Actes des apôtres – Chapitre 26

1 476 vue(s)

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ACTES DES APÔTRES

Chapitre 26

1 – Agrippa dit à Paul : On te permet de parler pour toi. Alors Paul, étendant la main, répondit :
2 – J’estime magnifique, roi Agrippa, d’avoir à répondre aujourd’hui devant toi, sur toutes les plaintes que les Juifs portent contre moi,
3 – d’autant que tu connais tous les usages des Juifs, et leurs questions. C’est pourquoi je te demande de m’écouter patiemment.
4 – Comment j’ai vécu dès ma jeunesse, ce que j’ai fait depuis le commencement, dans ma nation et à Jérusalem, tous les Juifs le savent.
5 – Ils me connaissent depuis longtemps et peuvent témoigner que j’ai vécu en pharisien, dans la secte la plus stricte de notre religion.
6 – Et maintenant je comparais en jugement pour avoir espéré en la promesse faite par Dieu à nos pères,
7 – celle dont nos douze tribus, empressées à servir nuit et jour, espèrent la venue. C’est pour cette espérance, ô roi, que les Juifs portent plainte contre moi.
8 – Que trouvez-vous d’incroyable à ce que Dieu relève les morts ?
9 – Pour moi, donc, il me semblait que je devais tout faire contre le nom de Jésus le nazaréen ;
10 – et c’est ce que j’ai fait, à Jérusalem : j’ai enfermé en prison beaucoup de saints, après en avoir reçu des grands prêtres le pouvoir; et, quand on les supprimait, j’apportais mon caillou ;
11 – et souvent, dans n’importe quelle synagogue, je les punissais en les forçant à blasphémer et, de plus en plus fou contre eux, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.

Mon analyse :
Une fois de plus, l’auteur met dans la bouche de Paul des termes et des affirmations qui font de lui un persécuteur extrêmement actif. Il lui prête même cette fois l’accusation d’avoir tué des disciples de Jésus, alors qu’avant il n’en était que témoin. Cela permet d’abaisser l’aura que Paul avait auprès des populations chrétiennes.

12 – Sur ce, j’allais à Damas avec pouvoirs et procuration des grands prêtres
13 – quand, au milieu du jour, j’ai vu en chemin, ô roi, une lumière venue du ciel, plus splendide que le soleil, et qui brillait autour de moi et de ceux qui allaient avec moi ;
14 – nous sommes tous tombés par terre et j’ai entendu une voix qui me disait en hébreu : Saûl, Saûl, pourquoi me poursuis-tu ? Il t’est dur de ruer contre l’aiguillon !
15 – J’ai dit : Qui es-tu Seigneur ? Et le Seigneur m’a dit : Je suis Jésus, que tu poursuis ;
16 – mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds, car si tu m’as vu, c’est que je te destine à être l’auxiliaire et le témoin de ce que tu as vu et de ce que tu verras
17 – quand je t’arracherai à ce peuple et à ces nations vers lesquels je t’envoie
18 – pour leur ouvrir les yeux et qu’ils se retournent des ténèbres vers la lumière et du pouvoir du Satan à Dieu, et pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, la rémission des péchés et un héritage avec les sanctifiés.

Mon analyse :
Malgré l’aversion envers Paul, le rédacteur ne peut cacher le caractère divin de la conversion et la mission dont Paul s’est chargé. C’est d’ailleurs cela, et l’activité épistolaire de l’apôtre, qui obligeront les judéo-chrétien à lui accorder une place de premier plan.

19 – Depuis, roi Agrippa, je ne suis pas devenu indocile à la vision céleste ;
20 – au contraire, à Damas d’abord, puis à Jérusalem et dans tout le pays de Judée, puis aux nations, j’annonçais qu’on ait à se convertir et à se retourner vers Dieu en faisant des œuvres dignes de la conversion.
21 – C’est à cause de cela que les Juifs m’ont pris dans le temple et ont tenté de me faire mourir.
22 – Mais jusqu’à ce jour, avec le secours de Dieu, j’ai tenu. Je rends témoignage devant petits et grands et ne dis rien d’autre que ce que les prophètes et Moïse ont dit qu’il arriverait,
23 – à savoir que le christ, ayant souffert et premier ressuscité des morts, annoncerait la lumière à ce peuple et aux nations.
24 – Il en était là de sa réponse quand Festus dit à grande voix : Tu es fou, Paul ! Les livres te rendent fou !
25 – Paul répondit : Je ne suis pas fou, noble Festus, au contraire, je prononce des paroles de vérité et de bon sens.
26 – Le roi le sait très bien; et devant lui je parle franchement, car je suis sûr que, pour lui, rien de tout cela n’a passé inaperçu. Cela ne s’est pas passé dans un coin !
27 – As-tu foi aux prophètes, roi Agrippa ? Je sais que tu y as foi !
28 – Agrippa dit à Paul : C’est peu pour me persuader de me faire chrétien !

Mon analyse :
Le récit de Paul ne peut être contesté directement, aussi le romain invoque la folie mais Agrippa se contente de dire que cela est insuffisant pour le convertir. L’emploi du terme chrétien montre que ce texte est assez tardif et notamment postérieur aux lettres de Paul.

29 – Paul lui dit : Peu ou beaucoup, je souhaiterais que par Dieu, non seulement toi mais tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, deveniez tels que je suis, sauf ces liens.
30 – Le roi se leva, ainsi que le gouverneur et Bérénice et ceux qui étaient assis avec eux,
31 – et en se retirant ils parlaient entre eux ; ils disaient : Cet homme ne fait rien qui mérite la mort ou les liens.
32 – Et Agrippa dit à Festus : On aurait pu relâcher cet homme, s’il n’en avait pas appelé à César.

Mon analyse :
La dernière remarque vise à faire de Paul le responsable de ce qui va lui arriver, alors que nous savons que c’est Jacques qui l’a mis dans ce mauvais pas.

Revenir au sommaire

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0