Évangile selon Matthieu – Chapitre 14

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON MATTHIEU

Chapitre quatorze

1 – Alors Hérode le tétrarque entendit la renommée de Jésus,
2 – et il dit à ses jeunes gens : C’est Jean Baptiste ; il s’est relevé d’entre les morts, et voilà pourquoi il fait des miracles.
3 – Hérode en effet s’était saisi de Jean, l’avait fait lier et jeter en prison à cause d’Hérodiade, la femme de Philippe son frère ;
4 – car Jean lui disait : Tu n’as pas le droit de l’avoir.
5 – Et tout en voulant le tuer il craignait la foule qui tenait Jean pour un prophète.
6 – Quand ce fut l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa en public et elle plut à Hérode.
7 – Alors il jura de lui donner ce qu’elle demanderait.
8 – Et elle, poussée par sa mère : Donne-moi, dit-elle, la tête de Jean Baptiste sur un plat.
9 – Attristé à cause des serments et des convives, le roi ordonna qu’on la lui donne,
10 – il envoya décapiter Jean dans sa prison
11 – et la tête fut apportée sur un plat à la fillette qui l’apporta à sa mère.

Mon analyse :
Cet épisode rappelle étrangement quelques histoires de l’Ancien Testament, comme celui de Judith et Holopherne. Il sert à frapper les imaginations et à magnifier les personnages que l’on veut rendre héroïques. Ce sera le cas avec Jésus et sa mise en croix, beaucoup plus parlante aux esprits de l’époque qu’une simple lapidation, châtiment logique pour le crime qui lui fut reproché.

12 – Ses disciples s’approchèrent, enlevèrent le cadavre et l’ensevelirent, puis ils vinrent informer Jésus.
13 – À cette nouvelle, Jésus se retira en bateau vers un lieu désert à l’écart, mais les foules l’apprirent et le suivirent à pied depuis les villes.
14 – En sortant, il vit une grosse foule ; il s’en émut et soigna leurs malades.
15 – Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : Le lieu est désert, l’heure est passée, renvoie les foules pour qu’elles s’en aillent dans les bourgs acheter à manger.
16 – Jésus leur dit : Elles n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger.
17 – Ils lui disent : Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
18 – Mais lui : Apportez-les moi ici.
19 – II ordonna aux foules de s’étendre sur l’herbe, prit les cinq pains et les deux poissons et, regardant vers le ciel, il les bénit, puis il rompit les pains et les donna aux disciples qui les donnèrent aux foules.
20 – Tous en mangèrent et furent rassasiés, et on enleva douze corbeilles pleines de restes.
21 – Quant aux mangeurs, ils étaient environ cinq mille hommes, sans compter femmes et enfants.

Mon analyse :
Cet épisode se retrouve dans les quatre évangiles canoniques ; il s’agit donc d’une tradition bien établie. Son caractère symbolique est clair, notamment vu le nombre de corbeilles de restes qui nous rappelle les douze tribus d’Israël. Il est clair que la seule nourriture dispensée par Jésus, fut spirituelle et qu’effectivement elle combla la foule.

22 – Aussitôt il força les disciples à entrer dans le bateau et à le précéder sur l’autre rive, jusqu’à ce qu’il ait renvoyé les foules.
23 – Après avoir renvoyé les foules il monta sur la montagne à l’écart, pour prier ; le soir venu, il y était seul.
24 – Quant au bateau, il était déjà au milieu de la mer, tourmenté par les vagues, car le vent était contraire.
25 – À la quatrième veille de la nuit il vint vers eux, marchant sur la mer.
26 – En le voyant marcher sur la mer, les disciples, troublés, se dirent que c’était un fantôme, et crièrent d’effroi.
27 – Aussitôt Jésus leur parla et dit : Courage ! c’est moi, ne vous effrayez pas.
28 – Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne-moi de venir au-devant de toi sur l’eau.
29 – Jésus lui dit : Viens. Pierre descendit du bateau, marcha sur l’eau et vint au-devant de Jésus,
30 – mais en voyant le vent il fut effrayé et, comme il commençait à s’enfoncer il cria : Seigneur, sauve-moi !
31 – Aussitôt Jésus tendit la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
32 – Et comme ils montaient dans le bateau, le vent tomba.
33 – Ceux du bateau se prosternèrent devant Jésus et dirent : Tu es vraiment fils de Dieu !

Mon analyse :
Cet épisode met en évidence le manque de foi des disciples qui, même placés devant l’évidence, n’arrivent pas à croire spontanément. Et Pierre a besoin d’être distingué pour se mettre en avant. Il semble que la plupart des courants de ce christianisme naissant aient eu une assez piètre opinion de lui.

34 – Après la traversée ils touchèrent terre à Gennésareth.
35 – Les gens du lieu le reconnurent, alertèrent toute la contrée et lui présentèrent tous les mal-portants.
36 – On faisait appel à lui pour toucher seulement la frange de son manteau ; et quiconque le touchait était sauvé.

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