Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens – 5

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Corinthiens

Chapitre 5

1 – Nous savons en effet que si la maison terrestre qui nous abrite se défait, nous avons dans les cieux une maison éternelle bâtie par Dieu et non pas faite à la main.
2 – Car ici, nous gémissons dans le désir de nous revêtir de notre bâtisse céleste
3 – pourvu qu’une fois revêtus nous ne nous trouvions pas nus.
4 – Car dans notre abri, nous gémissons sous le fardeau, nous voulons non pas être dévêtus mais revêtus, pour que ce qui est mortel soit englouti par la vie,
5 – ce pour quoi nous a formés ce Dieu qui nous donne les arrhes de l’Esprit.
6 – Ainsi, toujours plein d’assurance et sachant qu’être là avec notre corps c’est être loin du Seigneur,
7 – car notre démarche est de nous fier et non de voir,
8 – avec assurance, donc, nous préférerions être loin du corps pour être près du Seigneur;
9 – mais, présents ou absents, nous avons à cœur d’être
agréables au Seigneur,
10 – car nous devrons tous être à découvert devant le tribunal du Christ pour que chacun soit payé des œuvres de son corps selon ce qu’il aura fait de bien ou de mal.

Mon analyse :
Paul évoque un point cher aux Cathares : nous sommes ici-bas séparés d’une partie de nous, le corps céleste et nous aspirons à nous sortir du corps charnel qui nous retient prisonniers pour rejoindre le corps céleste que notre chute nous a fait quitter. Ces retrouvailles s’appelaient le mariage céleste.

11 – Sachant craindre le Seigneur nous persuadons les hommes, et devant Dieu nous sommes à découvert, et j’espère que nous sommes à découvert devant vos consciences.
12 – Nous n’allons pas encore nous recommander à vous, mais vous donner l’occasion de vous vanter de nous devant ceux qui se vantent de leur face et non de leur cœur.
13 – Que nous soyons hors de nous, c’est pour Dieu ; que nous soyons de bon sens, c’est pour vous.

Mon analyse :
Paul répond ici à trois critiques : la démagogie avec laquelle il persuadent les hommes de le suivre qu’il met en opposition avec sa faiblesse devant dieu et la conscience ; la vantardise qui en fait provient de ceux qui parlent de lui et qu’il oppose à ceux qui se vantent d’eux-mêmes ; la folie qu’il présente comme une extase réservée à Dieu alors qu’il est compris comme de bon sens par ceux qui le suivent.

14 – Car l’amour du Christ nous oppresse quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous : ainsi tous étaient morts,
15 – et il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux mais pour celui qui pour eux est mort et a été relevé.
16 – De sorte que désormais nous ne connaissons plus personne selon la chair ; même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
17 – De sorte que par le Christ on est une création nouvelle : ce qui est ancien a passé ; voici que tout se renouvelle.
18 – Or tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a donné d’être au service de la réconciliation ;
19 – c’est-à-dire que Dieu s’est réconcilié le monde par le Christ, qu’il n a plus tenu compte des fautes, et qu’il a mis en nous la parole de la réconciliation.
20 – Nous sommes ambassadeurs du Christ, comme si Dieu exhortait par nous. Soyez réconciliés avec Dieu, nous vous le demandons pour le Christ.
21 – Il a pour nous rendu péché celui qui ne connaît pas le péché afin que par lui nous devenions justice de Dieu.

Mon analyse :
Paul rappelle ici l’essentiel. Christ en mettant à nu l’incohérence de la loi mosaïque nous a révélé le message de Dieu qui est l’Amour. Cet Amour nous subjugue quand nous voyons ce qu’il pousse à faire de contraire à notre condition charnelle. Cela nous prouve que notre état charnel n’est rien et que seul l’état spirituel compte. Dans le même temps Paul règle ses comptes avec ceux qui se prétendent supérieurs à lui en disant avoir connu Christ en apparence de chair. Grâce à cette révélation de la supériorité de l’esprit, Christ nous a projeté dans une autre dimension, celle où Dieu veut nous accueillir, celle où le péché n’a plus de sens, celle de la réconciliation et de la Consolation.

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