Évangile selon Marc – Chapitre 4

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON MARC

Chapitre quatre

1 – Et il recommença à enseigner au bord de la mer. Une très grosse foule se rassemble auprès de lui, de sorte qu’il entre s’asseoir dans un bateau sur la mer, et toute la foule était à terre près de la mer.
2 – Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles ; et dans son enseignement il leur disait :
3 – Écoutez. Voilà que le semeur est sorti semer.
4 – Et il est arrivé que de la semence est tombée le long du chemin ; les oiseaux sont venus et l’ont dévorée.
5 – Il en est tombé d’autre parmi la rocaille, où elle n’avait pas beaucoup de terre ; elle a levé aussitôt, faute d’avoir épais de terre ;
6 – et quand le soleil s’est levé elle a été brûlée et, n’ayant pas de racine, elle a séché.
7 – Il en est tombé d’autre dans les épines ; les épines ont monté et l’ont étouffée ; et elle n’a pas donné de fruit.
8 – D’autres sont tombées dans la bonne terre et, en montant, en croissant, elles ont donné du fruit et rapporté l’une trente, l’autre soixante, l’autre cent.
9 – Et il disait : Entende qui a des oreilles pour entendre !
10 – Quand ils furent seuls, ceux qui étaient autour de lui avec les douze le questionnèrent sur les paraboles.
11 – Il leur dit : À vous le mystère du règne de Dieu a été donné ; mais avec ceux-là qui sont dehors, tout se passe en paraboles,
12 – pour qu’ils regardent ce qu’ils regardent mais ne le voient pas, et qu’ils entendent ce qu’ils entendent mais ne le comprennent pas, de peur qu’ils ne se retournent et qu’on ne les acquitte.
13 – Et il leur dit : Vous ne savez pas cette parabole ? Et comment connaîtrez-vous toutes les paraboles ?
14 – Le semeur sème la parole.
15 – Il y a ceux qui sont le long du chemin où on sème la parole ; quand ils l’ont entendue, aussitôt le Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.
16 – De même, ce qui est semé parmi les rocailles, c’est ceux qui entendent ta parole et la reçoivent aussitôt avec joie,
17 – mais ils n’ont pas de racine en eux, ils sont inconstants ; ensuite s’il arrive une affliction ou une persécution à cause de cette parole, aussitôt ils sont scandalisés.
18 – Il y en a d’autres, et c’est ce qui est semé dans les épines : ceux-là ont entendu la parole,
19 – mais les tracas de l’âge, le leurre de la richesse et les convoitises de toutes sortes entrent et étouffent la parole et elle devient stérile.
20 – Et il y a ce qui a été semé sur la bonne terre, ceux qui entendent la parole et la reçoivent, et ils portent du fruit, jusqu’à trente, soixante, cent.

Mon analyse :
Marc présente Jésus comme un pédagogue patient. Ayant présenté la parabole du semeur à la foule, il réunit les disciples qui se posent des questions sur les paraboles. Il leur dit qu’il est normal qu’ils n’aient pas compris le sens de la parabole et la leur détaille. Cela peut se comprendre puisque nous sommes au début de l’évangile et que les disciples sont encore au début de leur formation.

21 – Et il leur disait : La lampe vient-elle pour qu’on la mette sous le boisseau ? ou sous le lit ? N’est-ce pas pour qu’on la mette sur le lampadaire ?
22 – Car il n’y a aucun secret qui ne se découvre, rien de tenu secret qui ne vienne à découvert.
23 – Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

Mon analyse :
Le message de Jésus n’est pas caché et ceux qui se réfèrent à lui ne doivent pas agir dans le secret. Nous portons sa lumière et nous n’avons ni honte ni crainte de le faire. Ce que nous croyons et ce que nous disons est clair et ouvert ; la démarche sectaire n’est ni chrétienne ni cathare.

24 – Et il leur disait : Prenez garde à ce que vous entendez. On vous fera mesure avec la mesure dont vous mesurez, et on vous en ajoutera.
25 – Car on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a.
26 – Et il disait : Le règne de Dieu c’est comme un homme qui aurait jeté la semence en terre ;
27 – il dormirait, il se lèverait, la nuit, le jour, et la semence germerait, grandirait sans qu’il sache comment.
28 – La terre porte d’elle-même son fruit, d’abord une herbe, puis un épi, puis du blé plein l’épi.
20 – Quand le fruit a donné, aussitôt il y envoie la faucille, car c’est la moisson.

Mon analyse :
Méfions-nous de ce que nous croyons comprendre qui nous pousserait à émettre un jugement. Notre jugement portera forcément une part d’injustice et cette injustice sera un fardeau pour nous quand viendra le moment pour nous de nous évaluer. Si notre foi est simple et sincère elle portera son fruit toute seule et nous accumulerons la grâce divine nécessaire à notre libération ; si nous manquons de foi nous serons appauvris de la grâce divine et nous perdrons plus encore.

30 – Et il disait : À quoi comparer le règne de Dieu ? comment le mettre en parabole ?
31 – C’est comme une graine de sanve : quand on la sème sur la terre elle est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ;
32 – et quand on la sème elle monte, elle devient le plus grand de tous les légumes, elle fait de grandes branches, et les oiseaux du ciel peuvent nicher sous son ombre.
33 – Et par beaucoup de paraboles pareilles il leur disait la parole, selon ce qu’ils pouvaient entendre ;
34 – et il ne leur parlait pas sans parabole. Mais, à l’écart, il expliquait tout à ses disciples.

Mon analyse :
Le détail de la méthode pédagogique de Jésus est précisé : les paraboles permettent de mettre en images la parole qu’il veut transmettre, mais il doit en expliquer le détail secondairement à des disciples qui ne peuvent saisir simplement ce qu’il dit. La graine de sanve représente la puissance divine. En ce monde elle semble n’être rien, mais par notre foi elle croît tellement qu’elle devient notre refuge et notre salut.

35 – Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : Passons sur l’autre rive.
36 – Laissant la foule, ils le prennent tel qu’il était dans le bateau. Et il y avait d’autres bateaux avec lui.
37 – Arrive un grand tourbillon de vent. Les vagues se dans le bateau, au point que déjà le bateau se remplissait.
38 – Et lui, il était à la poupe, il dormait sur l’oreiller, On le réveille, on lui dit : Maître, tu ne te soucies pas que nous périssions ?
39 – Réveillé, il tança le vent et dit à la mer : Tais-toi ! Assez ! Le vent tomba, et un grand calme se fit.
40 – Et il leur dit : Pourquoi êtes-vous si craintifs ? Comment n’avez-vous pas foi ?
41 – Effrayés d’un grand effroi, ils se disaient entre eux : Qui est-il, celui-ci, que même le vent et la mer lui obéissent ?

Mon analyse :
Les disciples n’arrivent pas à imaginer le statut réel de Jésus. Aussi dès que la situation devient périlleuse ils doutent. Et quand il rétablit la situation ils hésitent sur les limites de son pouvoir.

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