Évangile selon Luc – Chapitre 5

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre V

1 – Comme la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu et qu’il était debout au bord du lac de Gennésareth,
2 – il vit deux barques arrêtées au bord du lac. Les pêcheurs en étaient descendus et lavaient les filets.
3 – Il entra dans un des bateaux, qui était à Simon et demanda à celui-ci de gagner un peu de champ ; il s’assit et, du bateau, il enseignait les foules.
4 – Quand il eut cessé de parler il dit à Simon : Gagne le large et lâchez vos filets pour la pêche.
5 – Simon répondit : Maître, nous nous sommes fatigués toute la nuit pour ne rien prendre ; mais sur ta parole je vais lâcher les filets.
6 – Et ce faisant, ils capturèrent une grande multitude de poissons et leurs filets se déchiraient.
7 – Ils firent signe à leurs associés dans l’autre bateau de leur venir en aide. Ils vinrent et on remplit les deux bateaux, au point qu’ils s’enfonçaient.
8 – À cette vue, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus et dit : Sors d’auprès de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur.
9 – Un saisissement l’envahissait, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de cette pêche où on avait pris tant de poissons.
10 – De même Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient les associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas : à partir de maintenant, tu captureras les hommes,
11 – Ils ramenèrent les bateaux à terre et, laissant tout, ils le suivirent.

Mon analyse :
On note chez une différence dans le recrutement des disciples. Là Jésus, qui connaît déjà Pierre, le recrute à l’occasion de la pêche miraculeuse, mais il recrute également Jacques et Jean dans le même épisode. Le frère de Simon n’est pas mentionné contrairement à Matthieu et Marc.

12 – Dans certaine ville où il se trouvait il y eut un homme plein de lèpre et qui, en voyant Jésus, tomba sur la face et lui demanda : Seigneur, si tu veux tu peux me purifier.
13 – Jésus tendit la main, le toucha et dit : Je le veux, sois purifié. Aussitôt sa lèpre le quitta.
14 – Et il lui ordonna de n’en parler à personne : Va plutôt te montrer au prêtre et présente-leur en témoignage de ta purification ce que Moïse a prescrit.
15 – Mais sa réputation se répandait de plus en plus et de grosses foules s’assemblaient pour l’entendre et pour se faire soigner de leurs maladies ;
16 – mais lui se tenait retiré dans les déserts et priait.
17 – Certain jour qu’il enseignait, il y avait là, assis, des pharisiens et des docteurs de la Loi venus de tous les bourgs de la Galilée, de la Judée et de Jérusalem, et la puissance du Seigneur était là pour les guérir.
18 – Et voilà que des gens portant sur un lit un homme qui était paralysé cherchaient à le faire entrer pour le poser devant lui.
19 – Comme ils ne trouvaient pas par où le faire entrer, à cause de la foule, ils montèrent sur la terrasse et le descendirent par les tuiles, lui et son lit, au milieu, devant Jésus.
20 – Il vit leur foi et dit : Homme, tes péchés te sont remis.
21 – Les scribes et les pharisiens commencèrent à raisonner et à dire : Qui est-ce qui dit des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul ?
22 – Jésus connut leurs raisonnements et il leur répondit : De quoi raisonnez-vous dans vos cœurs ?
23 – Quel est le plus facile de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ?
24 – Mais pour que vous sachiez que le fils de l’homme a pouvoir, sur la terre, de remettre les péchés, il dit au paralysé : Je te le dis, lève-toi, enlève ton lit et va dans ta maison.
25 – L’autre se leva tout de suite devant eux, enleva sa couche et s’en alla dans sa maison en glorifiant Dieu.
26 – Tous furent hors d’eux-mêmes ; ils glorifiaient Dieu et, remplis de crainte, ils disaient : On en voit de pas ordinaires aujourd’hui !

Mon analyse :
Comme dans les autres synoptiques, Jésus enchaîne les miracles et se révèle aux représentants juifs.

27 – Après cela il sortit, remarqua un percepteur appelé Lévi, assis à la perception, et lui dit : Suis-moi.
28 – II quitta tout, se leva et le suivit.
29 – Et Lévi lui fit une grande réception dans sa maison. Il y avait une grosse foule de percepteurs et autres qui étaient à table avec eux.
30 – Les pharisiens et leurs scribes en murmuraient, ils disaient à ses disciples : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les percepteurs et les pécheurs ?
31 – Jésus leur répondit : Ce ne sont pas les valides qui ont besoin de médecin, mais les mal-portants.
32 – Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs à la conversion.
33 – Et ils lui dirent : Les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières, ceux des pharisiens aussi ; et les tiens mangent et boivent.
34 – Jésus leur dit : Pouvez-vous faire jeûner les garçons de noce pendant que l’époux est avec eux ?
35 – Des jours viendront où l’époux leur sera pris ; alors ce jour-là ils jeûneront.
36 – Il leur disait encore une parabole : Personne ne déchire une pièce d’un manteau neuf pour rapiécer un vieux manteau ; sinon on aura déchiré le neuf, et la pièce prise au neuf ne s’harmonisera pas avec le vieux.
37 – Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; sinon, le vin nouveau crèvera les outres, il se répandra et les outres seront perdues.
38 – Au contraire, le vin nouveau est à mettre dans des outres neuves.
39 – Et personne, après avoir bu du vieux, ne veut du nouveau ; car il dit que le vieux est meilleur.

Mon analyse :
Jésus fait deux remarques ; tout d’abord le respect de règles basées sur une organisation humaine n’est pas profitable dans le cheminement spirituel car il conduit à une sorte d’autosatisfaction là où l’on devrait s’interroger. C’est en se frottant aux difficultés que l’on peut apprécier sa propre situation spirituelle. Surtout il montre l’incompatibilité entre la Loi positive de Iahvé et la loi d’amour qu’il propose. La dernière phrase est à double sens. En effet, il n’est jamais question de vin vieux dans l’histoire mais simplement de vieilles outres. En fait, il explique que la nouvelle parole, une fois bien implantée dans des esprits nouveaux va s’y affiner et qu’une fois bien assimilée — devenue vieille — elle sera jugée préférable à tout ce qui sera proposé de nouveau.

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