pareillement ces rêveurs aussi souillent la chair, rejettent la seigneurie et blasphèment les gloires.
9 – L’archange Michel quand il discutait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse n’osa pas proférer de jugement calomnieux, il dit seulement : Que te tance le Seigneur !
10 – Mais ceux-ci calomnient tout ce qu’ils ignorent et sont détruits par tout ce que leur nature de bête leur apprend.
11 – Malheur à eux, car ils ont suivi le chemin de Caïn, ils ont versé dans l’égarement vénal de Balaam et se sont perdus par la même contestation que Coré.
12 – Ils sont des écueils dans vos agapes, ils s’y régalent sans vergogne et ne repaissent qu’eux-mêmes, nuées sans eau emportées par les vents, arbres de fin d’automne, sans fruits, doublement morts, déracinés,
13 – flots sauvages de la mer avec leur écume de hontes, astres errants à qui est réservée pour toujours l’obscurité des ténèbres.
14 – Hénoch, le septième après Adam, parla d’eux dans sa prophétie : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades
15 – exercer contre tous son jugement et prouver tous les impies coupables de toutes les œuvres impies que perpétra leur impiété et de toutes les duretés qu’ont dites contre lui les pécheurs impies.
16 – Ils murmurent et se plaignent de leur sort, ils suivent leurs convoitises, leur bouche parle avec emphase, ils ne flattent que par intérêt.

Mon analyse :
Jude s’en prend à des personnes qui renient Jésus. Ces personnes sont-elles des Juifs orthodoxes qui réfutent le rôle messianique de Jésus ? Les nombreuses citations bibliques de Jude donnent à penser que c’est possible car il semble appartenir au groupe des Juifs chrétiens de Jacques. Cela justifierait de dater cette lettre de l’époque où les Juifs chrétiens faisaient encore partie de la communauté juive (avant 70 ou entre 70 et 135).

 17 – Mais vous, chers, souvenez-vous des paroles qui ont été dites par les apôtres de notre seigneur Jésus Christ.
18 – Ils vous disaient : À la fin du temps il y aura des moqueurs qui suivent leurs propres convoitises d’impies.
19 – Ce sont des diviseurs, des naturistes qui n’ont pas l’Esprit.
20 – Mais vous, chers, bâtissez-vous vous-mêmes sur votre très sainte foi, priez par le Saint Esprit,
21 – gardez-vous dans l’amour de Dieu en attendant la miséricorde de notre seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle.
22 – Ayez pitié des hésitants,
23 – sauvez-les, enlevez-les du feu. Les autres, ayez pitié d’eux avec crainte, en détestant jusqu’à la tunique souillée par leur chair.
24 – À celui qui peut vous garder de broncher et vous placer irréprochables devant sa gloire dans l’exultation,
25 – notre seul Dieu sauveur, par Jésus Christ notre seigneur, gloire, majesté, domination et pouvoir, avant tous les âges et maintenant et dans tous les âges. Amen.

Mon analyse :
Le verset 19 évoque un concept dit gnostique qui veut que certains hommes, les hyliques, sont dénués d’esprit et ne peuvent accéder au salut à l’inverse des pneumatiques qui peuvent y accéder après une purification et des psychiques qui y sont naturellement destinés. Cela placerait ce texte à la fin du premier siècle, début du deuxième.

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