Actes des apôtres – Chapitre 27

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Actes des apôtres

Chapitre 27

1 – Il a été décidé que nous ferions voile vers l’Italie. On a confié Paul et quelques autres prisonniers à un centurion appelé Julius, de la cohorte Augusta.
2 – Nous sommes montés sur un navire d’Adramytte en partance pour les ports de l’Asie, et nous avons pris le large, ayant avec nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique.
3 – Le lendemain, nous avons abordé à Sidon, et Julius, qui traitait Paul avec humanité, lui a permis d’aller voir ses amis et de recevoir leurs soins.
4 – De là nous avons repris la mer et navigué sous Chypre, parce que les vents étaient contraires,
5 – puis, après avoir traversé les mers de Cilicie et de Pamphylie, nous sommes descendus à Myre en Lycie.
6 – La, le centurion a trouvé un navire d’Alexandrie qui naviguait vers l’Italie, et il nous y a fait monter.
7 – Pendant pas mal de jours, la navigation a été lente et, comme nous arrivions péniblement à la hauteur de Cnide et que le vent nous était défavorable, nous avons navigué sous la Crète, vers Salmone ;
8 – nous l’avons côtoyée péniblement et sommes venus au lieu dit Bons-Ports, près duquel était la ville de Lasaïa.
9 – Le temps passait et la navigation n’était déjà plus sûre ; car le jeûne aussi était déjà passé. Paul les avertissait ;
10 – il disait : Hommes, je vois que la navigation n’ira pas sans dommage et sans beaucoup de détriment non seulement pour la cargaison et le navire, mais aussi pour nos vies !
11 – Mais le centurion était sûr du pilote et du patron, plus que de ce que Paul disait.
12 – Et comme le port était mal commode pour hiverner, la plupart ont été d’avis de prendre le large pour arriver, si possible, à hiverner à Phénix, port de Crète qui regarde au sud-ouest et au nord-ouest.
13 – Et comme il soufflait une brise du sud, ils ont cru qu’ils étaient maîtres de leur plan et, levant l’ancre, ils ont côtoyé la Crète.
14 – Mais peu après, une sorte de typhon appelé euraquilon s’est jeté sur l’île.
15 – Et comme le navire était entraîné et incapable d’affronter le vent, nous nous sommes laissés dériver
16 – et, filant sous une île appelée Cauda, à peine avons-nous pu nous rendre maîtres du canot ;
17 – ils l’ont hissé et, pour plus de sûreté, ils ont ceinturé le navire puis, craignant de s’échouer sur la Syrte, ils ont lâché la bouée. Ainsi allait-on à la dérive.

Mon analyse :
Le début de ce dernier voyage se passe bien. Paul est même autorisé à voir ses amis à Sidon, sur la côte avant la traversée vers Chypre. Puis les choses se compliquent. Le jeûne, cause de fatigue et de manque de vigilance, participe aux difficultés de la navigation. Paul prévient de problèmes graves à venir.

18 – Le lendemain, au fort de la tempête, ils ont jeté du lest
19 – et, le troisième jour, ils ont, de leurs propres mains, rejeté les agrès du navire.
20 – Et comme le soleil ni les étoiles ne se montraient plus depuis plusieurs jours et que la tempête nous pressait, toute espérance de nous sauver nous a dès lors été enlevée.
21 – On était à jeun depuis longtemps. Alors Paul, debout au milieu d’eux, leur a dit : Hommes, vous auriez dû m’obéir, ne pas partir de Crète et nous épargner ce dommage et ce détriment !
22 – Maintenant, je vous exhorte à avoir bon courage, car il n’y aura de perte que du navire, mais d’aucune de vos vies.
23 – Cette nuit, en effet, un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers s’est présenté à moi
24 – et m’a dit : Paul ! ne crains pas ! Tu dois te présenter à César ; et voilà que Dieu te donne tous ceux qui naviguent avec toi.
25 – Courage, donc, hommes ! car je me fie à Dieu que tout arrivera de la manière qui m’a été dite.
26 – Mais nous devons nous échouer sur une île.
27 – C’était la quatorzième nuit que nous étions ballottés sur l’Adriatique. Vers le milieu de la nuit, les matelots ont soupçonné l’approche d’une terre.
28 – Ils ont jeté la sonde et ont trouvé vingt brasses ; et un peu plus loin, ils ont jeté la sonde et ont trouvé quinze brasses.
29 – Alors, craignant de nous faire échouer sur des récifs, ils ont mouillé quatre ancres de poupe, en souhaitant qu’il fasse jour.
30 – Mais comme les matelots cherchaient à s’enfuir du navire et lâchaient le canot à la mer, sous prétexte d’aller tendre les ancres de proue,
31 – Paul a dit au centurion et aux soldats : Si ceux-là ne demeurent pas sur le navire, vous ne pouvez pas être sauvés.
32 – Alors les soldats ont coupé les cordes du canot et l’ont laissé tomber.
33 – En attendant qu’il fasse jour, Paul les exhortait tous à prendre de la nourriture ; il disait : C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous passez à attendre, à jeun et sans rien prendre.
34 – C’est pourquoi je vous exhorte à prendre de la nourriture car c’est important pour votre salut. Aucun de vous, en effet, ne perdra un cheveu de sa tête.
35 – Et cela dit, il a pris du pain et, rendant grâces à Dieu devant tous, il l’a rompu et a commencé à manger.
36 – Et tous, encouragés, ont eux-mêmes pris de la nourriture.
37 – Nous étions en tout deux cent soixante-seize âmes, sur ce navire.
38 – Puis, rassasiés de nourriture, ils ont allégé le navire en jetant le blé à la mer.

Mon analyse :
Alors que les choses s’aggravent, Paul donne des indications sur la vision d’un ange. Ici le texte nous prépare à un sauvetage qui va être vu comme un miracle. Cela n’est donc pas forcément à l’avantage de Paul mais c’est une façon de le lier à un Dieu agissant en ce monde, donc plutôt celui de Jacques et Pierre.

39 – Mais quand il a fait jour, ils ne reconnaissaient pas la terre ; ils apercevaient une baie, avec une plage, et ils délibéraient d’y échouer le navire, si possible.
40 – Ils ont enlevé les ancres et les ont laissées à la mer, en même temps qu’ils relâchaient les amarres des gouvernails ; puis, levant au vent la voile d’artimon, ils ont cinglé vers la plage.
41 – Mais ils sont tombés sur un haut fond entre deux courants et y ont échoué le navire. La proue bloquée est demeurée immobile, tandis que la poupe, sous la violence des vagues, se défaisait.
42 – Les soldats étaient d’avis de tuer les prisonniers, pour qu’aucun ne s’enfuie à la nage ;
43 – mais le centurion, qui voulait sauver Paul, a empêché leur dessein et ordonné à ceux qui pouvaient nager de se jeter à l’eau les premiers et de gagner la terre ;
44 – les autres la gagneraient qui sur des planches, qui sur des débris du navire. Et c’est ainsi que tous sont parvenus sains et saufs à la terre.

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