Évangile selon Marc – Chapitre 12

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON MARC

Chapitre douze

1 – Et il commença à leur parler en paraboles : Un homme avait planté une vigne ; il l’avait entourée d’une clôture, y avait creusé une cuve et bâti une tour ; il l’a louée à des vignerons et il est parti en voyage.
2 – Il a envoyé un esclave aux vignerons, à temps pour faire prendre chez eux des fruits de sa vigne.
3 – Mais ils l’ont pris, battu et renvoyé sans rien.
4 – Il leur a encore envoyé un autre esclave ; celui-là aussi, ils l’ont traité de haut et l’ont insulté.
5 – Il leur en a encore envoyé un autre ; celui-là, ils l’ont tué ; et beaucoup d’autres ; et ils ont battu ceux-ci, tué ceux-là.
6 – Il en avait encore un, un fils aimé ; il le leur a envoyé en dernier en se disant : Ils vont respecter mon fils.
7 – Mais ces vignerons-là se sont dit entre eux : C’est l’héritier ! Ici qu’on le tue et à nous l’héritage.
8 – Ils l’ont pris, l’ont tué et jeté hors de la vigne.
9 – Que va taire le seigneur de la vigne ? Il va venir, il va perdre les vignerons et donner sa vigne à d’autres,
10 – Vous n’avez donc pas lu ce qui est écrit : La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs est devenue tête d’angle ;
11 – elle l’est devenue par le Seigneur et à nos yeux c’est étonnant ?

Mon analyse :
Cette parabole est destinée à faire comprendre que les hommes sont ingrats envers celui à qui ils doivent tout. Bien entendu, les vignerons sont les hommes oublieux de ce qu’ils doivent à Dieu et soucieux de se complaire dans ce qu’ils croient être la vie idéale. Les esclaves venus demander le fruit de ce qui a été prêté ce sont les prophètes venus rappeler ce que nous devons à Dieu ; et le fils aîné est Christ qui sera tué lui aussi. Il est aussi la pierre rejetée car ne donnant pas à voir un profil extraordinaire et qui pourtant va devenir la pierre d’angle de la démarche divine envers ses brebis égarée.

12 – Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Car ils savaient qu’il avait dit la parabole pour eux. Et ils le laissèrent, ils s’en allèrent.
13 – Et ils lui envoient quelques-uns des pharisiens et des hérodiens pour le traquer dans sa parole.
14 – Ceux-ci viennent donc et lui disent : Maître, nous savons que tu es véridique et que tu ne te soucies de personne, car tu ne regardes pas à la face des hommes mais tu enseignes le chemin de Dieu en toute vérité. A-t-on ou non le droit de payer l’impôt à César ? Paierons-nous ou ne paierons-nous pas ?
15 – Mais il sut leur comédie et leur dit : Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve ? Apportez-moi voir un denier,
16 – Ils en apportèrent un. Et il leur dit : De qui est cette image et l’inscription ? Ils lui dirent : De César.
17 – Et Jésus leur dit : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Ils en étaient étonnés.

Mon analyse :
Les autorités juives cherchent la faille et, tour à tour vont le questionner. Pour les pharisiens la réponse sera claire : rien de ce qui vient de ce monde n’est à Dieu. La puissance et la richesse ne sont pas de Dieu mais des hommes.

18 – Des sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection viennent à lui. Ils le questionnaient
19 – Maître, Moïse a écrit que si quelqu’un a un frère qui meurt en laissant une femme et pas d’enfant, il prenne la femme et suscite une descendance à son frère.
20 – Il y avait sept frères. Le premier a pris femme et n’a pas laissé de descendance en mourant.
21 – Le deuxième a pris la femme et est mort sans laisser de descendance. Et de même le troisième.
22 – Aucun des sept n’a laissé de descendance ; et après eux tous la femme est morte aussi.
23 – À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel sera-t-elle la femme, puisque les sept l’ont eue pour femme ?
24 – Jésus leur dit : Est-ce que là vous ne vous égarez pas, parce que vous ne connaissez ni les écritures m la puissance de Dieu ?
25 – Car, quand on est ressuscité des morts, on ne se marie plus, on ne marie plus, mais on est comme des anges dans les cieux.
26 – Et quant aux morts qui se relèvent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, à propos du buisson, comment Dieu lui a parlé ? il dit : Moi le Dieu d’Abraham, le Dieu d’lsaac et le Dieu de Jacob.
27 – Ce n’est pas là un Dieu des morts mais des vivants. Vous vous égarez beaucoup.

