Apocalypse de Jean – Chapitre 11

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Apocalypse de Jean

Chapitre 11

1 – On m’a donné un roseau, une sorte de bâton, et on m’a dit : Lève-toi, mesure le sanctuaire de Dieu, l’autel avec ceux qui s’y prosternent.
2 – Le parvis hors du sanctuaire, laisse-le en dehors, ne le mesure pas, car il a été livré aux nations et elles fouleront la ville sainte quarante-deux mois.

Mon analyse :
Jean se voit chargé de la mission de délimiter la zone réservée à ceux qui ont foi en Dieu. Cette zone sainte est protégée des nations, c’est-à-dire des païens. Ainsi la douceur de sa prophétie annonce l’existence de ce havre de paix pour ceux qui ont foi. Mais le parvis et la ville sont aux mains des païens — que l’on imagine donc plus nombreux — qui vont dominer le monde pendant trois ans et demi. C’est la part amère de la prophétie de Jean.

3 – Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, vêtus de sacs, mille deux cent soixante jours.
4 – Ce sont eux les deux oliviers et les deux lampes qui se tiennent devant le Seigneur de la terre.
5 – Si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis. Que quelqu’un veuille leur nuire, il doit être tué de la sorte.
6 – Eux ils ont le pouvoir de fermer le ciel, qu’aucune pluie ne tombe aux jours de leur prophétie. Ils ont pouvoir sur les eaux pour les tourner en sang et de frapper la terre de toute plaie tant qu’ils voudront.
7 – Quand ils auront fini leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera.
8 – Leur cadavre est dans la rue de cette grande ville qu’on appelle en esprit Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié.
9 – Les gens des peuples, des tribus, des langues et des nations regardent ces cadavres trois jours et demi sans laisser mettre au tombeau ces cadavres.
10 – Les habitants de la terre se réjouissent, ils exultent. Ils s’enverront des présents les uns aux autres, car ces deux prophètes tourmentaient les habitants de la terre.
11 – Après trois jours et demi un esprit de vie de Dieu est entré en eux et ils se sont tenus sur leurs pieds et une grande crainte est tombée sur ceux qui les contemplaient.
12 – Ils ont entendu une grande voix du ciel leur dire : Montez ici. Et ils sont montés au ciel dans la nuée et leurs ennemis les ont contemplés.

Mon analyse :
Jean nous livre une vision messianique typiquement juive. Les deux témoins sont les oints de Dieu (les deux oliviers dont on tire l’huile sainte), c’est-à-dire le messie royal (davidique) et le messie sacerdotal (le maître de justice des Esséniens), et ils sont les envoyés de Dieu (les deux chandeliers). Leur prophétie recouvre en durée celle de la domination des païens (1260 jours = 42 mois). Leur statut est montré par leur tenue de pénitents mais leur prophétie n’est pas précisée car ils sont venus pour reproduire ce que Jésus a fait. On ne peut que remarquer qu’ils ne naissent pas sur terre mais qu’ils y descendent, ce qui renforce l’idée des cathares que Jésus n’est pas né d’une vierge mais est apparu en apparence d’adulte à Capharnaüm.

13 – À l’heure même c’a été une grande secousse. Le dixième de la ville est tombé et sept mille personnes ont été tuées dans cette secousse. Les autres ont été effrayés et ont donné gloire au Dieu du ciel.

Mon analyse :
Dès que les deux envoyés de Dieu quittent la terre celle-ci commence à se disloquer. L’équilibre entre le Bien et le Mal est rompu au détriment du Mal. C’est une vision que n’auraient pas reniée les cathares.

14 – Le deuxième malheur s’en est allé, voici que vient bientôt le troisième malheur.
15 – Et le septième ange a trompeté, et c’a été de grandes voix dans le ciel ; elles disaient : Le règne du monde est à notre Seigneur avec son Christ, et il régnera dans les âges des âges.
16 – Et les vingt-quatre anciens qui sont assis devant Dieu sur leurs trônes sont tombés sur leur face, prosternés devant Dieu
17 – en disant : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant qui es et qui étais, d’avoir pris ta grande puissance pour régner.
18 – Les nations se sont mises en colère, et ta colère est venue et l’instant de juger les morts et de donner salaire à tes esclaves les prophètes, aux saints, à ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre.
19 – Et le sanctuaire de Dieu s’est ouvert dans le ciel, et on a vu l’arche de son alliance dans son sanctuaire, et c’a été des éclairs, des voix, des tonnerres, une secousse et une grande grêle.

Mon analyse :
La septième trompette déclenche la fin du monde. Dans un premier temps des voix célestes annoncent le règne de Dieu et de Christ sur terre. Le jugement des nations est annoncé et la destruction des incroyants prophétisée. Puis l’arche d’alliance manifeste la gloire de Dieu.

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