Évangile selon Luc – Chapitre 7

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre 7

1 – Quand il eut dit tout ce qu’il voulait faire entendre au peuple, il entra à Capharnaüm.
2 – Or un centurion avait un esclave qui était malade et mourant, et pour qui il avait de l’estime.
3 – Comme il entendait parler de Jésus il lui envoya quelques anciens des Juifs pour lui demander de venir sauver son esclave.
4 – Arrivés près de Jésus, ils faisaient appel à lui avec insistance, ils disaient : Accorde-lui cela, il le mérite.
5 – car il aime notre nation, c’est lui qui nous a bâti la synagogue.
6 – Et Jésus alla avec eux. Ils n’étaient plus bien loin de la maison quand le centurion lui envoya dire par des amis : Seigneur, ne te tourmente pas ; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ;
7 – je ne me suis même pas jugé digne de venir à toi ; mais dis un mot, et que mon garçon soit guéri.
8 – Car, moi qui ai rang de subalterne, j’ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l’un : Va, et il va, à un autre : Viens, et il vient, et à mon esclave : Fais cela, et il le fait.
9 – À ces paroles, Jésus l’admira, il se retourna et dit à la foule qui le suivait : Je vous dis que même en Israël je n’ai pas trouvé une telle foi.
10 – De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave valide.

Mon analyse :
Chez Matthieu, le centurion se déplace. Là il n’ose même pas venir devant Jésus. Le message est l’humilité et la Bienveillance qui transcende les fonctions, les classes sociales et les nationalités. On est loin des prescriptions de la Loi positive qui limite l’amour aux proches, c’est-à-dire aux coreligionnaires.

11 – Il se rendit ensuite dans une ville appelée Naïm. Ses disciples et une grosse foule allaient avec lui.
12 – Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on emportait un mort. C’était un fils unique et la mère était veuve. Et il y avait avec elle pas mal de monde de la ville.
13 – En la voyant, le Seigneur s’émut pour elle et lui dit : Ne pleure pas.
14 – Il s’approcha, toucha le cercueil et les porteurs s’arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi.
15 – Le mort se mit assis et commença à parler. Et Jésus le donna à sa mère.
16 – Une crainte les prit tous, ils glorifiaient Dieu et disaient : Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple.
17 – Et cette parole se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans toute la contrée.
18 – Jean fut informé de tout cela par ses disciples. Il appela deux de ses disciples
19 – et les envoya dire au Seigneur : Es-tu celui qui vient ? ou si nous en attendons un autre ?
20 – Arrivés auprès de lui, les hommes lui dirent : Jean Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui vient ? ou si nous en attendons un autre ?
21 – À l’heure même, il soigna beaucoup de gens de maladies, de calamités, d’esprits mauvais et rendit la vue à beaucoup d’aveugles.
22 – Puis il répondit aux envoyés : Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts se relèvent, les pauvres sont évangélisés.
23 – Et magnifique celui que je ne scandalise pas.

Mon analyse :
Jésus réalise un miracle majeur, il ressuscite un mort authentifié comme tel. On imagine qu’un tel acte ne peut rester caché. Or, personne n’en entend suffisamment parler pour que cela se transmette hors du cercle étroit des disciples. Il y a là matière à s’interroger sur la nature des miracles, s’ils furent réalisés. Jean baptiste, lui même hésite sur celui dont on lui conte les exploits. Et Jésus ne lui répond pas vraiment, comme si Jean n’était plus à ses yeux un sujet de réelle attention. En effet, il pourrait le libérer ; ce qui va suivre nous explique pourquoi Jean n’est plus dans la ligne d’action de Jésus.

24 – Quand les messagers de Jean s’en furent allés, Jésus commença à dire aux foules, au sujet de Jean : Qu’est-ce que vous êtes sortis regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?
25 – Mais qu’est-ce que vous êtes sortis voir ? Un homme habillé de vêtements délicats ? Voyons ! Ceux qui vivent en vêtements d’honneur et dans la mollesse sont dans les palais !
26 – Mais qu’est-ce que vous êtes sortis voir ? Un prophète ? Oui je vous le dis, et plus que prophète.
27 – C’est de lui qu’on a écrit : Voici, j’envoie mon ange devant ta face, il préparera ton chemin devant toi.
28 – Je vous le dis, de ceux qui sont nés de femmes, il n’y a pas de plus grand que Jean. Pourtant le plus petit dans le règne de Dieu est plus grand que lui.