Mon analyse :
La réponse aux sadducéens est double : d’abord nous ne devons pas chercher à imaginer que le monde spirituel est à l’image du monde terrestre. C’est à l’inverse le démiurge qui a tenté, sans succès, d’imiter le monde spirituel en créant cet univers. Donc, rien de ce qui vaut ici-bas n’aura de valeur quand nous reviendrons auprès de celui dont nous émanons. Ensuite, Dieu n’est pas entouré de morts ressuscités mais d’esprits qui ont retrouvé leur entité spirituelle un temps abandonnée. Ils sont plus vivants que nous ne le sommes ici.

28 – Un scribe qui les entendait discuter et qui savait que c’était bien répondu s’approcha et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ?
29 – Jésus répondit : Le premier, c’est : Écoute, Israël ! le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
30 – Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta vie, de tout ton esprit et de toute ta force.
31 – Et le second : Tu aimeras ton proche comme toi-même. Aucun autre commandement n’est plus grand que celui-là.
32 – Le scribe lui dit : Bien ! maître. Tu l’as dit en toute vérité : Il est l’unique, il n’y en a pas d’autre que lui ;
33 – et l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer son proche comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et les sacrifices.
34 – Jésus, voyant qu’il répondait intelligemment, lui dit : Tu n’es pas loin du règne de Dieu. Et personne n’osait plus le questionner.

Mon analyse :
Ce scribe a compris le plus important : il vaut mieux consacrer son temps à la Bienveillance qu’à faire des rituels et des actes de dévotion car, quand on aime ceux qui nous entourent on sert Dieu.

35 – Jésus répondait en enseignant dans le temple ; il disait : Comment les scribes disent-ils que le christ est fils de David ?
36 – l’Esprit saint a fait dire à David lui-même : Le Seigneur dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds.
37 – David lui-même l’appelle Seigneur; d’où vient donc qu’il est son fils ? Et la grosse foule l’écoutait avec plaisir.
38 – Il disait, dans son enseignement : Prenez garde aux scribes ! ils veulent marcher en habit, se faire saluer sur les marchés,
39 – avoir les premiers sièges dans les synagogues, les premières places dans les dîners,
40 – eux qui dévorent les maisons des veuves sous prétexte de longues prières. Ceux-là recevront un surplus de condamnation.

Mon analyse :
Non seulement il démonte la croyance juive en un messie davidique mais il rejette également toute idée d’un sauveur venu, par sa propre action, racheter les péchés des hommes. Ce n’est pas seulement le judaïsme que Jésus remet en cause, c’est aussi le futur judéo-christianisme !

41 – Assis en face du tronc il observait comment la foule mettait sa monnaie dans le tronc. Beaucoup de riches en mettaient beaucoup.
42 – Vint aussi une pauvre veuve qui mit deux petites pièces d’un centime.
43 – Il appela ses disciples et leur dit : Oui je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui ont mis dans le tronc,
44 – car tous ont mis de leur superflu, tandis qu’elle a mis de son indigence tout ce qu’elle avait, tout son bien.

Mon analyse :
Quand nous cherchons à faire le bien, ce doit être de notre fond propre qu’il nous faut sortir ce que nous donnons. Si nous donnons ce qui ne nous coûte rien, ce n’est pas la peine. Quand nous sommes bienveillants nous tirons de nous notre bienveillance. C’est donc là que se trouve le véritable investissement ; mais c’est aussi le plus difficile à faire car il nous oblige à remettre en cause nos convictions solidement ancrées par des générations de certitudes.

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