Évangile selon Jean – Chapitre 15

1 723 vue(s)

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON JEAN

Chapitre XV

1 – Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron.
2 – Il enlève en moi tout sarment qui ne porte pas de fruit et il purifie tout sarment qui porte du fruit pour qu’il en porte davantage.
3 – Vous êtes déjà purs à cause de la parole que je vous ai dite.
4 – Demeurez en moi et moi en vous. Le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure pas dans la vigne, et vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
5 – Je suis la vigne, vous, les sarments. Qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire.
6 – Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche. On les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent.
7 – Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l’aurez.
8 – Cela glorifie mon Père que vous portiez beaucoup de fruit, et vous serez mes disciples.

Mon analyse :
Ce passage, extrêmement répétitif, fait penser à une technique d’enseignement que l’on apprenait autrefois en pédagogie. Elle visait à inculquer une notion dans un esprit plutôt réfractaire en la présentant sous différentes formes. Je sens dans cette façon de faire, l’annonce faite par Jésus de la prochaine dérive des chrétiens du premier siècle sous la houlette de Jacques le mineur et de Pierre, ainsi qu’une adresse faite à des élèves dont l’enseignant sait la piètre compétence à apprendre et comprendre. Cette mise en bouche est nécessaire à l’annonce du message central qui va venir.

9 – Je vous ai aimé comme le Père m’a aimé. Demeurez en mon amour.
10 – Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme j’ai gardé les commandements de mon Père et demeure en son amour.
11 – Je vous l’ai dit pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.
12 – Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.
13 – Personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
14 – Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Mon analyse :
Voilà le commandement. Il est seul et unique, simple et clair, profond et impératif. Il dépasse la valeur de toute chose mondaine, y compris la vie. Si quelque chose est vraiment fait par amour, peut importe ses répercussions sur le monde, y compris sur la vie de celui qui agit en amour.

15 – Je ne vous dis plus mes esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que fait son seigneur, mais je vous dis amis, car je vous ai fait savoir tout ce que j’ai entendu de mon Père.

Mon analyse :
Encore un point crucial. Jésus n’enseigne pas un secret, il ne cache pas son message dans les méandres d’une théorie ésotérique mystique. Le message est clair car il est destiné à être entendu de tous et compris de tous. Tout ce qui doit être connu est dit. Ne cherchons pas un message caché car il pourrait nous empêcher de comprendre le message visible.

16 – Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez porter du fruit, un fruit qui demeure, et pour que le Père vous donne ce que vous lui demanderez en mon nom.
17 – Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Mon analyse :
Autre point, aussi peu aptes que nous soyons à comprendre le message de Jésus, c’est lui qui nous choisit pour le recevoir, le faire mûrir et le transmettre. Le commandement est encore répété afin d’en confirmer la simple vérité.

18 – Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous.
19 – Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui, mais parce que vous n’êtes pas du monde, parce que mon choix vous a tiré du monde, le monde vous hait.
20 – Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur. S’ils m’ont poursuivi, ils vous poursuivront aussi. S’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.
21 – Mais ils vous traiteront ainsi à cause de mon nom, car ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé.

Mon analyse :
Ce chapitre porte deux enseignements majeurs. D’abord le monde n’a pas de part, ni avec nous, ni avec Jésus et son Père. Donc, ce n’est pas la peine de s’épuiser à chercher des connexions entre le monde et la création divine, il n’y en a pas ! Ensuite, ceux qui suivent la parole de Jésus n’auront pas un meilleur traitement que lui. La haine du monde manifestée est le plus évident signe que l’on suit la bonne voie. Mais celui qui apporte la parole recevra le même bon accueil de ceux qui sont aptes à la faire fructifier. C’est le fait de suivre la parole divine qui nous extrait du monde et nous met en chemin.

22 – Si je n’étais pas venu leur parler, ils seraient sans péché. Mais maintenant ils n’ont plus d’excuse à leur péché.
23 – Qui m’a en haine a aussi mon Père en haine.
24 – Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché. Or maintenant qu’ils ont vu, ils nous ont pris en haine mon Père et moi.
25 – Mais c’est pour accomplir cette parole écrite dans leur loi : Ils m’ont haï sans cause.

Mon analyse :
Ce chapitre illustre l’annonce selon laquelle le seul vrai péché est le péché contre l’esprit. Celui qui ne sait pas n’est pas coupable de quoi que ce soit, mais celui qui sait et qui rejette en pleine conscience ne peut accéder ainsi au pardon. C’est ainsi que les bons chrétiens médiévaux considéraient que seuls les consolés avaient capacité de pécher. Le dernier verset confirme que pour Jésus la Torah, loi des Juifs, n’est ni la sienne ni celle de son Père.

26 – Quand viendra le paraclet que je vous enverrai du Père, l’Esprit de vérité qui sort du Père, il témoignera de moi.
27 – Et vous témoignerez aussi, car vous êtes avec moi dès le principe.

Mon analyse :
Deux points importants. L’unicité de Dieu. Le paraclet sort du Père et n’est donc pas une entité à part, pas plus que Jésus qui « sort » à sa façon du Père en sa qualité de fils. La Trinité n’a donc pas de sens. Dernier verset : nous sommes avec Jésus dès le principe, ce qui confirme la consubstantialité de toute la création divine et son éternité.

Revenir au sommaire

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0