Apocalypse de Jean – Chapitre 19

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Apocalypse de Jean

Chapitre 19

1 – Après quoi j’ai entendu comme une grande voix de grosse foule qui disait dans le ciel : Alléluia. Le salut, la gloire et la puissance à notre Dieu,
2 – parce que ses jugements sont véritables et justes, parce qu’il a jugé la grande prostituée qui détruisait la terre par sa prostitution et il a vengé de sa main le sang de ses esclaves.
3 – Ils ont dit encore : Alléluia. Sa fumée monte dans les âges des âges.
4 – Et les vingt-quatre anciens et les quatre animaux sont tombés prosternés devant le Dieu qui est sur le trône et ils ont dit : Amen. Alléluia.
5 – Et une voix qui sortait du trône a dit : Louez notre Dieu, vous tous ses esclaves, vous qui le craignez, petits et grands.
6 – Et j’ai entendu comme une voix de grosse foule, comme une voix de grosses eaux, comme une voix de forts tonnerres qui disait : Alléluia, car notre Seigneur Dieu tout-puissant est entré dans son règne.
7 – Réjouissons-nous, exultons, donnons lui gloire, car les noces de l’agneau sont venues, sa femme s’est apprêtée,
8 – il lui a été donné de se vêtir de pur byssus resplendissant ; le byssus en effet c’est la justice des saints.
9 – Et il me dit : Écris : Magnifiques ceux qui sont appelés au repas de noce de l’agneau. Et il me dit : Ce sont les paroles véritables de Dieu.
10 – Je suis tombé prosterné à ses pieds et il me dit : Attention ! je suis esclave comme toi et tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Ne te prosterne que devant Dieu. C’est le témoignage de Jésus qui est l’esprit de prophétie.

Mon analyse :
En réponse au silence qui règne désormais sur Babylone détruite, des clameurs se répondent pour louer Dieu. Il est intéressant de noter que l’expression vétéro-testamentaire, Alléluia, qui n’est jamais employée dans d’autres textes du Nouveau Testament, est ici abondamment utilisée. L’ange rappelle que même les anges sont égaux aux hommes et que seul Dieu est digne de vénération. C’est conforme à l’idée des cathares selon laquelle les esprits saints, qu’ils soient tombés ou non dans la matière, sont égaux.

11 – Et j’ai vu le ciel ouvert, et voici un cheval blanc et celui qui est dessus s’appelle Fidèle et Véritable. C’est avec justice qu’il juge et fait la guerre.
12 – Ses yeux sont une flamme de feu et il a beaucoup de diadèmes sur la tête avec un nom écrit que personne ne sait sauf lui.
13 – Il est vêtu d’un manteau trempé de sang et son nom est la parole de Dieu.
14 – Les armées qui sont au ciel le suivaient sur des chevaux blancs, toutes vêtues de pur byssus blanc.
15 – Une épée aiguë sort de sa bouche pour frapper les nations. C’est lui qui les fera paître avec une trique de fer. C’est lui qui foule la cuve du vin de fureur de la colère du Dieu tout-puissant.
16 – Il a sur son manteau et sur sa cuisse un nom écrit : ROI DES JUIFS ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS.

Mon analyse :
Voici de nouveau le cavalier entrevu au chapitre 6. Cette fois il sort directement du ciel, ce qui confirme qu’il est l’envoyé de Dieu. Il s’appelle Fidèle car il n’a pas failli à sa mission, jusque dans la mort et Véritable car il est l’expression de la volonté de Dieu. Il porte en lui tous les symboles de la puissance (feu, épée, diadèmes) et son nom reste inconnu pour que personne ne puisse, en le prononçant, avoir un quelconque pouvoir sur lui. Il vient combattre pour Dieu avec une armée, toute de blanc vêtue, ce qui signifie qu’il s’agit de celle de ses disciples. Il porte une mention affirmant sa souveraineté qu’indiquaient déjà les diadèmes.

17 – Et j’ai vu un ange qui se tenait dans le soleil et criait à grande voix à tous les oiseaux qui volent au zénith : Ici ! rassemblez-vous pour le grand repas de Dieu,
18 – pour manger des chairs de rois, des chairs de chefs, des chairs de forts, des chairs de chevaux et de cavaliers, des chairs de tous hommes libres ou esclaves, petits ou grands.
19 – Et j’ai vu la bête et les rois de la terre et leurs armées, rassemblés pour faire la guerre à celui qui est sur son cheval et à son armée.
20 – Et la bête a été prise et avec elle le faux prophète qui faisait devant elle des signes par lesquels il égarait ceux qui avaient reçu la marque de la bête et qui se prosternaient devant son image. Et tous deux ont été jetés vivants dans l’étang de l’ardent feu de souffre.
21 – Le reste a été tué par l’épée de celui qui est sur le cheval, l’épée qui sort de sa bouche, et tous les oiseaux ont été rassasiés de leurs chairs.

Mon analyse :
L’ange appelle les oiseaux à venir dévorer tous ceux qui se sont opposés à Dieu, ceux qui portent la marque de la bête. Le combat est instantané car nul ne peut combattre contre Christ. Son invincibilité est telle qu’il vainc ses ennemis dès que le combat s’engage. La bête et le faux prophète sont immédiatement voués à la damnation éternelle. Le reste des ennemis, les humains, est terrassé par le glaive de la parole divine. Ils meurent et leurs chairs sont dévorées, ce qui était symbole de l’impossibilité de ressusciter.

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