Évangile selon Matthieu – Chapitre 7

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON MATTHIEU

Chapitre sept

1 – Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés.
2 – Car on vous jugera avec le jugement dont vous jugez ; et on vous fera mesure avec la mesure dont vous mesurez.
3 – Quoi ! tu regardes le fétu qui est dans l’œil de ton frère, mais tu ne considères pas la poutre qui est dans le tien ?
4 – Comment ! tu dis à ton frère : Laisse-moi retirer le fétu de ton œil, et la poutre est dans le tien ?
5 – Comédien ! retire d’abord de ton œil la poutre ; après, tu y verras pour retirer le fétu de l’œil de ton frère.

Mon analyse :
Bien entendu il ne s’agit pas du jugement que le monde porte ou portera sur nous. Car, en ce monde, ceux qui ne jugent pas sont les premiers à subir le jugement des autres. Non, il s’agit de la justice qui veut que l’on doit accepter de supporter ce que l’on fait subir aux autres. Sans compter, comme on le sait bien, que nous sommes portés à juger plus durement les autres que nous mêmes.

6 – Ne donnez pas aux chiens ce qui est saint, et ne jetez pas vos perles devant les cochons, de peur qu’ils ne les piétinent avec leurs pattes et se retournent pour vous déchirer.

Mon analyse :
Cette phrase peut surprendre. En fait, elle dénonce le prosélytisme. On ne doit pas chercher à convertir les autres car, s’ils n’y sont pas intiment prêts, cela aura des résultats pires que ceux espérés.

7 – Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira.
8 – Car quiconque demande reçoit, cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira.
9 – Ou quel est l’homme d’entre vous à qui son fils demande du pain et qui lui donnerait une pierre ?
10 – ou encore s’il demande un poisson, lui donnerait un serpent ?
11 – Si vous savez donc, mauvais que vous êtes, donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre père, qui est dans les cieux, en donnera-t-il de bonnes à ceux qui demandent !

Mon analyse :
Oui, si nous nous mettons en état de recevoir nos demandes seront satisfaites parce qu’elles seront justes et honnêtes. Aussi devons-nous faire en sorte, par notre recherche personnelle et notre travail d’amélioration, d’atteindre cet état de justice et de vérité qui nous ouvrira les portes.

12 – Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, faites-le donc aussi pour eux ; c’est cela, la Loi et les Prophètes.

Mon analyse :
On retrouve ici la mention de la Loi et des Prophètes en majuscules qui représente la Torah, la loi juive, la loi positive. Ce que nous dit Jésus c’est que la vraie loi est d’être bienveillant envers tous, ce que ne dit pas en fait le Torah. C’est donc bien une nouvelle mise en accusation de cette loi.

13 – Entrez par la porte étroite ; car large est la porte et spacieux le chemin qui mène la perdition, et ils sont beaucoup à y entrer ;
14 – car étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et ils sont peu à la trouver.

Mon analyse :
Comme nous le savons, le chemin vers le salut est difficile et demande des efforts. Mais c’est le seul valable. Gardons-nous donc de choisir des chemins plus faciles en croyant naïvement qu’un jour ils rejoindront l’autre, celui que nous aurions dû prendre et que nous avons négligé.

15 – Prenez garde aux faux prophètes ! Ils viennent à vous vêtus en brebis et au-dedans ce sont des loups rapaces.
16 – À leurs fruits vous les reconnaîtrez. Est-ce qu’on récolte du raisin sur les épines ou des figues sur les piquants ?
17 – Ainsi tout bon arbre fait de beaux fruits, et l’arbre pourri fait de mauvais fruits.
18 – Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre pourri porter de beaux fruits.
19 – Tout arbre qui ne fait pas de beau fruit sera coupé et jeté au feu.
20 – Et vous les reconnaîtrez à leurs fruits.

Mon analyse :
Ce n’est pas en catharisme que cette annonce peut surprendre. Ils sont nombreux ceux qui prétendent connaître la voie à suivre et qui vous invitent à les croire. Certes, beaucoup sont faciles à reconnaître car ils ignorent les fondements du catharisme. Mais d’autres peuvent avoir l’habit cathare, un discours presque cathare, mais c’est dans leurs œuvres qu’ils se dévoilent. Le fruit pourri c’est celui qui sous une apparence correcte s’avère en fait être constitué de mauvais choix et de visées déviatrices de la bonne route. Les arguments et les excuses sont nombreux pour prétendre justifier ces choix erronés. Mais nous devons toujours revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire à la parole des Bons-Chrétiens les plus compétents dont nous avons connaissance. Car personne ne peut se prétendre aujourd’hui apte à remettre leur enseignement en cause.

21 – Ce n’est pas à me dire : Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le règne des cieux, mais à faire la volonté de mon père qui est dans les cieux.
22 – Ce jour-là, beaucoup me diront : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et en ton nom chassé des démons, et fait en ton nom beaucoup de miracles ?
23 – Alors je leur avouerai : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, fauteurs d’iniquité.
24 – Quiconque entend donc mes paroles et les pratique sera pareil à cet homme sensé qui a bâti sa maison sur de la roche :
25 – la pluie est descendue, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et sont tombés sur cette maison, et elle n’est pas tombée, car elle était fondée sur de la roche.
26 – Et quiconque entend mes paroles et ne les pratique pas sera pareil à ce stupide qui a bâti sa maison sur le sable :
27 – la pluie est descendue, les torrents sont venus, les vents ont soufflé, ils ont heurté contre cette maison, et elle est tombée, et sa chute a été grande.
28 – Quand Jésus eut fini ce discours, les foules furent frappées de son enseignement,
29 – car il les enseignait comme ayant pouvoir et non comme leurs scribes.

Mon analyse :
Oui, le christianisme, et le catharisme bien évidemment, ne sont pas des religions de la parole mais des religions de la parole appliquée. Quoi que l’on dise sur la Bienveillance, si l’on n’agit pas de façon bienveillante, nos propos sonnent creux et nous sommes des comédiens.

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