Évangile selon Jean – Chapitre 14

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON JEAN

Chapitre XIV

1 – Que votre cœur ne se trouble pas. Vous vous fiez à Dieu, fiez-vous aussi à moi.
2 – Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père, sinon je vous l’aurais dit, moi qui vais vous préparer une place.
3 – Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi pour que vous soyez où je suis.
4 – Et vous savez le chemin où je vais.

Mon analyse :
Il y a certainement plusieurs façons de comprendre ce que dit Jésus. Pour ma part, je mets l’accent sur le verset 2 et j’y vois deux éléments. D’abord, il y a de la place pour tous au sein de la création divine. Cela vient en opposition avec le système judéo-chrétien et celui de la plupart des religions qui veulent exclure une partie plus ou moins grande de l’humanité de la possibilité du Salut. Ensuite, chacun trouvera sa place, quelle que soit sa démarche accessoire, mais aucune de ces voies d’accès n’est la Vérité en elle-même. La « maison du Père » dépasse largement tout ce que nous pouvons imaginer. Enfin, Jésus annonce son retour, la seconde parousie, qui coïncidera avec le salut pour tous les esprits saints tombés en cet enfer.

5 – Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas, comment saurions-nous le chemin ?
6 – Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père que par moi.
7 – Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant, vous le connaissez et vous l’avez vu.
8 – Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit.
9 – Jésus lui dit : Depuis si longtemps que je suis avec vous, tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu a vu le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ?
10 – Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même. Et le Père qui demeure en moi fait ses œuvres.
11 – Croyez m’en, je suis dans le Père et le Père est en moi, croyez-le du moins à cause des œuvres.
12 – Oui, oui, je vous le dis, qui se fie à moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, car je vais au Père.

Mon analyse :
À ses disciples qui semblent n’avoir toujours pas compris, Jésus indique de façon incontournable quel est le sens réel de la spiritualité qu’il porte. Il n’y a pas de repère mondain, de lieu sacré, de pratiques et de rites initiatiques ou de connaissance ésotérique difficilement maîtrisable. Il n’y a qu’une seule référence, lui ! Tout simplement parce qu’il apporte à la fois le message du Salut et le mode d’emploi pour sa réalisation. Ce message vise aussi à prévenir les possibles dérives auxquelles les disciples sont susceptibles de se laisser aller par leur nature juive très portée sur toutes ces formes spirituelles annexes. La foi est essentielle et les œuvres viennent confirmer la foi.

13 – Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le Fils.
14 – Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.
15 – Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements,
16 – et je prierai le Père, et il vous donnera un autre paraclet qui soit pour toujours avec vous,
17 – l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le voit ni ne le connaît. Vous, vous savez qu’il demeure chez vous et il sera en vous.
18 – Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous.

Mon analyse :
Jésus se place en intercesseur des demandes des hommes croyants et pieux. Nous n’avons pas à nous adresser au père mais à Christ. Mais, comme il va partir il annonce son remplacement par le Saint-Esprit paraclet qui lui demeurera invisible. Invisible mais inscrit au plus profond de nous, dans notre esprit à qui il est relié.

19 – Encore un peu et le monde ne me voit plus. Mais vous, vous me voyez, car je vis et vous vivrez.
20 – Ce jour-là vous saurez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous.
21 – Celui qui a mes commandements et qui les garde est celui qui m’aime, et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai, et je lui apparaîtrai.
22 – Judas, non pas l’Iscariote, lui dit : Seigneur, qu’est-il arrivé que tu ailles nous apparaître à nous et non au monde ?
23 – Jésus lui dit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure.
24 – Celui qui ne m’aime pas, ne garde pas mes paroles. Et ma parole n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé.
25 – Je vous l’ai dit quand je demeurais chez vous,
26 – mais le paraclet, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Mon analyse :
L’Amour, la Bienveillance, est le centre du message christique, il en est même l’alpha et l’oméga. Judas s’interroge sur les raisons de la venue de Jésus à l’endroit précis où il est venu. Pourquoi a-t-il chois de s’adresser à des Juifs et non à des païens ? Nous connaissons la réponse ; c’est parce que les Juifs sont la proie d’un faux dieu particulièrement puissant et nuisible. Mais, de ce point de vue, il reste encore du travail.
C’est pourquoi le paraclet viendra continuer notre enseignement. Cependant, pour qu’il puisse agir nous devons être dans la Bienveillance. La consubstantialité initiale est restaurée comme l’indique Jésus par la notion d’unicité de demeure entre le croyant, le christ et le Père. C’est ainsi que je conçois la notion d’éveil. Quand nous nous éveillons à la connaissance de notre état nous entamons notre chemin et la route qui s’ouvre devant nous est un cheminement de concert avec le christ et le Père sous le guidage du paraclet.

27 – Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’effraie pas.
28 – Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je viens à vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez que j’aille au Père, car le Père est plus grand que moi.
29 – Je vous le dis maintenant, avant l’événement, pour qu’après l’événement vous ayez foi.
30 – Je ne parlerai plus guère avec vous, car le chef du monde vient. Et il n’a pas d’emprise sur moi,
31 – mais c’est pour que le monde sache que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé. Levez-vous, partons.

Mon analyse :
La paix dont parle Jésus est celle de l’esprit, mais Jésus le précise, cette paix est sans rapport avec la paix du monde. Au contraire, la paix de l’esprit provoque le trouble dans le monde qui ne peut la connaître. Il rappelle que le maître du monde, le démiurge, est son ennemi, ce qui invalide Iahvé du titre de Dieu. Et Iahvé n’a pas de pouvoir sur ceux qui viennent du Père, donc sur nous non plus.

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