Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens – 12

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Lettre aux Corinthiens

Chapitre 12

1 – Il faut se vanter ; c’est sans profit, mais j’en viendrai aux visions et aux dévoilements du Seigneur.
2 – Je sais un homme dans le Christ qui voilà quatorze ans, est-ce dans son corps, je ne sais, est-ce hors de son corps, je ne sais, Dieu le sait, un homme qui a été enlevé jusqu’au troisième ciel.
3 – Et je sais que cet homme-là, est-ce avec son corps, est-ce sans son corps, je ne sais, Dieu le sait,
4 – a été enlevé vers le paradis et a entendu des paroles indicibles qu’il n’est pas permis à l’homme de dire.
5 – Je me vanterai d’un tel homme mais je ne me vanterai pas de moi, sinon de mes faiblesses.
6 – Car si je voulais me vanter, je ne serais pas un sot, je dirais la vérité. Mais je vous l’épargne, de peur qu’on ne me compte pour supérieur à ce qu’on voit en moi ou à ce qu’on entend de moi.

Mon analyse :
Paul rappelle qu’il aurait pu, lui aussi se vanter d’avoir vécu une expérience extraordinaire. Non seulement il se refuse à le faire mais, quand il en parle il le fait avec détachement et sans affirmation car seul Dieu connaît la vérité. De même les cathares s’abstenaient de toute affirmation péremptoire et usaient du conditionnel car notre incarnation nous retire toute sagesse vraie qui est l’apanage de Dieu.

7 – Et de peur que ne m’élève l’excellence de ces dévoilements, une écharde dans ma chair, un ange de Satan m’a été donné pour me souffleter, de peur que je ne m’élève.
8 – Trois fois j’ai fait appel au Seigneur pour qu’il l’éloigne de moi.
9 – Il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance est accomplie par la faiblesse. Je prendrai encore plus de plaisir à me vanter de mes faiblesses pour que la puissance du Christ m’abrite.
10 – Voilà pourquoi je suis content des faiblesses, des outrages, des nécessités, des persécutions, des angoisses pour le Christ, car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

Mon analyse :
Au contraire, Paul signale qu’en fait il est un être souffrant, malingre et insignifiant en raison des vicissitudes que lui impose Satan, mais que si Dieu le laisse faible c’est pour qu’il demeure humble. Là est la grâce divine ; dans nos faiblesses, quand notre enveloppe charnelle nous fait défaut. Dans ces moments nous pouvons exprimer notre foi et la grâce de Dieu, qui n’a pas de mal à opposer au Mal, peut nous toucher. Et si nous nous y sommes préparés, c’est lorsque notre corps connaîtra sa faiblesse ultime que nous pourrons lui échapper et rejoindre la demeure spirituelle d’où nous avons été arrachés.

11 – Je deviens sot, vous m’y forcez. C’est vous qui devriez me recommander car je n’ai été en rien inférieur à ces grands apôtres, bien que je ne sois rien.
12 – Vous avez vu les signes d’un apôtre, toute sa résistance, ses signes, ses prodiges et ses miracles.
13 – Qu’avez-vous eu de moins que les autres églises sinon que je ne vous ai pas été à charge ? Pardonnez-moi cette injustice.
14 – Me voici prêt à venir chez vous pour la troisième fois et je ne vous serai pas à charge ; ce ne sont pas vos biens que je cherche, c’est vous. Ce n’est pas aux enfants d’amasser pour les parents, mais aux parents pour les enfants.
15 – Et moi, je prendrai plaisir à dépenser et à me dépenser pour vos vies. Et si je vous aime davantage, serais-je moins aimé ?
16 – Soit, je ne vous ai pas été à charge, mais je suis un fourbe, je vous ai pris par ruse.
17 – Est-ce que je vous ai exploité par un de ceux que j’ai envoyés chez vous ?
18 – J’ai fait appel à Tite et j’ai envoyé le frère avec lui. Est-ce que Tite vous a exploités ? N’avons-nous pas marché avec le même esprit ? sur les mêmes traces ?
19 – Vous pensez peut-être que nous venons nous disculper auprès de vous ? Mais nous parlons devant Dieu, par le Christ et, mes chers, pour vous bâtir.
20 – Car je crains, une fois venu, de ne pas vous trouver tels que je voudrais, et que vous ne me trouviez pas tel que vous voudriez, et qu’il y ait de la querelle, de la jalousie, des fureurs, des rébellions, des calomnies, des délations, des enflures, des troubles,
21 – et qu’une fois venu, mon Dieu ne m’humilie encore devant vous, et je mènerai deuil sur beaucoup de pécheurs invétérés qui ne se sont pas encore convertis de leurs pratiques d’impureté, de prostitution et de débauche.

Mon analyse :
Paul fait la leçon aux corinthiens infidèles. D’abord avec ironie en rappelant qu’il n’a pas présenté de lettre de recommandation car c’est son attitude qui aurait dû lui valoir recommandation… de la part des corinthiens eux-mêmes ! Son seul tort, affecte-t-il de croire est d’avoir été honnête et simple, de ne pas avoir cherché à profiter financièrement des corinthiens, ni directement ni par l’intermédiaire de Tite. Il finit sur un ton grave en rappelant qu’il n’est que le messager de Dieu et de Christ. Que sa faiblesse le fait hésiter car, face à des esprits mal préparés comme semblent l’être les corinthiens, cette faiblesse le dessert au lieu de lui être comptée comme grâce. Nous aussi nous nous laissons séduire par des talents ou de belles paroles. Mais c’est l’humilité et la modestie qui doivent nous attirer et c’est par la patience que nous progresserons, non en voulant brûler les étapes.

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