Évangile selon Luc – Chapitre 2

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre II

1 – Il y eut ces jours-là un édit de César Auguste pour recenser le monde entier.
2 – Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
3 – Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans sa ville.
4 – Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, vers la Judée, vers une ville de David qui s’appelle Bethléem — car il était de la maison et de la lignée de David
5 – pour se faire recenser avec Marie sa fiancée, qui était enceinte.
6 – C’est pendant qu’ils étaient là que vint pour elle le moment d’enfanter ;
7 – elle enfanta son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’auberge.
8 – Il y avait, dans le pays, des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à garder leur troupeau.
9 – Un ange du Seigneur fut près d’eux, la gloire du Seigneur brilla autour d’eux, ils s’effrayèrent d’un grand effroi.
10 – L’ange leur dit : Ne vous effrayez pas, car voilà que je vous annonce une grande joie, qui sera pour tout le peuple :
11 – il vous est né aujourd’hui un sauveur dans la ville de David, c’est le Seigneur Christ.
12 – Et voilà pour vous le signe : vous trouverez un enfant emmailloté, couché dans une mangeoire.
13 – Il y eut soudain avec l’ange une multitude de l’armée céleste qui louait Dieu et disait :
14 – Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre aux hommes qu’il lui plaît.
15 – Quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se disaient entre eux : Passons donc jusqu’à Bethléem voir ce qu’il en est de cette parole que le Seigneur nous a fait connaître.
16 – Ils se dépêchèrent de venir, trouvèrent Marie et Joseph, et l’enfant couché dans la mangeoire.
17 – À cette vue, ils firent connaître ce qu’on leur avait dit de cet enfant.
18 – Et tous ceux qui les entendirent s’étonnèrent de ce que les bergers leur disaient.
19 – Et Marie gardait toutes ces paroles et y réfléchissait dans son cœur.
20 – Les bergers s’en retournèrent, ils glorifiaient et louaient Dieu de toutes les choses qu’ils avaient vues et entendues telles qu’on les leur avait dites.

Mon analyse :
Ce chapitre montre le caractère tardif de sa rédaction. En effet, la naissance de Jésus fut inventée plus tardivement dans une tradition qui se concentrait sur la passion et quelques miracles. Or, les autres évangiles parlent peu ou pas de cette période. Le caractère merveilleux et misérable à la fois est clairement là pour l’édification des masses populaires.

21 – Le huitième jour, celui de sa circoncision, on l’appela Jésus, du nom que l’ange lui avait donné avant qu’il fût conçu.
22 – Et quand ce fut le jour de les purifier, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ;
23 – comme il est écrit dans la loi du Seigneur : que tout premier-né mâle doit être consacré au Seigneur,
24 – et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.

Mon analyse :
Les rappels répétés à la loi mosaïque montrent bien la volonté de faire de Paul un inféodé à cette loi, ce qu’il invalidera clairement dans ses lettres.

25 – Et voilà qu’il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon ; cet homme juste et pieux attendait la consolation d’Israël et l’Esprit saint était sur lui ;
26 – il avait été averti par l’Esprit saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le christ du Seigneur.
27 – L’Esprit le fit venir au temple et, comme les parents amenaient l’enfant Jésus pour le soumettre aux coutumes légales,
28 – il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit :
29 – Maintenant, maître, renvoie ton esclave en paix, selon ta parole,
30 – car mes yeux ont vu le salut.
31 – que tu as apprêté à la face de tous les peuples,
32 – lumière de dévoilement pour les nations et gloire de ton peuple Israël.
33 – Son père et sa mère étaient étonnés de ce qu’on disait de lui.
34 – Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : Quant à lui il est là pour la chute et pour le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe de contradiction ;
35 – et toi, une épée te passera au travers de l’âme ; mais du moins les raisonnements de beaucoup de cœurs seront dévoilés.
36 – Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était d’âge très avancé. Après avoir vécu avec son mari sept ans depuis sa virginité,
37 – elle était restée veuve et, à quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple où, dans les jeûnes et les prières, elle servait nuit et jour.
38 – Survenant à l’heure même, elle remerciait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient le rachat de Jérusalem.

Mon analyse :
Pour aller crescendo l’auteur, après l’appel aux bergers, fait intervenir des personnalités ayant des pouvoirs surnaturels. Les parents ont l’air surpris alors qu’ils ont été personnellement avisés par un ange et des songes. On se demande ce qui peut bien les étonner encore ?

39 – Quand ils eurent tout fini selon la loi du Seigneur, ils s’en retournèrent en Galilée dans leur ville de Nazareth.
40 – Et l’enfant croissait, se fortifiait, se remplissait de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
41 – Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâque.
42 – Quand il eut douze ans, ils y montèrent comme d’habitude pour la fête
43 – et, à la fin, comme ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
44 – Ils crurent qu’il était dans la caravane et firent une journée de chemin. Ils le cherchaient parmi les parents, les connaissances et,
45 – ne le trouvant pas, ils s’en retournèrent le chercher à Jérusalem.
46 – Ils le trouvèrent au bout de trois jours, dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les questionner ;
47 – et tous ceux qui l’écoutaient s’extasiaient sur son intelligence et ses réponses.
48 – Ils furent frappés de le voir; sa mère lui dit : Enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voilà que ton père et moi nous nous rongeons à te chercher.
49 – Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon père ?
50 – Et ils ne comprirent pas ce qu’il voulait dire.
51 – Il descendit avec eux et vint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait toutes ces paroles dans son cœur.
52 – Et Jésus avançait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et les hommes.

Mon analyse :
Alors là on touche au sublime. Voilà un enfant de douze ans qui passe trois, donc trois nuits, au temple parmi des adultes sans que personne ne s’inquiète. de plus, alors qu’il est parmi des maîtres juifs, il manifeste une intelligence et une compétence hors norme et il repart tranquillement et disparaît pendant dix-huit ans sans que personne ne cherche à mettre la main sur lui pour suivre son évolution et son éducation ?

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