Mon analyse :
Jean constitue une face de l’évolution de l’humanité, Jésus est la seconde. En effet, malgré ses qualités qui placent Jean au-dessus de tous les prophètes, il reste néanmoins un homme de l’ancien temps, un homme de la loi de Iahvé, un fils d’Adam. C’est pour cela que, s’il est le plus grand de tous les hommes, il demeure un nain face à ceux qui ont réussi à retourner dans le sein du Dieu d’amour. C’est pour cela qu’il n’arrive pas à comprendre qui est Jésus.

29 – Tout le peuple qui l’a écouté et même les percepteurs ont rendu justice à Dieu en se faisant immerger à l’immersion de Jean ;
30 – tandis que les pharisiens, les légistes, qui ne se sont pas fait immerger par lui, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux.
31 – À quoi comparer les hommes de cette génération ? À quoi sont-ils pareils ?
32 – Ils sont pareils aux enfants assis dans le marché et qui s’interpellent entre eux, qui disent : Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé. Nous avons gémi et vous n’avez pas pleuré.
33 – Car Jean Baptiste est venu, il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin et vous dites : il a un démon.
34 – Le fils de l’homme est venu, il mange, il boit et vous dites : voyez le glouton, l’ivrogne, l’ami des percepteurs et des pécheurs.
35 – Mais la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

Mon analyse :
Malgré son peu d’importance Jean a constitué un début de cheminement pour ceux qui l’ont suivi et un recul vers les ténèbres pour les autres. Les hommes passent leur temps à se plaindre et à critiquer au lieu de se remettre eux mêmes en cause et de s’amender. Ils critiquaient Jean pour son respect strict de la loi positive et ils critiquent Jésus qui ne s’y tient pas. Mais ce qui compte ce sont les fruits que nous produisons par notre foi.

36 – Un pharisien l’invitait à manger chez lui. Il entra dans la maison du pharisien et s’étendit.
37 – Et voilà qu’une femme, une pécheresse de la ville, sut qu’il était à table dans la maison du pharisien, elle apporta un flacon de parfum
38 – et, se tenant en arrière à ses pieds et pleurant, elle commença à lui arroser les pieds de ses larmes et elle les essuyait avec ses cheveux, elle lui baisait les pieds et les oignait de parfum.
39 – À cette vue, le pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : Si c’était un prophète, il saurait qui est la femme qui le touche et ce qu’elle est, car c’est une pécheresse.
40 – Jésus lui répondit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et lui : Parle, maître, dit-il.
41 – Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 – Comme ils n’avaient pas de quoi rendre, il leur fit grâce à tous deux. Lequel donc l’aimera le plus ?
43 – Simon répondit : Je suppose que c’est celui à qui il a fait grâce de plus. Jésus lui dit : Tu as jugé correctement.
44 – Il se retourna vers la femme et dit à Simon : tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison et tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds ; mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 – Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais, depuis que je suis entré, elle n’a pas cessé de me baiser les pieds.
46 – Tu ne m’as pas oint la tête d’huile ; mais elle m’a oint les pieds de parfum.
47 – Grâce à cela, je te le dis, beaucoup de péchés lui sont remis car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui ont remet peu aime peu…
48 – Alors il dit à la femme : Tes péchés te sont remis.
49 – Les convives commençaient à se dire en eux-mêmes : Qui est-il pour remettre même les péchés ?
50 – Et il dit à la femme : Ta foi t’a sauvée, va en paix.

Mon analyse :
Jésus valorise les comportements anarchiques mais empreints d’amour. Il est un asocial au regard de la société de son époque. On retrouve cela dans l’épisode où Marthe s’affaire au service de Jésus quand Marie se contente d’écouter sa parole sans rien faire. Il nous affranchi des règles sociales qui visent simplement à nous différencier les uns des autres. Par contre ceux qui appliquent sa loi d’amour ont sa sollicitude.

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